42 x 29,7 cm, 2024.
Aussi étonnant soit-il, ce dessin m'est apparu lors d'un voyage. Cette dame-là, je l'ai déjà vu sans l'avoir vu. C'est étrange, n'est-ce pas?
J'étais au bord de mer, avec un tout petit cahier pour dessiner et elle m'est apparue. J'ai tenté de figer son portrait sur le papier et, dès mon retour, je me suis précipitée pour retranscrire ce rêve éveillé. Il ne fallait pas que mon souvenir s'en aille. Il y a un rapport fabuleux de l'artiste au monde qui l'entoure. Quelque part, je pense qu'il a un rôle de messager.
Le message est venu bien après, d'une traite. D'habitude, j'aime choisir mes mots et leur donner de la souplesse afin qu'à la lecture, ils restent assez légers.
À vrai dire, je n'ai pas vraiment réfléchi. C'est assez inédit dans mon travail. J'avais tendance à chercher à tout contrôler. Cette fois-ci, je me suis laissée porter. Cela fait déjà plusieurs créations que je me laisse aller au "bon vouloir" de ma pensée.
D'ailleurs, je crois vraiment que ce dessin a quelque chose de particulier, une force venue d'autre part. J'ai déjà dessiné des forêts tropicales. Il en ressort toujours quelque chose de mystérieux mais là, et de plus en plus, mes dessins se teinte d'une certaine assurance. De plus en plus, je laisse l'être humain prendre de l'envergure.
Voici quelques mots qui me sont venus.
"Han saqueado nuestro pueblo, reducido a cenizas nuestro pasado, borrado nuestra historia, humillado a nuestras mujeres, robado nuestros bienes.
¿Qué son nuestras madres sin sus hijos?
Bajen las armas, detengan las bombas. Díganles que lo que queremos es vivir en paz.
Soy el mensajero."