-Chapitre 78-
Added 2024-11-07 23:15:38 +0000 UTC-Chapitre 78-
-POV Tywin Lannister-
Du haut des remparts de la Dent d’Or, j’observais Ronnet Connington s’avancer légèrement, accompagné de ses frères et de son état-major, vêtu de son armure d’apparat, se détachant un peu de son armée de plus de 70 000 soldats, presque 75 000.
‘C’est plus un costume qu’une véritable armure,’ pensai-je, légèrement dédaigneux, en regardant le nombre de rubis incrustés sur son plastron formant un griffon rouge.
Le redoutable combattant, maintenant roi autoproclamé des Terres de l’Orage et du Conflans, s’était arrêté hors de portée de nos flèches en guise de provocation.
J’ai levé la main en réponse à cela, et le capitaine des archers à mes côtés hurla à ses subordonnés :
« BANDEZ VOS ARCS ! »
J’entendis le son de milliers d’archers tirer la corde de leurs arcs à son maximum, ce qui n’eut aucun effet sur mon ex-gendre qui ne réagit même pas.
Alors, je baissai la main pour voir s’il resterait aussi impassible face à une pluie de flèches ennemies.
« LÂCHEZ ! » hurla le capitaine des archers, et les archers postés sur les murs du château obéirent instantanément.
Certains, même au pied des remparts, tiraient à l’aveugle, gaspillant plus de flèches qu’autre chose.
‘Une mesure qui s’avèrera nécessaire une fois que nous serons assiégés puisque nous sommes près de quatre fois moins nombreux qu’eux,’ pensai-je.
J’avais dû laisser une grande partie de mes soldats à Castral Roc, Lannisport, ainsi que sur les principales routes de mon territoire pour décourager les bandits ainsi que les mercenaires.
Donc, je n’avais pris que 20 000 soldats avec moi pour défendre le château d’Alysanne Lefford, désormais Dame de la Dent d’Or.
‘Maintenant que nous sommes affaiblis, tout le monde veut une part du gâteau,’ me dis-je, dégoûté, car même à l’ère de mon père qui me dégoûtait tant, nous n’étions pas tombés aussi bas.
‘Même de vils bandits s’imaginent pouvoir piétiner et traîner dans la boue le noble lion de la Maison Lannister,’ pensai-je en jetant un coup d’œil à l’étendard portant mes couleurs.
La pluie de flèches s’abattit sur Ronnet, mais aucune ne le toucha ; toutes se plantèrent à plusieurs mètres de lui.
‘Il n’a pas bougé d’un pouce, il a même légèrement avancé,’ pensai-je en remarquant qu’il continuait à me prendre à la légère.
« Ton arrogance sera ta chute, » murmurais-je doucement avant de me retourner, car tant qu’il ne se décidait pas à attaquer, je n’avais pas à rester.
‘S’il veut attaquer, qu’il en soit ainsi. Vingt mille soldats peuvent tenir la Dent d’Or pendant des années, s’il le faut,’ me dis-je, confiant dans notre capacité à résister à un siège de plusieurs années, car un passage secret nous reliait à l’intérieur de mes terres, où nous pourrons nous approvisionner autant de temps que durera ce siège.
‘Mais a-t-il le temps d’attendre des années ?’ pensai-je en souriant légèrement, car dans une guerre d’usure, c’était bien nous qui avions l’avantage.
Nous sommes en train de détruire un à un les bastions qu’il a construits dans les Degrés de Pierre.
Sur les quatorze îles qui composent les Degrés de Pierre, nous en avons déjà pris cinq.
Une fois qu’il sera totalement isolé du monde extérieur, les Dorniens seront forcés de rejoindre le camp des vainqueurs, c’est-à-dire le nôtre, et nous fondrons de tous les côtés pour l’étouffer comme il essaie tant bien que mal de le faire avec les Terres de la Couronne.
‘Même un surhomme comme lui finit par s’épuiser. S’il faut, j’utiliserai dix hommes contre lui ; si dix ne suffisent pas, alors cent, mille, dix mille,’ pensai-je, déterminé à le faire exécuter, car il était beaucoup trop dangereux pour rester en vie.
‘Je sacrifierai autant de soldats que nécessaire, mais je l’enterrerai. Ce sera mon héritage.’
« Monseigneur, » dit le capitaine des archers, m’interpellant alors que je m’apprêtais à descendre les marches reliant le bas des remparts intérieurs au sommet, où tous les archers étaient postés.
Je me tournai vers lui, les sourcils froncés, et il désigna du doigt l’endroit où Ronnet et son armée campaient : « Regardez »
Je me tournai dans la direction qu’il m’indiquait, et ce que je vis fit violemment sursauter mon cœur.
Au loin, une dizaine de soldats portaient des bannières aux couleurs des Maisons du Bief, qu’ils embrasèrent ensuite sur place avec des torches.
Ronnet resta quelques instants, et bien que je ne puisse pas le voir clairement, je savais qu’il était en train de me faire passer un message.
‘Son véritable objectif n’est pas les Terres de l’Ouest. Ce n’est qu’un appât final,’ pensai-je, comprenant instantanément son message, qui n’était pas difficile à saisir.
‘Mais ce qui l’est, en revanche, c’est la logique dans ses actions. Pourquoi s’acharner sur les Tyrell ? C’était déjà l’accord qu’il avait passé avec Euron et le plan qu’il avait avec Cersei.’
‘Mais surtout, où trouverait-il les hommes pour se battre contre la Maison Tyrell ?’ pensai-je, trouvant son entêtement complètement stupide.
‘Cela n’a aucun sens,’ pensai-je.
‘C’est peut-être un piège,’ me dis-je, trouvant difficile à croire que Ronnet ferait une aussi grosse erreur.
Mais je me corrigeai rapidement, persuadé qu’il voulait nous faire payer notre trahison.
‘Il aurait pu tous nous tuer lorsque nous étions à Port-Réal, donc ce qui l’anime ce n’est même pas la vengeance ; il joue avec nous,’ me dis-je, me creusant l’esprit pour comprendre ses actions.
‘Ce qu’il désire, ce qu’il veut vraiment, c’est que nous regrettions ce que nous lui avons fait, et pour cela, il voudra nous vaincre de la manière la plus spectaculaire possible,’ me dis-je en essayant de relier les points.
‘Il veut laisser une marque indélébile, faire de notre Maison un exemple, et tout cela avec panache.’
‘Mais cela n’a aucun sens. Il aurait pu attaquer le Bief tout en ordonnant à son frère de venir ici pour nous appâter, comme il l’a fait la dernière fois, pour s’assurer de la réussite de son plan.’
‘Pourquoi venir jusqu’ici ? Pour se moquer de moi directement ? Pour me déstabiliser et prendre les Terres de l’Ouest en espérant que je fasse une erreur ?’
Je pris une profonde inspiration pour calmer toutes les pensées qui n’arrêtaient pas de se bousculer dans ma tête.
Ne comprenant pas les intentions de Ronnet, j’abandonnai simplement mes réflexions, car cela ne servait à rien.
‘Il ne sert à rien de trop réfléchir ; tout ce que je dois faire, c’est me préparer à toutes les éventualités possibles.’
‘De toute façon, nous possédons plus de soldats que lui.’