-Chapitre 87-
Added 2024-10-25 22:35:37 +0000 UTC-Chapitre 87-
-POV Harrold Shett-
Je suis arrivé en périphérie du campement des chefs des clans des montagnes tard dans la nuit, accompagné de 500 chevaliers de l’ordre du Bouclier de Bronze.
Je connaissais la plupart d’entre eux, car j’avais été leur instructeur pendant leur formation pour faire d’eux des chevaliers dignes de ce nom.
‘Des chevaliers suffisamment dignes pour protéger la Maison Royce,’ pensai-je, laissant mes pensées aller au défunt seigneur Yorbert, qui eut la clairvoyance de faire de son petit-fils son héritier.
‘Depuis la mort de ce dernier, la Maison Royce a pris une toute autre dimension. Même sans les dragons du Prince, elle n’est pas loin de pouvoir rivaliser avec les Grandes Maisons du Royaume.’
J’ai levé la main droite et serré le poing pour faire signe à la troupe de ralentir, ce que nous avons fait progressivement jusqu’à ce que nous soyons à moins d’une centaine de mètres du campement.
Je ne me suis pas annoncé, je n’ai pas avancé davantage non plus, me tenant simplement là, attendant que les chefs des clans viennent à ma rencontre.
Cela n’a pris que quelques secondes avant qu’ils arrivent, ce qui m’a fait réfléchir, car ils étaient là bien trop rapidement.
‘Comme s’ils savaient déjà que j’allais venir,’ pensai-je, cherchant en vain des éclaireurs postés en hauteur.
Le chef des Freux s’est avancé et a dit, me regardant avec un léger dédain :
« Alors, qu’a dit votre… »
« Prince, imbécile, » dit un autre homme au chef des Freux, qui semblait chercher ses mots.
‘Comment lui en vouloir ? Il semble à peine maîtriser la langue commune, trop occupé à parler dans leur langage de sauvages pour même essayer d’apprendre,’ pensai-je, légèrement dégoûté à la vue de ces barbares.
Ce dernier regarda l’homme qui portait un nombre impressionnant d’oreilles autour de son cou et dit :
« Répète encore une fois que Galfr est un imbécile, et tu goûteras à ma hache. »
‘Et en plus, il parle de lui à la troisième personne,’ pensai-je, exaspéré par la situation.
Voyant le chef des Freux, bien moins imposant que le géant idiot de sept pieds dirigeant les Freux, je décidai d’intervenir : « Ça suffit ! »
Ils se tournèrent tous deux vers moi tandis que j’avançais légèrement, maniant habilement mon cheval : « Le Prince a décidé de ne pas vous autoriser à attaquer la Maison Arryn et ses vassaux. »
« Tu vois, Galfr avait raison ! » hurla le géant, hors de lui.
Le chef du clan des Oreilles Noires ne le contredit pas cette fois et dit :
« Nos pères nous ont appris à nous méfier des seigneurs du Val, ils avaient raison. Nous avons été stupides de croire en vous, mais nous nous vengerons. »
Voyant leur attitude offensée alors qu’ils se retournaient pour préparer leurs représailles, un profond ressentiment s’éleva en moi.
‘Ils osent me parler ainsi alors que je pourrais mettre fin à leurs vies ici et maintenant.’
‘Sans parler de ce que pourrait faire le Prince Aemon à leurs clans entiers.’
« Je n’ai pas terminé ! » dis-je d’un ton fort qui les immobilisa instantanément.
J’attendis qu’ils se retournent tous avant de poursuivre calmement, d’un ton ferme et autoritaire :
« Le Prince Aemon est conscient que vous êtes probablement insatisfaits de la tournure des événements, mais il m’a envoyé pour vous inviter à dîner avec lui et sa famille. »
« C’est un piège ! Vous essayez de piéger Galfr pour l’empoisonner parce que vous êtes trop lâches pour affronter Galfr dans un combat à mort, » s’écria le géant, divaguant.
‘Comme si nous avions besoin de cela pour vous tuer. Vous vous battez avec des fourches et ne portez même pas de cuirasse,’ pensai-je en jetant un regard dédaigneux à l’armure improvisée du géant, rafistolée avec divers morceaux.
Je me retins de rouler des yeux devant son comportement stupide et observai les autres chefs de clans qui réfléchissaient. Tous se tournèrent finalement vers un jeune homme, qui hocha la tête et dit :
« Très bien, nous acceptons. »
‘Si je me souviens bien, c’est le chef du clan des Sélénites. Il est bien jeune pour avoir autant d’influence dans cette alliance,’ remarquai-je.
Le géant secoua la tête fermement et, agité, dit : « Galfr n’accepte pas… »
« Galfr, même si tu es très brave, tu sais aussi bien que moi que si le Prince Aemon voulait nous tendre un piège, il aurait simplement volé sur son dragon et nous aurait tous brûlés, » répondit le jeune homme, dont j’ignorais le nom.
‘C’est exactement ce qu’il avait menacé de faire après la mort de Daman, ce qui vous fait maintenant remuer la queue comme les petits chiens que vous êtes,’ pensai-je, ressentant une haine profonde envers les clans des montagnes depuis la mort de Robert.
‘Un neveu que j’aimais comme un fils, que j’avais pratiquement élevé,’ pensai-je.
Le géant fronça les sourcils et dit : « Galfr viendra. »
« Très bien, préparez-vous, nous partons dans l’heure. Le Prince vous attend déjà, » dis-je.
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-POV Rhea Royce-
En entrant dans ma chambre, je sentis une paire de bras forts m’enlacer par-derrière, et je me laissai aller quelques secondes, profitant de cette étreinte, les yeux fermés.
La sensation d’avoir quelqu’un avec qui partager le poids que je portais en permanence me réchauffait le cœur, mais cette sensation s’évapora dès que je me souvenus de la dispute avec mon fils.
‘Cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas disputés de cette manière,’ pensai-je, pas choquée par la virulence de cette dispute, mais plutôt par l’attitude glaciale de mon fils à l’égard de l’homme qui avait su combler un certain vide en moi.
‘Je ne veux pas être intrusive, mais pour l’équilibre d’Aemon, tu vas devoir rapidement définir ta place dans cette famille : es-tu la mère d’Aemon ou Rhea Royce ?’
Ce qui m’avait le plus blessée, au-delà du ton qu’Aemon avait employé, c’était son regard. Ce n’était pas un regard froid ni empli de ressentiment, mais un regard traversé par une fine couche de colère, dissimulant la douleur d’une trahison.
Je pris une profonde inspiration avant de dire : « Willem, Aemon sait pour nous. »
« Bien sûr qu’il le sait, » répondit Willem, parsemant mon cou de baisers.
Je fronçai les sourcils et me dégageai de son étreinte, demandant :
« Que veux-tu dire par “Bien sûr qu’il le sait” ? »
Willem fronça les sourcils, confus : « Cela fait trois ans maintenant, comment pourrait-il ne pas le savoir alors que nous vivons dans son fief ? »
« Ce n’était pas notre accord, personne ne devait savoir, » chuchotai-je furieusement, craignant que quelqu’un ne nous entende.
« Et je n’ai rien dit à personne, » répliqua Willem, agacé, sans prendre la peine de baisser la voix.
« Parle moins fort, » lui dis-je, ce qui le fit lever les yeux au ciel. Après quelques secondes, je lui demandai : « Et tes hommes ? »
Willem secoua fermement la tête : « Mes hommes n’ont rien dit non plus. Je ne serais pas surpris que ce soient des serviteurs indiscrets qui aient rapporté cela au bâtard. »
Je fronçai les sourcils et dis : « Rogar ? Quel serait son intérêt à me nuire ? »
Willem hocha la tête avant de répondre :
« En ternissant ton image parfaite aux yeux de ton fils, il devient son plus proche conseiller. »
‘Cela expliquerait aussi pourquoi Aemon a si vite appris que j’avais confié à Willem la garde de Jeyne Arryn…’