-Chapitre 204-
Added 2024-10-24 19:55:31 +0000 UTC-Chapitre 204-
-POV Daenerys Targaryen-
RUGISSEMENT DE DRAGON
En entendant le rugissement familier du dragon d’Aegon, j’ai poussé un petit soupir de soulagement car je craignais que la situation du côté de Viserys soit plus compliquée que ce qu’il avait bien voulu nous dire dans ses lettres.
J’observai Rhaegal entamer sa descente, tandis que Viserion, qui volait à ses côtés, ne s’arrêta pas et continua vers le nord-ouest.
‘Viserys doit sûrement rentrer à Riverrun pour passer quelques jours avec sa famille avant d’être rappelé à la guerre’, pensai-je en regardant le dragon de mon frère s’éloigner et disparaître progressivement de ma vue.
‘Espérons qu’il se révèle être un meilleur père que frère’, pensai-je, ressentant toujours au fond de moi le ressentiment que je couvais pour lui.
« Nous devrions accueillir Sa Majesté comme il se doit », dit Nymeria derrière moi, me sortant de mes pensées dans lesquelles j’étais totalement plongée.
‘Elle a raison, Cersei ne se privera sûrement pas de faire remarquer mon absence.’
« Allons-y », dis-je en acquiesçant à la suggestion de ma nouvelle dame de compagnie.
Tandis que je me rapprochais rapidement du hall d’entrée de l’énorme château toujours en rénovation, je ne pus m’empêcher d’être quelque peu inquiète, car les nouvelles venant d’Essos n’étaient pas bonnes.
‘Les armées de mercenaires continuent de se rassembler avec pour objectif Pentos, tout comme les armées des cités libres essosiennes.’
Une fois arrivée dans le hall d’entrée, je jetai un petit coup d’œil à Cersei, qui était déjà présente, portant Maegor dans ses bras.
Cette dernière était, comme toujours, accompagnée d’un nombre conséquent de gardes de son frère.
‘Comme toujours, elle ne peut s’empêcher de vouloir prouver à tous sa position en exhibant son fils à toutes sortes d’occasions’, pensai-je, agacée.
« Vous aurez un fils de Sa Majesté très rapidement », dit Nymeria, essayant de me rassurer du mieux qu’elle pouvait, mais je n’étais pas inquiète.
‘Car je sais que je porte un fils en ce moment, j’en suis certaine.’
Je n’eus pas le temps de lui répondre, car les portes s’ouvrirent et Aegon entra, le visage fermé.
Je m’avançai et dis avec un sourire : « J’espère que tu as fait bon voyage, cher mari. »
Aegon hocha la tête poliment, même s’il n’avait pas l’air très enthousiaste, et dit :
« J’ai mis au pas les princes des Îles d’Été. »
« L’archipel est sous notre contrôle ? »
Aegon secoua la tête et dit : « Je ne dirais pas cela, mais nous aurons sans aucun doute leur soutien tant que nous garderons notre domination. »
« Tu as laissé la 3e flotte là-bas ? » demandai-je, soucieuse de savoir si nous pourrions compter sur la présence des soldats que nous y avions déployés.
Aegon secoua la tête et dit : « J’ai uniquement laissé sur place les soldats du Val, avec ceux de Joffrey Lannister. »
Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas pourquoi il faisait autant confiance à ces Lannister.
‘Ils ont trahi notre maison.’
« Nous ne pouvons pas avoir confiance en ces gens », dis-je, en ne prononçant pas clairement le mot "Lannister" afin de ne pas le braquer.
« Bien sûr que nous ne pouvons pas leur faire confiance, mais pour l’instant c’est la meilleure solution qui me vienne en tête. Dès que toutes nos forces reviendront par… »
Il allait continuer à parler, mais s’interrompit en jetant un œil par-dessus mon épaule. Il fronça doucement les sourcils puis dit : « Nous discuterons du reste plus tard. »
‘Il n’a toujours pas confiance en elles’, compris-je, sachant qu’il avait arrêté de parler à cause de la présence de Nymeria.
‘Il va bien falloir qu’il le fasse si je veux avoir une chance d’en faire sa maîtresse’, me dis-je.
Tant que je continue à la contrôler et que je tiens Cersei à l’écart, j’aurai plus facilement le contrôle sur la succession, le jour venu.
'Puisse t'il arriver le plus tardivement possible' pensai-je en silence.
Je hochai la tête de manière compréhensive, et Aegon dit à Ser Barristan :
« Rassemblez vos frères et envoyez des serviteurs pour qu’un conseil de guerre se tienne le plus rapidement possible. »
« Dites aux mestres d’être prêts à envoyer des corbeaux à tous les seigneurs du royaume pour qu’ils rassemblent leurs bannerets », ajouta-t-il.
‘N’avait-il pas décidé de ne pas faire appel à la noblesse ? A-t-il changé d’avis ?’
Ser Barristan hocha la tête et je fronçai les sourcils, ne comprenant pas ce qu’Aegon était sur le point de faire.
Je n’arrivais plus à le cerner.
Il avait l’air particulièrement indécis et lunatique, son humeur et ses choix changeant au gré du vent.
« Aegon », dit Cersei, Maegor niché dans ses bras.
« Cersei », répondit Aegon sur le même ton.
Cersei dit : « J’ai envoyé mon cousin Lancel rassembler toutes nos troupes. D’ici moins de deux semaines, voire peut-être même quelques jours, 40 000 soldats seront prêts à marcher vers Pentos. »
Aegon haussa les sourcils, surpris par la nouvelle, et un sourire satisfait naquit sur son visage, ce qui m’agace profondément, mais je n’ose pas le montrer, car je ne veux pas tomber dans le piège que me tend Cersei.
‘Je ne passerai pas pour la méchante. Le temps est avec moi ; tant que je donne un héritier à Aegon, cette sorcière passera au second plan sans que je n’aie besoin de faire le moindre geste.’
« Merci de ton dévouement ainsi que de ta loyauté, Cersei », dit Aegon, réfléchissant quelques secondes avant de dire : « Ne donne pas l’ordre à tes soldats de marcher vers Pentos, j’ai une meilleure idée. »
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-POV MC-
En entendant Cersei me dire qu’elle avait déjà donné l’ordre de rassembler ses troupes, j’ai immédiatement compris quelque chose… Je n’avais plus besoin d’envoyer des renforts aussi urgemment, étant donné que plus de 40 000 soldats seraient envoyés vers le Nord.
Si je donne l’ordre à Paxter Redwyne de prendre la seconde flotte impériale, mouillant aux îles de Fer, et d’amener l’entièreté des soldats des Westerlands en renfort au Nord, alors les forces du Mur pourront atteindre jusqu'à 100 000 hommes.
‘20 000 soldats du Nord, 20 000 légionnaires, 20 000 peuples libres et 40 000 hommes des Westerlands. C’est assez pour tenir en respect l’armée des morts, même sans le Mur.’
Avec ce nombre, je n’ai plus besoin de me précipiter. Je peux totalement détruire la menace à l’Est avant de me concentrer sur celle qui nous guette tous.
« Cersei, je veux que tu envoies une lettre à ton cousin et que tu lui demandes de faire appareiller tous les navires de la flotte Lannister vers le Nord, tandis que le reste devra marcher vers Seagard, afin que la seconde flotte dirigée par le Comte Paxter Redwyne puisse les amener jusqu’à l’île aux Ours », dis-je, heureux d’avoir pu trouver la solution à un problème qui me tourmentait.
Cersei parut un peu surprise, mais ne dit rien pour me contredire et se contenta simplement d’hocher la tête.
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-POV Connor-
Depuis le dernier conseil, Aegon et moi ne nous étions pas adressé la parole, alors c’est avec étonnement que j’ai appris que j’étais convié au conseil de guerre.
J’aurais imaginé qu’il m’aurait écarté plus longtemps de sa cour et de son conseil, mais ce ne fut pas le cas.
‘Et je m’en réjouis,’ me dis-je intérieurement, car ce n’est pas le moment pour que des fissures apparaissent dans notre relation.
‘L’Empire est au bord du chaos, nous devons tous rester unis pour surmonter cette crise.’
J’ai attendu en silence, comme toutes les personnes qui avaient été convoquées par l’Empereur, jusqu’à ce que ce dernier décide de se montrer.
Il est entré, accompagné de Sandor Clegane, puis il prit place entre son impératrice et sa maîtresse et dit :
« La situation dans l’archipel des îles d’été est maintenant réglée. Nous possédons un contrôle correct de la région ainsi que de sa noblesse, qui a prêté allégeance à l’Empire. »
‘Un problème de réglé. Nous devons maintenant nous concentrer sur la défense du Mur et de Pentos.’
« Félicitations pour avoir ajouté une nouvelle colonie à l’Empire, Votre Majesté, » dit Willas Tyrell, essayant de se mettre dans les bonnes grâces de l’Empereur.
‘Putain de lèche-cul,’ pensai-je en regardant l’héritier de Hautjardin, qui gardait un petit sourire malgré la réponse froide d’Aegon.
‘Enfin… plutôt l’absence de réponse,’ pensai-je en observant Aegon ignorer totalement sa nouvelle Main.
Aegon dit : « Seules les troupes du Val resteront dans l’archipel. Le reste des troupes envoyées pour conquérir les îles d’été reviendront d’ici quelques lunes, une fois que la situation sera complètement stabilisée. »
« Ce qui nous laisse le Mur et Pentos, » dis-je à Aegon.
Ce dernier hocha la tête, puis dit : « J’ai pris une décision importante : toutes les légions stationnées à Westeros, à l’exception de celles qui gardent le Mur, seront déployées à Pentos. »
‘Pourquoi ?’ me demandai-je, car les conséquences d’une telle action étaient claires.
‘Surtout pour Aegon.’
« Toutes les légions ? » demandai-je, choqué.
Aegon hocha la tête sans rien dire.
« Cela nous laisserait grandement exposés, » dis-je en fronçant les sourcils, car des bandits, des mercenaires ou simplement des personnes cherchant à semer le chaos profiteraient forcément de nos faiblesses.
Aegon hocha la tête, puis dit fermement :
« Cela nous laissera certes exposés dans le cas où j’envoyais toutes mes légions, mais j’y ai déjà pensé. Je ne les enverrai pas toutes. Je laisserai les réservistes s’occuper de la sécurité des territoires durant l’absence des troupes principales. »
J’ai hoché la tête, pensif, d’accord avec ce plan, car étant donné que les légionnaires réservistes représentent un tiers des effectifs, cela pourrait fonctionner.
‘Tant que nous n’avons pas affaire à une révolte interne, cela suffira à assurer la sécurité de l’Empire.’
Aegon enchaîna, voyant qu’il m’avait convaincu :
« L’objectif principal, et je dirais même que c’est notre unique objectif dans cette guerre contre les cités libres d’Essos, est d’étouffer dans l’œuf toute ambition nocive qu’elles pourraient avoir à notre encontre et, plus globalement, contre l’Empire. »
« Donc nous n’allons pas faire une guerre totale aux cités libres ? » demanda Willas Tyrell.
« Non, nous devons frapper rapidement et fortement pour les forcer à négocier une paix avec nous, » dit Aegon avant d’ajouter : « Une paix dictée selon nos conditions, bien évidemment. »
« Que ferons-nous en ce qui concerne le Mur ? » demanda Tyrion Lannister, à ma grande surprise, car il semblait vraiment prendre au sérieux la menace venant du Nord.
‘Du moins, plus que ces seigneurs encore sceptiques face aux témoignages signalant que les revenants au nord du Mur pouvaient attaquer à tout moment et se rapprochaient dangereusement.’
Aegon sourit et dit : « La duchesse régente Cersei Lannister, votre sœur, s’est proposée de venir en aide à la couronne impériale. »
Tyrion haussa les sourcils, surpris, puis dit : « Cela m’étonne grandement de ma sœur. L’altruisme n’est pas sa qualité la plus… prononcée. »
« Dans ce cas, elle a été une irréprochable alliée de la couronne, bien que ce ne soit pas étonnant puisque son fils est un prince impérial, » dit Aegon.
« Quelle aide ma nièce vous a-t-elle promise, Votre Majesté ? » demanda Kevan Lannister, légèrement soucieux de savoir ce que Cersei Lannister était prête à sacrifier dans son dos pour s’attirer les faveurs de l’Empereur.
Sachant déjà ce qu’elle avait fait, j’ai retenu un petit sourire.
Aegon dit : « Votre nièce a décidé d’envoyer, au nom de son fils, une armée composée de 40 000 soldats. Votre fils mènera personnellement les troupes des Westerlands et prêtera main-forte à la Maison Stark et à Walton Steelshanks pour assurer au mieux la défense du Mur. »
Kevan Lannister n’avait pas l’air très content de cette perspective, mais il sut parfaitement se taire afin de ne pas importuner Aegon.
‘En revanche, si le regard qu’il lance à Cersei est une indication, il n’était pas au courant de la décision de sa nièce,’ me dis-je, appréciant que le Mur puisse enfin se défendre correctement contre les envahisseurs.
« Cela portera nos effectifs totaux à environ 100 000 soldats, » fis-je remarquer.
Aegon hocha la tête, puis il dit :
« Avec le retour de Viserys, nous pourrons défendre Pentos avec trois dragons et attaquer, si besoin, les positions ennemies de la coalition essosienne avec trois dragons. »
J’ai hoché la tête, comprenant ce qu’il voulait dire, mais je devais relever un point qu’il semblait négliger : « Nous vaincrons sans difficulté toutes les alliances essosiennes, mais qu’allons-nous faire pour le Mur ? Car sans dragon, en cas d’attaque des marcheurs blancs, nous… »
« Les soldats déployés au Mur devront se débrouiller comme ils peuvent jusqu’à ce que je puisse me déplacer en personne, » dit Aegon fermement d’un ton monocorde.
« Vous ne pensez quand même pas à les abandonner ? » demanda Kevan Lannister, clairement inquiet pour son fils.
« Nous ne pouvons pas courir deux lièvres à la fois, » dit Aegon d’un ton définitif.
« Vous allez sacrifier 100 000 hommes pour… »
« Je ne sacrifie personne, » dit Aegon d’un ton autoritaire, mettant instantanément fin au débat, avant d’ajouter : « Je ne vais pas disperser nos dragons, car notre force vient de notre unité. Si jamais j’envoyais Viserys seul, que ce soit au Mur ou à Pentos, cela ne réglerait pas pour autant la situation, et il pourrait même y laisser la peau. Tandis qu’à trois, nous avons une chance de régler ces soucis facilement. »
Je n’étais pas d’accord avec ce qu’il disait, mais il n’avait pas tout à fait tort. Si nous perdons un dragon, nous perdons notre avantage, et nous serons débordés, que ce soit par Essos ou par les marcheurs blancs.
Voyant qu’il avait déjà pris sa décision et qu’il ne faisait que nous informer, je n’ai pas insisté davantage.
‘Bien que l’envie ne manque pas.’
« Et concernant les nobles ? » demanda Willas.
« Quoi, les nobles ? » dit Aegon, agacé par la mention de ce sujet.
« Allez-vous solliciter leur aide ? » demanda Willas, clairement.
‘Mets ta fierté de côté,’ pensai-je, implorant silencieusement qu’il accepte de demander l’aide de la noblesse.
‘Ils ont parfaitement saisi le moment pour faire leurs revendications. Nous aurons tout le temps de les faire payer une fois que nous aurons gagné.’
Aegon regarda sa nouvelle Main longuement, avant de sourire. Puis il demanda :
« Lord Tarly, l’Empire est en guerre, que ferez-vous ? »
« Je me battrai jusqu’à la mort, » dit le seigneur vieillissant d’Horn Hill.
‘Malgré son âge, sa colonne vertébrale est toujours aussi droite,’ pensai-je.
« Vos hommes et vos vassaux feront-ils de même ? » demanda Aegon.
« Sans hésiter, » dit le chef de la Maison Tarly.
« Les nobles suivront leur Empereur dans la bataille. Ceux qui ne le feront pas recevront les sanctions qu’ils méritent une fois les menaces vaincues, » dit Aegon, tranchant rapidement
la question.
J’ai fermé les yeux, soupirant intérieurement, car je savais qu’avec cet ordre, les nobles de l’Empire n’aideraient jamais vraiment.
‘Ils n’enverront que des paysans mal équipés et ne se mouilleront pas dans cette guerre qui pourrait tous nous anéantir.’
Willas Tyrell hocha la tête sans rien dire. Puis Aegon dit : « Vous pouvez disposer, la séance est levée. »
« Sauf vous, Mestre Edwyn, » ajouta Aegon en s’adressant à l’homme qui assistait aux réunions à la place de son grand-oncle, qui n’avait le titre de Grand Mestre qu’à des fins plus honorifiques qu’autre chose.
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-POV MC-
« Mestre Edwyn, en plus des corbeaux que vous enverrez aux commandants de mes légions, je veux que vous envoyiez celles-ci, » dis-je en lui remettant plusieurs lettres que j'avais écrites juste avant le conseil de guerre.
‘Je n’ai plus beaucoup de temps et j’ai l’impression que quelque chose me pousse à me dépêcher,’ me dis-je, ressentant depuis quelques jours la présence d'une haleine froide dans ma nuque.
‘C’est un sentiment tellement étrange que je ne saurais pas l'expliquer correctement.’
« Il sera fait comme vous le désirez, Votre Majesté, » dit Mestre Edwyn en s'inclinant.
Mestre Edwyn se préparait à partir, mais je l’ai arrêté et j’ai dit en serrant une dernière lettre dans ma main droite : « Attendez. »
J'ai hésité quelques secondes avant de lui tendre cette lettre et j’ai ajouté :
« Je veux que vous remettiez ceci à mon grand-oncle Aemon si je venais à disparaître un jour. »
« Votre Majesté... » dit Mestre Edwyn, presque horrifié à l'idée d'imaginer ma fin.
« Mestre Edwyn, je vous fais confiance pour faire ce qui sera juste le moment venu, » dis-je en regardant le mestre que mon grand-oncle avait choisi pour être son assistant dans presque toutes ses tâches.
‘Faisons confiance aux yeux de ce vieil aveugle,’ me dis-je en plaisantant légèrement pour dédramatiser la situation.
‘C’est la première fois que j’envisage sérieusement la possibilité de mourir dans ce monde depuis ma vie précédente.’