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-Chapitre 64-

-Chapitre 64-

-POV Viserys Targaryen-

J'observai Corlys Velaryon se lever et dire, frustré :

« Si nous avons terminé, j’ai des choses plus importantes qui m’attendent. »

« Je suis désolé de l’entendre, mais je vais devoir vous retenir un peu plus longtemps, Seigneur Corlys. »

Le Serpent de Mer, déjà en direction de la porte, s'arrêta et haussa un sourcil en direction d'Aemon.

Ce dernier dit sans se presser : « J’ai plusieurs autres sujets à aborder avec ce conseil, dont une loi qui, selon moi, améliorerait grandement la santé des caisses du royaume. »

'C'est le moment, Aemon va enfin porter le coup de grâce à Corlys Velaryon', pensai-je, attendant de voir la réaction sur son visage.

« De quoi s’agit-il ? » demandai-je, feignant un léger intérêt.

« La taxation des produits de luxe venant ou étant échangés avec Essos, passant par le Détroit, » répondit Aemon.

Observant discrètement Corlys Velaryon du coin de l’œil, je remarquai la manière dont il écarquilla les yeux en entendant Aemon.

« Cela permettrait de renflouer les caisses du royaume, » dit Jasper Wylde en hochant la tête, approuvant la proposition d'Aemon.

'Un des soutiens d'Alicent', pensai-je, me remémorant son nom sur la liste que Larys m’avait remise.

Voyant mon hésitation et le silence des autres membres du conseil, le Serpent de Mer intervint :

« Vous allez tous accepter cela sans broncher, face à l’évidence même ? »

« Quelle évidence ? » demandai-je, feignant l'ignorance.

« C’est une attaque visant uniquement ma Maison, orchestrée par Daemon. Il suffit de voir qui a fait cette proposition pour vous en rendre compte. »

'Il est plutôt malin', pensai-je, surpris qu'il ait fait le lien aussi rapidement.

« Très bien, étant donné que je suis le fils de Daemon Targaryen, mon avis a peu de poids. Mais j'imagine que celui de ma cousine n’aura pas le même effet, étant donné qu'elle est la fille de notre roi, votre future belle-fille et votre future reine, » dit Aemon, posant une question sans attendre de réponse. Il enchaîna en demandant à Rhaenyra :

« Qu’en penses-tu, chère cousine ? Tu es la plus impartiale et tu ne penseras qu'à l’intérêt du trône. »

'Il est temps pour toi d’assumer ta part de responsabilité, ma fille', pensai-je en plissant légèrement les yeux, curieux de voir si elle irait jusqu’au bout et s’allierait avec Daemon contre moi.

Secrètement, j’espérais qu'elle se rétracte.

Non pour épargner les coffres du Serpent de Mer, mais tout simplement parce qu'elle aurait des remords à faire alliance avec mon maudit frère pour me contraindre à lui accorder plus de pouvoir.

« Des taxes seraient les bienvenues. Elles permettraient au Prince Daemon de construire des défenses ainsi qu’une flotte capable de se défendre si la Triarchie décidait de continuer à se battre pour le contrôle du Détroit, » dit-elle, répondant habilement à la question.

Aemon leva les bras comme pour dire 'Voilà, ce n’est pas moi qui l’ai dit', et tous hochèrent la tête, y compris moi.

'Cela me donne envie de vomir d'accepter à mon tour le chantage de Daemon, mais si cela permet à ma famille de retrouver la paix, qu'il en soit ainsi.'

« Dites-moi que je rêve, » dit le Serpent de Mer en secouant la tête, incrédule.

« Non, vous ne rêvez pas. Certaines personnes se préoccupent encore du bien-être du royaume et utilisent le pouvoir qu’elles ont pour sa prospérité, au lieu de puiser dans ses ressources pour servir leurs projets personnels, leur vanité ou leur ambition, tels des sangsues insatiables, » répondit Aemon.

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-Début du flash-back-

« L’idée est simple. Ils vous croient faible et influençable, alors nous n’allons pas les détromper. »

Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas comment cela pouvait nous faire gagner à court ou à long terme.

Aemon continua : « Nous allons utiliser cette fausse image qu’ils se sont faite de vous pour les induire en erreur. Ils penseront que je suis le problème, la plus grande menace, sans se douter une seule fois que vous êtes celui qui contrôle tout dans l’ombre. »

« Que vas-tu faire exactement ? » demandai-je, les sourcils froncés, sentant au fond de moi que j’allais détester la suite de son plan.

« Je vais répondre aux attentes de tous, » dit-il simplement.

« Comment ? » demandai-je, attendant plus de détails.

« Je vais vraiment répondre aux attentes de chacun. Rhaenyra veut que son trône soit sécurisé ? Je vais le faire. Je vais défendre sa position d’héritière haut et fort, martelant dans la tête de toute la noblesse que la doctrine de l'exceptionnalisme nous affranchit des règles des gens du commun, » expliqua Aemon.

« Ils ne seront pas tous d’accord avec toi, » dis-je à mon neveu.

« Ceux qui ne seront pas d’accord goûteront soit à ma lame, soit au feu d’Urrax. Mais dans les deux cas, encore faudra-t-il qu’ils aient le courage de me faire face, » répondit-il, déterminé.

'Il est vraiment sérieux', pensai-je en l’observant.

« Et pour les rumeurs, mon Prince ? » demanda Larys.

« Je compte sur toi pour me les rapporter afin que je menace ceux qui les colportent, » dit Aemon.

'Il aurait dû naître des entrailles d’Aemma.'

« Ensuite, bien que cela me répugne, je devrais céder au chantage de Daemon. Cela aggravera la fausse image qu'ils ont de vous et les poussera à vous sous-estimer encore plus… »

Je hochai la tête, comprenant que c’était nécessaire, bien que frustré de ne pas pouvoir remettre Daemon à sa place.

« Ensuite, je ferai en sorte qu'Harwin Strong et son père soient renvoyés de votre conseil, pour être remplacés par Bryndon Hightower et son père. »

« Attends, je t’arrête tout de suite. Nous n’avons jamais discuté de cela, » dis-je, revenant rapidement à la raison.

« C’est la condition de la Reine, » dit Aemon, avant d’ajouter : « Sans répondre à sa demande, nous ne pourrons pas équilibrer les forces dans le royaume ni contrôler la direction et la puissance des flammes qui brûleront. »

« Je ne reprendrais pas Otto Hightower à ma cour. Cette vipère fera tout pour usurper Rhaenyra, » dis-je, catégorique.

« Je ne le laisserai pas faire, et vous non plus. Mais ne vous voilez pas la face : nous ne sommes pas à l'abri qu’une personne noble ou non verse un peu de poison dans le verre de Lyonel Strong pour s’attirer les faveurs de la Reine, ne vous laissant que peu d’options, » expliqua Aemon.

« Ils n’iraient pas jusque-là, » dis-je, surpris par son hypothèse.

« Ils cherchent à usurper une succession établie depuis près d'une décennie. Ils utiliseront tous les moyens disponibles, soyez-en sûr, » dit Aemon sur un ton mi-moqueur, mi-dégoûté par les méthodes que toutes ces sangsues emploieraient.

« Comment avons-nous pu en arriver là ? Avec le retour d’Otto, il influencera forcément Aegon de manière négative, » dis-je, passant une main sur mon visage tout en soupirant lourdement.

« Vous laissez trop de latitude à vos conseillers. N’oubliez pas, mon oncle, que nous ne sommes que vos conseillers. Vous êtes le roi, c’est vous qui devez décider à la fin… sans parler du fait que j’ai déjà tout prévu, » dit Aemon avec un petit sourire narquois.

« Comment cela ? »

« Une des conditions que j’ai imposées à Alicent est qu’Aegon soit placé comme pupille à Runestone. Je l'élèverai comme mon frère et en ferai un homme bon, vous avez ma parole, » dit-il.

Je souris tristement à l’idée que je devrais me séparer de mon fils aîné pour une longue période et je répondis, sachant que c’était pour le mieux : « Décidément, tu penses à tout. »

Aemon ne dit rien de plus et continua son explication :

« Alicent viendra sûrement vous voir après cela. Elle voudra vous convaincre de faire d’Aegon ma pupille. Faites en sorte qu’elle soit convaincue que l’idée vient d’elle. N’hésitez pas à faire semblant que cette idée ne vous plaît pas. »

« C’est une bonne idée, mais si je t’accorde trop de privilèges, ils se douteront de quelque chose, » dis-je, inquiet qu'en laissant trop de liberté à Aemon, ces sangsues soupçonnent que nous agissons ensemble.

« Hmm, vous avez raison. Nous allons les laisser croire que vous m’aimez trop pour me punir, mais pas assez pour être incapable de me réprimander lorsque je dépasse les bornes. N’hésitez surtout pas, » répondit-il.

-Fin du flash-back-

'Même si nous en avions discuté auparavant, il va un peu trop loin cette fois-ci. J'imagine que c’est le moment où je dois intervenir,' pensai-je, décidant d’intervenir pour éviter que les choses ne dégénèrent.


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