-Chapitre 54-
Added 2024-10-02 01:36:19 +0000 UTC-Chapitre 54-
-POV Alicent Hightower-
Depuis que Viserys s’était isolé pour recevoir Aemon, je n’arrêtais pas de tourner en rond dans ma chambre tout en berçant Helaena, malgré mon état.
J’attendais de recevoir le rapport de Ser Criston sur ce que Viserys et Aemon s’étaient dit, en espérant que ce ne soit rien de grave, quand tout à coup quelqu’un frappa à la porte.
« Qui est-ce ? » demandai-je, espérant que ce soit Ser Criston.
« C’est moi, votre Grâce », fit la voix d’un homme derrière la porte, que je reconnus aussitôt comme étant celle de mon maître-espion, Larys Fort.
« Entre », dis-je, déçue que ce ne soit pas Ser Criston venu me rapporter ce que s’étaient dit Aemon et son neveu.
Larys Fort entra dans mes appartements en boitant, comme à son habitude, frappant sa canne sur le sol à chaque pas tout en inspectant l’intérieur de la pièce, qu’il avait déjà vu une centaine de fois en raison des fréquentes « réunions » que nous organisions à l’abri des regards.
Je dis en tendant Helaena à la nourrice qui s’éloigna pour l’emmener jouer : « Que veux-tu ? »
« Vous servir, comme à mon habitude », répondit Larys, bien que je ne le crus pas un seul instant.
‘C’est un ver qui ne sert que ses intérêts’, pensai-je, sans prêter attention à sa phrase précédente.
« Épargne-moi tes flatteries Larys, je ne suis pas en état de faire confiance à un membre de ta Maison », dis-je d’un ton tranchant.
« Même si je vous offre la clé pour faire tomber le Prince Aemon de votre côté ? » dit-il, abandonnant son faux air servile pour adopter une attitude plus condescendante, feignant de repartir.
Je fronçai les sourcils, surprise par ce qu’il me proposait, mais je n’oubliai pas à qui je parlais et demandai :
« Que voulez-vous en échange ? »
« Rien de plus que votre confiance ainsi qu’une faveur de votre part », répondit Larys, jouant avec le pommeau de sa canne, un léger sourire narquois et vainqueur au coin des lèvres.
« Quel genre de faveur ? » demandai-je, suspicieuse.
« Le genre de faveur qui n’a pas de limite », dit-il, son expression indescriptible m’angoissant légèrement.
Je fronçai les sourcils sans me laisser déstabiliser et lui demandai :
« Quel est donc ce secret que vous avez découvert qui pourrait m’assurer les services du Prince du Val ? »
« Le Prince Aemon est sur le point de déclencher une guerre dans le Val, et il n’a pas intérêt à ce que cette affaire se répande », dit Larys.
« Il va attaquer sa cousine ?! » dis-je, surprise que le Prince Aemon puisse s’en prendre à sa cousine, car bien qu’il ne la portât évidemment pas dans son cœur, il n’avait pas grand-chose qui le retenait à la capitale.
'Encore moins pour déclencher une rébellion'
« Le Prince Aemon n’est pas si bête », dit Larys, m’insultant tacitement au passage.
Je plissai les yeux, attendant qu’il s’explique, et il finit par dire :
« Il a fait alliance avec les hommes des clans des montagnes. »
‘Si cela venait à se savoir, il perdrait plus d’un partisan, car les nobles du Val considèrent les montagnards comme un fléau. Mais reste à savoir comment prouver cette information.’
« Comment pouvons-nous prouver cela ? » demandai-je à Larys Fort, qui haussa les épaules.
« Pourquoi voulez-vous le prouver ? » dit-il en levant un sourcil.
« À quoi me sert une information que je ne peux prouver ? » dis-je, le regardant comme s’il était idiot.
« Vous n’en avez pas besoin. Il vous suffit de le menacer de révéler cette information avant qu’il ne retourne dans le Val pour donner le signal aux montagnards d’attaquer les vassaux fidèles de Jeyne Arryn. Une simple rumeur suffira à faire échouer son plan, car les vassaux de Jeyne Arryn seront prêts », dit Larys.
« Certes, mais cela fera de lui mon ennemi », dis-je, peu convaincue de l’efficacité de ce plan.
« Si vous ne voulez pas le menacer, alors vous n’avez qu’à l’inviter dès maintenant. Essayez de faire bonne impression sur lui et sondez-le pour savoir de quel côté il penche. Voyez si vous pouvez l’acheter d’une quelconque manière ou lui proposer quelque chose afin d’obtenir temporairement son soutien », suggéra Larys Fort.
Je hochai la tête, trouvant cette idée beaucoup plus facile à réaliser et bien plus sûre, et je dis :
« Je vais voir ce que je ferai. Tu peux disposer. »
Larys s’inclina avant de partir, et alors qu’il allait sortir, la porte s’ouvrit en grand sur son passage tandis que Ser Criston arrivait enfin.
« Vous en avez mis du temps », dis-je en regardant mon champion.
« Je reviens tout juste du conseil, sa majesté le roi n’a pas voulu me libérer de son service avant », dit-il en guise d’excuses.
« Très bien, alors dites-moi ce que vous avez pu entendre », dis-je, impatiente de savoir ce que Viserys complotait dans mon dos.
« Je n’ai pas pu entendre grand-chose, mais ce dont je suis sûr, c’est qu’il parlait de vous ainsi que du placement de pupilles. Je pense que le prince Aemon veut vos enfants comme pupilles », dit Ser Criston.
‘S’il veut placer mes enfants comme pupilles à Runestone, cela doit vouloir dire qu’il ne s’est pas autant rapproché des Velaryon et de Rhaenyra qu’il l’a laissé paraître hier. J’ai encore une chance de le rallier à ma cause.’
« Invite le Prince à prendre une tasse de thé avec moi. J’ai à lui parler », dis-je, décidée à mettre Aemon Targaryen, le Prince du Val et Seigneur de Runestone, de mon côté.
‘Voyons comment tu feras pour anticiper cela, Rhaenyra.’