-Chapitre 63-
Added 2024-09-03 19:31:03 +0000 UTC-Chapitre 63-
-25e jour de la 7e lune de l’an 300 AC-
-POV Raymund Connington-
Assis droit sur mon cheval, j’apercevais au loin les premiers contours d’Harrenhal, mais l’anxiété qui m’avait envahi depuis mon départ de la capitale ne semblait pas vouloir se calmer.
C’était la première fois que je partais au combat en sachant que je devrais me confronter directement au danger, contrairement aux autres fois où je commandais depuis l’arrière.
‘Cette fois, je devrais être prudent, car tous voudront ma tête ou chercheront à me capturer pour m’échanger contre une rançon après m’avoir torturé,’ pensai-je.
« Est-ce la première fois que tu commandes des hommes à la guerre ? » me demanda soudainement Kevan Lannister, l’oncle de Cersei.
J’ai secoué la tête et répondu : « Non, j’ai déjà commandé les archers lorsque nous avons affronté Stannis, mais jamais autant d’hommes dans une telle situation. »
« Ne t’en fais pas, tu te débrouilleras très bien dans ton rôle tant que tu écoutes les conseils de tes lieutenants et les miens. Applique ce que tu as appris, et nous n’aurons aucune difficulté à vaincre les chiens de Robb Stark, » dit-il, sans la moindre peur, contrairement à son fils, qui était tellement nerveux que j’avais l’impression qu’il allait s’évanouir d’une seconde à l’autre.
Voyant que je fixais Lancel, ce dernier se tourna vers son fils et soupira en le voyant :
« J’envie ton défunt père pour avoir eu d’aussi excellents fils. »
J’ai esquissé un léger sourire et l’ai remercié avant de me taire, car bien que cette conversation ait détendu l’atmosphère, quelque chose en lui semblait faux, sans que je sache encore quoi.
‘C’est probablement l’un des dons qu’Alynne m’a transmis à son contact.’
‘Encore une semaine de marche avant d’atteindre notre objectif,’ pensai-je.
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-POV Ronnet Connington-
Tandis que j’observais avec une immense fierté Ronald défaire mes chevaliers avec une facilité déconcertante, j’ai souri et l’ai appelé pour qu’il prenne une pause.
Je lui ai doucement ébouriffé les cheveux en disant :
« Il semblerait que quelqu’un soit bientôt prêt à recevoir son titre de chevalier. »
Le sourire timide qu’il m’a adressé m’a fait rire encore plus fort avant de le serrer dans mes bras.
Mon sang, en plus de lui avoir transmis des attributs physiques largement supérieurs à ceux des autres hommes, avait réveillé quelque chose de spécial en lui : un talent avec les armes que même moi, je ne soupçonnais pas.
‘Peut-être est-ce parce qu’il est mon fils,’ pensai-je.
« Allez, va prendre un bain, puis nous irons chasser un cerf dans le Kingswood, » dis-je à mon fils, qui hocha rapidement la tête et disparut aussi vite qu’il le put.
« Vous avez l’air bien détendu pour un homme qui a envoyé son frère à la guerre, » dit Tyrion en s’approchant dans mon dos.
J’ai baissé les yeux vers le nain, qui enchaîna rapidement : « Mais peut-être que c’est de famille, cette aptitude physique démesurée et ce talent pour le combat. »
« Nous n’en sommes pas tous dotés. J’aime croire en l’idée que je suis spécial et que les dieux m’ont fait don d’un pouvoir qui dépasse le commun des mortels, » dis-je sur un ton neutre, montrant la pleine confiance que j’avais en moi et en mes pouvoirs.
« Certains pourraient dire de vous que vous êtes une personne prétentieuse, » dit Tyrion en entendant ma réponse.
« Et d’autres pourraient simplement voir la vérité telle qu’elle est. Bien que ce soit difficile pour un Lannister, il faudrait déjà sortir votre tête du cul des membres de votre propre famille, » dit Oberyn en faisant référence à la bâtardise des enfants de Cersei et Jaime.
J’ai froncé les sourcils sans rien dire, et en l’observant, j’ai compris qu’il était venu dans la cour d’entraînement prêt à se battre.
‘Je pense même qu’il est venu pour ça, mais c’est assez contradictoire avec son discours,’ pensai-je, ne comprenant pas ce qui se passait dans la tête d’Oberyn Martell.
« Comment va la Princesse Arianne ? Certaines rumeurs prétendent qu’elle serait rentrée à Sunspear… souffrante, » dit Tyrion en faisant allusion à l’enfant qu’elle portait.
‘Mon enfant.’
Voyant le regard glacial d’Oberyn, j’ai immédiatement compris qu’il était là pour ça, et Tyrion aussi, car il dit avec un petit sourire narquois : « Bien, je pense que c’est le bon moment pour vous de discuter. Vous avez sûrement des tas de choses à vous dire. »
Une fois Tyrion parti, mon regard s’est tourné vers Oberyn, qui, à ma grande surprise, avait retrouvé son expression habituelle.
J’ai fait signe à mes gardes de surveiller toutes les voies d’accès, et tout en jouant avec sa lance, la faisant tournoyer autour de lui, Oberyn dit : « Ma nièce ne tarit pas d’éloges à ton sujet. »
« À propos de mes talents avec une lance ? »
Un petit sourire naquit sur le visage du Prince de Dorne avant qu’il ne m’attaque soudainement. Une attaque que j’ai bien sûr esquivée sans difficulté. J’ai regardé la pointe de la lance qui était passée à moins d’un centimètre de mon visage, tout comme Oberyn.
Ce dernier reprit lentement sa lance tout en disant : « Tu aimes jouer avec le feu. »
« Tant que ça ne me brûle pas, » répondis-je avec un large sourire.
« Tu joues un peu trop à mon goût, » dit Oberyn en reprenant une posture d’attaque.
« Est-ce que nous parlons toujours d’Arianne ? » dis-je en croisant les bras sur ma poitrine.
« Nous parlons de tout, » dit-il cette fois en m’attaquant à plusieurs reprises.
J’ai esquivé un coup de lance à la poitrine en pivotant sur le côté, avant d’éviter un coup avec la partie en bois de sa lance en me penchant en arrière, pour finalement terminer par un saut retourné en avant, passant au-dessus de lui tel un acrobate, sans aucune difficulté.
Oberyn secoua la tête avant de prendre une position de repos et de dire :
« Mon frère a reçu une offre de mariage pour Trystan. »
J’ai rangé le sourire victorieux que j’arborais et, les sourcils froncés, j’ai demandé :
« De la part de qui et pour qui ? »
Il n’a pas répondu, se contentant de regarder le balcon derrière moi, où Cersei venait d’apparaître.
« J’ai confiance en elle, » dis-je d’un ton neutre.
« Tu ne devrais pas, » dit-il.
« C’est la mère de mes enfants, et je l’aime. Elle ne me trahira jamais, » dis-je.
« C’est une Lannister. Tout ce qui compte pour eux, c’est eux-mêmes. Souviens-toi, le moment venu, que je t’avais prévenu, » dit-il d’un ton catégorique avant de partir, me laissant plongé dans mes pensées.