-Chapitre 191-
Added 2024-08-13 00:16:51 +0000 UTC-Chapitre 191-
-POV Cregan Snow-
« AAAAAh »
« aaaaaaaah »
« Noooooon »
Les cris autour de moi étaient horribles.
Tous étaient surpris par les revenants qui, il y a peu, se battaient encore pour assurer leur survie.
J’étais moi-même terrifié par les revenants, mais je ne pouvais pas faiblir.
J’étais leur chef, leur commandant, l’officier le plus gradé ; je devais montrer l’exemple.
Alors, j’ai utilisé toute la terreur que je ressentais et je l’ai transformée en colère et en haine, en criant :
« REGROUPEZ-VOUS ET RENVOYEZ TOUS CES PUTAINS DE CADAVRES EN ENFER ! »
« OUUUUUH ! » crièrent-ils tous plus fort que jamais, sûrement nourris par la peur et le désir de survivre de chacun d’entre eux.
J’ai planté ma lance dans l’abdomen d’un revenant avant de lever mon bouclier pour éviter que l’épée d’un autre revenant me fauche la tête.
Puis j’ai planté ma lance de toutes mes forces dans son œil, ce qui a eu pour effet de transpercer son crâne.
Mais lorsque j’ai essayé de la retirer, j’ai senti une résistance plus forte qu’à l’accoutumée. Malheureusement, je n’ai pas eu l’occasion d’essayer de la retirer à nouveau, car le Marcheur Blanc sur lequel je gardais toujours un œil s’est soudainement précipité vers moi, son épée de glace cherchant à me couper le bras.
J’ai récupéré mon épée en acier et j’ai fait face à la prochaine attaque du Marcheur Blanc, tout en cherchant de l’aide du coin de l’œil.
Mais ce que j’ai vu m’a glacé le sang : sur les 700 soldats qui se tenaient debout il y a moins de deux minutes, plus de la moitié avaient été éliminés.
‘Putain d’attaque en traître,’ pensai-je, écrasant complètement tout espoir de voir mes soldats m’aider à abattre le Marcheur Blanc en face de moi.
J’ai vu une ouverture dans la garde du monstre, et au moment où j’ai essayé de le frapper à la tête avec mon épée, plus rapide qu’un humain, il s’est défendu en mettant son épée en garde.
Le bruit grinçant que firent nos épées en s’entrechoquant était horrible, puis mon épée a vibré un instant avant d’exploser en mille morceaux.
J’ai baissé les yeux sur mon plastron et j’ai vu trois morceaux de mon épée coincés dedans, perçant légèrement ma peau et me faisant saigner abondamment.
‘Putain,’ pensai-je en sentant mes forces me quitter et en tombant à genoux devant le Marcheur Blanc.
J’ai pris une profonde inspiration avant de me relever brusquement, essayant de plonger ce qui restait de mon épée dans le monstre qui me regardait maintenant froidement, sans sourire, comme si j’étais une sorte de parasite inintéressant.
Je n’ai réalisé que son épée m’embrochait qu’en sentant mes jambes se dérober sous moi, m’empêchant d’avancer.
J’ai fait mine de regarder ma blessure, mais aussi rapidement que mon corps me le permettait, j’ai planté le poignard que je cachais derrière mon dos dans l’aisselle du Marcheur Blanc.
Celui-ci, surpris, poussa un cri strident avant de se transformer en poussière de glace.
Je suis retombé dans la neige, toujours empalé par cette épée de glace, et j’ai regardé le ciel en priant pour que mes soldats parviennent à venir à bout de ces putains de cadavres.
La dernière chose que j’ai entendue avant de sombrer dans l’inconscience, c’est la voix de mon second m’appelant frénétiquement.
J’ai souri, heureux d’avoir réussi à tenir Greyguard.
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-21e jour de la 12e lune de l’an 300 AC-
-POV Walton Steelshanks-
« Seigneur Walton, Seigneur Walton, laissez-moi passer, je dois parler au Seigneur Walton tout de suite ! » hurla quelqu’un avant de se faire arrêter par ma garde rapprochée.
J’ai froncé les sourcils et j’ai jeté le corps de la sauvageonne qui reposait sur moi, épuisée par la nuit que nous avions passée ensemble.
Je suis sorti après avoir rapidement enfilé une chemise de nuit, mon épée à la main, une habitude que je n’avais pas perdue malgré ma nouvelle position.
Un légionnaire était à genoux, deux lances autour de son cou, se débattant furieusement contre mes gardes.
J’ai dégainé mon épée et j’ai dit : « Qu’est-ce que tu fiches ici, légionnaire ? Je pourrais te punir pour avoir tenté de faire irruption dans la tente du commandant de ta Légion. »
« Punissez-moi comme bon vous semble plus tard, Seigneur… » dit le légionnaire, clairement pressé de me délivrer le message dont il était responsable.
« Baron, » dis-je en l’interrompant.
« Punissez-moi comme bon vous semble plus tard, Baron Walton, mais écoutez ce que j’ai à vous dire : le Mur a été attaqué. »
Surpris, j’ai fait signe à mes hommes de le relever et j’ai dit : « Continue, mais si tu me racontes des histoires, tu mourras dans d’atroces souffrances, fais-moi confiance là-dessus. »
« Le Mur a été attaqué il y a environ une journée, dans la nuit du 19e jour au 20e jour de cette lune, » dit l’homme, dont je ne ressentais pas la moindre once de mensonge.
Reconnaître les intentions ainsi que les mensonges des gens avait fait partie de mon travail au service de Roose Bolton à l’époque, et cela me servait encore tous les jours.
Je pouvais sentir la sincérité de ses paroles, mais il ne me disait pas tout, et je n’arrivais pas à mettre le doigt sur ce qui me dérangeait dans son récit.
« Tu ne me dis pas tout, » dis-je, méfiant.
Les yeux fuyants, il n’a pas osé parler et a dit :
« Vous ne me croiriez pas, vous devez le voir de vos propres yeux pour l’accepter. »
« Dis-moi, » lui ai-je ordonné sur un ton plus autoritaire.
« Nous n’avons pas été attaqués par des sauvageons, » dit le légionnaire de manière évasive.
J’ai ressenti une sensation glaciale me chatouiller la nuque avant de demander : « C’était les morts ? »
Le légionnaire m’a regardé droit dans les yeux, surpris que j’y croie et choqué que je sois au courant, puis il s’est effondré en pleurant toutes les larmes de son corps, murmurant dans un état second :
« Ils étaient tous morts… puis… puis… ils ne l’étaient plus… sans le commandant Snow, nous serions tous devenus des cadavres ambulants. »
« Que les dieux nous viennent en aide, » dis-je en poussant un profond soupir, en regardant Tormund et les autres chefs sauvageons qui avaient entendu la fin du récit du légionnaire, rameutés par le raffut qu’il avait fait en entrant dans le camp.
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-22e jour de la 12e lune de l’an 300 AC-
-POV MC-
« Nous ne pouvons pas rester sans rien faire, » dit Willas d’un ton calme mais empreint d’une fermeté qui lui était rare.
‘Sûrement à cause des pertes que la Maison Tyrell subit depuis le début de ces escarmouches,’ pensai-je.
« Nous devons absolument riposter et nous montrer fermes, » dit Monfort Velaryon pour appuyer le commentaire de Willas Tyrell.
J’ai hoché la tête, d’accord avec eux, mais Tyrion dit, en s’opposant à mes deux précédents conseillers :
« Non, nous devons rester neutres. Si nous nous montrons trop fermes, nous ne ferons que leur prouver qu’ils ont raison, et que nous voulons envahir leurs terres et étendre les frontières de l’Empire de Westeros à Essos. »
« Nous faisons tous partie du plus grand empire du monde connu. Nous n’avons pas à avoir peur de ces bâtards qui se prennent pour des seigneurs dragons. Ces alliances ne sont d’ailleurs pas basées sur une quelconque confiance entre les différents partis, elles sont simplement fondées sur la peur que nous inspirons tous à ces gens, » dit Adrian Celtigar, dont la lignée valyrienne ainsi que l’histoire de sa Maison importaient énormément et lui inspiraient une immense fierté.
« Mais si nous continuons à leur faire peur, nous inspirerons des alliances plus grandes… » dit Tyrion.
‘Bien que je n’aime pas négocier, il n’a pas tort. Si je négocie avec eux, leurs alliances n’auront plus lieu d’être, et ils se sépareront naturellement parce qu’ils ne s’apprécient pas entre eux,’ pensai-je.
« …Chacune des trois alliances, que ce soit celle de Qarth avec Ghis, l’Alliance Libre de Braavos ou l’Alliance Valyrienne, peut
rivaliser avec le total de nos forces armées en mer, voire même l’écraser. Une alliance plus grande pourrait isoler Westeros et couper l’accès que nous avons à la Baie des Dragons ainsi qu’aux îles d’été. »
‘Il a encore une fois raison, avec le territoire de Daenerys ajouté à l’Empire, cela a envoyé un signal d’alarme à toutes les cités, et ils ont peur que je fasse la même chose avec leurs cités. En négociant, je fais preuve de bonne foi et leur enlève toute raison de faire alliance ensemble,’ me dis-je intérieurement en tapotant légèrement mon doigt sur la table.
« Mon frère a raison. Notre force réside dans nos troupes au sol, qui pourront soit résister à une invasion, soit débarquer et envahir le continent. Mais sans une domination totale des mers, nous devrons garder notre calme et négocier avec les cités d’Essos, » dit Cersei, à mon grand étonnement, qui avait été invitée exceptionnellement au conseil afin de représenter son oncle Kevan Lannister, reparti à Castral Roc pour régler certaines affaires.
Tyrion avait l’air aussi surpris que moi, mais il ne dit rien et se contenta d’incliner subtilement la tête devant sa sœur, un geste qui aurait pu passer inaperçu mais que j’ai aisément relevé avec ma perception améliorée.
« Je ne suis pas d’accord. Nous pouvions négocier avec eux du temps des rois Targaryen, mais nous sommes maintenant un Empire avec 4 dragons capables de se battre et 4 possibles futurs dragonniers, » dit Monford Velaryon.
« 3 dragons et 3 possibles dragonniers, » corrigea Benjen.
« 4 dragons et 4 dragonniers, » corrigeai-je à mon tour en haussant un sourcil.
« Je peux donner des ordres à Syrax si je force avec mes pouvoirs en ayant l’appui de Rhaegal. »
« Tu comptes donner un dragon aux enfants de Viserys ? » me demanda mon oncle, surpris.
« Tous les Targaryen ont le droit d’avoir un œuf de dragon. »
« Mais… »
« C’est une tradition, » dit Mestre Aemon, mon aïeul que j’avais chargé de la tâche de Grand-Mestre, en souriant dans ma direction et en regardant le vide.
Benjen soupira, ne contredisant pas l’une des personnes qu’il respectait le plus dans sa vie, puis dit :
« Même avec les rituels, nous ne pouvons déployer que 3 dragons, puisque le Prince Viserys est parti avec Viserion. Un seul dragon ne peut pas compenser la différence de force en mer entre nos flottes et une alliance. »
J’ai hoché la tête et j’ai dit : « Et je suis d’accord sur ce point, c’est la raison pour laquelle nous devrons négocier avec les cités d’Essos pour que les raids sur nos marchandises cessent, et que les ‘pirates’ cessent d’attaquer les navires marchands en provenance de Westeros. »
La porte s’est brutalement ouverte et j’ai vu Ser Gerold Dayne, mon Épée du Matin, entrer, Dawn accrochée à sa ceinture, avec Loras Tyrell portant Red Rain.
J’avais offert l’opportunité à Loras de porter cette épée afin que la famille impériale soit plus en sécurité sous la garde des gardes royaux.
‘C’est toujours mieux que de laisser cette épée reposer dans un coffre jusqu’à ce qu’un de mes enfants soit en mesure de la porter sans s’embrocher avec,’ pensai-je en tendant la main pour recevoir le message que Loras m’apportait.
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Votre Majesté,
Je me permets de vous écrire car vous m’avez ordonné de vous faire part de toute situation sortant de l’ordinaire sur le Mur, et je pense que le moment que vous… que nous redoutions tous soit arrivé.
Les Marcheurs Blancs ont lancé un assaut sur le Mur. Je ne me suis pas encore rendu sur les lieux, mais un légionnaire a été envoyé par le commandant de Greyguard pour m’informer de la situation.
Votre fidèle Serviteur,
Walton
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Mon cœur a sauté dans ma poitrine, puis j’ai fracassé mon poing sur la table.
J’ai entendu une fissure se former, mais je n’y ai pas prêté attention.
J’ai dégluti avant de lever les yeux, ma mentalité changeant du tout au tout, et j’ai dit :
« N’entamez pas les négociations avec les cités d’Essos avant mon retour, quel que soit nos pertes. »
Tout le monde fronça les sourcils, ne comprenant pas de quoi je parlais, puis j’ai ajouté en me levant avant de sortir :
« Déployez toutes nos forces navales dans le Détroit, et que tous les seigneurs possédant des navires et des hommes sachant les utiliser soient prêts à lever leurs bannières. »
« Aegon… » dit Benjen, mais je ne l’ai pas écouté, j’avais autre chose à faire.