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-Chapitre 184-

-Chapitre 184-

-POV MC-

« Alors, comment as-tu trouvé ma performance ? » demandai-je à Daenerys, assise à mes côtés lors du banquet.

« C’était plutôt bien, mais tu viens de perdre définitivement la chance de fidéliser la Maison Buckler en les humiliant de la sorte. »

« Qu’entends-tu par fidéliser ? » demandai-je, curieux de connaître sa définition de la fidélité.

« Ils ne t’aimeront jamais » dit Daenerys en plongeant ses yeux dans les miens avec assurance, soulignant mes ‘erreurs’.

« Une personne amoureuse ou qui t’aime simplement ne t’est pas nécessairement fidèle, si c’était le cas, les traîtres n’existeraient pas, n’est-ce pas ? »

Daenerys fronça les sourcils mais ne répondit rien, refusant d’admettre mon point de vue. J’ai alors continué à développer mon idée :

« Tu penses que toutes les personnes qui m’ont juré loyauté ainsi que toutes les personnes vivant à Westeros m’aiment ? » demandai-je avec un petit sourire narquois, presque moqueur.

Elle me fusilla du regard mais garda le silence.

« Crois-le ou non, mais la plupart des gens se fichent de savoir qui est assis sur le Trône de Fer. Tout ce qui leur importe, c’est de savoir s’ils auront assez à manger le lendemain, et si oui, ce qu’ils pourront mettre dans leurs assiettes » dis-je.

« Mais cela importe aux seigneurs qui t’ont juré allégeance et qui possèdent des armées puissantes » dit Daenerys.

« Je le sais, mais ce qui importe aux seigneurs n’est pas forcément bon pour moi. Alors je ne suis pas tenu d’écouter et de répondre à tous leurs caprices » répondis-je.

Daenerys fronça les sourcils, sceptique, et j’ai ajouté :

« Je suis leur souverain, leur Empereur. Je ne suis pas leur serviteur, c’est justement l’inverse. Alors je peux comprendre qu’ils veuillent un Baratheon comme chef spirituel et représentant, mais cela sera fait selon mes conditions et non parce que des petits chiens ont aboyé un peu trop fort. »

« J’étais comme ça par le passé, intransigeante et impitoyable, mais les révoltes m’ont appris à être plus tempérée. »

« Nous sommes intouchables » dis-je, extrêmement confiant en la force que j’avais cultivée ces dernières années ainsi qu’en le potentiel de l’Empire.

Daenerys prit une coupe de vin avant de dire : « Des hommes ont déjà tué des dragons. Nous ne sommes pas invincibles, la peur ne nous servira pas à long terme. »

« Tu as peur des révoltes, mais sache que dans ton cas, c’est moi qui les ai orchestrées » dis-je en appréciant la stupeur et la colère que je lisais au fond de ses yeux.

« Tu croyais que ces chiens esclavagistes auraient pu te causer autant de problèmes ? Je leur ai donné la marche à suivre, ils n’ont fait que mettre en œuvre mon plan » dis-je en souriant.

« Je ne comprends toujours pas ton entêtement à saper tout ce que je construisais dans la Baie des Dragons. Nous aurions pu vivre tranquillement en paix chacun de notre côté du monde. Je ne voulais pas ton trône, je voulais simplement être libre. »

J’ai étouffé un ricanement et j’ai dit : « Les dragons appartiennent aux Targaryen. Il me semble que cela n’est plus un point sur lequel nous devrions débattre et perdre notre temps. »

Daenerys se tut en gardant un masque d’indifférence, même si je pouvais percevoir son agacement. Alors j’ai dit, en essayant de changer de sujet :

« Pour ces gens, la peur est un bon instrument. Je n’ai pas de concurrent derrière lequel ils pourraient se ranger, donc soit ils obéissent, soit ils meurent. Ils n’ont pas de troisième option. »

Elle ne répondit pas, alors j’ai terminé mon repas en paix tout en observant les seigneurs rassemblés, jaugeant ceux qui pourraient m’être utiles et ceux dont je devrais étouffer la croissance pour qu’ils n’aient plus voix au chapitre.

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-POV Garth Flowers-

Plongé dans l’esprit du rat que j’ai apprivoisé pour pouvoir espionner le Seigneur de la Mer, j’ai regardé ce dernier entrer dans la salle de fête puis commencer à discuter avec de nombreuses célébrités de Braavos.

Il s’est même risqué à discuter avec ce chien de Tormo Fregar.

Depuis que j’avais envoyé un message pour informer l’Empereur de la situation, je n’avais reçu aucune réponse.

Je ne savais pas comment il voulait que ce Tormo Fregar souffre avant de mourir, mais je savais qu’il ne garderait pas longtemps sa tête sur ses épaules, ce qui a réussi à soulager la haine brûlante que je ressentais à son égard.

‘Sans l’Empereur, nous aurions été traités de monstres et rôtis comme des porcs par les septons les plus radicaux tels que le Grand Moineau.’

À un moment donné, le Seigneur de la Mer tapota quelques fois sur son verre avant de finalement dire :

« Je suis heureux que vous ayez tous pu venir aujourd’hui, car toutes les personnes rassemblées ici sont des gens que j’apprécie du fond de mon cœur. »

Toutes les personnes présentes se mirent d’accord tacitement pour l’interrompre par des flots d’applaudissements auxquels il répondit simplement par un sourire tout en levant une main et en baissant légèrement la tête.

« Cela fait déjà plusieurs décennies que je suis à la tête de la Cité Libre de Braavos, et j’ai eu la chance de rencontrer et d’employer des personnes extraordinaires qui m’ont énormément aidé dans ma tâche, j’ai toujours œuvré à voir Braavos grandir, mais aujourd’hui, en raison de mon état de santé, je ne peux plus le faire. »

‘Attends, qu’est-ce qu’il est en train de faire ?’

« J’aurais voulu mourir en tant que Seigneur de la Mer, mais je dois bien me rendre à l’évidence, mon état ne me permet plus de tenir la barre de notre magnifique embarcation, je ne souhaite pas couler notre navire, alors c’est avec une immense tristesse que je vous ai tous rassemblés ici pour que nous élisions tous ensemble un nouveau Seigneur de la Mer. »

La stupéfaction de la foule fut telle que l’on pouvait entendre les respirations de chacun, mais rien d’autre.

« Avec l’émergence de l’Empire ainsi que de la Banque Impériale, Braavos se retrouve pour la première fois depuis très longtemps contesté en tant que première puissance économique du Monde Connu, Braavos a aujourd’hui besoin d’un homme jeune, intelligent et sage qui saura affronter la menace de l’Ouest avec tout le calme et le courage requis. J’espère donc que vous serez tous d’accord pour soutenir mon héritier désigné lors du vote, Tormo Fregar. »

Je tournai la tête si vite que mon cou de rongeur faillit se briser, juste pour apercevoir le visage réellement surpris de Tormo Fregar tandis que tout le monde applaudissait.

‘Qu’est-ce qui vient de se passer, putain de merde ?’ pensai-je.

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-POV Ferrego Antaryon-

Tandis que tout le monde applaudissait chaleureusement Tormo Fregar, j’ai simulé un malaise afin de pouvoir m’éclipser.

Une fois dans mes appartements, j’ai ordonné à tous de me quitter sauf Qarro Valentin, ma première épée et le capitaine de ma garde.

Je souriai en voyant l’air stupéfait sur son visage puis je dis :

« Pose la question qui te brûle les lèvres. »

« Pourquoi ? » demanda-t-il.

« Pourquoi quoi ? » demandai-je à mon tour, voulant qu’il soit plus précis.

« Pourquoi avez-vous abandonné votre poste ? Pourquoi avez-vous renoncé à vous battre contre ce serpent ? Et surtout, pourquoi avez-vous menti à propos de votre état de santé ? » demanda-t-il, choqué.

Je souriai puis dis : « Tormo était blessé, il a participé avec Bellegere Otherys à cette vaine tentative d’assassinat qui s’est retournée contre lui. Il n’aurait eu aucun remords à me faire assassiner. Je ne veux pas mourir pour son ambition. »

« Donc vous avez fui votre devoir pour sauver votre vie, » dit-il, stupéfait, sur un ton accusateur.

« Jamais, » dis-je en lui lançant un regard noir rien que pour avoir songé à cela.

« Alors pourquoi ? » demanda-t-il sur un ton plus tempéré, se rappelant qui j’étais et tout ce que j’avais fait pour Braavos en tant que Seigneur de la Mer.

« Pour plusieurs raisons. La première, c’est que je ne veux pas mourir. En fait, pour être tout à fait honnête, je dirais que je ne suis pas prêt à mourir car j’ai une famille à protéger. La Maison Antaryon, bien qu’étant une grande Maison à Braavos, pourrait traverser des temps troublés à l’avenir. La résurgence des dragons n’est pas un bon signe pour Braavos et je veux conseiller les membres de ma famille pour qu’ils naviguent paisiblement à travers cette tempête, » dis-je avant d’enchaîner avec les arguments suivants.

« La seconde est qu’en toute honnêteté, je pense que Tormo Fregar a fait ce qu’il fallait. Il a trouvé une solution pour enlever une épine du pied de Braavos et a agi en conséquence. On dit que l’Empereur était à deux doigts de rendre l’âme. S’il avait été Seigneur de la Mer, peut-être que la tâche d’assassinat aurait pu être menée à bien. Il est décisif, cruel et sournois. En ces temps troublés, c’est ce qu’il faut à Braavos. »

« Quitte à mener Braavos vers une guerre contre les dragons ? » demanda Qarro sur un ton inquiet.

« Arrête de croire que les dragons sont invincibles. Les pyromages valyriens avaient des centaines de dragons et ont peiné des siècles pour asservir l’Empire Ghiscari ainsi que le peuple Rhoynar. Une dizaine de dragons n’est rien en comparaison, et à part l’Empereur, peu savent user de la magie à Westeros alors qu’à Essos, ce n’est pas ce qui manque. »

« Surtout depuis l’éclosion des dragons, les pyromages, les maegi et autres naissent de plus en plus rapidement. »

« Le temps est notre meilleur allié. En attendant, nous devons nous préparer à toutes les éventualités, et si possible, je préfère assurer l’avenir de ma famille et de Braavos en même temps que de mourir d’une lame traîtresse. »

Qarro n’avait pas l’air content de mes explications, mais je n’avais pas à me justifier. Il s’inclina tout en me demandant des yeux s’il pouvait se retirer, et d’un geste de la main, je l’ai renvoyé.

‘Bonne chance, Tormo. Nous verrons comment tu te débrouilles.’

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-POV Beric Dondarrion-

En me réveillant le lendemain de mon arrivée au château, j’étais assez content car la situation qui gangrenait les Stormlands s’était arrêtée nette grâce à l’intervention de l’Empereur.

Une guerre civile aurait coûté beaucoup trop à toutes les Maisons Nobles.

‘Que ce soit en or ou en sang,’ pensai-je avec soulagement.

Bien que le mariage entre moi et Allyria ait permis une certaine bonne entente entre la Maison Dayne et la Maison Dondarrion, les bandits dornish détroussant les caravanes ou cherchant simplement à faire des raids sur les villages frontaliers des Stormlands ne manquaient pas le moins du monde.

La situation avait légèrement évolué depuis que l’Impératrice Arianne avait été répudiée.

Un ordre de bandits redoutables nommé les Vengeurs de Princesses avait fait son apparition, et je doutais même que ce soit l’un de mes anciens amis et compagnon de beuverie qui en soit à l’origine.

Cet ordre de bandits détroussait toutes les caravanes de l’Empire, s’acharnant principalement sur celles portant le signe impérial que les marchands pouvaient inscrire en échange d’une rétribution d’un certain pourcentage de bénéfices.

Une manière saine pour l’Empire de protéger les commerces lucratifs des marchands westerosii essentiels à l’économie tout en trouvant des sources de revenus alternatives qui serviraient à mettre en œuvre les projets fous de l’Empereur.

‘Comme Harrenhal,’ pensai-je en repensant à l’ordre qui avait été donné récemment.

Tous les seigneurs de l’Empire devaient participer à l’effort de construction en envoyant des ouvriers, des maçons, des bœufs, des chevaux pour tirer des charges lourdes ainsi que des matériaux en tout genre pour rénover, voire pour certaines parties, totalement reconstruire Harrenhal.

La Main de l’Empereur avait envoyé des messages par corbeaux pour assurer à toutes les Maisons Nobles que leur participation conséquente serait récompensée par une réduction, voire une annulation de leurs taxes pour l’année ou les années suivantes, en se basant sur le prix du marché.

Par exemple, pour moi qui ai de nombreux chevaux de tout genre que je peine à nourrir avec la sécheresse de l’an dernier, donner un cheval de trait qui devient un fardeau pour mes exploitations et représenterait une perte de revenus à l’avenir en échange d’une réduction de taxes sur mes récoltes représente une façon simple et totalement légitime de limiter mes pertes et d’optimiser mes bénéfices.

Nombreux sont ceux qui ont fait de même en donnant des troupeaux de bœufs et de chevaux de trait qui ne représentaient pas grand-chose afin de pouvoir négocier une annulation de taxes.

Certains ont fait pire en capturant les mendiants et les voyous sur leurs territoires pour les envoyer à Harrenhal réaliser des travaux forcés pour racheter leur liberté.

Toc… Toc… Toc

Mes pensées furent interrompues par un bruit à ma porte.

« Qui est-ce ? » demandai-je en portant une main à mon épée qui reposait à portée de main.

« C’est moi, Monseigneur Dondarrion, » dit une petite voix que je reconnus comme celle d’une des servantes qui m’avait été attribuée, une jeune fille venant d’un village et engagée comme servante probablement pour l’occasion au vu de son inexpérience.

« Entrez, » dis-je en relâchant la poignée de mon épée sur la table.

« L’intendant m’a demandé de vous faire passer un message de la part de l’Empereur. Vous êtes attendu dans la cour du château dans une demi-heure, l’Empereur partira à la chasse et vous y êtes convié. »

« Très bien. »

La jeune fille s’inclina maladroitement avant de s’enfuir.

Je secouai la tête, légèrement amusé par le spectacle, avant de me lever pour me préparer.

Je ne serais sûrement pas le seul à être convié, la véritable discussion commencera à ce moment-là.


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