-Chapitre 183-
Added 2024-07-26 21:48:52 +0000 UTC-Chapitre 183-
-POV Daenerys Targaryen-
« Dame Daenerys, tous les seigneurs sont arrivés et sont maintenant réunis dans la Grande Salle. Ils vous attendent, ainsi que l’Empereur. »
« Très bien, » dis-je en enroulant autour de mon cou un collier en acier valyrien en forme de dragon.
Cela faisait maintenant quinze jours que nous étions arrivés à Storm's End, et je pouvais bien sentir que plus le temps passait, plus Aegon devenait impatient.
Grâce à lui et aux officiers que j’avais interrogés, j’avais beaucoup appris sur la situation interne de l’Empire. Même si de l’extérieur la situation pouvait sembler totalement sous contrôle, ce n’était pas vrai.
L’armée conséquente de l’Empire et la peur qu’inspirent les nobles et les riches marchands font que tous se soumettent sans problème à l’Empereur.
Mais en exterminant la plupart des grandes lignées nobles des Riverlands et des Stormlands, les nobles restants ont rapidement accru leurs pouvoirs en dévorant la petite noblesse.
Les seigneurs morts à la guerre ou exilés au Mur après la guerre laissaient des héritiers qui ont marié les derniers survivants de ces maisons à des deuxièmes et troisièmes fils de leurs propres Maisons.
Certains ont même réussi à marier des membres de lignées collatérales insignifiantes avec des maisons assez prestigieuses, comme la Maison Buckler, qui a marié le cousin au quatrième degré du Seigneur de la Maison Buckler, Ronald Buckler, avec la fille aînée du défunt Seigneur de la Maison Swygert.
La Maison Swygert possédait plus de 300 gardes, une vingtaine de chevaliers ainsi que 4 maisons chevaleresques qui, avant qu’Aegon n’abroge les chaînes de vassalité, rendaient compte à la Maison Swygert. En prime, une petite fortune de plusieurs dizaines de milliers de dragons d’or et de belles terres pouvant servir à des cultures ou pâturages.
Ce n’est qu’un petit exemple, mais avec ces alliances, des Maisons telles que la Maison Buckler ont pu combler rapidement les trous dans la noblesse des Stormlands tout en assurant leurs fortunes afin que les événements qui se sont produits dans le Nord ou dans les Riverlands ne se répètent pas sur leurs terres.
‘Reste maintenant à savoir quelles seront leurs exigences ?’ pensai-je en me dirigeant vers la Grande Salle.
---
-POV Brus Buckler-
« Combien de temps allons-nous devoir encore attendre ? » murmura Roswell, mon cousin et capitaine de ma garde composée uniquement des meilleurs chevaliers.
Ce dernier était à mes côtés, agacé car cela faisait déjà plus d’une heure que nous étions tous convoqués dans la Grande Salle, mais à ma grande surprise, aucun de nous n’avait reçu de pain ni de sel.
Nous avons passé l’heure entière debout, fusillés du regard par les légionnaires de l’Empereur, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils avaient l’air plus que redoutable.
Tous étaient de bonne taille, munis d’un corps clairement entraîné rigoureusement et tous dotés d’un regard froid et imperturbable, nous fixant chacun comme si nous n’étions que des moins que rien, des cadavres ambulants en sursis.
Roswell n’a pas objecté, mais a simplement reniflé en se retournant pour observer les ‘chiens de l’Empereur’, toutes les maisons nobles des Stormlands qui avaient oublié que les Stormlands et les Stormlander ne seraient dirigés que par quelqu’un possédant le sang des rois de la tempête.
« Qu’est-ce que tu regardes comme ça, bâtard ? » demanda Roswell au chef de tous les chiens de l’Empereur.
« Je suis le Vicomte de la Maison Caron, Sire de Nightsong, Rolland Caron, par la volonté de l’Empereur. Le nier, c’est nier l’Empereur lui-même. »
« Personne n’oserait le nier, Vicomte Rolland, mais tout le monde sait qui était ta mère et ça, personne ne pourra jamais l’effacer, » dit Roswell d’un ton plus bas mais encore perceptible pour nous tous.
Rolland Caron n’a pas relevé l’insulte et a même levé une main quand un de ses chevaliers a posé la sienne sur son épée. Il a répondu de manière nonchalante :
« Riez tant que vous le pouvez encore et continuez à cracher le venin qu’il vous reste, car je doute fortement de voir l’un d’entre vous retourner vivant sur ses terres. »
J’ai fusillé du regard Rolland Caron pour ses paroles, mais j’ai empêché Roswell de continuer à s’en prendre à lui.
Au même moment, Dinar Wylde s’est interposé entre nos deux camps pour éviter que cela ne dégénère avant même l’arrivée de l’Empereur.
‘Après tout, nous ne savons même pas ce qu’il sait et ce qu’il va faire pour nous punir.’
Alors que je réfléchissais à la marche à suivre, j’ai entendu les portes s’ouvrir. Contrairement à ce que je m’attendais, ce n’était pas l’Empereur, mais ce maudit roturier qui a crié :
« L’Empereur vous attend, suivez-moi dans la cour. »
Nous nous sommes tous exécutés sans rien dire car, honnêtement, nous ne pouvions rien faire sous la menace constante des lances des légionnaires qui nous surveillaient tous. Cela ressemblait à un piège, mais nous ne pouvions qu’avancer car celui qui refuserait se verrait sûrement accusé de trahison.
‘La parole de l’Empereur fait loi.’
---
-POV Beric Dondarrion-
En voyant le regard nerveux de Brus Buckler, j’ai souri légèrement car je savais tout ce qu’il faisait dans l’ombre pour garder tout le pouvoir qu’il accumulait en secret depuis la mort de son cousin lors de la guerre de conquête de l’Empereur.
Il mariait ses cousins et les bâtards de sa Maison avec des maisons nobles comme les Swygert, Fell, Errol ainsi que de nombreuses petites maisons chevaleresques anciennement vassales de sa Maison pour garder ces derniers sous contrôle.
La chaîne de vassalité ne sera jamais remise en place, pas sous le règne d’Aegon Targaryen, Premier Empereur de Westeros.
Cet homme l'avait compris parmi les premiers et avait fait en sorte de pouvoir compter sur le soutien de plus de la moitié de la noblesse des Stormlands.
‘Chiens de l’Empereur,’ pensai-je en souriant narquoisement au nom qu’ils nous ont donné dans notre dos.
Une fois que nous sommes arrivés dans la cour, nous nous sommes rendus compte que nous n’allions pas assister à une réunion mais à un jugement, car devant l’Empereur se trouvait un billot.
L’Empereur s’appuyait sur une longue épée en acier valyrien hors de son fourreau que je n’ai reconnue uniquement grâce à la description qu’en ont faite les Mestres.
C’était le symbole et l’un des attributs de la plupart des rois de la Maison Targaryen avant sa perte aux mains de la Maison qui lui doit son nom.
‘Blackfyre,’ pensai-je en détournant le regard de l’Empereur pour observer Roswell Buckler, qui n’arrivait pas à détourner la tête du billot.
‘Normal quand on sait que c’est lui qui commandait les troupes de "bandits",’ me suis-je dit, intérieurement heureux de voir que l’Empereur ne nous abandonnait pas étant donné que la plupart des dégâts les plus importants se sont produits sur mes terres ainsi que sur celles des Seigneurs des Marches qui, eux, contrairement aux autres, ne se sont pas déshonorés par des tactiques d’une telle bassesse.
Donnant le ton, je me suis instantanément agenouillé et j’ai crié aussi fort que possible :
« Vive Sa Majesté Le Premier Empereur Aegon Targaryen ! »
Immédiatement après, les Seigneurs totalement loyaux à l’Empereur ont fait de même, suivis des partisans de la Maison Buckler et Brus Buckler, qui ne voulait pas entrer dans les mauvaises grâces de l’Empereur.
L’Empereur n’a rien dit, nous laissant tête baissée et inquiets. Ce n’est qu’après quelques secondes que j’ai risqué un regard dans sa direction pour m’apercevoir qu’il ne regardait plus dans notre direction mais au loin.
Petit à petit, nous nous sommes tous tournés dans la même direction que lui pour apercevoir la plus belle jeune femme que j’ai pu voir de toute ma vie.
Elle était magnifique, vêtue d’une robe qui épousait parfaitement toutes les courbes de son corps parfait et dotée d’un visage que toute jeune femme rêverait d’avoir et serait même prête à tuer pour cela. Mais en dépit de tout cela, ce n’est pas ce qui m’a fait la plus forte impression.
Non, ce sont ses yeux violets et ses cheveux couleur or et argent, similaires et pratiquement identiques à ceux de l’Empereur.
‘Une Valyrienne ?’ pensai-je avant de me rétracter
en entendant le son de deux dragons et en voyant les deux atterrir progressivement devant nous dans la cour.
‘Une Targaryen, Daenerys Targaryen. Il a réussi à conquérir cette femme, ce qui veut dire que l’Empire vient encore d’étendre son emprise sur le monde connu en rattachant la Baie des Serfs à Westeros,’ pensai-je, excité car j’étais en train de vivre à la même époque que le Prince qui fut Promis, la même époque qu’Azor Ahai et toutes les conneries que m’a raconté Thoros de Myr quand il était ivre.
« J’aimerais, avant que nous passions aux choses sérieuses, vous présenter Daenerys Targaryen, mère des dragons, ancienne Reine de la Baie des Dragons et Cavalière de Drogon, qui nous rejoint aujourd’hui après avoir abdiqué en ma faveur. Elle est ma fiancée et une fois que nous serons mariés, elle deviendra votre nouvelle impératrice. Je vous demande donc de la traiter avec le plus grand respect, » dit l’Empereur.
« Oui, Votre Majesté, » répondis-je en même temps que tous les seigneurs désormais agenouillés devant l’Empereur.
Je pouvais remarquer certains seigneurs dont la fierté était blessée, mais l’apparition des deux dragons a rapidement clarifié les pensées de chacun.
Je trouvais réellement hilarant le respect que l’Empereur recevait ainsi que la peur que son dragon inspirait maintenant que ce dernier était arrivé.
Pas plus tard que quelques minutes auparavant, j’entendais encore des discours parlant de la faiblesse de l’Empereur face aux poisons ainsi que de son ‘humanité’ tandis que j’avais vu de mes propres yeux ses pouvoirs obscurs et ils me faisaient plus peur qu’un simple dragon.
‘Qu’il a élevé aussi rapidement grâce à ses pouvoirs,’ notai-je mentalement.
Il est vrai que la tentative d’assassinat contre l’Empereur a commencé à délier certaines, voire de nombreuses langues.
Avant cela, beaucoup avaient peur des pouvoirs occultes de ce dernier et n’osaient pas franchement rejoindre le camp de Brus Buckler.
Mais une fois qu’il s’est réfugié à Dragonstone après la tentative d’assassinat à son encontre et que les rumeurs de cette tentative sont arrivées aux oreilles de tous, nombreux sont ceux qui ont décidé que forcer l’Empereur à accepter de rendre les Stormlands indépendants du Domaine Royal était désormais possible, devenant de plus en plus sans scrupules dans leurs actions.
Engager des bandits, faire passer des chevaliers pour des bandits, bloquer des fournitures ainsi que des vivres puis accuser les contrôles et les taxes de la Légion Impériale, et tout cela en rappelant que du temps de la Maison Baratheon rien de tout cela n’arrivait.
Tant que cela salissait l’image de l’autorité impériale et ramenait le petit peuple du côté de la Maison Baratheon, tout était faisable.
Et cela a bien fonctionné car maintenant, parmi le petit peuple, un vent de révolution commence à s’installer sur les territoires appartenant à l’Empereur, où aucun Castellan n’est encore venu pour s’occuper des villages abandonnés fermement contrôlés par la Légion Impériale.
‘Même un peu trop fermement à certains moments,’ pensai-je en repensant aux exécutions publiques qui ont eu lieu parce que des roturiers avaient eu l’audace de médire sur l’Empereur en présence de témoins, une punition que j’ai trouvée justifiée mais excessive.
‘Et cela est dû en grande partie à cet homme, un bon soldat mais un roturier qui ne sait pas comment diriger des terres,’ pensai-je en regardant le Chef de la Quatrième Légion, Dorian.
« Maintenant que vous avez tous fait connaissance avec ma future Impératrice, relevez-vous. Je vous laisse seulement deux minutes pour m’expliquer comment la situation de mon domaine, qui est sous la gouvernance de Dorian ainsi que de vous tous, nobles seigneurs m’ayant juré loyauté, a pu se dégrader aussi fortement. »
Voyant que personne n’osait s’avancer, je l’ai fait car j’avais déjà parlé avec l’Empereur auparavant et je savais que ce n’était pas un homme assoiffé de sang comme certaines rumeurs le prétendaient.
‘Du moins pas totalement,’ pensai-je tout en avançant.
« Si vous le permettez, je pourrai peut-être vous éclairer, » dis-je en m’inclinant.
L’Empereur a hoché la tête et j’ai alors dit :
« Je ne sais pas ce qu’on vous a raconté en détail, mais certains nobles ont décidé d’en faire à leur tête et ont engagé des bandits afin de causer des troubles dans les Stormlands. »
« Quels nobles ? »
Pendant une seconde, j’ai hésité avant de finalement dire :
« Je ne connais pas le nombre exact, mais je sais que les dirigeants de cette alliance douteuse sont les Buckler. »
« MENTEUR, » hurla Roswell Buckler, le visage rouge, paniqué par mes propos.
Il pensait sans doute que j’allais continuer à me taire car ma cousine était la mère, mais je n’allais pas mettre la Maison Dondarrion toute entière en disgrâce simplement pour sauver ma cousine de la potence.
L’Empereur a levé un sourcil et puis a dit :
« C’est moi que tu traites de menteur ou le Vicomte de Blackhaven ? Car je sais que vous êtes la cause de tout ce qui se passe sur MES terres, je vous ai simplement donné l’occasion d’admettre vos crimes afin que vos familles soient épargnées. »
J’ai tourné mon regard vers Brus qui réfléchissait à toute vitesse. Il finit par s’avancer, se mit à genoux devant l’Empereur et dit : « Je n’ai jamais été au courant… »
L’Empereur a levé la main, interrompant le plaidoyer de Brus, et a dit avec un petit sourire :
« S’il te plaît, relève-toi. Contrairement aux apparences, aujourd’hui est un jour heureux que nous devrions célébrer, et je ne verserai pas de sang. Ce billot et cette épée dégainée ne sont pas pour vos cous, mais simplement un rappel de ce que vous risquez tous si vous me désobéissez encore à l’avenir, car je vous fais grâce de vos vies dans ma grande bonté. »
Personne n’a rien dit, traitant les paroles de l’Empereur en son for intérieur. L’Empereur a ajouté sur un ton léger : « Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? »
Son dragon a étendu son cou rapidement et a poussé un rugissement horriblement fort qui m’a presque rendu sourd.
« Oui, Votre Majesté, » crièrent rapidement les seigneurs agenouillés par la peur que le dragon de Sa Majesté leur avait procurée.
« Très bien, alors maintenant allez vous préparer. Nous allons célébrer la naissance de Raegalion, le dragon de mon fils Maegor, le dragon doré, » dit l’Empereur en rengainant son épée et en agissant comme s’il fêtait une bonne nouvelle avec de vieux amis et non comme s’il venait de menacer de mort presque toute la noblesse des Stormlands.
‘Au moins personne n’est mort… Pour l’instant,’ pensai-je en voyant le regard venimeux que me lançait Brus.