-Chapitre 181-
Added 2024-07-22 17:13:10 +0000 UTC-Chapitre 181-
-5e jour de la 11e lune de l’an 300 AC-
-POV Dorian/Commandant de la Quatrième Légion-
« Commandant, les bruits de mécontentement parmi les seigneurs deviennent de plus en plus forts, et certaines rumeurs impliquent que certains seigneurs sont à l’origine des récentes attaques de bandits, » dit mon premier lieutenant Renold.
« Ces sacs de vin inutiles parlent d’honneur toute la journée mais sont les premiers à fuir ou à financer les bandits. Cela fait plus de trois lunes que les attaques ont commencé, et maintenant ils font tous les aveugles et essaient même de me mettre des bâtons dans les roues maintenant que j’ai trouvé le bastion de ces chiens, » dis-je en frappant du poing sur la table.
« Commandant, nous ne pouvons plus garder ces informations pour nous. Nous devons en faire part à l’Empereur, » dit Renold.
« Pour qu’ils me traitent tous d’incapable et que je devienne la risée de toutes les troupes impériales ? Jamais ! Je préfère encore mourir, » dis-je en secouant la tête face à cette idée stupide.
J’ai ajouté : « Le Prince Viserys s’est vu confier deux Légions, de même pour ce Walton. Sans parler de Tristan, ce dernier s’est même retrouvé anobli grâce à son efficacité. Que diront les gens de moi si jamais je pleurniche dans les bras de l’Empereur à cause de putains de bandits ? »
Renold baissa la tête et ne dit rien, puis j’ai dit, persuadé qu’en faire part à l’Empereur avant d’avoir réglé la situation serait la plus grosse erreur de ma carrière militaire :
« L’Empereur m’a donné toute une Légion pour contrôler les Stormlands. Je ne peux pas me rater alors qu’il a réussi à conquérir tout le continent avec le même nombre. »
« Commandant, je pense que... » essaya de dire Renold avant que je ne le coupe et ne le réduise au silence en disant : « Assez ! Ils n’ont clairement pas encore compris qui commande, mais ils vont bientôt le découvrir. »
Ces imbéciles n’ont pas vu la transformation du dragon de sa Majesté, mais moi, je l’ai vu la dernière fois que je me suis rendu dans la capitale. La bête avait tellement grandi qu’elle pouvait sûrement avaler des humains aisément.
‘S’ils avaient tous été témoins de ce dont j’ai été témoin, jamais ils n’oseraient ne serait-ce que souffler dans la mauvaise direction en sa présence,’ pensai-je.
« Si les troubles venaient à prendre une plus grande ampleur, l’Empereur vous révoquerait le commandement de la Légion. »
« C’est impossible. Je fais partie de ses premiers fidèles. Je me suis battu pour lui, j’ai versé le sang de ses ennemis tout comme le mien afin de le placer sur le trône. Je suis un chevalier impérial. »
RUGISSEMENT DE DRAGON
RUGISSEMENT DE DRAGON
Mon cœur a raté un battement et j’ai couru vers la fenêtre, seulement pour apercevoir deux dragons voler au-dessus de Storm’s End.
‘Je suis dans une putain de merde noire.’
« Commandant... »
« Rassemble tous les officiers dans la cour. Nous devons accueillir l’Empereur comme il se doit. Je ne veux voir aucun paresseux sous peine de se voir fouetter en public en guise de punition, » dis-je avant d’accrocher ma ceinture d’armes et de courir avec mon casque en main dans la cour où l’Empereur était en train d’atterrir avec un dragon que je n’avais encore jamais vu.
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-POV Daenerys Targaryen-
J’ai observé Aegon descendre de son dragon avec aisance, comme un chat sautant d’une hauteur qui briserait les chevilles de plus d’un homme, avant de me faire léviter vers lui. J’ai apprécié le traitement et j’ai attrapé son bras qu’il me tendait en guise d’invitation.
‘Nous avons plutôt bien accroché, en dehors de ce qu’il a fait à Missandei. Jusqu’ici, il s’est montré tout à fait correct,’ pensai-je, me demandant si tout cela n’était qu’un acte ou bien si c’était sa véritable personnalité.
Nous n’avons pas eu l’occasion de faire deux pas dans le château que nous avons été encerclés par des centaines, voire plus d’un millier d’hommes pratiquement tous en armures. Les officiers ont formé un bloc et sont venus à notre rencontre puis se sont agenouillés et ont crié en dégainant leurs épées et en les plantant dans le sol devant nous :
« Longue vie à l’Empereur !!! »
Presque immédiatement après, les soldats autour de nous ont hurlé comme un seul homme :
« LONGUE VIE À L’EMPEREUR !!! »
Aegon m’a regardé avec un petit sourire prétentieux comme s’il se moquait de moi, puis a dit à l’homme en charge de la garnison :
« Qu’ils retournent tous à leurs occupations. Toi et moi, nous avons des choses à nous dire. »
Une lueur de peur est passée dans le regard de l’homme avant qu’il ne donne des ordres aux autres officiers et qu’ils ne nous fassent signe de le suivre accompagné de son second.
Je pouvais déceler quelque chose de perturbant dans l’air mais toutefois sans savoir ce qu’il se passait réellement, alors j’ai continué à observer tout le monde et j’ai commencé à comprendre que ce n’était pas une simple visite de courtoisie.
Une fois arrivés dans la Grande Salle, nous avons trouvé les serviteurs en train de courir partout pour changer les tables dressées et apporter des rafraîchissements, mais Aegon n’avait pas l’air intéressé par tous ces artifices car il a crié :
« LAISSEZ-NOUS. »
Effrayés, les serviteurs se sont pratiquement bousculés pour sortir le plus rapidement possible pour ne pas affronter et devenir la cible de la colère du Dragon, puis Aegon s’est assis sur le siège principal après m’avoir aidé à m’installer sur le siège à sa droite.
L’homme qui était le commandant de la garnison s’est immédiatement mis à genoux sans rien dire en voyant le regard de mon... fiancé.
« J’ai entendu énormément de mauvaises choses à ton sujet de la part de mes petits oiseaux, » dit Aegon tout en maintenant une pression silencieuse sur le pauvre homme dont le cœur pouvait lâcher à tout moment.
‘Il transpire de peur,’ ai-je remarqué en voyant ce dernier ne rien dire mais toujours en fixant le sol.
« Tu peux remercier ton adjoint d’avoir envoyé une lettre pour me faire part de cette situation, car si elle avait empiré, tu aurais été sévèrement puni, tu peux me croire. »
Au lieu d’être reconnaissant, j’ai vu un éclair de colère dirigé vers son adjoint à genoux à ses côtés et puis ce dernier dit :
« Votre Majesté, le commandant ne voulait pas vous informer de ce qui se passe sur vos terres car il ne voulait pas vous décevoir. »
Aegon ne dit rien et puis demanda au commandant toujours à genoux : « Que s’est-il passé exactement ? »
« Après la guerre, quand vous m’avez confié la tâche de gérer la partie sud de votre domaine, j’ai fait tout ce qu’il fallait en mettant au pas les seigneurs encore affaiblis par la dernière guerre. En dehors de quelques seigneurs comme les Buckler, les Dondarrion, les Connington et les Swann, le reste des Maisons des Stormlands ont tous subi des pertes conséquentes. »
« Pendant toute la durée de votre prise de pouvoir et de la formation de l’empire, bien que quelques-uns se soient joints à l’usurpateur Aegon Blackfyre, ils n’ont rien fait pour vous mécontenter, mais depuis quelques lunes, certains ont décidé de porter l’étendard des derniers Baratheon. »
« Publiquement ? » demanda Aegon en haussant un sourcil surpris.
L’homme à genoux secoua la tête et dit : « Au départ, ce n’étaient que des paroles autour d’une table ou des rumeurs lancées par certains chevaliers dans des tavernes bien connues, mais finalement les petites gens se sont mis à relayer ces paroles à tel point que des bandes de bandits se sont formées. »
« Ces derniers comptent uniquement des cavaliers soupçonnés d’être d’anciens chevaliers et ils sèment mes hommes souvent sur les terres des Fell, des Buckler, des Morrigen, des Wylde et des Grandison. Tu penses que combien de maisons des Stormlands sont associées à ces traîtres ? »
« Je ne sais pas, mais... »
« Cela ne fait rien. Je vais aller en personne exprimer mon mépris pour ces petits tours aux seigneurs concernés, » dit Aegon, mais j’ai posé une main sur son bras avant de demander :
« Qu’est-ce que le petit peuple pense de tout cela ? »
L’homme a hésité à me répondre et a tourné la tête vers Aegon avant de me répondre en voyant le signe de tête de mon fiancé, une chose qui m’a plus ag
acée que ce que j’aurais cru.
‘J’ai dû m’habituer à ma position de reine, seule et unique dirigeante.’
« Ils rejettent la présence de la Légion et nous voient comme des envahisseurs venus les soumettre. Ils voient aussi très mal le fait que vous ayez aboli les Stormlands pour faire de ces terres le Domaine Impérial, » dit-il avant de baisser la tête.
Aegon fronça les sourcils et dit : « Pourquoi ? »
« Tous les peuples de l’empire sont nés sur une terre, que ce soit dans le Nord, dans les Stormlands ou autre. Leur arracher cela est au moins désappointant, » dis-je, comprenant directement ce qui n’allait pas.
Aegon tourna son regard vers moi, légèrement agacé, et dit : « Ces gens sont tellement stupides, ils sont prêts à soutenir les seigneurs qui les maintiennent dans la pauvreté à cause d’un simple nom. »
« J’ai vu cela se produire à de nombreuses reprises dans la Baie des Dragons. Les anciens esclaves sont tellement ancrés dans leurs vieilles croyances et habitudes qu’ils voulaient parfois revenir auprès de leurs maîtres pour redevenir des esclaves. »
« C’est tellement idiot. »
« Ils ont été domestiqués et ne connaissent que cela. Faire preuve de force avec les dragons... »
« Je sais, cela les calmera mais ne les rendra pas dociles éternellement. Cela ne fera qu’étouffer le ressentiment qu’ils ressentent avant que cela n’explose si je ne trouve pas une solution durable. »
Aegon réfléchit quelques secondes avant de donner ses directives :
« Dorian, invite tous les seigneurs pour un festin en leur honneur. Je veux tous les voir dans une quinzaine de jours. En attendant, je veux que tu prépares tout et que tu rappelles tous les hommes que tu as répartis dans les Stormlands. »
« Très bien, Votre Majesté, tout sera fait comme vous le voulez, » dit l’homme maintenant identifié sous le nom de Dorian.
J’ai regardé les deux hommes s’éloigner tout en notant l’air satisfait du second de l’homme nommé Dorian.
‘Il ressemble à Viserys quand il est fier de quelque chose, d’une de ses conneries.’
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-POV Dorian/Commandant de la Quatrième Légion-
En sortant de la Grande Salle, laissant l’Empereur et la femme que j’imaginais être Daenerys Targaryen, je me suis rendu immédiatement dans mon bureau.
« Tu as osé envoyer un message à l’Empereur DANS MON DOS, » dis-je en attrapant le cou de Renold et en le plaquant contre la porte de mon bureau dès qu’il ferma cette dernière.
Il a essayé de s’expliquer, mais j’ai serré plus fort et j’ai dit :
« Tu n’avais pas été autorisé à faire cela. Tu aurais dû me demander la permission avant, en fait, tu l’as fait, mais je me souviens t’avoir DONNÉ MA PUTAIN DE RÉPONSE. »
« Je… l’ai fait pour vous, » dit-il en essayant de parler à travers l’étau autour de son cou qui se resserrait à mesure que je pressais sa gorge avec mes mains.
« Pour moi ?! J’ai failli tout perdre !!! Ma vie, mes galons, et tu oses dire que tu as tout fait pour moi ? » dis-je fort, marquant ma colère bouillonnante à son égard.
Il a failli tomber dans les pommes alors j’ai relâché ma poigne sur sa gorge. Il s’est laissé tomber sur le sol toussant fortement, puis une fois qu’il a repris son souffle, il a dit :
« Mais ce n’est pas arrivé. En revanche, si vous aviez attaqué, vous auriez simplement creusé notre tombe et ruiné nos carrières, nos réputations ainsi que celle de l’Empereur. J’ai évité une catastrophe en remplissant votre devoir et je vous ai aussi sauvé la vie. Vous devriez me remercier. »
J’ai haussé les sourcils face à son ton et juste au moment où j’allais lui mettre mon poing dans la figure, il dit :
« Si vous me punissez parce que j’ai fait mon devoir, afin de faire de moi un exemple, l’Empereur fera de même pour vous et il vous punira également pour ne pas avoir fait le vôtre ET dans CE cas-ci, vous pourriez perdre votre poste, vôtre titre de chevalier impérial ainsi que votre vie. »
Choqué par le changement d’expression et de ton de ce dernier, je suis resté bouche bée jusqu’à ce qu’il sorte de mon bureau.
J’ai commencé à comprendre que cette image loyale qu’il avait arborée depuis qu’il était à mon service n’avait qu’un seul but :
‘S’approcher assez près de moi pour me mettre un coup de couteau dans le dos pour prendre ma place’