-Chapitre 178-
Added 2024-07-16 16:49:34 +0000 UTC-Chapitre 178-
-POV MC-
Une fois que j’ai exposé la raison de ma réticence, tous ont compris pourquoi je n’avais pas pris Daenerys pour épouse. Si aucun enfant ne naissait des entrailles de l’impératrice à ma mort, l’Empire connaîtrait la plus grande et la plus meurtrière des guerres de succession.
Syrax ayant pondu 4 œufs récemment, d’ici 5 à 10 ans, la Maison Targaryen verra ses effectifs passer de 4 à 8 dragonniers, voire plus. Les pertes se compteraient en millions de citoyens de l’Empire.
Je ne pense pas mourir dans quelques années et je suis assez confiant de pouvoir arrêter les Marcheurs Blancs avec le Mur des dragons et la Magie, donc mon règne durera longtemps.
Mais je ne suis pas assez fou pour ne pas voir ce que ma mort pourrait entraîner.
‘Je ne suis pas immortel, je ne suis pas éternel, personne ne l’est. Plus haute est l’ascension, plus douloureuse est la chute.’
« Vous avez déjà des héritiers, Votre Majesté… » essaya de dire Monford Velaryon, que j’interrompis : « Des héritiers, pas un héritier. »
J’ai fixé Viserys et dit :
« Accepteras-tu de plier le genou devant mon fils Maegor si tu es toujours en vie ? »
Viserys a baissé les yeux et n’a rien dit, bien au courant de mes capacités à déceler les mensonges.
Il n’a pas osé en dire un en me regardant droit dans les yeux et a préféré garder le silence.
J’ai plissé les yeux dans sa direction et, après quelques secondes de réflexion, j’ai dit en changeant de langue, passant de la langue commune au Haut-Valyrien :
« J’ai retiré Aemon de la succession à cause de sa mère, mais cela ne veut pas dire que je ne l’aime pas. C’est mon fils et je lui donnerai toujours le meilleur. Mais je le fais pour le bien et la pérennité de mon empire, tout comme je ne te fais pas trancher la tête pour tes pensées traîtresses, Viserys. »
Ce dernier a relevé la tête et j’ai continué en disant :
« Je sais que tu ne ploieras pas le genou pour ce que tu considères être un lion caché sous une peau de dragon. Mais si jamais j’épouse Daenerys et que nous n’avons pas de descendance, la dernière chose que je ferai avant de mourir sera de nommer Maegor comme mon héritier et de balayer la route pour qu’il puisse tranquillement siéger sur le trône de fer. »
Les yeux de tous ceux qui comprenaient ce que nous nous disions se sont écarquillés en comprenant le sous-entendu caché dans mes paroles.
J’ai terminé en disant :
« Si tu es prêt à accepter cela, alors je n’aurai aucun problème à accepter de prendre ta sœur comme impératrice. »
Viserys a réfléchi quelques secondes avant de dire, lui aussi en Haut-Valyrien :
« J’ai rêvé il y a peu que tu auras des fils. J’ai confiance dans le fait que tu seras bientôt père d’enfants magnifiques et que mon neveu montera sur le trône de fer. »
J’ai hoché la tête et me suis rassis sur mon trône, laissant tomber Missandei au sol.
Daenerys est tout de suite allée la réconforter.
J’ai fait signe à Benjen de continuer.
Je n’avais qu’une seule envie : que tout ce cirque se termine pour que je puisse rentrer à Dragonstone et voir mes enfants.
Depuis la tentative d’assassinat, je pensais tout le temps à eux. Dès que je m’éloignais d’eux, je n’arrivais pas à m’empêcher de penser que quelque chose allait arriver. Seule ma pensée rationnelle m’aidait à garder le contrôle sans tomber dans la paranoïa.
‘Et j’ai Connor qui surveille tout le monde pour moi. Sans tous ces petits oiseaux, je n’arriverais sûrement pas à trouver le sommeil correctement,’ pensai-je, complètement distrait des petites discussions de Benjen et Tyrion.
En regardant le nain, je me suis soudainement souvenu qu’il n’avait pas fait un bon travail en tant qu’espion de la couronne, étant donné que Daenerys préparait son assaut sur la flotte impériale que j’allais envoyer conquérir les îles d’Été.
Je ne comprenais pas pourquoi ce petit gnome essayait de me trahir alors que nous avions convenu que je passerais l’éponge sur son crime une fois son rôle d’agent double terminé.
Quelqu’un l’a peut-être retourné pour qu’il travaille contre moi ?
Peut-être qu’il pense que je n’honorerai pas mes engagements ?
Ou peut-être qu’il est simplement tombé amoureux de Daenerys et qu’il pensait que le Seigneur de Castral Rock serait un bon parti une fois que je serais hors-jeu ?
‘La bonne blague, le gnome roi consort,’ pensai-je avec un petit sourire.
Une chose est sûre : je ne peux désormais plus me fier à sa parole.
‘Je vais devoir tirer tout cela au clair avec le temps.’
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-POV Daenerys Targaryen-
L’illusion de grandeur et d’autorité que m’avait procurée l’apparition de mon neveu a été brutalement écrasée par la réalité.
Ce n’était pas un chevalier dragon des contes et légendes, mais un dragonnier bien vivant, un homme tout ce qu’il y a de plus banal, vindicatif, prompt à se mettre en colère et surtout extrêmement autoritaire.
Voir Missandei échapper aux griffes de l’étranger m’a réveillée de l’illusion dans laquelle j’étais plongée. Pour l’instant, je n’étais pas membre de la Maison du Dragon.
J’en portais peut-être les couleurs, mais ils ne m’acceptaient pas comme telle.
En voyant les yeux des seigneurs se porter sur moi, j’ai compris qu’ils ne me reconnaissaient pas encore comme une véritable membre de la Maison Targaryen.
Je n’étais rien d’autre qu’un prix pour leur empereur, ni plus ni moins.
Et ne parlons pas d’Olenna Tyrell qui ne me considérait pas mieux qu’une catin venue de Lys.
‘J’aimerais bien voir si elle garderait la même expression face à Drogon,’ pensai-je.
Tandis que j’écoutais les seigneurs de mon côté ainsi que ceux de mon neveu se disputer pour tout et pour rien, j’ai levé les yeux vers ce dernier qui n’avait pas l’air plus intéressé par ces querelles que moi et qui semblait ailleurs.
« Nous ne pouvons pas laisser toutes les forces de Sa Majesté la Reine à Yunkaï. »
« Nous n’accepterons aucune invasion étrangère. »
« Ce sont les troupes d’élite de la Reine et de votre future impératrice. »
« Qui peuvent se soulever contre l’Empereur à tout moment. »
Ils discutaient comme si nous n’étions pas présents, comme si nous n’étions rien de plus que des marionnettes et des étendards qu’ils levaient pour se battre pour leurs propres intérêts.
« Ils seront fidèles aux deux. »
« Les immaculés ne sont fidèles qu’à leurs maîtres. »
« Nous... plus être… esclaves. »
« Quoi qu’il en soit, nous n’aurons pas de troupes étrangères sur le sol impérial. »
« Ce ne sont pas des troupes étrangères puisque l’empire englobera le royaume actuel de la Baie du Dragon. »
« Et ils resteront là-bas pour protéger le sol impérial de la menace des maîtres ghiscarii, tout comme vous et les seigneurs qui suivez… »
« Ce n’est qu’un exil déguisé. »
« … »
« TAISEZ-VOUS ! » ai-je hurlé, à bout de les entendre piailler sans arrêt.
Tous se sont tus et m’ont fixée. J’ai rassemblé tout le courage possible et dit :
« Laissez-nous seuls. »
« Votre Majesté… »
« Retirez-vous, j’aimerais discuter avec l’empereur seul à seul. Je ne veux pas me répéter une seconde fois » dis-je cette fois sur un ton plus cassant à Tyrion qui inclina la tête.
Mes accompagnants se sont rapidement éclipsés tandis que j’avançais vers mon neveu qui fit un geste de la tête pour que ses accompagnants s’éloignent pour nous laisser discuter en paix.
« Mère des dragons » dit-il sur un ton sarcastique.
« Père des dragons » répondis-je sur le même ton.
Il haussa les sourcils et dit :
« Si je me souviens bien, j’en ai fait éclore deux alors que toi, qu’un seul. »
« Deux œufs que tu m’as volés » rétorquai-je, agacée par ce souvenir.
Il haussa les épaules et je continuai en disant : « Et si je me souviens bien, l’un d’entre eux a éclos pour mon frère. »
Il roula des yeux et dit : « Nous savons tous les deux que le Viserys de l’époque n’aurait pas pu faire éclore un œuf, même s’il était toujours vivant et non pétrifié comme les tiens. C’est ma magie qui a rendu cela possible. »
« Peut-être bien, ou peut-être pas. Il reste néanmoins que nous avons tous deux ces titres et que nous n’avons réussi à faire éclore qu’un seul dragon. Tout enfant se doit d’avoir un père et une mère, comme un royaume un roi et une reine, » dis-je avant qu’il ne m’interrompe pour dire presque sur un ton méprisant :
« Et j’imagine qu’un Empire a besoin d’un empereur ainsi que d’une impératrice. »
Je ne répondis pas à son ton accusateur, préférant garder le silence. Puis il finit par dire :
« Je comprends ce que tu dis et je suis d’accord avec ce fait, mais Daenerys, tu as été trop loin. »
« Je n’ai pas envoyé d’assassins pour te tuer, ni toi ni aucun membre de notre Maison, » dis-je, fatiguée de devoir me justifier pour quelque chose que je n’ai pas fait.
« Je sais. Ce n’est pas ce que je te reproche, car tu as fait pire que ça, » dit-il.
Je fronce les sourcils, confuse, et il dit en plissant les yeux, furieux mais son ton toujours calme :
« Tu as levé l’étendard de ralliement des traîtres, tu t’es opposée à mon règne, et ce sur les conseils de qui ? Jorah Mormont. »
Je fronçai les sourcils, curieuse de savoir comment il savait que c’était lui qui m’avait conseillé de me déclarer Reine, puis il dit :
« Jorah Mormont était un traître et il est mort comme il a vécu. »
« Il a toujours été loyal envers moi. »
« Il t’a peut-être obéi, mais il a fui Westeros car il était la même charogne que celle que tu cloues sur des croix. Il aurait pu te ramener à Westeros dès que j’ai repris mon trône, il aurait pu te conseiller correctement, mais non. Il t’a poussée à devenir la reine, et reine de quoi ? D’Astapor, une terre étrangère où tu n’as pas d’attaches et dont les habitants ne veulent pas de toi aujourd’hui, ni des esclavagistes dont tu les as libérés. »
« C’est à cause de toi. Tu m’as mis des bâtons dans les roues à chaque fois, tu m’as poussée jusqu’ici. C’est à cause de toi que je n’ai pas eu la paix. Si tu ne m’avais pas attaquée, je ne l’aurais pas fait non plus. Je voulais simplement être libre de choisir comment vivre, pas retomber entre les mains de Viserys, les tiennes ou celles d’un autre homme qui déciderait pour moi le restant de mes jours. »
« Hilarant. Tu es stupide, naïve et tellement hilarante. Tu pensais sérieusement que je t’aurais laissé tranquillement fonder un empire possédant des dragons qui pourraient devenir une menace pour moi ou mes futurs descendants simplement parce que nous portons le même nom et que TU veux vivre en paix ? »
Je restai bouche bée, sans savoir quoi répondre, et il continua en disant :
« Tu penses que je laisserai le pouvoir de chevaucher un dragon à UN PUTAIN DE BÂTARD DE DOTHRAKI POUR LEQUEL TU AURAS ÉCARTÉ LES JAMBES ? »
Furieuse, je me jetai sur lui et essayai de lui mettre une claque.
Il sourit puis se rassit sur son trône, jusqu’à ce que je comprenne que je ne pouvais même pas faire un pas, figée par une force qui me paralysait entièrement.
J’ai essayé de me débattre quelques secondes avant de me rendre.
Ce n’est qu’une fois que j’ai arrêté de lutter que j’ai pu bouger de nouveau.
J’ai baissé les yeux, pleine de tristesse, et dit :
« J’ai été maudite. Je ne peux pas avoir d’enfants. »
« Je le sais, » dit-il.
J’étais persuadée qu’il allait continuer à parler, mais il préféra se taire. Puis j’ai demandé avec un brin d’espoir :
« Tu as dit que je pourrais en avoir. »
« Les malédictions peuvent être rompues. Je suis sûr qu’un Maegi pourrait rompre cette malédiction, » dit-il d’un ton nonchalant.
« Tu peux le faire. »
« Qui sait ? » dit-il avant d’ajouter : « Je suis encore novice dans tout ce qui est magique. Ce que j’arrive à faire me vient naturellement après beaucoup d’hypothèses et de chance. Je ne sais pas encore si d’autres que moi pourraient faire de même, mais de toute façon, ce n’est pas le sujet. »
« Oui, nous parlons de nos conditions respectives pour fusionner nos couronnes dans le calme, » dis-je en reprenant le contrôle de la conversation.
Contrairement aux autres fois, Aegon ne m’a pas interrompue et a patiemment attendu que je finisse de parler, ce qui m’a surprise.
Alors j’ai dit : « J’aimerais que nous fusionnions nos couronnes et nos prétentions sur les territoires que nous avons respectivement. »
« Comment cela pourrait-il fonctionner ? » demanda-t-il calmement.
« Lève l’exil de tous mes vassaux. C’est tout ce que je te demande » dis-je.
« Tout ce que tu me demandes ? » dit-il.
« Oui, » dis-je.
Il dit sur un ton suspicieux : « Pas de réintégration, pas de restitutions de terres et autres ? »
« Rien de tout cela. Je sais que tu feras ce qui est juste. Je te demande simplement de lever l’exil de mes vassaux pour qu’ils puissent réintégrer leurs foyers, » dis-je.
Il a eu l’air surpris et même admiratif durant l’espace de quelques secondes, puis il a dit :
« Très bien. Si c’est la seule chose que tu me demandes et que je décide du reste comme bon me semble, l’exil de tous tes vassaux est levé par la présente. »