-Chapitre 46-
Added 2024-07-11 17:50:00 +0000 UTC-Chapitre 46-
En scrutant l'horizon depuis la proue de mon vaisseau amiral, un sourire narquois se dessina sur mes lèvres.
La mer était un chaos de flammes et de cris, la flotte d'Aegon VI, roi des Andals, des Rhoynars et de tous les putains de moutons de Westeros, se consumait sous le poids ainsi que la férocité de notre assaut.
Leurs navires, jadis fiers et imposants, étaient désormais des brasiers lumineux dans la nuit tombante, tout comme les rêves de grandeur de ce prétendant au trône.
Mes pensées se tournèrent vers Jon Connington, mon propre sang. Bien que la loyauté familiale ait une place importante dans mon cœur, en ce qui concernait mon oncle, la politique et le pouvoir en avaient une plus grande encore.
Aegon, malgré ses prétentions, n'était qu'un pion inutile sur l'échiquier du Jeu des Trônes que je m'étais patiemment chargé de reconstruire.
Les rumeurs que j'avais soigneusement fait circuler à travers les Sept Couronnes, ainsi que dans les cités-libres, avaient été mon arme la plus efficace.
Des contes effrayants de la "Reine Sanglante", Daenerys Targaryen, et de ses dragons dévorant tout sur leur passage, avaient ébranlé la confiance des seigneurs de Westeros.
Les chansons que chantaient les ménestrels étaient devenues des cauchemars pour les enfants ; les cités-libres craignaient qu'elle ne tourne ses yeux vers eux une fois que Westeros serait conquis.
J'imaginais Varys, la défunte araignée, murmurant doucement à l'oreille d'Aegon, tissant sa toile d'intrigues et de secrets. Peut-être lui avait-il dit que j’avais retiré la plupart de mes troupes pour qu’ils puissent se préparer à attaquer.
Peut-être lui avait-il parlé du repli de mes hommes dans mes villes et mes châteaux, le poussant à croire que son heure était arrivée et qu’il pourrait traverser les Stepstones sans aucun problème.
Mais malheureusement pour lui, j'avais anticipé cela.
Mes espions m'avaient informé de chaque mouvement de la compagnie dorée, leur route changeante, le moral des troupes, les délibérations nocturnes d'Aegon et Connington.
Tout m'était rapporté, alors, quand j'ai appris qu'ils faisaient voile vers Westeros, j'ai préparé mon propre accueil. J’ai éliminé Varys, le seul rat qui aurait pu rapporter mes plans à ce prétendant maintenant démuni de toutes ses forces grâce à mon coup de maître.
Sur les 20 000 hommes que j'avais mobilisés, j’ai choisi d’amener avec moi 5 000 archers, 10 000 marins et 5 000 arbalétriers. Ils étaient tous capables de se battre au corps à corps, mais pas aussi bien que des véritables soldats d’infanterie que j’avais laissés dans les Stormlands ainsi que dans la capitale.
Mon second, Ser Gyles, s'approcha de moi, ses yeux brûlant d'excitation :
« Les Targaryen sont en déroute, Lord Connington. Nous avons gagné. »
J’ai hoché la tête et j’ai dit : « Nous avons gagné, mais ce n’est pas terminé. »
J’ai observé les navires prêts à couler qui nous barraient la route et j’ai couru, à la consternation de mon équipage, vers la proue de mon navire. Tel un chat, j’ai réussi à garder mon équilibre et puis j’ai sauté sur le navire amiral de la flotte d’Aegon VI, qui était à environ 50 mètres du mien.
J’ai fait une roulade en atterrissant et j’ai senti les planches craquer sous mon poids. J’ai levé mon bouclier pour arrêter trois flèches qui visaient ma tête.
Je me fichais du menu fretin. Tout ce que j’avais dans mon viseur, c’était deux personnes : Jon Connington, qui menaçait ma position, et Aegon, qui menaçait le statut de Tommen et, par extension, celui de Cersei ainsi que le mien.
Je ne savais pas si Aegon était véritablement le fils d’Elia Martell ou non car je n’avais pas lu la fin des livres et dans la série il n’était même pas mentionné.
Mais quoi qu’il en soit, je ne pouvais pas laisser cet homme arriver en vie à Sunspear.
Les Martell devraient savoir que quoi qu’il arrive, j’étais prêt à tout pour ma famille ainsi que pour garder ma position et le pouvoir que j’exerce en tant que Lord Protecteur des Sept Royaumes.
« Aegon Blackfyre et Jon Connington, » dis-je en croisant le regard de mes cibles.
Les yeux de mon oncle et de son fils adoptif se sont grands ouverts en me voyant. Sûrement qu’ils pensaient avoir réussi à mettre assez de distance entre nous pour commencer à fuir.
Mon épée en acier valyrien, Griffin Heart, reflétait la lueur des flammes alentours tandis que j’ai commencé à avancer.
À chaque pas que je faisais sur le bois humide du navire, le crissement de mes bottes semblait annoncer ma venue ainsi que celle de l’Étranger.
Le vent salé fouettait mon visage, portant les cris des soldats. Certains de douleur, d'autres dans la ferveur du combat me rappelaient la rudesse des batailles navales.
Le regard de Jon était chargé d'émotion, un lourd mélange de rage, de surprise et d'une lueur de tristesse. Son épée, déjà tachée du sang de mes hommes, était levée en signe de défi.
‘Désolé Tonton, mais ton chemin s’arrête ici,’ pensai-je silencieusement.
Aegon, à ses côtés, me regardait avec méfiance, mais ses yeux trahissaient une certaine admiration, peut-être pour l'audace de mon assaut, de mon saut et de mes exploits.
‘Qui sait ?’
« Ronnet, » gronda Jon, sa voix brisée par le tumulte environnant, « tu es fou de croire que tu pourras nous arrêter ici. »
« On pourrait dire que la folie est dans notre sang, oncle, » répondis-je, esquissant un sourire sarcastique tout en faisant tournoyer mon épée. « Mais c'est une folie calculée. »
Les flèches fusèrent, sifflant à mes oreilles. Sans réfléchir, mon bouclier tint bon devant moi, repoussant chaque projectile.
J'avais été formé pour ça, pour ces moments où chaque mouvement compte, chaque décision pouvait être la dernière. Mais ma vitesse de réaction améliorée me permettait de faire ces mouvements sans aucune inquiétude.
Aegon bondit le premier, son épée Blackfyre brillant à la lueur des torches. J'esquivai son coup, frappant avec force son bouclier, mais il tint bon, esquissant une riposte que j’ai parée avec mon épée avant de le cogner avec mon bouclier comme un taureau.
Un cri retentit derrière moi et je vis Jon et dix hommes charger vers moi. Sans aucune peine, j’ai tranché la gorge de deux soldats d’un coup d’épée.
Ensuite, j’ai donné un coup de bouclier à la tête d’un autre qui s’est effondré raide mort sur le sol à trois mètres de moi. J’ai plongé mon épée dans le ventre du quatrième et puis j’ai sorti mon épée de son ventre dans un mouvement circulaire à 360°.
Simultanément, six têtes ont volé dans les airs tandis que six corps se sont agenouillés au sol sans tête, le sang giclant de leurs cous telles des fontaines.
« Ton orgueil sera ta chute, Ronnet ! » rugit Aegon, capitalisant sur mon moment de distraction.
Il a plongé une lance dans mon flanc que j’ai détournée en attrapant le bois de la lance et en la plantant dans le plastron de mon oncle Jon Connington.
Le cri de chagrin d’Aegon en sentant le sang de son père adoptif couler sur ses doigts m’a donné un frisson dans la colonne vertébrale. J’aurais préféré continuer ma vie de château et de plaisir, mais il ne m’en a pas laissé l’occasion, c’était sa faute.
‘C’était leur faute. Ils auraient dû rester à Essos,’ pensai-je.
Il s’est relevé et a chargé en hurlant avec son épée, essayant de me la planter dans les entrailles.
« Tu es peut-être un dragon, Aegon, » dis-je en parant son épée.
« Mais même les dragons peuvent tomber du ciel, » dis-je cette fois en tranchant sa tête d’un coup net et assuré, comme du papier.
Je suis resté là à observer son corps se contracter brutalement ainsi que les flammes, la mer et les cris... tout semblait se fondre en un seul chaos alors que je me battais pour l'avenir de Westeros et que je venais d’éliminer encore un autre roi et une autre menace pour moi et les miens.