-Chapitre 171-
Added 2024-07-03 13:38:25 +0000 UTC-Chapitre 171-
-14e jour de la 10e lune de l’an 300 AC-
-POV MC-
Cela faisait déjà plus d’une lune que Daenerys Targaryen avait envoyé des assassins après moi et je n’arrivais pas à me calmer, à oublier.
Je me mettais à douter de tout et de tout le monde, et même si mon esprit rationnel voyait que je commençais à tomber dans une sorte de paranoïa, je ne pouvais rien y faire.
Mon esprit tournait en boucle car une fois l’assassinat contré, je me suis rendu compte que la conspiration n’était pas aussi simple que ce que je pensais.
Ce n’était pas seulement une attaque de la part de Daenerys par l’intermédiaire d’Illyrio Mopatis, non, cela regroupait beaucoup de personnes et des personnes très puissantes qui n’apprécient pas le développement rapide de mon empire.
Beaucoup de gens ont été arrêtés, des serviteurs de grandes maisons travaillant anciennement pour des maisons que j’avais punies, des petites gens qui avaient perdu des membres de leurs familles dans des guerres, des chevaliers ayant perdu des membres de leurs familles à cause de moi…
La liste des traîtres était longue. Personne n’entrait dans la capitale et encore moins dans le donjon rouge sans alliés. Tous avaient de bonnes raisons de m’en vouloir, mais à mes yeux, je n’arrivais pas à m’en soucier, tout ce qui importait, c’était moi, mon empire et ma famille.
‘Je suis devenu égocentrique avec le temps, ou peut-être que j’ai toujours été comme cela mais maintenant je le vois de manière claire,’ pensai-je.
Bien que la liste des personnes qui se sont laissées corrompre soit longue, leurs crimes n’étaient pas aussi graves que l’on aurait pu le croire.
C’était l’ensemble qui l’était.
Certains ne savaient même pas ce qui se tramait et ont accepté une pièce facile à obtenir.
Certains se sont contentés de fermer les yeux sur des entrées clandestines, d’autres se sont laissés acheter pour exposer les faiblesses du Donjon Rouge, et d’autres encore ont donné les noms des Gardes du Dragon les plus à mêmes de passer une nuit ivre dans un bordel sans se présenter le lendemain.
Bien que beaucoup ne sachent pas dans quoi ils s'engageaient, je ne pouvais pas et je ne voulais pas leur accorder une grâce car cette cupidité, cette corruption aurait pu signer la perte de mon trône, de ma vie et de ma famille tout entière.
‘La famille que j’ai tout fait pour bâtir.’
Benjen, bien que réticent, était d’accord avec moi sur ce point ; en revanche, il était pratiquement opposé à toutes mes autres décisions.
Je savais qu’en le nommant en tant que ma Main, il s’opposerait à de nombreuses décisions que je prendrais et c’était un peu l’objectif, mais là je n’arrivais vraiment à rien car il était clairement contre tout ce que j’entreprenais depuis que j’avais brûlé Meereen.
Je me rappelle encore de la réaction de mon oncle quand je lui ai dit que j’avais kidnappé Quentyn, et encore pire quand j’ai dû expliquer comment j’y étais arrivé, que j’avais fait brûler toutes les réserves de nourriture de Meereen pour que les esclavagistes puissent reprendre la ville.
‘Ce n’est peut-être pas honorable, c’est peut-être fourbe, mais cela me gardera sur mon trône.’
« Il doit vraiment être désespéré pour demander de l’aide à ton autre oncle, » dit Connor.
J’ai souri en regardant mon ami qui était revenu de lui-même me servir après avoir appris l’attentat contre ma vie.
« Merci. »
Il a détourné les yeux, laissant son air blagueur, et puis il dit : « Bryan est loyal et il est capable de faire beaucoup de choses pour toi, mais pas ce qui est nécessaire. Il est trop faible pour ça, je n’aurais pas dû te laisser. »
J’ai dit en posant ma main sur son épaule :
« Ne t’en fais pas, tu n’es pas en tort et ton frère n’est pas de ce bois-là, tu le sais parfaitement et je le savais aussi. »
Connor a hoché la tête et puis il a dit :
« Putain, sans ces connards, je serais auprès de ma femme et de ma fille. »
J’ai souri et puis j’ai dit : « Elle a finalement accouché ? »
« Oui, une grossesse compliquée mais heureusement, elle va bien. »
« Amène-les ici. »
Il a froncé les sourcils et, sachant déjà ce qui lui traversait l’esprit, j’ai dit :
« Cela n’arrivera plus jamais. De toute façon, là où nous allons, il n’y a pas de passages secrets, ils ne pourront entrer que par la Grande Porte. »
J’ai souri et puis j’ai dit :
« Est-ce que tu te rends compte que j’ai failli me faire tuer par des personnes que j’ai faites, que j’ai épargnées, des personnes qui n’étaient rien mais que j’ai élevées aux plus hauts sommets ? »
« Tu vas arriver à le faire, » dit Connor.
« Je suis obligé de le faire, » dis-je en regardant l’horizon.
« Tu ne l’es pas, ferme les yeux sur ce qu’elle a fait… »
J’ai fait taire Connor avec un regard et puis j’ai dit :
« C’est la vie, elle ne devait pas me trahir. Puisqu’elle l’a fait, alors que ce soit à ses risques et périls. »
Un long silence s’est installé avant que je ne le brise en disant :
« J’ai attendu car je savais qu’ils allaient tous venir. Je voulais que tous voient quel serait le prix de la trahison : Harrold Arryn, mes oncles, Quentyn Martell, Willas Tyrell et même Viserys. Je les veux tous rassemblés lorsque je punirai cette chienne. »
Connor a hoché la tête et puis a dit : « Tu pourras te venger plus tôt que tu ne le crois. »
J’ai tourné la tête dans sa direction et puis j’ai vu ses yeux briller légèrement et passer d’un blanc pur à sa couleur originale.
J’ai souri et puis j’ai dit : « Je suis content que tu sois revenu. Sans toi, je n’aurais pas pu comprendre l’étendue de ce filet qui s’est refermé sur moi. »
Ce dernier a souri et puis a dit : « Je serai toujours là pour toi, tu le sais bien, je l’ai juré. »
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-POV Eddard Stark-
En débarquant du ‘Sweet Lyanna’, j’ai été directement accueilli par mon frère qui a souri en me voyant. Il avait l’air plus soulagé qu’heureux de me voir et surtout beaucoup plus fatigué que lorsqu’il était un Ranger de la Garde de Nuit.
‘On dirait qu’Aegon ne lui a pas facilité les choses,’ pensai-je.
« Tu as l’air d’avoir pris 10 ans alors que ça ne fait qu’un peu plus de 10 lunes, » dis-je.
Benjen a souri et puis a dit : « Toi, en revanche, tu as l’air d’aller plutôt bien, l’air frais du nord. »
« Maintenant que la paix est revenue, je suis content de profiter de la paix. »
L’air joyeux de Benjen s’est aussitôt évanoui et puis ce dernier dit :
« Qui sait pendant combien de temps nous jouirons de cette paix ? »
« Explique-moi en détail ce qui se passe ici. »
« Aegon attendait ton arrivée pour commencer le procès d’Arianne Martell. Faute d’avoir trouvé Tyene Sand, la troisième fille bâtarde d’Oberyn, il a décidé de destituer Arianne Martell pour punir Dorne. Malgré ses paroles empreintes de justice, je sais qu’il n’a que vengeance à l’esprit, » dit Benjen.
« À quel point est-ce grave ? » demandai-je, cette fois d’un ton réellement préoccupé, car je ne voulais pas qu’Aegon soit atteint par la folie de la famille de son père en se perdant dans une quête vengeresse.
« Il a fait prisonnier les filles d’Oberyn, a emprisonné sa femme, incendié Meereen avec ses dragons et repousse l’envoi de sa flotte pour assujettir les îles d’Été pour sans doute déclarer la guerre à Daenerys Targaryen, il va mettre la moitié du monde à feu et à sang et entrainer peut-être tout Westeros et Essos dans une guerre qui durera des années » dit mon frère doucement.
‘Ça va beaucoup trop loin, cela doit cesser. Mais je le connais, une fois qu’il se met en tête qu’il doit se venger, personne ne peut l’arrêter. La preuve, la famille de Catelyn en a subi les conséquences. Si cela avait été Robb, j’aurais pu le raisonner avec les leçons sur l’honneur, mais avec lui, ce serait plus contre-productif qu’autre chose.’
-Début du Flash-Back-
« Vous avez été pris en train de violer une femme à Wintertown. Votre culpabilité ne fait aucun doute. Avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ? » dis-je en regardant l’homme penché sur le billot par mes gardes.
« Pitié, j’avais bu, je n'étais pas moi-même Monseigneur » dit-il.
‘Comme si c’était une justification suffisante,’ pensai-je avant de procéder à son exécution.
« Au nom du Roi Robert Baratheon, premier de son nom, je vous condamne à mort » dis-je en abattant Ice, l’épée ancestrale de la Maison Stark, sur la nuque de ce dernier.
« Père, pourquoi l’as-tu exécuté de tes propres mains ? Mère dit que ce n’est pas la tâche d’un seigneur, » dit Robb.
J’ai froncé les sourcils et je me suis agenouillé devant lui, puis j’ai dit : « Nous suivons les traditions anciennes, celui qui prononce la sentence doit tenir l’épée, il en va de l’honneur de notre maison. »
Robb a hoché la tête, comprenant son devoir en tant que Stark, et j’ai pensé soulagé : ‘Heureusement que je suis revenu des îles de fer.’
Alors que je tournais la tête vers mon second fils, j’ai vu que malgré son expression froide et sans émotion, une lueur méprisante et désapprobatrice résidait dans son regard.
« Tu as quelque chose à dire ? »
Il parut surpris, mais il secoua la tête et dit : « Je n’oserai pas, Monseigneur. »
J’ai froncé les sourcils face à cette adresse, puis j’ai dit : « Tu es mon fils. »
Il a étouffé un léger ricanement au fond de sa gorge avant de dire :
« Je ne suis rien d’autre que votre bâtard, une tache sur votre honneur, une merde sans valeur. Je n’oserai rien dire de peur de me faire décapiter par l’un des gardes. »
Je connaissais Jon, c’était un enfant intelligent et il essayait de me faire passer un message sans pour autant se plaindre, et j’irai au fond des choses.
'Personne ne peut menacer mon fils sous mon propre toit'
-Fin du Flash-Back-
Bien que ce jour-là j’aie décidé de défendre Jon et de montrer à tous que je ne plaisanterais pas avec quiconque lui ferait du mal, je n’ai pas été capable de m’opposer à Catelyn et de la punir à cause de la culpabilité que je ressentais envers elle.
'Elle n'hésitait pas non plus à s'en servir lors de nos disputes'
Depuis ce jour, chaque leçon que j’ai essayé d’inculquer à Jon sur l’honneur s’est heurtée à un mur sourd.
Il ne m’écoutait plus et quand il le faisait, c’était la plupart du temps simplement pour que j’arrête de lui faire la leçon.
La première vraie cassure entre nous s’est produite à ce moment-là.
‘J’ai été un piètre père, mais maintenant c’est le moment de me racheter, que ce soit en tant que père ou en tant que simple oncle.’
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-POV Sansa Stark-
À Dragonstone, j’ai été impressionnée par tous les chevaliers sur l’île qui s’entraînaient. En posant des questions, j’ai compris que le Roi allait bientôt organiser un tournoi pour renforcer sa Garde.
‘Dommage que Bran soit trop jeune, il aurait sûrement désiré faire partie de ce tournoi, quoi qu’il lui en coûte.’
J’ai été attirée par le beau chevalier des fleurs, Loras Tyrell, qui donnait des instructions à un chevalier portant les écussons de la maison Hightower.
J’ai souri en pensant à la jeune fille naïve que j’étais à mon arrivée à King’s Landing lorsque le roi Robert était encore en vie.
‘Dire que je pensais que c’était un chevalier et que toute femme serait heureuse de partager son bras, alors que ce n’est qu’un avaleur d’épée,’ pensai-je.
‘Que les Sept aient pitié de son âme,’ pensai-je en me détournant de lui.
Tandis que j’avançais, je n’arrêtais pas de me remémorer les paroles ainsi que les instructions de ma mère.
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‘Les Sept me tourmentent parce que j’ai été incapable d’aimer un petit sans mère, mais toi, tu es innocente. Tu es sa cousine, vous avez été élevés comme si vous étiez les enfants de Ned. Si tu veux toujours devenir reine ou bien même impératrice, c’est ta chance.’
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‘Bien que je n’aie jamais été capable de l’aimer, j’ai énormément observé ton cousin et je le connais peut-être mieux que la plupart des gens. Tant que tu suivras les mots de la Maison de mon père, tu n’auras aucun mal à le séduire : Famille, Devoir, Honneur.’
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« Dame Sansa, » dit une voix que je reconnaîtrais entre mille.
« Dame Margaery, » dis-je en plaquant sur mon visage un faux sourire que ma mère m’avait appris à faire.
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‘Ton sourire sera ton meilleur allié. Cache-toi derrière lui à chaque fois que tu seras en présence d’une autre personne, mais ne sois jamais fausse devant ton cousin, il le sentira. Il a toujours été bon pour déceler ce genre de choses et encore plus depuis qu’il fait ces choses bizarres.’
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« Cela fait tellement longtemps que nous ne nous sommes pas vues. Vous êtes venue pour réconforter Sa Majesté ? »
« Mon père, ma sœur Arya et moi sommes aussi venus pour soutenir notre cousin dans l’épreuve qu’il traverse, » dis-je.
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‘Si jamais tu croises des traînées qui louchent sur ta couronne, utilise ton père et Arya comme bouclier. Personne n’oserait dire du mal de ton père et encore moins de la ‘Princesse’ Arya. Depuis qu’il est devenu empereur, et même avant, quand il était roi, il a bien fait savoir à tous qu’Arya était intouchable.’
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Margaery a souri et puis elle m’a pris le bras, ses dames de compagnie nous suivant de près, et elle dit :
« Je comprends parfaitement ce que c’est. Quand Renly est mort, Loras était inconsolable. »
« Mais c’était vous sa femme, n’est-ce pas ? » dis-je, relevant l’incohérence de ses propos.
Peut-être qu’elle me considérait toujours comme la stupide Sansa qui était aveuglée par tous les artifices du Sud, mais quoi qu’il en soit, elle m’avait grandement sous-estimée.
Elle a souri et puis elle a dit sans changer d’expression :
« Loras et mon défunt mari étaient très proches, c’était la principale raison de notre union. Sinon, nous nous serions déclarés pour le roi, peut-être que nous aurions été sœurs… pardon, je voulais dire cousines. »
Sans me laisser déstabiliser, j’ai dit :
« Peut-être, mais nous ne le saurons jamais. J’aime croire que les Sept ont une raison pour tout ce qu’ils font. Peut-être que vous pourriez trouver le véritable amour loin de Sa Majesté. »
« J’y ai aussi pensé, mais malheureusement, je suis tombée éperdument amoureuse de Sa Majesté et j’ai juré de finir ma vie célibataire si Sa Majesté décidait de ne pas poser les yeux sur moi. Je consacrerai ma vie aux pauvres ainsi qu’aux petites gens de l’Empire, bien que je ne doute pas que bientôt plus personne ne sera pauvre grâce aux magnifiques mesures que Sa Majesté réalise depuis qu’il a hérité de son trône légitime. »
‘Hérité de son trône légitime,’ pensai-je, amusée par le discours de Margaery.
‘Il vous a plutôt arraché le trône et ce, par le feu et le sang. Dommage que l’hiver ne soit pas tombé sur votre maison, cela m’aurait épargné bien des tracas.’
‘Elle sera une redoutable adversaire, mais je serai la seule à m’asseoir sur le trône d’impératrice.’