-Chapitre 121-
Added 2024-04-21 10:02:09 +0000 UTC-Chapitre 121-
-2 jours plus tard-
-1er jour de la 9e lune de l’an 299 AC-
-POV Ellaria Sand-
Depuis que j’ai vu Oberyn mourir à cause de la décision du roi, j’avais l’impression que mon cœur s’était aussi arrêté de battre en même temps que celui de mon amour.
Je n’arrivais pas à croire qu’il soit mort, lui d'entre tous ; j’avais l’impression d’être dans un cauchemar et que j’allais me réveiller à tout moment à ses côtés, qu’il allait me serrer dans ses bras et que nous partagerions un baiser passionné.
Mais hélas, il n’en fut rien.
À chaque fois que je me réveillais, c’était pour trouver mon lit vide de toute présence.
Je ressentais une haine intense pour tous ceux qui avaient participé, de près ou de loin, à la mort d’Oberyn.
Je n’arrivais même pas à tourner la tête pour regarder ma nièce qui portait la progéniture de ce monstre.
J’avais envie de tous les voir brûler en enfer, mais je ne pouvais rien faire, car ce monstre finirait ce qu’il avait commencé et se vengerait sur nous et sur nos filles.
« Je suis désolée, j’ai tout essayé pour le faire changer d’avis, » dit Arianne, la tête baissée.
Un rire sombre m’a échappé lorsque j’ai entendu ses paroles.
« Tout essayé, tu dis que tu as tout essayé, alors que l’amour de ma vie repose dans ce cercueil, mort aux mains du chien qui a tué Elia. Il lui a écrasé le crâne de sorte que nous ne puissions même pas lui faire nos adieux, » dis-je devant le cercueil fermé d’Oberyn.
Arianne n’a pas répondu, alors je me suis retournée et j’ai hurlé : « C’EST DE TA FAUTE, TOUT EST DE TA FAUTE ! TU AS TELLEMENT SOIF DE POUVOIR QUE TU NOUS AS AMENÉS À SES PIEDS. TU LUI AS OFFERT DORNE SUR UN PLATEAU. TU TE RENDS COMPTE QUE QUOI QU’IL FASSE, IL AURA TOUJOURS LE DERNIER MOT DEPUIS QUE TU T’ES RENDUE DANS SON LIT COMME LA TRAINÉE QUE TU ES. CET ENFANT QUE TU PORTES, C’EST LUI QUI A TUÉ OBERYN. JE PRÉFÉRERAIS VOUS VOIR MORTS TOUS… »
Juste au moment où j’allais gifler Arianne, j’ai ressenti une main se resserrer autour de mon cou, m’emprisonnant et m’empêchant de respirer.
Toute la colère que je ressentais s’est métamorphosée en peur en me rendant compte de ce que je venais de faire.
Toutes nos filles se tenaient là, face au monstre qui avait ordonné la mort de leur père, et il avait maintenant la parfaite occasion ainsi que le motif idéal pour tous nous éliminer.
« Ellaria Sand, je ne vais ni tenir compte de vos paroles ni de vos actes car je sais que c’est le chagrin qui parle. Un bateau vous attend, vous et tous vos suivants ; il partira dans une heure. Je ne veux plus voir aucun des vôtres dans la capitale passé ce délai » dit-il avant de faire signe à Arianne de le suivre.
'Traîtresse' fut ma dernière pensée pour Arianne en la voyant suivre Aegon VI comme une petite chienne bien dressée.
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-POV Arianne Targaryen-
« Tu m’en veux ? » m’a-t-il demandé.
'Bien sûr que je t’en veux' ai-je pensé mais je ne l’ai pas dit à haute voix.
« Je comprends ton sentiment » dit-il.
J’ai reniflé légèrement mais il s’est arrêté et il a dit : « Je t’assure que je comprends ta colère envers moi mais ce qui vient de se produire est une preuve que j’ai bien fait. »
Ses paroles ont allumé un feu en moi car il était la cause de tout ce qui m’arrivait de mal depuis qu’il avait décidé d’aller exterminer les ironborn.
Il savait que c’était un piège et il a joué avec ses adversaires simplement pour tous les exterminer d’un coup.
Mon oncle était simplement un passionné ; il n’aurait pas dû mourir comme un traître, il n’aurait pas dû mourir tout court.
« Comment peux-tu me regarder dans les yeux et me dire que c’est une bonne chose que tu aies tué mon oncle ? » dis-je, outrée par son culot.
Il a souri et il a dit : « Personnellement, j’aimais beaucoup ton oncle, c’est la stricte vérité, mais que tu veuilles l’entendre ou non, il a creusé sa propre tombe tout seul comme un grand. J’ai exterminé tous les ironborn et tu pensais que j’allais rester assis à simplement regarder ton oncle me cracher dessus. Il a défendu un Blackfyre, comment as-tu pu croire un seul instant que je l’aurais épargné s’il ne s’était pas agenouillé pour se rendre ? »
« Parce que je te l’ai demandé ? » dis-je au bord des larmes face à ma propre impuissance.
« Oui, parce que tu me l’as demandé et c’est exactement pour cette raison-là qu’il a pris le risque de descendre dans cette arène parce qu’il a cru que tu aurais du pouvoir sur moi, que tu pourrais influencer ma décision à tel point que je renoncerais à tuer Aegon Blackfyre. Mais je suis forcé de te décevoir, Arianne, je ne laisserai aucun danger planer sur notre Maison car rappelle-toi, tu ne t’appelles plus Arianne Martell mais Arianne Targaryen depuis que nous nous sommes mariés aux yeux des dieux et des hommes. Tu es ma femme, ma reine et bientôt tu seras la mère de mes enfants » dit-il en plaçant ses deux mains sur mes joues et en me forçant à lever les yeux vers lui.
J’ai retenu mes larmes assez longtemps mais finalement le barrage d’émotions que je retenais s’est effondré et j’ai fait de même, j’ai pleuré longtemps dans ses bras à chaudes larmes pendant plusieurs minutes.
Il m’a enveloppée de ses bras puissants puis il a dit : « Tu ne finiras jamais comme ta tante et notre fils ne finira pas comme mon véritable frère, je t’en fais le serment. »
« Laisse Clegane mourir, je t’en supplie, ne lui donne pas l’antidote au poison. »
Il a hésité puis il a fini par dire : « D’accord. »
« Merci » chuchotais-je.