XaiJu
Ghostrider0002
Ghostrider0002

patreon


-Prologue-

-Prologue-

-POV David Copperfield-

-21 octobre 2006-

En ouvrant les yeux, un flot de souvenirs m’a traversé l’esprit, écrasant tout sur son passage et me faisant ressentir, l’espace de quelques secondes, une douleur dans tout mon être, au point de presque croire que j’étais en train de me faire broyer.

Les souvenirs de mes parents me sont revenus, mais pas ceux que je connaissais dans cette vie.

 Ceux de ma vie précédente. Les souvenirs de mon mariage, de mes enfants, de mon emprisonnement.

Tout m’est revenu aussi clair qu’au premier jour.

Tous les souvenirs que j’avais oubliés de ma première vie me sont apparus en rêve, et c’est ainsi que j’ai compris que je n’étais pas David.

Ou du moins, pas le David que je pensais être jusqu’ici.

'J’étais David, mais avant cela j'étais Ronald Samson, ancien trader pour Goldman Sachs, accusé à tort d’avoir blanchi des centaines de millions de dollars pour des cartels, ainsi que d’avoir fait perdre à ma compagnie des milliards' pensai-je en regardant mon reflet dans le miroir.

Un reflet qui ne m’était pas étranger, mais qui avait pourtant quelque chose de déroutant.

C’était étrange de savoir que l’on avait été quelque chose que l’on n’est plus, et que ce que l’on est aujourd’hui n’a absolument rien à voir avec la personne que l’on était autrefois.

'Et tout cela fait partie de moi' pensai-je, incapable d’assembler les pièces entre le fragile et intelligent Ronald, cet Écossais qui avait réussi à se hisser dans les plus hautes sphères du trading, et le David d’aujourd’hui.

'Mais qui, aujourd’hui, n’était plus rien de ce qu’il avait été autrefois' pensai-je en observant mon corps incroyablement massif.

'C’est complètement fou' pensai-je, complètement déstabilisé par cette nouvelle réalité.

'Dans ma vie précédente, j’étais plus grand qu’aujourd’hui, mais je n’étais pas aussi musclé' pensai-je en observant mon reflet dans le miroir, légèrement hypnotisé par ma transformation physique.

'Je fais maintenant 186 cm pour 88 kg, contrairement à ma vie précédente où j’étais plus grand et plus mince : 193 cm pour 73 kg.'

Toc… Toc… Toc…

Je tournai mon attention vers la porte qui s’ouvrait, et je vis mon petit frère passer la tête par l’entrebâillement pour me dire :

« Qu’est-ce que tu fous ? Papa est déjà arrivé, il va te massacrer s’il te trouve au lit à cette heure ! »

'Merde' pensai-je en voyant qu’il était déjà 11 h.

Je m’habillai rapidement et descendis pour trouver mes parents, William et Jessica Copperfield, déjà installés à table, nous attendant tous les deux.

Et à en juger par leurs regards, ils étaient furieux.

« Tu penses que tu es en permission ? » demanda mon père d’un ton bourru.

À son ton, je savais déjà que peu importe ce que je ferais, la discussion allait dégénérer en dispute.

Alors, je fis le choix de ne rien dire.

Mais ça ne lui convenait pas.

« Tu oses m’ignorer ? Peut-être que c’est parce que tu as envie de m’en foutre une ? »

« Il l’avait mérité » dis-je calmement, sachant parfaitement à quoi mon père faisait allusion.

« Ce n’était pas à toi de décider de ça ! » s’écria-t-il en frappant du poing sur la table.

'Bon, apparemment, je ne vais même pas pouvoir déjeuner avant d’avoir cette conversation' pensai-je en déposant mes couverts.

Je relevai les yeux et dis :

« Tu sais parfaitement que c’était le cas, sinon tu ne m’aurais jamais couvert. »

« Je l’ai fait parce que tu étais mon fils et que c’était mon devoir en tant que parent » dit-il sur un ton qui m’inquiéta.

« Tu parles au passé » remarquai-je en plissant les yeux.

« Parce que c’était dans le passé » répondit-il, agacé.

« Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? » demandai-je, sentant que c’était davantage David qui parlait à cet instant.

« Je veux que tu t’en ailles » dit-il sans réellement répondre à ma question.

« Bill… » tenta d’intervenir ma mère en ma faveur.

« Non ! Je veux que tu partes !! Tu es la honte de cette famille et je ne veux plus jamais te revoir dans ma maison !!! » hurla mon père en se levant et en me faisant signe de partir.

Je regardai ma mère et mon frère avant de reposer mon regard sur mon père.

Je secouai la tête, furieux d’une part.

(La partie David)

Mais comprenant aussi, d’une autre part, sa réaction.

(La partie Ronald, pas encore totalement intégrée)

« À vos ordres, Général » ne pus-je m’empêcher de dire d’un ton sarcastique avant de quitter la table et de monter dans ma chambre pour préparer mes affaires.

---

Je montai rapidement et emballai dans mes sacs militaires tout ce dont j’avais besoin immédiatement.

'Je reviendrai chercher le reste plus tard' pensai-je avant de sortir de ma chambre, me retrouvant nez à nez avec mon petit frère, qui, ironiquement, portait le même prénom que moi dans ma vie précédente.

« Alors, tu t’en vas vraiment ? » me demanda-t-il.

Je haussai les épaules et dis : « Tu as entendu le Grand Général Copperfield. »

« C’est tellement injuste. » dit-il

« La vie est ainsi faite, pleine d’injustices. Mais ne t’en fais pas, ce n’est pas la fin pour moi. Tout ça était de toute façon trop étouffant pour mon moi futur » dis-je avant de lui faire un clin d’œil, retenant toute la frustration qui montait en moi sans pouvoir l’arrêter.

J’avais vécu, en moins d’une heure, les moments les plus troublants de ma vie.

'Du moins, de celle-ci...Et même de ma première vie, si l’on compte la réincarnation' pensai-je en sortant rapidement de la maison sans dire au revoir.

Je venais d’être excommunié de la Grande Secte Copperfield par son propre gourou.

---

-POV 3e-

David chargea rapidement ses sacs dans son Land Rover Range Rover, puis quitta la maison familiale, qu’il n’avait jamais quittée depuis sa naissance, sauf pour ses missions à l’étranger.

Il était tellement distrait par la colère qu’il ne remarqua même pas la fumée qui s’échappait de sa bouche à chaque respiration.

« Désolé mon gars, mais je suis vraiment occupé, donc… Et en plus, ma femme garde ses neveux et nièces, mais… tu sais que ça aurait été avec plaisir. »

« Non, ne t’en fais pas, ce n’est pas grave, je comprends… Oui, ne t’en fais pas, on se voit bientôt » dis-je à Anders, qui n’arrêtait pas de bredouiller, cherchant la bonne façon de me dire qu’il ne pouvait pas m’héberger.

Je raccrochai en secouant la tête.

J’avais sauvé son cul plusieurs fois en Afghanistan, j’avais même pris une balle pour cet enfoiré, et m’héberger quelques jours était devenu une affaire d’État.

'Je suis sûr qu’il a peur des répercussions sur sa carrière. Il est bien parti pour devenir colonel, à condition de ne pas se prendre une balle entre-temps' pensai-je en soupirant profondément avant d’appeler mon meilleur ami, Ryan.

Cela faisait quelque temps que nous ne nous étions pas parlé, car j’étais souvent en mission longue durée, mais à chaque permission, nous nous retrouvions pour des soirées mémorables.

'Comme au lycée' pensai-je, me remémorant les fêtes épiques que nous organisions dans la villa de ses parents, ainsi que dans celle de mon oncle.

'J’ai été un sacré gosse de riche dans cette vie' pensai-je, en me souvenant à quel point la famille de ma mère était fortunée, et combien ses relations avaient compté dans la carrière de mon père.

Même si, pour une raison que j’ignorais, elle n’aimait pas trop nous mettre en relation avec nos cousins, j’avais d’excellents rapports avec mon oncle Everett.

« Allô, c’est qui ? » dit Ryan en baillant de fatigue.

« Devine » dis-je, car s’il n’avait pas encore reconnu ma voix, c’était qu’il n’était pas assez réveillé pour cette discussion.

« C’est qui ? » répéta Ryan, clairement endormi.

« Mec, il est 13 h, fais un effort » dis-je en regardant ma montre.

Il prit quelques secondes avant de me répondre d’un ton grincheux :

« Putain, va te faire foutre, ça ne fait même pas deux heures que je me suis couché. J’ai dû donner de ma personne hier. »

Je roulai des yeux en entendant son excuse et répondis :

« Je me fiche de savoir qui t’a planté dans ton pieu, je veux juste savoir si t’as de la place chez toi. J’ai besoin d’un endroit où dormir. »

« J’ai déjà deux personnes de trop dans mon appart, donc c’est mort » dit-il avant de raccrocher.

'Connard' pensai-je en roulant des yeux, prêt à appeler quelqu’un d’autre avant de voir mon téléphone sonner.

Je n’eus même pas le temps de décrocher avant d’entendre Ryan se foutre de moi à l’autre bout du fil :

« Tu pensais que j’allais te laisser en plan, hein ? »

« Va te faire foutre » répondis-je avec un sourire, car il m’avait bien eu.

« Du coup, j’arrive ? » demandai-je pour être sûr.

« Ouais, tu peux venir, mais tu peux quand même pas rester » dit-il platement.

« C’est une blague ? » demandai-je, avec l’impression qu’un seau d’eau glacée venait de m’être versé sur la tête.

« Non » répondit-il, très sérieusement.

Je récapitulai :

« Donc tu m’as rappelé pour me dire que, finalement, tu n’allais pas m’héberger ? »

« Ouais, c’est vrai que dit comme ça, ça fait un peu truc de connard, mais, ne t’… »

Je raccrochai sans écouter la suite de sa phrase, mais il me rappela immédiatement. Je déclinai trois fois ses appels avant de finalement répondre au quatrième.

« Qu’est-ce que tu veux ? » demandai-je, les sourcils froncés.

« Olalalala, tu ne peux même pas me laisser terminer ma phrase » dit-il sans se presser avant d’ajouter :

« Je ne peux pas te laisser rester dans mon appart pour des raisons qui me paraissent évidentes, mais j’ai une chambre d’hôtel que je loue à l’année au Four Seasons. »

Je fronçai les sourcils avant de dire, après quelques secondes de silence :

« Attends… Tu fais vraiment partie de ces mecs qui louent une chambre d’hôtel à l’année pour ramener des filles sans se faire griller par leur copine ? »

« Mec, en fait… c’est pas de ça qu’on discutait » dit-il, essayant de changer de sujet.

J’éclatai de rire avant de dire :

« Donc, non seulement tu loues une chambre d’hôtel à l’année pour ne pas te faire prendre, mais en plus, tu ramènes quand même les filles chez toi ? »

« Allô ? Dave ? Tu m’entends ? » fit-il, feignant une mauvaise connexion, avant d’ajouter rapidement :

« Chambre 198, au nom de Ryan Westerling, et le mot de passe, c’est ‘Ryan est le plus beau’. Bye. »

'Connard narcissique' dis-je intérieurement en souriant, même si je n’en pensais pas un mot.

Une fois qu’il raccrocha, j’eus l’impression que toute la frustration que j’avais accumulée s’était évaporée.

Et puis…

'Attends, c’est quoi ça ?' pensai-je en remarquant de petits cristaux sur le volant, qui fondaient rapidement.


More Creators