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patreon


-Chapitre 133-

-Chapitre 133-

-POV Johanna Swann-

« Tu en as mis du temps, j’ai failli m’endormir », dit Aemon en me voyant entrer dans le salon privé où je recevais mes invités de marque.

J’ai souri et j’ai dit, en continuant de me rapprocher de lui :

« Est-ce que l’attente en valait la peine ? »

« Toujours pour une aussi belle dame », répondit-il en se levant et en attrapant la main que je lui tendais pour l’embrasser légèrement, avant de se tourner vers le garçon qui l’accompagnait et de le tirer par les épaules.

En voyant ses cheveux noirs comme un corbeau et ses yeux violets, j’ai tout de suite su de qui il s’agissait.

« Tu le reconnais ? » m’a-t-il demandé.

Je ne l’écoutais plus, car je m’étais baissée à la hauteur de mon fils. Je pris ses joues dans mes mains, m’efforçant de ne pas laisser couler les larmes face à l’émotion qui m’envahissait.

« Mon fils », murmurai-je en écartant quelques mèches couvrant son visage.

Il se tourna, confus, vers son grand frère, puis vers moi, et me demanda, visiblement gêné par ma soudaine proximité :

« Vous êtes ma mère ? »

‘C’est vrai qu’à ses yeux je ne suis qu’une étrangère’, pensai-je, comprenant parfaitement sa gêne.

J’hochai la tête, et il dit presque immédiatement, sur un ton tentant sans succès de réprimer le ressentiment qu’il éprouvait à mon égard :

« Pourquoi m’avez-vous abandonné ? »

‘Il a dû être moqué comme un bâtard toute sa vie’, pensai-je, comprenant parfaitement son ressentiment envers moi.

« Je suis vraiment désolée, mon fils, je n’avais pas le choix. J’aurais tout donné pour pouvoir t’élever, mais j’étais prisonnière… »

« Je vais vous laisser. Est-ce que tu peux demander à l’une de tes servantes de me montrer les environs ? » dit Aemon, m’interrompant pour me laisser un peu d’intimité.

« Evelyn, fais visiter le Prince et veille à répondre à toutes ses questions », dis-je en hochant la tête, reconnaissante qu’il me laisse passer du temps avec mon fils, au lieu de me presser avec les affaires urgentes dont nous devions impérativement discuter.

« Par ici, mon Prince », dit Evelyn.

« À tout à l’heure », dit-il en se retournant pour suivre Evelyn.

« Viens t’asseoir, nous avons beaucoup de choses à nous dire, Baelon », dis-je en lui offrant une place à côté de moi sur mon fauteuil.

---

-POV Aemon Targaryen-

‘C’est vraiment magnifique’, pensai-je en observant la Maison du Cygne Noir.

« Vous êtes originaire de Westeros, n’est-ce pas ? » demandai-je à la dame de compagnie de Johanna.

« C’est exact, mon Prince », répondit la jeune femme.

‘D’une beauté ravissante, comme toutes les jeunes femmes qui travaillent ici’, pensai-je en observant les jardinières, les servantes, et les dames de compagnie.

‘Et ne parlons pas des courtisanes’, pensai-je en voyant quelques femmes qui m’observaient depuis un balcon, comme si j’étais un morceau de viande juteux.

‘Elles ont du flair’, pensai-je, sentant tous les regards se diriger vers moi.

‘Elles ne savent pas qui je suis, mais elles savent toutes que je suis plus important que n’importe qui ayant pénétré cet endroit’, me dis-je, trouvant que la Maison du Cygne Noir n’avait rien à voir avec ce que j’avais imaginé.

« C’est une maison de plaisir d’un tout autre niveau. »

« Nous ne sommes pas une maison de plaisirs », répondit immédiatement Evelyn.

Malgré la soudaineté de sa réponse, elle maîtrisa parfaitement son ton pour ne pas sembler inappropriée.

« Pardonnez-moi si je vous ai offensée », dis-je, sans prendre sa remarque à cœur, tout en continuant à observer les alentours distraitement.

‘Je pourrais faire pareil à Westeros’, pensai-je.

« Vous ne m’avez pas offensée », dit Evelyn avant d’ajouter : « La Maison du Cygne Noir n’emploie pas de prostituées. Vous ne verrez pas un homme se comporter de manière inappropriée en public. »

« Et en privé ? » demandai-je, coupant la parole à Evelyn.

Evelyn s’arrêta brusquement, se retourna vers moi et dit en me regardant droit dans les yeux :

« Chaque cygne a le droit à une vie privée. Aucun cygne n’est rémunéré pour coucher avec quelqu’un. Nous ne fournissons pas ce genre de service. »

« Très bien. Alors, comment Johanna parvient-elle à maintenir ce style de vie tout en subvenant aux besoins de tous les cygnes de cet établissement ? » demandai-je.

« Les cygnes utilisent tous les charmes à leur disposition pour séduire les hommes, mais… »

« Elles ne couchent pas avec eux », dis-je en terminant pour elle, avant d’ajouter : « Mais vous ne les empêchez pas de s’amuser avec qui elles le désirent, d’obtenir des informations, des faveurs, ou de tirer parti de leurs relations. »

Evelyn ne répondit rien, ce qui confirma que j’avais visé juste.

‘C’est assez ingénieux’, pensai-je, admirant comment Johanna naviguait dans les eaux troubles de Lys sans s’attirer les foudres des familles influentes ou des Magisters.

« Pas mal du tout », dis-je finalement.

« Nous sommes arrivés. Derrière cette porte se trouve l’homme que vous avez envoyé comme messager », dit Evelyn.

Alors que je m’apprêtais à ouvrir la porte, je demandai, légèrement curieux :

« A-t-il approché certains de vos cygnes ? »

Décontenancée par ma question, elle me regarda avec de grands yeux avant de secouer la tête.

Je hochai la tête et ajoutai : « Merci de m’avoir guidé. »

« Ce fut un plaisir, mon Prince », dit-elle en s’inclinant profondément.

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J'entrai dans la pièce et trouvai Ser Willem debout, droit comme un piquet, les mains derrière le dos.

Dès qu’il me vit, il s’inclina légèrement et dit :

« Mon Prince. »

Je refermai la porte derrière moi et l’observai un instant.

Il semblait tendu, mais déterminé.

‘C’est vrai que je l’ai entraîné comme tous les Boucliers de Bronze. À l’origine, je voulais qu’il occupe un poste élevé dans mon ordre de chevaliers’, pensai-je

« Tu as mené à bien ta mission, Willem », déclarai-je, avant de marquer une pause.

Puis j’ajoutai d’un ton plus solennel :

« Je vais tenir la promesse que je t’ai faite avant ton départ. »

Ses yeux s’agrandirent sous l’effet de la surprise.

« Vous êtes sérieux ?! » demanda-t-il, incrédule, presque incapable de croire à mes paroles.

Je roulai des yeux. Je ne faisais pas cela par plaisir, mais c’était la meilleure chose à faire pour résoudre certains de mes problèmes.

‘En agissant comme mon messager, il a débloqué une situation délicate dans laquelle je m’étais empêtré.’

‘Grâce à lui, je sécurise les Degrés de Pierre, je m’implante solidement à Lys, je gagne Baelon, et peut-être un nouveau dragon. Sans oublier le plus important… ma mère.’

« J’ai donné ma parole. À partir de maintenant, tu fais officiellement partie de l’ordre des Boucliers de Bronze », dis-je en sortant un objet d’une poche brodée de mon pourpoint.

Willem observa l’objet, intrigué, tandis que je le lançai dans sa direction.

Une fois qu’il eut compris de quoi il s’agissait, il releva les yeux vers moi, encore plus confus.

« Vous êtes sûr ? » demanda-t-il, hésitant.

Je plissai légèrement les yeux et répondis froidement :

« Si tu me trahis, je te ferai décapiter. Sois-en certain… Commandant »

Il écarquilla les yeux en entendant ce dernier mot, réalisant pleinement l’ampleur de ce que je venais de faire.

Je m’assis sur un fauteuil, fermai les yeux et croisai les bras, laissant Willem digérer la nouvelle.

‘Le poste de commandant des Lances de Bronze n’est pas seulement un titre. C’est une position clé dans mon ordre, une responsabilité énorme. Mais il a prouvé qu’il pouvait en être digne. Et surtout, cela achève de m’assurer de sa loyauté.’


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