XaiJu
Ghostrider0002
Ghostrider0002

patreon


-Chapitre 92-

-Chapitre 92-

-POV Tommen Baratheon-

J’ai poussé un soupir d’agacement en voyant la longue liste de chevaliers qui avaient été élevés au rang de chevalier terrien sous le règne de mon père ainsi que celui de Joffrey.

Chacun d’entre eux était venu avec moins d’une centaine d’hommes et, en tout, ils n’avaient pas apporté plus de 5 000 soldats.

Mais je devais rester assis et sourire en les remerciant tous, car leurs hommes étaient plus expérimentés que les miens.

‘De vrais mercenaires’, pensai-je en voyant les cicatrices sur le corps de certains.

« Ser Artison, votre majesté », dit l’homme en relevant la tête, l’air fier de pouvoir me montrer sa loyauté.

« Avec 30 de mes meilleurs hommes », dit le chevalier.

« La couronne vous remercie pour vos efforts et note votre loyauté », dis-je en souriant légèrement.

‘En tant que Roi, tu as accès à un pouvoir énorme. Ce pouvoir peut s’exprimer de différentes façons, mais la plus simple et celle qui aura le plus de poids pour tes hommes, ce sont tes mots. Une phrase ne te coûtera jamais rien, mais elle peut redonner confiance et force à ton vassal. Ne l’oublie jamais.’

‘Je ne l’ai pas oublié’, pensai-je en voyant Ser Artison se mettre à genoux devant moi, l’air légèrement excité.

L’homme qui s’était présenté sous le nom de Ser Artison recula, le torse bombé, et rejoignit la masse silencieuse qui observait notre échange.

‘Je suis obligé de me contenter de cela depuis deux jours alors que j’aurais dû déjà être entré dans le Kingswood’, pensai-je, fulminant dans mon esprit contre la lenteur de mes vassaux.

Cela faisait déjà plusieurs jours que j’attendais l’armée qu’ils m’avaient promise par corbeaux, en apprenant que je levais une armée d’une taille sans commune mesure.

‘Avec ce nouvel afflux de soldats, nous pourrons augmenter nos troupes à 80 000 soldats, dotés d’environ 10 000 à 20 000 soldats professionnels’, pensai-je, n’ayant pas oublié la leçon que Ronnet m’avait apprise.

‘Une armée sans véritable soldat n’est qu’une foule de paysans’, pensai-je en reposant mon regard, auparavant distrait, sur le chevalier qui venait de se présenter.

J’ai hoché la tête tout en lui faisant signe de prendre place à côté de mes officiers et des autres chevaliers arrivés avant lui, tout en me résignant à rester assis sur mon trône jusqu’à ce que tous aient enfin été introduits.

---

-POV Loras Tyrell-

« Il était temps, Lord Tywin », dis-je en sortant à la tête de mes hommes, à l’homme responsable de toute cette merde.

‘Contrôle-toi, Loras’, pensai-je en prenant une petite inspiration, tout en donnant un léger coup de talon à mon cheval pour le faire avancer.

Tywin me barra le chemin avec son cheval, puis dit, les sourcils froncés :

« Nous ne nous sommes même pas arrêtés à Crakehall. Les hommes sont épuisés, ils ont besoin d’une bonne nuit de repos. »

« Si vous vouliez vous reposer, vous auriez dû arriver plus tôt. Étant donné que vous ne l’avez pas fait, je suis forcé de constater que vous avez pris assez de repos sur le chemin. »

« J’ai pris plus de temps que prévu, car je devais recruter plus de soldats à Lannisport. »

Je haussai un sourcil, peu impressionné, puis répondis en regardant derrière moi :

« Vous avez à peine 40 000 soldats. J’ai rassemblé presque deux fois plus d’hommes que vous, et en deux fois moins de temps. »

Tywin Lannister resta muet quelques instants avant de finalement dire :

« Nous n’avons besoin que d’une seule soirée. »

« Je ne risquerai pas de mettre en péril les terres de mon père plus qu’elles ne le sont déjà pour une nuit de repos. Vos soldats pourront se reposer autant qu’ils le voudront une fois que nous arriverons à Red Lake », dis-je en faisant contourner mon cheval autour de la monture de Tywin.

Ce dernier renifla et fit signe à ses hommes de reculer, l’air mécontent, mais…

‘Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même’, pensai-je, car c’était en grande partie de sa faute si nous étions de nouveau engagés dans cette guerre après avoir gagné la dernière.

---

-POV Rodrik Buckler-

« Alors, tu as décidé ? » demandai-je à Ronnet, assis derrière son bureau improvisé dans le solaire du seigneur.

‘Je ne sais même pas comment s’appelait le seigneur de cet endroit’, pensai-je, en prenant place sur une chaise à côté.

« Très honnêtement, je n’en sais rien. Mais je pense que je vais le laisser faire ce qu’il veut », dit Ronnet en haussant les épaules, l’air serein.

« C’est une bonne décision. C’est ce dont ton fils a besoin », dis-je, pas du tout surpris par la confiance et la légèreté avec lesquelles il parlait d’envoyer son fils au combat, malgré son jeune âge.

‘C’est un prince, et son père a commencé à peu près au même âge’, pensai-je, en me souvenant de l’époque où j’avais rencontré Ronnet.

‘Sans parler de ses pouvoirs’, pensai-je en me remémorant les derniers cours d’escrime que je lui avais donnés.

‘Sans mon expérience et sa gentillesse, je pense que c’est plutôt moi qui aurais été l’élève lors de notre dernier échange’, pensai-je, me souvenant de la facilité avec laquelle il avait contré mes mouvements à chaque étape.

« Il a envie de me prouver des choses », dit Ronnet, jouant avec le pommeau de son épée, toujours dans son fourreau mais plus attachée à sa ceinture.

‘Il déteste toujours autant être attaché à son arme de cette façon. Il aime l’avoir à portée, mais pas à sa ceinture’, me dis-je en observant Illumination, posée à côté de sa chaise.

Je secouai la tête, puis dis : « Je ne pense pas forcément qu’il ait besoin de ça pour te prouver qu’il est digne de te succéder. Mais, d’après moi, ça pourrait l’aider à se sentir plus… je ne sais pas comment on dit, mais plus à l’aise dans son rôle. »

« Légitime. C’est le mot que vous cherchiez, Lord Buckler », dit Ronnet, se moquant de moi.

Je roulai des yeux face à sa taquinerie, puis dis : « Je ne suis même pas le vrai seigneur de cette maison. »

« Tu le deviendras une fois que je serai roi. Ton fils épousera la petite Buckler, mais cette maison t’appartiendra une fois que nous serons à King’s Landing », me dit Ronnet, en me tendant une bouteille de vin pour que je me serve un verre.

Je pris la bouteille, un peu distrait, puis dis : « Tu n’étais pas obligé de faire ça. »

« Tu m’as bien servi. Et depuis que vous m’avez tous suivi, je vous ai déjà dit que si vous survivez, vous ne le regretterez pas. Il est normal que je te rende la pareille, tu ne trouves pas ? » me demanda-t-il, avec un sourire malicieux.

« Je te remercie… vraiment », dis-je, en essayant de transmettre dans mon ton et mon regard toute la gratitude que j’éprouvais pour lui.

Ronnet fit un geste pour dire que ce n’était rien.

Mais, pour une personne qui n’était rien de plus qu’un mercenaire avec un faux titre de chevalier à notre rencontre, j’avais bien évolué.

Et tout cela, c’était à lui que je le devais, car il m’avait pris sous son aile et m’avait fait voir le monde.

‘Si ça avait été un autre, je doute que je sois encore en vie aujourd’hui’, pensai-je.

« Ne parlons pas de cela. J’aimerais avoir ton avis sur Raymund », dit Ronnet, changeant de sujet.

« Qu’est-ce qu’il a fait encore ? » demandai-je, un sourcil haussé.

« J’ai appris que c’était lui qui avait incité Ronald à prendre la direction de mes troupes pour redescendre vers les Stormlands », dit Ronnet, d’un ton légèrement agacé.

« Tu penses qu’il voulait se débarrasser de lui ? » demandai-je, un peu surpris par la méfiance de Ronnet.

Il haussa les épaules, sans vraiment répondre.

« Ce n’est pas possible. C’est ton frère », ajoutai-je, tentant de tempérer ses soupçons.

‘Son véritable frère’, pensais-je intérieurement, conscient du lien de sang qui les unissait.

« Il a déjà fait preuve de déloyauté une fois », répondit Ronnet, le regard sombre.

« Pas à ce point », dis-je, avant d’ajouter rapidement : « Il y a quand même une différence entre te forcer à le considérer comme un allié sur un pied d’égalité avec toi et vouloir nuire à ton fils. »

« Il ne l’aurait pas tué. Il aurait simplement encouragé à prendre des risques », répliqua Ronnet, peu convaincu par mon argumentaire.

‘Ce côté méfiant… il faut toujours qu’il doute de tout et de tout le monde’, pensai-je, légèrement agacé.

Mais, je ne pouvais nier que cette méfiance avait sauvé de nombreuses vies par le passé. En particulier lorsque nous avions dû affronter les traîtrises des Lannister.

« C’est tout comme », dis-je, en roulant des yeux.

« Non, je trouve que la différence est notable », répondit Ronnet avant d'ajouter : « Il peut simplement lui souffler l’idée sans vraiment le vouloir, puis ne plus pouvoir se rétracter pour ne pas se griller. Tu connais Raymund, il a un petit côté… cupide et impulsif. »

Je fronçai les sourcils et répondis : « Mais pas au point de… »

Je ne pus terminer ma phrase.

Ronald était pratiquement plus le fils d’Alynne et de Raymund que celui de Ronnet.

‘Il n’a commencé à assumer sa paternité qu’une fois revenu’, pensai-je, incapable de croire que Raymund pourrait vouloir du mal à Ronald.

« Je ne sais pas », dit Ronnet avant d'ajouter : « Je t’en parle parce que ça me travaille. J’ai déjà tendu les liens avec mon frère au maximum. Je ne voudrais pas les rompre pour quelque chose dont je ne suis pas certain. »

Je soupirai avant de répondre : « Si tu veux mon avis, fais simplement en sorte que Ronald sorte vainqueur de cet affrontement. Envoie tous nos chiens noirs avec lui. »

« C’est déjà fait », dit Ronnet calmement.

Je roulai des yeux avant de dire : « Bien sûr que c’est déjà fait. »

Un sourire effleura ses lèvres, et je demandai : « Tu m’expliques ? »

« Non », répondit-il avec ce même sourire malicieux qu’il arborait plus tôt.

« Va te faire foutre », lui lançai-je, sans craindre de représailles, car nous avions établi depuis longtemps que je pouvais me permettre ce genre de plaisanterie en privé.

‘En privé, je peux me permettre ce genre de légèretés.’

« Sois respectueux avec ton roi, Rodrik. C’est va te faire foutre, votre majesté ! Hahahahaha », dit Ronnet, éclatant de rire.

Je secouai la tête et me joignis à son rire, tout en me servant enfin un verre de vin.

‘Cela m’avait manqué’, pensai-je, me rappelant à quel point son trait d’humour et de légèreté nous avait manqué depuis qu’il était parti pour la capitale.

‘Avec moi’, pensai-je.

« Content de te retrouver, mon frère », dis-je, levant mon verre pour lui.

Ronnet leva son verre en retour, et nous bûmes en silence, un moment de camaraderie dans un monde toujours en guerre.


More Creators