XaiJu
Ghostrider0002
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patreon


-Chapitre 129-

-Chapitre 129-

-1er jour de la 1ère lune de l’an 117 AC-

-POV 3e-

Du haut des remparts en bois du petit fort installé sur l’île, deux gardes étaient assis au sommet des remparts et jouaient avec des dés confectionnés à partir d’os.

« Quatre », dit l’un des deux gardes, attendant avec impatience que l’autre retire le gobelet pour voir si le résultat était correct.

« Encore raté », dit le second garde en levant le gobelet et en voyant que la somme des deux dés faisait 6.

« Raahh », fit le premier garde en poussant un soupir d’agacement, sortant une pièce de cuivre de ses vêtements et la lançant à son collègue.

« Combien de fois cela fait-il que tu essayes, Erik ? » dit un autre garde apparaissant soudainement derrière le premier.

« Cela fait bien la 19e fois depuis que nous avons pris notre tour de garde que je me fais plumer par ce connard », dit Erik en secouant la tête d’agacement face à la perte de 19 étoiles de cuivre.

Le nouvel arrivant secoua la tête, puis dit à Erik d’un ton légèrement moqueur :

« Tu sais qu’Ivarn triche, n’est-ce pas ? »

Erik haussa légèrement les sourcils avant de dire :

« Je sais bien qu’il triche, Rodar, mais je veux savoir comment il fait pour tricher sous mon nez depuis tout ce temps sans que je n’arrive à le remarquer, même si je ne suis concentré que sur ça. »

« Eh, arrêtez de parler comme si je n’étais pas là. Je ne suis pas un tricheur, c’est vous qui êtes complètement débiles et qui n’arrivez pas à comprendre mon art », dit Ivarn.

« Bon, allez, vas-y », dit Rodar, ayant pitié d’Erik tout en faisant un signe de tête à ce dernier, avant d’ajouter avec un sourire narquois :

« Tu as assez souffert pour cette nuit, va dormir. Je te remplace plus tôt aujourd’hui. »

Erik fit un signe de tête reconnaissant à Rodar et ne se fit pas prier avant de quitter rapidement les lieux en quête d’un peu de réconfort après cette nuit difficile.

« Et moi ? » demanda Ivarn, observant Erik s’enfuir sans demander son reste.

« Toi, tu vas rester ici jusqu’à ce que Boris arrive. Ce paresseux dort encore à cette heure, et il n’est pas question que je fasse la garde seule », dit Rodar à Ivarn.

« Putain de paresseux », râla Ivarn en rangeant ses dés dans une bourse qu’il portait à la ceinture avec tous ses gains.

« Tu n’es pas content de pouvoir passer un moment avec moi », dit Rodar en regardant Ivarn, un homme qui, contrairement à Erik, avait été fraîchement recruté comme garde.

« Comment pourrais-je dire non à un moment seul avec le grand capitaine Rodar », dit Ivarn d’un ton légèrement moqueur.

« Arrête de te moquer. J’étais vraiment capitaine », dit Rodar.

« Oui, c’est ça. Et comment le grand capitaine Rodar a-t-il pu finir sur cette maudite île avec des trouffions dans notre genre ? » demanda Ivarn à Rodar, qui baissa les yeux et répondit :

« Je suis ici car j’ai oublié ma place. »

« Et quelle est ta place ? » demanda Ivarn sans vraiment croire à l’histoire de Rodar.

« Ma place ? C’est ça, ma place », dit Rodar en observant un petit ver se tortiller sur la ‘table’ en bois, qui n’était en fait qu’un tronc.

Ivarn ne dit rien et fronça les sourcils.

Ce ne fut qu’après quelques secondes que Rodar ajouta :

« J’ai dissimulé quelques pièces et je me suis fait attraper. J’ai donc été puni en conséquence. »

« Puni jusqu’à être envoyé ici comme simple soldat pour le restant de tes jours ? » dit Ivarn en haussant un sourcil d’un ton sceptique.

« Trahir les attentes d’un Targaryen ne mène généralement pas à une fin aussi heureuse », dit Rodar, le regard légèrement perdu dans le vide.

« Tu trouves que c’est un heureux plaisir d’être ici, tous les jours que les dieux font ? À surveiller une étendue d’eau terriblement calme, d’où aucun ennemi ne sortira jamais, tout en gagnant une misère que nous ne pourrons jamais dépenser », dit Ivarn en crachant par terre à la fin.

Rodar ne répondit pas immédiatement, puis il dit d’un ton glacial :

« Tu as déjà dit ça à quelqu’un d’autre ? »

« Non, très bien », ajouta-t-il avant de sortir son épée et de la pointer sur Ivarn.

« Qu’est-ce que tu fous ? Je rigolais, je… » dit Ivarn, confus, avant de se faire réduire au silence par Rodar, qui rapprocha sa lame du visage de ce dernier.

« Tais-toi et avance », ordonna Rodar.

Ivarn n’eut pas le loisir de terminer sa phrase, car Rodar, positionné derrière lui, appuya la lame contre son dos.

« Si tu reparles encore une fois, je t’embroche de part en part. Sommes-nous clairs ? » dit Rodar froidement en se penchant près de l’oreille de ce dernier.

« Oui », dit rapidement Ivarn en hochant la tête frénétiquement.

« Très bien, continue à avancer alors et fais ce que je te dis, en silence », ordonna Rodar.

Les deux hommes avancèrent sous le couvert de la nuit jusqu’à ce qu’ils arrivent devant les portes. Rodar dit alors à Ivarn :

« Ouvre la porte. »

« Qu’est-ce que tu… » Ivarn s’arrêta en sentant la lame de Rodar contre son dos.

« C’est bon, je vais le faire », dit Ivarn, levant les mains, puis se dirigeant vers la porte.

Il prit une profonde inspiration avant de soulever la barre de la porte.

Il poussa de toutes ses forces et finit par y arriver.

Avant même qu’il ne comprenne ce qui se passait, les portes s’ouvrirent, laissant entrer une foule de pirates.

Une fois les portes ouvertes, les pirates déferlèrent dans le fort sans prêter attention à Ivarn, qui restait figé sur place, incrédule.

« Comment ? » murmura Ivarn en observant les pirates envahir le fort avec une organisation et une rapidité impressionnantes.

Rodar s’approcha de lui et, avec un sourire narquois, répondit :

« Tu détournes l’attention d’Erik, c’est ça le secret. »

Ivarn se tourna vers lui, confus et cherchant une explication. Mais avant qu’il ne puisse poser une question, un coup violent à l’arrière de la tête le fit s’effondrer au sol, inconscient.

« Tu es vraiment sans pitié, mon ami », dit une voix grave derrière Rodar.

En se retournant, Rodar vit un homme accompagné d’un colosse, avançant tranquillement parmi les pirates qui prenaient position dans le fort.

« Vous êtes ? » demanda Rodar, fronçant les sourcils en fixant l’inconnu.

« Saabhos Saan », répondit l’homme avec un sourire suffisant. Il s’inclina légèrement avant de demander d’un ton autoritaire :

« Combien de combattants dans ce fort ? »

« Il n’y a que 70 combattants », répondit Rodar sans hésitation, sachant qu’il n’avait aucune raison de mentir face aux 10 fois plus nombreux pirates de Saabhos Saan.

« Parfait, nous n’aurons donc pas à faire couler trop de sang », déclara Saabhos, satisfait. Il pénétra dans le fort, suivi de ses hommes, avant de s’arrêter pour regarder autour de lui.

Un sourire s’élargit sur son visage. Il renifla l’air avec une exagération volontaire, puis s’exclama :

« Est-ce que tu sens cette odeur, Ferdinio ? »

Son second, visiblement perplexe, répondit :

« Quelle odeur, commandant ? »

« L’odeur de la richesse, hahahaha ! » éclata de rire Saabhos Saan, visiblement soulagé et ravi de la facilité avec laquelle il venait de prendre possession de l’une des cinq îles mentionnées dans le contrat.


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