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patreon


-Chapitre 117-

-Chapitre 117-

-POV Aemon Targaryen-

‘Enfin, il lui aura fallu une semaine pour réagir’, pensai-je, satisfait de voir la petite colombe tomber dans le piège que j’avais préparé pour elle dès le moment où je l’avais personnellement informée du mariage de Jessamyn Redfort et Arnold.

« Je ne peux pas faire ça, et tu le sais parfaitement », dis-je, décidant de faire semblant de rechigner à la tâche pour voir jusqu’où elle serait prête à aller.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

« Rien, j’ai déjà tout ce dont je rêve », dis-je, refusant de répondre à sa question, ce qui l’énerva.

« Je te donnerai le Val. C’est tout ce que tu as toujours voulu. Si tu m’aides, je reconnaîtrai par écrit et devant la cour du roi ta suzeraineté sur tout le Val », dit-elle frénétiquement, agacée par mon refus de l’aider.

« Je n’ai pas besoin de ta reconnaissance », dis-je.

‘Surtout qu’elle ne vaut plus rien maintenant que tu n’es plus la Dame du Val, même si Arnold venait à mourir’, pensai-je.

Jeyne n’était pas stupide.

J’étais persuadé qu’elle le savait aussi. Dans sa position actuelle, à moins que quelqu’un de la royauté ne l’aide, elle n’a plus aucune valeur.

« Même si tu es le dirigeant officieux du Val, officiellement, ton seigneur reste Arnold. Et il n’a pas l’air prêt à abandonner son petit pouvoir, à en juger par le fait qu’il ait choisi Jessamyn pour devenir sa femme », dit Jeyne, décidant de changer de tactique et de devenir plus agressive.

J’ai souri tout en la faisant tourner sur elle-même, puis j’ai dit, en la serrant contre moi :

« Ce n’est qu’un engouement passager. Une fois qu’il aura assouvi son désir de domination et d’humiliation à ton encontre, elle aura un accident. Je ne suis pas inquiet. »

« Et si elle lui donne des fils ? Des héritiers qui seraient reconnus par le Trône de Fer comme les héritiers de la Maison Arryn, ainsi que Seigneurs Suzerains du Val ? », dit-elle, pensant avoir trouvé la faille dans mes complots.

‘À ce moment-là, il faudrait déjà que Viserys et tous ceux qui se battent pour ce trône soient toujours en vie’, pensai-je.

‘Contrôler le Val dans l’ombre pour l’instant me convenait parfaitement. Ce qui change la donne, c’est le mariage d’Arnold et de Jessamyn. Cela fausse la confiance que j’avais en lui’, pensai-je, tout en ajoutant intérieurement : ‘Je ne veux pas de serpent dans mon jardin.’

« Ce serait embêtant, mais, au risque de me répéter, les accidents arrivent tous les jours. Que ce soit Jessamyn, Arnold, ou bien même les futurs parasites dont tu parles, cela ne me fait pas trembler le moins du monde », dis-je, totalement serein.

‘Sans compter que j’ai de nombreuses cartes que je n’ai pas encore utilisées, comme la branche Arryn de Gulltown, le bâtard d’Arnold, Eldric, que j’ai précieusement caché et que j’élève en secret au cas où son père essaierait de se montrer plus malin que moi’, pensai-je, me rappelant toutes les alternatives que j’avais encore pour faire plier Arnold ou bien le remplacer.

‘Mais cela prendrait du temps, bien trop de temps. Du temps qui retarderait tous mes autres plans et que je n’ai pas envie de gaspiller à cause de lui.’

‘Je lui ai donné tout ce qu’il a toujours rêvé, et il a merdé. Tant pis pour lui.’

‘J’ai besoin d’une solution immédiate qui ne me transformera pas, aux yeux du reste du peuple de Westeros dirigé comme un troupeau par Oldtown, en la seconde venue de Maegor Targaryen’, me dis-je.

‘Je ne dois pas oublier le sort des Targaryen et des dragons originaux. Contrarier les masses sans raison est non seulement dangereux mais aussi stupide’, pensai-je, me souvenant même, dans mon ancien monde, de très bons exemples comme la Révolution française de 1789.

« Qu’est-ce qui pourrait effrayer le cavalier d’Urrax ? », me demanda Jeyne, impuissante, sur un ton sarcastique, se retenant de réagir lorsque j’ai évoqué la possibilité de causer un accident à Jessamyn.

J’ai souri et j’ai dit, sur un ton qui frisait l’arrogance : « Très peu de choses, je te rassure. »

Elle a souri sans joie, puis elle a dit : « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que Jessamyn n’ait pas à suivre ce chemin… donne-moi ton prix. »

« Tu ne le paierais pas », dis-je, persistant dans mon refus et me délectant de la voir ramper pour m’offrir la justification parfaite à quelque chose que je voulais déjà faire.

‘Ce sera plus facile de faire comprendre ça au vieux Yohn. Il aime Arnold plus que ses propres enfants, étant donné que c’est le seul enfant de sa sœur’, pensai-je.

« Qu’est-ce que tu en sais ? », me demanda Jeyne, d’un ton défiant.

« Tu n’as pas ce qu’il faut en toi pour ce que j’imagine. C’est trop… définitif pour toi », dis-je, sur un ton condescendant tout en la regardant de haut.

« Tu veux faire de moi ta maîtresse ? », dit Jeyne, son regard se transformant presque instantanément, devenant peu à peu méprisant.

‘Presque’, pensai-je, car elle avait pratiquement deviné mes intentions.

« Tu veux aussi m’humilier », dit-elle, certaine d’avoir vu clair dans mon jeu, d’un ton presque dégoûté.

‘Je n’ai que faire de ce que tu ressens. Tout ce que j’ai toujours voulu, c’est le Val’, me dis-je, trouvant presque mignon la façon dont elle ramenait toujours tout à elle.

J’ai souri et j’ai dit : « Tu te donnes trop d’importance comme toujours. Depuis le départ, ton erreur a été de croire qu’entre nous c’était… personnel. Pourtant, tu as bien vu, au tournoi, comment je règle mes problèmes personnels. »

« Alors que veux-tu de moi ? », dit-elle en chuchotant furieusement à mon oreille.

« Je veux que tu deviennes ma seconde épouse », dis-je, décidant de mettre un terme à ce petit jeu de dupes, car la musique s’était arrêtée et que notre danse était terminée.

« Quelle est la différence ? », me demanda-t-elle sans réfléchir, car nous devions changer de partenaire ou quitter la piste.

« Réfléchis. Tu n’es pas stupide, tu as déjà compris », dis-je avant de m’incliner légèrement, tandis qu’elle me faisait une parfaite révérence.

« Ma revendication sur les Eyriés et le titre de Seigneur Suzerain », dit-elle.

J’ai hoché la tête, puis elle dit rapidement, en secouant la tête :

« Le roi n’acceptera jamais de me rendre mon titre. »

« Le roi fera ce que je veux, tout comme la dernière fois », dis-je, pas pressé, même si la musique avait déjà repris, car c’était mon domaine.

Personne ne parlerait en mal de moi, de peur de se réveiller dans la gueule d’Urrax.

‘Contrairement à elle, qui a l’air de plus en plus mal à l’aise face aux regards qui nous fixent seconde après seconde’, pensai-je, amusé par sa réaction.

« J’accepte à une condition », dit-elle rapidement.

« Laquelle ? », demandai-je, curieux de connaître sa condition.

« Arnold », dit-elle.

J’ai froncé les sourcils, confus, car nous en avions parlé. Alors elle ajouta : « Je veux sa tête. »

« Il aura un accident », dis-je, l’assurant de la mort de notre cousin.

« Je veux sa tête », répéta-t-elle, signifiant que sa demande n’était pas une métaphore, mais qu’elle voulait sérieusement la tête décapitée de son cousin.

J’ai hésité quelques secondes.

Je n’étais pas à l’aise avec l’idée de lui donner la tête d’Arnold.

Malgré sa trahison, c’était mon oncle.

‘Tant pis’, me dis-je finalement, car après tout, c’était lui qui avait merdé.

« Par contre, en retour, je veux une chose », demandai-je.

Elle haussa un sourcil, attendant de savoir ce que j’allais lui demander, puis je dis :

« Ta loyauté. »

J’ai remarqué qu’elle allait répondre, alors j’ai posé un doigt sur ses lèvres et dit :

« Je ne veux pas de réponse immédiate, car je peux déjà voir les rouages tourner dans ton esprit. Devenir Princesse des Eyriés, car tel sera ton titre, ne te libérera pas de cette prison. Ton statut passera simplement de prisonnière à geôlière. Donc réfléchis correctement à ce que tu veux vraiment. Car dans le cas où tu viendrais à me trahir, sous quelque forme que ce soit, tu recevras un traitement pire que celui d’Arnold, et tu ne seras pas la seule… quel que soit le nombre d’enfants que tu auras portés pour moi à ce moment-là. »


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