-Chapitre 115-
Added 2024-12-07 00:56:14 +0000 UTC-Chapitre 115-
-POV Aegon Targaryen-
« Il y a beaucoup de monde », dis-je, surpris par le nombre de personnes présentes à la fête de nom de mon cousin cette année.
Cregan hocha la tête, d'accord avec moi, mais Mark haussa les épaules, pas du tout surpris, et dit :
« C’est la fête de nom du Prince, le Dragon de Bronze. »
J’ai levé les yeux au ciel car il commençait à agir comme si j’étais un enfant qui ne comprenait rien.
‘Comme mère’, pensai-je en fronçant les sourcils.
« Arrête de me parler comme si j’étais un petit garçon. L’année dernière, il n’y avait pas autant de monde, simplement la famille, les officiers de l’ordre des Boucliers de Bronze, ainsi que nous. »
« Tu es un petit garçon », dit Mark en riant, tout en éludant ma question.
« Tu ne vas pas sérieusement te mettre à bouder », dit-il en me voyant lui tourner le dos.
D’habitude, j’aimais ses plaisanteries et son informalité, mais là, j’étais sérieux, et il me traitait comme un gosse.
Cela m’a énervé, et j’ai donc arrêté de lui parler.
« Très bien, grand garçon. Si tu veux tout savoir, la raison pour laquelle il y a autant de monde cette année, c’est parce que le Val est en paix. » dit Mark.
« En paix ? », demanda Cregan, surpris par les dires de Mark, tout comme moi.
« L’année dernière, le Val était en guerre. Cette année, le Val est en paix, donc tout le monde vient rendre hommage au Prince. C’est logique », dit Mark en nous regardant comme si nous étions stupides.
« Le Val n’était pas en guerre », dis-je fermement.
« Comment est-ce possible d’être aussi ignorant alors qu’on est Prince », dit Mark en riant fort exprès, afin de me faire réagir, car cela l’amusait.
J’ai plissé les yeux, mécontent, sans rien dire pour ne pas lui offrir le plaisir de me voir me mettre en colère une fois de plus.
Et quand il vit qu’il n’arriverait pas à me faire réagir, il finit par s’expliquer en disant :
« La Maison assise à la table de droite, c’est la Maison Grafton. Elle a dû offrir une centaine de ses meilleurs navires de commerce et une vingtaine de navires de guerre pour entrer au service du Prince, afin de tenir les 'vilains sauvages païens' à l’abri, ceux qui sont assis à notre gauche. »
Cregan fronça les sourcils face à cette appellation, et Mark ajouta en levant les bras face au mécontentement de Cregan :
« C’est comme ça qu’eux les appellent, c’est le terme le moins offensant que j’ai pu trouver. »
J’ai froncé les sourcils, réfléchissant, le regard perdu à l’horizon, car je ne comprenais toujours pas le rapport entre les attaques, la protection et les... cadeaux.
J’ai tourné la tête immédiatement et demandé à Mark, les yeux plissés face à ses insinuations :
« Tu n’insinuerais tout de même pas que mon cousin serait responsable de ces attaques ? »
Mark ne dit rien et haussa les épaules : « Je n’insinue rien du tout, mais comment expliques-tu que ton cousin reçoit tous ces cadeaux, et que les seigneurs du Val, ainsi que les chefs de clans des montagnes, partagent un repas ensemble dans la 'joie' et la 'bonne humeur' ? »
‘Cousin Aemon ne ferait jamais cela’, pensai-je, niant immédiatement cette possibilité.
‘Comment peut-il être au courant de cela alors que même moi je ne le suis pas ?’, me demandai-je.
‘Mais si c’est vrai, père ne le tolérera pas, car mon cousin aura rompu la paix du roi, et ce sera la guerre dans tout le royaume’, me dis-je, hésitant quelques secondes avant de quitter la table.
« Où vas-tu ? », me demanda Cregan.
Je n’ai pas répondu, car je me dirigeais vers la table principale où mon cousin discutait avec sa femme.
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-POV Aemon Targaryen-
« Tu aimes les festivités ? », me demanda Laena en posant une main sur la mienne, car elle avait organisé la majeure partie d’entre elles.
J’ai hoché la tête, heureux, et j’ai dit avant de prendre sa main et de l’embrasser légèrement :
« C’est une véritable réussite, merci. »
‘Et voir tous ces anciens seigneurs bouffis d’orgueil ici pour me lécher les pieds est encore plus jouissif’, pensai-je, en voyant chacun d’entre eux venir avec un "cadeau".
‘La rançon pour que les attaques cessent sur leurs terres et que nous puissions tous passer à autre chose’, pensai-je.
« Cousin », dit une petite voix sur le côté.
J’ai été surpris de voir Aegon s’approcher de moi de lui-même, alors je lui ai fait signe de venir s’adresser à moi en passant de l’autre côté, ce qu’il fit.
Je me suis penché vers lui et j’ai demandé : « Qu’est-ce qu’il y a ? »
« J’aimerais savoir quelque chose », me demanda-t-il sans grand entrain, comme s’il marchait sur des œufs.
« Pose-moi ta question », lui dis-je, voulant briser cette barrière qu’il y avait entre nous, car je sentais bien que je l’intimidais, et ce n’était pas ce que je voulais.
‘Du moins, pas entièrement’, pensai-je.
« Est-ce que c’est vrai que tu as mis fin à la guerre dans le Val ? », me demanda-t-il.
Surpris par sa question, j’ai froncé les sourcils, mais j’ai décidé de me montrer honnête, car je ne risquais rien de toute façon.
J’ai donc hoché la tête, puis il m’a demandé : « Et est-ce que c’est aussi vrai que tu l’as commencée ? »
‘Où a-t-il pu entendre ce genre de chose ?’, me suis-je demandé, mais j’ai tout de même opté pour la franchise, car c’était un secret de polichinelle : tout le monde était au courant, mais personne ne devait en parler.
« Pourquoi ? », me demanda-t-il, son regard confus cherchant désespérément une explication à mes actes.
« Pourquoi tous les hommes se battent-ils, Aegon ? », lui ai-je demandé.
Mon jeune cousin de presque neuf ans haussa les épaules, ne trouvant pas de réponse.
‘Qu’est-ce que j’envie cette... lueur innocente’, pensai-je en sondant son regard.
Alors j’ai posé une main sur son épaule et j’ai dit :
« Le pouvoir, c’est tout ce qui intéresse les hommes en ce bas monde, alors assure-toi d’en avoir suffisamment, car un jour viendra où tu seras confronté à une route parsemée de mauvais choix, et la seule façon d’éviter et de réduire les dommages que ces mauvais choix auront sur toi et les tiens sera d’avoir suffisamment de pouvoir pour être en mesure d’agir. »
Aegon me regarda un long moment, puis hocha la tête et allait partir, cherchant à comprendre ce que je disais, puis dit en se retournant vers moi :
« Pourquoi père n’a-t-il rien fait alors que tu as rompu la paix du roi ? »
« Ton père n’a rien fait parce qu’il a déjà entamé son chemin sur cette route. »
Aegon fronça les sourcils sans comprendre, alors j’ai ébouriffé ses cheveux et j’ai dit :
« Ne te tracasse pas avec tout ça maintenant, tu auras tout le temps pour comprendre à l’avenir. Pour l’instant, veille simplement à bien retenir toutes les leçons que moi et les mestres t’inculqueront au fil des ans, et tu partiras prêt à affronter le monde. »