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-Chapitre 83-

-Chapitre 83-

-POV Samuel Morrigen-

‘Longtable, nous sommes enfin arrivés’, pensai-je en observant le château ancestral de la Maison Merryweather.

J’ai donné l’ordre à mes soldats de s’arrêter une fois que nous étions assez proches des murs qui protégeaient le château, puis j’ai donné un petit coup de talon à mon étalon.

Accompagné du chef de ma troupe de Chiens Noirs, j’ai avancé tranquillement entre les rangs formés par mes soldats jusqu’à ce que je sois à moins de 30 mètres des portes du château.

J’allais crier pour demander au maître des lieux de se rendre et d’ouvrir ses portes, afin de nous laisser prendre possession des lieux, mais au lieu de cela, les portes se sont ouvertes comme par magie, sans que j’aie eu le temps de dire un seul mot.

J’ai froncé les sourcils, et après quelques secondes d’attente, une cinquantaine de cavaliers sont sortis du château pour nous rencontrer.

« Je suis le chef de la Maison Merryweather et seigneur de ces terres, Orton Merryweather. À qui ai-je l’honneur de m’adresser ? » dit le roux en tête, qui ne portait pas d’armure.

‘Il veut négocier’, compris-je instantanément en percevant la servilité tacite dans ses paroles.

J’ai fait avancer légèrement mon étalon, puis j’ai dit :

« Je m’appelle Samuel Morrigen, je suis le seigneur de la Maison Morrigen et commandant de l’une des quatre armées qui ont envahi le Reach depuis hier. »

L’homme en face de moi écarquilla les yeux, puis dit :

« Alors le véritable but du Griffon Sanglant était bel et bien le Reach. »

J’ai été intérieurement surpris par sa spéculation, car je ne comprenais pas comment il avait pu déduire le véritable objectif à partir de ce seul bout de conversation, mais j’ai pris soin de ne pas l’exprimer.

J’ai gardé une expression neutre et indéchiffrable face au seigneur de la Maison Merryweather, qui était clairement en déclin, mais je n’ai rien dit de plus, attendant qu’il exprime clairement sa position.

« Je n’ai pas plus de 1 000 hommes, et la moitié d’entre eux ont été recrutés dès que j’ai eu vent de votre arrivée, donc cela ne sert absolument à rien de vous résister », dit-il d’un ton qui me semblait être celui d’un homme qui n’était pas aussi vaincu qu’il aurait dû l’être après avoir dû remettre docilement son château à de parfaits inconnus.

« Vous vous rendez ? » ai-je demandé, voulant m’assurer de ses intentions.

« Non, je ne me rends pas », dit-il sérieusement.

J’ai froncé les sourcils, puis il a écarté son cheval :

« Je désire servir Sa Grâce le Roi du Conflans et des Terres de l’Orage, Ronnet de la Maison Connington. »

Mon froncement de sourcils s’est approfondi, et j’ai dit, légèrement sceptique :

« Je ne peux pas accepter votre serment à la place de mon suzerain. »

« J’attendrai sa réponse, et en attendant, je suis à votre entière disposition », dit-il d’un ton toujours aussi servile, ce qui me mettait mal à l’aise, car il était rare de voir un seigneur sans aucun… orgueil.

J’ai échangé un regard avec Rubien, le chef des Chiens Noirs et le chevalier noir que Ronnet m’avait attribué, et ce dernier haussa les épaules sans aucune inquiétude.

Il était sans doute certain qu’il contrôlerait le château dans moins d’une heure, donc quel que soit le plan malhonnête que pourrait avoir le seigneur de la Maison Merryweather, il le découvrirait et serait là pour le contrer.

‘Restons tout de même prudents’, pensai-je en faisant signe à mes soldats d’infanterie d’avancer et d’entrer en premier pour assurer la sécurité des lieux.

‘Hier, Victor a sans aucun doute réussi à prendre Grassy Vale, tout comme j’imagine qu’Arion a pris Ashford et Rodrik a pris Tumbleton. Donc cela veut dire qu’il ne reste que Cider Hall, siège de la Maison Fossoway, et Bitterbridge, siège de la Maison Caswell’, pensai-je.

‘Avec la prise aussi rapide de Longtable, je vais pouvoir déployer correctement mes soldats ainsi que mes éclaireurs un peu partout sur le territoire de la Maison Merryweather, afin de pouvoir totalement isoler ces deux maisons d’un possible soutien venu de l’extérieur’, pensai-je, réalisant que si tout s’était passé et continuait de se passer comme prévu, avant la fin de la journée, nous aurions coupé les Tyrell d’un quart de leur territoire.

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-30e jour de la 1ère lune de l’an 301 AC-

-POV Garlan Tyrell-

Bam… Bam… Bam…

Je me suis réveillé en sursaut en entendant quelqu’un tambouriner à notre porte.

J’ai froncé les sourcils, et alors que j’allais quitter notre lit, Léonette, mon épouse, se réveilla et me demanda, encore à moitié endormie : « Que se passe-t-il ? »

« Ce n’est rien, c’est quelqu’un à la porte. Je vais aller voir ce qu’il veut, rendors-toi », dis-je à ma femme enceinte tout en me dirigeant vers la porte.

Une fois que j’ai ouvert la porte de ma chambre, je me suis retrouvé nez à nez avec l’aîné des frères de Léonette, Martyn, qui me fit signe de le suivre immédiatement tout en veillant à ne pas parler devant Léonette, qui tendait sûrement l’oreille dans le lit.

J’ai tout de suite compris que c’était grave, alors j’ai rapidement enfilé une chemise, un pantalon, et j’ai attrapé ma ceinture d’arme, à laquelle était accrochée mon épée, et je suis sorti.

Une fois hors de la chambre, j’ai froncé les sourcils, désireux d’avoir une explication, et Martyn ne se fit pas prier pour tout me raconter.

« Un messager vient d’arriver avec une nouvelle préoccupante », dit-il, une vive lueur d’inquiétude brillant au fond de son regard.

‘Qu’est-ce qui pourrait bien le faire autant paniquer ?’, pensai-je, connaissant trop bien le frère de ma femme pour comprendre que c’était quelque chose d’énorme.

« Quel genre de nouvelle ? » demandai-je, même si, à en juger par son expression, j’avais très bien compris que je n’allais pas aimer la réponse.

« Une armée a pris Ashford », dit-il, essayant de garder un ton neutre, mais il n’y arriva pas, car je sentis un léger tremblement dans sa voix.

« Quoi ?!! » dis-je, surpris, ne contrôlant pas mon ton à cause de ma stupéfaction.

‘Grand-mère nous a prévenus hier de possibles incursions de la part des Stormlanders, mais jamais je n’aurais cru que cela arriverait aussi rapidement et avec une telle force’, pensai-je, impressionné par l’efficacité des troupes de réserve de Ronnet Connington.

« Chuuut, ne parle pas si fort. Personne n’est au courant, et il ne faut pas que cela se sache. Nous devons nous préparer à l’éventualité d’un siège », dit Martyn, regardant autour de lui pour s’assurer que personne ne nous avait entendus.

« Combien ? » demandai-je, sans me soucier que l’on puisse nous entendre.

« 10 000 soldats, tous en armure », m’a-t-il répondu.

‘S’ils ont reçu le même entraînement et la même formation que les troupes régulières de Ronnet, nous n’aurons aucune chance de tenir un siège jusqu’à l’arrivée des renforts’, pensai-je.

J’ai secoué la tête, puis j’ai dit : « Nous devons nous replier vers Hautjardin. Là-bas, nous serons protégés. Nous ne pouvons pas tenir le château avec 400 gardes et une cinquantaine de chevaliers face à une armée aussi nombreuse. »

« Il y a ta garde », ajouta Martyn, ne voulant même pas envisager la possibilité de se replier.

J’ai froncé les sourcils face à l’entêtement de mon beau-frère, puis j’ai dit :

« 50 chevaliers en plus ne changeront absolument rien, j’espère que tu en es conscient, Martyn. »

Il ne me regarda pas et dit, tout en continuant d’avancer droit devant :

« J’en suis conscient, et mon père l’est aussi, c’est pour cela que… »

SON DE COR… SON DE COR

SON DE COR… SON DE COR

SON DE COR… SON DE COR

‘Trop tard.’


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