XaiJu
Ghostrider0002
Ghostrider0002

patreon


-Chapitre 108-

-Chapitre 108-

-POV Robar Œil-de-faucon-

« Alors » dit Galfr en me voyant sortir de l’esprit de mon faucon.

J’ai haussé les épaules et puis j’ai dit :

« Un convoi avec les blasons des Maisons Arryn et Redfort. »

« Knorr avait raison » dit Galfr, qui n’avait jamais douté de la vision de son éclaireur.

« Donc que devons-nous faire ? » me demanda Gnorr, plus intéressé de savoir s’il trancherait des oreilles ou non.

« Je ne sais pas vraiment ce qu’il faut faire dans ce genre de cas », dis-je, car c’était la vérité : nous n’étions pas censés attaquer les Maisons qui s’étaient rendues et celles qui étaient alliées avec la Maison Royce, mais nous devions continuer à attaquer la Maison Redfort jusqu’à ce qu’elle rompe complètement.

« On devrait attaquer » dit Gnorr, voulant absolument couper plus d’oreilles.

‘J’aimerais bien’, pensai-je, car je n’avais aucun scrupule à attaquer les Andals, et ce, depuis mon plus jeune âge.

‘Mais si un membre de la Maison Arryn est blessé, cela pourrait très bien nous retomber dessus’, pensai-je, car le chef de la Maison Arryn était un allié du Prince, et plus important encore, il était son oncle.

« Ce n’est pas forcément la bonne chose à faire », dis-je, hésitant à mettre en place cette embuscade.

« Gnorr a raison, le Prince Aemon a dit que nous devons attaquer tous les hommes avec le château rouge », dit Galfr, essayant d’articuler correctement.

« Je sais ce que le Prince nous a ordonné de faire, mais nous ne pouvons pas attaquer des membres de la Maison Arryn alors que le seigneur de cette Maison est l’oncle du Prince. »

Galfr avait encore du mal avec les sigles, alors en le voyant confus, j’ai dit : « L’oiseau bleu. »

« Alors qu’allons-nous faire ? » demanda Gnorr.

« Rien pour l’instant. J’enverrai un message au Prince et il nous donnera ses instructions une fois qu’il reviendra dans le Val », dis-je.

Galfr grogna de mécontentement en retournant sur ses pas, accompagné de Gnorr tout aussi mécontent, et je fis de même après quelques secondes.

---

-POV Laena Velaryon-

Je me suis tournée dans mon lit, n’ayant pas envie de me réveiller tôt sans la chaleur de mon mari, mais c’est en sentant des bras m’entourer que je me suis pleinement éveillée.

« Shhh, c’est moi », dit Aemon en sentant ma brève panique.

J’ai poussé un soupir de soulagement, ayant eu peur, et lorsque j’ai tourné ma tête, j’ai aperçu son petit sourire narquois.

« Content de voir que me faire peur t’amuse », dis-je en plissant les yeux.

Aemon sourit et me serra un peu plus fort en disant :

« Je ne suis pas amusé par ta peur. Je suis heureux de savoir que tu n’attendais personne d’autre que moi. »

J’ai souri et j’ai dit, sur un ton légèrement de défiance :

« Qui sait, peut-être qu’il est déjà parti. »

« De si bonne heure ? » demanda Aemon en humant l’air de mon cou.

« Hmm, peut-être qu’il devait se réveiller tôt », dis-je en faisant pareil.

« Qui dois-je faire exécuter ? » chuchota Aemon à mon oreille.

J’ai gloussé, amusée, et j’ai dit en chuchotant à son oreille : « Ce ne serait pas drôle si jamais vous le trouviez sans effort, mon Prince. »

« C’est sans aucun doute le cuisinier. Je pensais que vous étiez plus raffinée. Je dois dire que je suis déçu de vous, Princesse », dit Aemon en me mordillant le cou.

« Tu es bête », dis-je en rigolant, cessant ce petit jeu de dupe avant de l’embrasser.

Aemon sourit et me rendit mon baiser avant de dire, en regardant le berceau qui était juste à côté de moi :

« Il ne t’a pas laissé beaucoup de temps pour te reposer ? »

« Non, je sais que tu avais chargé Maria de s’occuper de lui, mais je n’ai pas eu le cœur à le voir s’éloigner de moi. Il est encore si petit, si fragile », dis-je en jetant un petit coup d’œil à Viserys, qui dormait à poings fermés.

« Ne t’en fais pas, je comprends », dit Aemon.

« Et maintenant tu es là, tu vas pouvoir pleinement m’aider avec ces pleurs incessants. »

« À ce sujet… »

« Ne me dis pas que tu as accepté l’invitation au tournoi de mariage d’Arnold », dis-je, déçue mais surtout agacée qu’il s’en aille déjà.

‘À peine arrivé, il repart déjà’, pensai-je en fronçant légèrement les sourcils.

Aemon essaya de s’expliquer tandis que je cherchais intensément la personne responsable de son éloignement si soudain : « Je n’ai pas accepté son invitation, et d’ailleurs je lui ai envoyé une lettre à ce sujet. Je comptais rester à tes côtés, mais… »

« C’est le roi », dis-je, ne trouvant personne qui pourrait le forcer à s’éloigner de manière aussi soudaine.

Aemon soupira et me regarda, voyant que je ne le laissais pas terminer ses phrases.

« Désolé, je te laisse terminer », dis-je d’un air penaud.

« C’est ton père », dit-il, me surprenant grandement car, même s’ils n’étaient pas en mauvais termes, ils n’étaient clairement pas amis.

« Qu’a-t-il fait ? » ai-je demandé, légèrement inquiète de la raison de sa prochaine absence.

« Rien, du moins il ne m’a rien fait à moi, il a simplement des soucis et je vais les régler. »

J’ai haussé un sourcil, trouvant cela extrêmement étrange qu’Aemon se décide à faire la paix de son propre chef avec mon père :

« Et tu l’aides parce que… ? »

‘Les deux sont fiers, j’ai du mal à croire que l’un des deux ait choisi de mettre à terre sa fierté pour la "paix"’, pensai-je.

« Peut-être parce que je suis marié à sa magnifique fille », dit Aemon en cherchant mes lèvres.

« Pas à moi, Aemon », dis-je en reculant ma tête.

Aemon roula des yeux et dit :

« Parce que ton père m’a sauvé la mise sur une affaire et que je lui suis redevable. »

« C’est tout ? » ai-je demandé, m’attendant à une bonne histoire.

« Non, nous avons décidé de faire une alliance ensemble », ajouta-t-il.

« Une vraie alliance ? » ai-je demandé, sceptique.

« Oui, une vraie alliance », dit Aemon sans détourner le regard.

‘Il est vraiment honnête.’

‘Le service que Père lui a rendu devait vraiment être énorme’, pensai-je, car avec la manière dont il était absolument catégorique pour que je n’aille pas accoucher sur Driftmark, j’ai compris qu’il n’avait pas totalement accepté mon côté… Velaryon.

« En quoi consistent exactement ses soucis ? »

« Les pirates de la Triarchie. »

‘C’est toujours la même histoire : ma famille doit constamment se battre contre ces rats alors que nous possédons trois dragons’, pensai-je, avant de me corriger mentalement.

‘Deux maintenant que je ne fais plus partie de la Maison Velaryon.’

« Daemon n’était-il pas le maître du Détroit ? » ai-je demandé, exaspérée par l’inactivité du maître des lieux face au pillage et aux meurtres des navires de mon père.

‘Tout cela pour une pauvre vieille rancune’, me dis-je intérieurement, indignée, car cela nous affaiblissait tous dans l’image des autres nations.

« Il contrôle les Stepstones et construit patiemment une petite flotte, mais je ne pourrais pas dire qu’il est le maître du Détroit, étant donné qu’il ne quitte même plus son siège », dit Aemon.

« Il profite lui aussi des joies de la paternité », dis-je sur un ton sarcastique.

Aemon hocha la tête et dit :

« Je suis plus d’avis qu’il essaye de s’assurer que son Aegon ne soit pas la lamentable déception que nous sommes, moi et Baelon, à ses yeux. »

« Il n’a jamais dit ça », dis-je en le regardant.

Aemon sourit et dit : « Cela ne me fait rien. Daemon est comme ça, et il ne changera pas. Pendant un temps, nous sommes les meilleurs amis du monde, et lorsqu’il se rend compte qu’il n’a aucun contrôle sur moi, je redeviens le bâtard de sa chienne de bronze. Il reviendra vers moi quand il aura quelque chose à me demander, comme à chaque fois. »

‘Mais en l’occurrence, cette fois-ci, c’est toi qui as cherché à le contrarier.’

« Vas-y, dis-le », dit Aemon, lisant clair en moi.

« Je n’ai rien à dire », dis-je en détournant les yeux.

« Tes pensées sont pratiquement écrites sur ton visage », dit Aemon, peu impressionné par ma piètre tentative de mensonge.

« Et qu’est-ce que je pense selon toi, puisque tu es si intelligent ? » dis-je en le regardant cette fois droit dans les yeux.

« Que c’était de ma faute et que, comme il le dit sans arrêt, je l’ai insulté en refusant Baelon comme mon page », dit Aemon.

« C’est toi qui l’as dit », dis-je, heureuse qu’il s’en soit rendu compte sans que je n’aie à le lui dire.

Aemon hocha la tête et haussa les épaules avant de dire :

« Oui, c’était effectivement une insulte de ne pas prendre Baelon comme mon page, car c’est mon père, et que Rickon Stark est, selon lui du moins, bien en dessous d’un prince de la Maison Targaryen. »

« Mais… » dis-je, sachant qu’il allait essayer de défendre son argument bec et ongles.

« Mais je ne voulais aucune influence extérieure sur mes pupilles. Je suis sûr et certain que chacun des deux pourra façonner une nouvelle ère pour ce royaume séparément… si je n’avais pas été vivant, bien sûr », dit-il, se jetant des fleurs avec un sourire narquois.

« Et bien sûr, puisque tu es vivant, c’est toi qui façonneras la nouvelle ère de ce royaume », dis-je en me moquant légèrement de sa vanité.

« C’est toi qui l’as dit », dit Aemon en me renvoyant mes propres paroles en plein visage.

Nous avons éclaté de rire tous les deux avant de rouler sur notre lit, puis Aemon s’arrêta au-dessus de moi et dit :

« Je serai le dernier vainqueur. »

« Tu me répètes cela en boucle, mais que veut réellement dire "dernier vainqueur" ? D’après ce que je sais, et ce que tu m’as toi-même dit, dernier vainqueur ne veut pas dire roi, car sinon tu aurais pu prendre cette couronne de bien des façons », dis-je en passant mes doigts dans ses belles boucles.

Aemon resta sans voix avant de se jeter sur le côté.

Il se mit à fixer le plafond, son regard se perdant dans le vide, devenant de plus en plus acéré à mesure que les secondes passaient, comme s’il fixait une image qu’il était le seul à pouvoir voir.

Ce moment me parut long et en même temps très court, puis il dit doucement, comme s’il avait réussi pour la première fois à formuler correctement ses pensées, son ambition :

« Dernier vainqueur signifie simplement le dernier en vie, le dernier en vie rafle tout. »

Toc… Toc… Toc…


More Creators