XaiJu
Ghostrider0002
Ghostrider0002

patreon


-Chapitre 208-

-Chapitre 208-

-POV Salladhor Saan-

Je tirai brusquement sur les rênes de mon cheval à moins d’une centaine de mètres des remparts séparant le port de la ville, car j’entendis deux rugissements.

‘Des rugissements que j’avais déjà entendus lorsque je suis passé à King’s Landing,’ pensai-je, levant les yeux vers le ciel juste à temps pour voir deux dragons foncer sur les remparts et détruire les défenses de Lys sans que personne ne puisse réagir.

Je regardai, horrifié, les dragons anéantir nos défenses dans des flammes brunes et vertes, puis je donnai un coup de talons à mon cheval tout en tirant sur les rênes pour le faire pivoter.

‘Les seules sorties de cette ville sont réservées aux nobles,’ pensai-je, en pressant à nouveau les flancs de mon cheval.

« Capitaine… capitaine ! »

Je tirai sur les rênes de mon cheval et tournai la tête en direction de mon second, qui m’appelait.

‘Davario,’ pensai-je en observant mon second essayer de fendre la foule pour me rejoindre.

RUGISSEMENT DE DRAGON.

Je tournai la tête en direction du rugissement, et mon cœur s’emballa en voyant les dragons achever d’incendier les remparts totalement détruits pour se tourner vers la ville.

‘Désolé,’ pensai-je en pressant mon cheval pour le faire avancer plus vite vers la demeure de Tregar Ormollen, mon principal bailleur de fonds.

‘Il doit savoir comment s’échapper de cette maudite cité,’ pensai-je, observant les dragons expirer des torrents de flammes sur les soldats et les mercenaires se dirigeant vers le port.

‘Les imbéciles ! Ils se sacrifient pour défendre ces porcs en risquant leurs vies,’ pensai-je, en accélérant encore la cadence de mon cheval.

---

-POV Tregar Ormollen-

‘Non, ce n’est pas possible,’ pensai-je, en observant les deux dragons dans le ciel réduire en cendres les quartiers proches des ports sans retenue.

‘Comment tout cela a-t-il pu se produire ?’ me demandai-je.

‘Les vieux sangs nous avaient donné leur parole, nous ne risquions rien, c’était…’ pensai-je, mes jambes tremblant sous mon poids, prêtes à céder.

« Que se passe-t-il, mon amour ? » demanda Lynesse, nue sous un drap qu’elle avait utilisé pour se couvrir, sans doute terrifiée par la fumée, les flammes et les cris.

Je me retournai et hurlai, fou de rage de voir la situation m’échapper, rejetant ma frustration sur elle :

« Ce qu’il se passe ? C’est que ton foutu Targaryen de malheur a décidé de nous attaquer. Il détruit tout ce que ma famille et moi avons bâti durant des siècles ! »

« Que allons-nous faire ? » demanda Lynesse, la peur incrustée dans son regard.

J’hésitai quelques secondes avant de finalement dire au capitaine de ma garde:

« Préparez tous nos soldats. Nous allons prendre les tunnels. J’ai de la famille et de l’or à Volantis. »

« Comment allons-nous quitter l’île ? » demanda le capitaine.

« J’ai des navires amarrés dans une crique, » dis-je, me rappelant les mesures prévues au cas où je serais forcé de fuir Lys en urgence.

‘À l’époque, je pensais que je serais trahi par le conseil des magistrats, pas que je devrais fuir ce maudit Targaryen,’ pensai-je, furieux d’abandonner la majeure partie de ma fortune.

« Et les soldats esclaves ? » demanda le capitaine.

‘Ces animaux se rebelleront s’ils comprennent que nous les abandonnons. Ils chercheront à nous vendre en échange de leur liberté et de la reconnaissance de ce porc de Westeros,’ pensai-je, en observant les soldats-esclaves chuchoter tout en me lançant des regards furtifs.

« Promettez-leur la liberté et des richesses si nous arrivons à Volantis, » dis-je, dégoûté de devoir « négocier » avec ces sous-hommes pour sauver ma peau.

« Très bien, » répondit-il en hochant la tête avant de partir exécuter mes ordres.

‘Je reviendrai, et lorsque je serai de retour, je brûlerai tout ce à quoi tient cet empereur de pacotille,’ pensai-je.

---

-POV Aegor Velaryon-

« Aaaaaaaaah ! » hurla un soldat-esclave, plantant une épée dans le flanc d’un de mes marins.

‘Foutus sauvages,’ pensai-je, en donnant un coup de pied à l’homme qui tentait de ramper loin de moi, m’empêchant de l’achever.

Je n’eus aucune pitié et enfonçai ma hache de guerre dans sa gorge, tranchant sa tête d’un coup net.

‘C’était facile,’ pensai-je, observant l’état du port.

Nous avions rapidement sécurisé le port, éliminant mercenaires et soldats-esclaves essayant de protéger leurs maîtres en s’enfuyant par la mer.

Je retirai ma hache tout en avançant jusqu’à l’endroit où se tenaient les portes séparant la ville du port, désormais détruites.

Là, l’Empereur nous attendait, dos tourné, les bras croisés derrière lui, flottant dans les airs.

Je n’osai le déranger, sachant pertinemment qu’il était conscient de notre présence.

Je fis signe à mes hommes d’attendre en silence ses ordres.

Après quelques instants, l’Empereur leva un bras, et, soudain, les pierres et débris des portes commencèrent à flotter avant d’être projetés sur le côté.

En quelques secondes, le chemin fut dégagé, et l’Empereur se tourna vers nous, descendant lentement des airs.

Il ouvrit la bouche une fois ses pieds posés au sol.

« J’ai observé la cité à travers les yeux de mes dragons, » dit-il, me choquant par l’ampleur de ses pouvoirs, mais je fis mine de rester impassible.

« La troisième flotte impériale et les 14e et 15e légions de l’Empire sont à vos ordres ! » criai-je d’une voix forte pour m’assurer que mes hommes suivent l’exemple, ce qu’ils firent rapidement en s’agenouillant les uns après les autres devant l’Empereur, qui les balaya du regard.

Il se tourna vers moi et ajouta : « La ville a un autre mur qui sépare les beaux quartiers des quartiers plus… populaires. Je vais utiliser les dragons pour diriger les habitants vers le centre-ville. Avec un peu de chance, ils briseront les portes à notre place. »

Il parlait d’un ton froid, sans émotion, indifférent aux dommages collatéraux de cette stratégie.

‘Une approche pragmatique pour éviter des pertes dans nos rangs,’ pensai-je, admiratif malgré moi.

« Faites de même. Poussez les gens à fuir vers le centre, mais n’avancez pas trop rapidement. Laissez-leur le temps de fuir, » continua l’Empereur, insistant sur la nécessité de laisser un délai aux habitants.

‘Il mise sur la pression de la peur. Si des défenseurs ont de la famille parmi les civils, ils pourraient ouvrir les portes malgré l’interdiction des nobles,’ pensai-je en plissant les yeux, sceptique quant à l’efficacité d’une telle stratégie.

« Je ne veux pas de sac dans cette ville. Tuez uniquement les hommes armés ou toute personne tentant de se soustraire à l’autorité de l’Empire. Nous ne sommes pas ici pour piller les richesses de Lys, mais pour l’incorporer à l’Empire, » ordonna-t-il.

Je hochai la tête et répondis : « Parfait. Je continuerai à rester dans les airs pour vous offrir un soutien si nécessaire. Mais je vous ai tous entraînés afin que cela n’arrive pas. »

« Nous ne vous ferons pas honte ! » déclarai-je avec conviction, mes hommes répétant en chœur derrière moi :

« NOUS NE VOUS FERONS PAS HONTE ! »

L’Empereur esquissa un sourire approbateur avant de fléchir les genoux. Intrigué, je fronçai les sourcils, mais je n’eus pas le temps de poser de questions : il bondit sur les remparts dans un nuage de poussière, avant de sauter à nouveau, cette fois beaucoup plus haut et plus vite, dans les airs.

Son dragon vert fonça dans la même direction et ralentit en altitude pour qu’il puisse s’y accrocher avant de se diriger vers le centre-ville.

‘C’est un dieu, ce n’est pas possible autrement,’ pensai-je, émerveillé malgré moi, avant de me reprendre pour donner mes instructions à mes hommes.

---

-POV Salladhor Saan-

« OUVREZ LES PORTES ! »

« PITIÉ ! »

« NOUS ALLONS MOURIR, OUVREZ LES PORTES ! »

Je regardai la foule de dizaines de milliers, voire de centaines de milliers de personnes, rassemblée sous les remparts, enragé intérieurement de voir à quel point nous étions piégés.

‘Ça va être un véritable massacre,’ pensai-je en observant les dragons dans le ciel, continuant d’expirer des torrents de flammes tout en se rapprochant du centre-ville.

Je remarquai leurs déplacements étranges, comprenant rapidement qu’ils cherchaient à nous encercler.

S’ils réussissaient, ils pourraient tous nous exterminer en une seule frappe, rassemblés au même endroit.

Toujours sur mon cheval, je le forçai à se cabrer pour attirer l’attention de la foule et hurlai aussi fort que possible :

« Ils veulent nous offrir en sacrifice ! À leurs yeux, nous sommes déjà morts. Alors autant mourir les armes à la main ! »

Un silence de plomb s’abattit sur la place, interrompu lorsqu’un homme ramassa une pierre et la lança sur un soldat posté sur la muraille.

Ce geste fut la mèche qui alluma l’incendie.

La foule, auparavant désespérée, éclata en cris de révolte.

Des hommes fendirent la foule pour ramener des échelles, tandis que des mercenaires cachés commencèrent à tirer des flèches sur les défenseurs.

‘Qu’est-ce qu’ils font ?’ pensai-je, observant certains grimper les uns sur les autres, formant des échelles humaines. 

Je vis un homme agripper un mur malgré la perte de sa main droite, hurler de rage et entraîner avec lui un défenseur qui tenta de le repousser.

Lorsque le garde tomba à terre, un autre lui écrasa le crâne avec une pierre.

Les cris de victoire galvanisèrent la foule, qui redoubla d’efforts pour franchir les remparts.

Rapidement, des grappins, des bélier improvisés, et des échelles de fortune apparurent de partout.

‘Chacun se bat pour sa survie comme s’ils avaient des démons aux trousses,’ pensai-je, regardant les dragons s’approcher toujours plus près du centre-ville.

---

-POV Tregar Ormollen-

« Où est mon capitaine ? » hurlai-je, furieux de ne pas trouver le chef de ma flotte de mercenaires dans ma demeure.

‘Je lui avais pourtant ordonné de rester ici !’

‘Il doit être descendu dans les bordels près des ports,’ pensai-je, ma colère grandissant.

‘Bien sûr, au moment où j’ai le plus besoin de lui, ce crétin part courir après les putains,’ m’indignai-je intérieurement.

Je m’efforçai de conserver mon calme devant mes hommes, mais surtout devant mes soldats-esclaves.

S’ils percevaient la peur dans laquelle je baignais, ils se retourneraient contre moi.

« Maître, maître ! » cria un éclaireur en courant.

« Qu’y a-t-il ? » demandai-je, agacé d’être interrompu.

« Les mercenaires, les esclaves et le bas-peuple se sont tous rebellés. La porte va tomber d’un instant à l’autre ! »

« Nous devons partir immédiatement ! » déclara le capitaine de ma garde, visiblement paniqué.

‘Quel ton ose-t-il employer avec moi ?’ pensai-je, fixant l’homme d’un regard noir.

« Chéri, » murmura Lynesse, tirant doucement sur la manche de ma tunique.

Je regardai ma femme et mes enfants, terrifiés dans leurs calèches, et soupirai.

‘Nous ne pouvons pas mourir ici.’

« Très bien. Partons, et prions pour que les dieux soient avec nous, » dis-je en refermant la porte de la calèche.


More Creators