-Chapitre 79-
Added 2024-11-16 21:16:30 +0000 UTC-Chapitre 79-
-POV Rodrik Buckler-
« Tout est en ordre ? » demandai-je à Arlan en le voyant ralentir son cheval à mesure qu’il s’approchait de moi.
Arlan hocha la tête et répondit : « Nous avons éliminé tous ceux que nous avons croisés. »
‘Il ne faut pas que notre incursion dans les terres des Tyrell soit révélée, sinon nous perdrons l’avantage de la surprise, et tout deviendra dix fois plus difficile,’ pensai-je, inquiet.
« Personne ne saura que nous sommes ici, » dit Arlan pour me rassurer.
Il gardait une expression froide et impassible, comme si de rien n’était, comme s’il n’avait pas massacré des hommes ainsi que des femmes sans défense.
Pourtant, je pouvais voir qu’il n’avait pas apprécié ce qui venait de se passer.
‘J’ai appris à connaître l’homme qu’il est derrière le coupe-jarret sans émotion de Ronnet. C’est quelqu’un de bien.’
« Je n’aime pas faire ça, » dis-je en regardant le sang qui tachait la cape d’Arlan, sachant qu’il appartenait à un simple paysan.
Je guettai la réaction d’Arlan, qui haussa brièvement les sourcils, comme si ce que je disais était une évidence.
‘Mais beaucoup trop d’hommes prennent du plaisir à cela, même parmi mes hommes,’ pensai-je.
« Aucune personne saine d’esprit n’aime faire ça, » dit-il avant d’ajouter, sur un ton plus bas mais toujours aussi monotone : « On aime seulement ce que l’on gagne en le faisant. »
« Et tu te considères comme sain d’esprit ? » me demandai-je.
« J’ai bien peur que ce ne soit pas à moi de juger cela, » répondit-il en indiquant à ses hommes, qui sortaient d’un peu partout autour de nous, qu’ils n’avaient plus à se cacher.
‘Cela ne sert plus à grand-chose, car à partir de maintenant, nous avançons à découvert, et ils pourront nous voir à des kilomètres,’ pensai-je.
Mes yeux se posèrent sur les fantassins vêtus de capes noires, qui rejoignaient progressivement les rangs de l’armée que Ronnet m’avait chargée de diriger.
J’expirai de soulagement, car la partie la plus difficile venait de se terminer, et c’était grâce à eux.
‘Grâce à la nouvelle troupe d’éclaireurs de Ronnet, les Chiens Noirs, tous des repris de justice qui ont décidé de prendre le noir,’ pensai-je en observant les anciens criminels.
Le noir qui ne les condamne pas à mourir sur le Mur pour leurs méfaits, mais à servir pour toujours dans la troupe des Chiens Noirs, une unité d’éclaireurs majoritairement composée de fantassins.
‘Seulement un dixième d’entre eux sont des cavaliers,’ pensai-je en les voyant attraper dans les chariots tirés par des bœufs leur équipement de rechange.
Étant donné qu’ils faisaient partie de troupes spécialement chargées d’infiltrer les lignes ennemies, afin de ne pas être reconnus ni attirer l’attention, ils n’avaient pas le droit de porter d’armures, ni de lances, ni d’épées.
Seulement une simple cape noire et deux dagues pour éliminer les éléments perturbateurs.
Ronnet les considère à la fois comme des troupes sacrifiables et comme sa carte maîtresse. Tous les Chiens Noirs sont particulièrement bien entraînés.
‘Assez entraînés pour faire avancer notre armée en trois jours jusqu’à Tumbleton,’ pensai-je en regardant l’horizon, réfléchissant déjà à la manière dont je prendrais Tumbleton.
‘Pas assez haut pour nous arrêter,’ pensai-je, ‘et pas assez robuste pour tenir plus d’une journée sous un assaut constant des machines de siège, qui nous ont bien ralentis mais seront très utiles à partir de maintenant.’
Je levai la main, et les cors retentirent, tout comme les tambours de guerre, pour rehausser le moral de mes hommes et annoncer à nos ennemis que nous étions là.
‘Que la vengeance commence,’ pensai-je.
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-POV Randolph Footly-
En regardant par-dessus les murailles, je n’arrivais toujours pas à croire ce que je voyais de mes propres yeux.
Le messager avait été très clair, mais jamais je n’aurais pu imaginer que ce serait vrai. Dire que je l’avais même fait fouetter et interroger pour savoir qui lui avait ordonné de me mentir.
‘Comment tout cela a-t-il pu dégénérer à ce point ?’ pensai-je en regardant l’armée de plus de dix mille hommes aux portes de ma ville, arborant fièrement des étendards aux couleurs de la maison Connington.
‘Les couleurs de ce démon roux,’ pensai-je en me remémorant très clairement l’horreur du champ de bataille, dont j’étais sorti miraculeusement vivant grâce à la stratégie de Ronnet Connington.
‘Comment ont-ils réussi à arriver aussi rapidement à Tumbleton ?’ pensai-je.
‘J’ai de nombreux vassaux postés le long de la route qu’ils ont empruntée, ainsi que de nombreux villages qui auraient dû me signaler l’avancée d’une telle armée.’
‘Et, putain de merde, où a-t-il pu trouver autant d’hommes ? Comment a-t-il fait pour lever une seconde armée sans que personne ne soit au courant ?’ pensai-je, car je n’étais pas aveugle.
Rien qu’à la façon dont les soldats se déplaçaient et formaient rapidement des carrés de formation, je pouvais voir qu’ils étaient sans l’ombre d’un doute des soldats correctement entraînés.
J’ai été tiré de mes pensées en voyant un homme, accompagné d’un autre, s’avancer et s’arrêter précisément hors de portée des flèches de mes archers, qui étaient extrêmement nerveux.
Je le reconnus instantanément.
‘Le plus fidèle des chiens de Ronnet,’ pensai-je en voyant le second du démon roux.
Je hurlai, d’un ton furieux pour masquer la peur qui me nouait le ventre :
« Comment osez-vous m’attaquer ? Sa Grâce le roi Tommen Baratheon, Premier de son nom, roi des Andals, des Premiers Hommes et des Rhoynars, ne restera pas sans réagir face à cette agression envers la contrée natale de sa fiancée !»
Rodrik, le nouveau seigneur de la maison Buckler, ôta son casque et hurla assez fort pour que je l’entende sans perdre une seule seconde en vaines paroles :
« Seigneur Randolph, nous savons tous les deux comment tout ceci se terminera. »
‘Ta tête sur le billot pour avoir osé amener une armée sous mes portes, une fois que la Reine des Épines apprendra ce que vous avez fait,’ pensai-je, extrêmement frustré par le déroulement des événements, espérant que les renforts arriveraient rapidement.
‘Si nous arrivons à tenir ne serait-ce qu’une semaine, ce sera un exploit consigné dans les livres d’histoire pour plusieurs générations,’ pensai-je.
Voyant que je ne répondais toujours pas, le bras droit de Ronnet Connington déclara d’un ton nonchalant, comme si tout cela n’avait aucune importance :
« Nous avons des machines de siège que nous monterons dans moins de deux heures. Une fois prêtes, nous frapperons vos murs jusqu’à ouvrir une brèche. »
‘Si vous y parvenez,’ pensai-je, car je savais que mes murs étaient solides.
Ils avaient fait leurs preuves bien des fois avant que Tumbleton ne devienne une ville "maudite".
Je rétorquai, sûr de moi, d’une voix forte : « Alors nous verrons qui sera le plus rapide. »
« Vous semblez avoir foi en vos murs, » dit-il avec un sourire moqueur, avant d’ajouter en criant pour que tous puissent l’entendre : « Mais est-ce que vos hommes ont autant confiance en eux que vous ? Accepteront-ils de risquer leurs vies et celles de leurs familles pour vous protéger, alors que vous ne pouvez pas faire l’inverse pour eux ? »
Je jetai un coup d’œil à mes soldats, qui me regardaient en silence, une gêne palpable s’installant entre nous.
Nous savions tous que si nous ne tenions pas Tumbleton, ce serait moi, et uniquement moi, qui en subirait les conséquences, car Ronnet était connu pour ne pas s’adonner aux pillages aveugles.
‘Il ne doit pas s’immiscer dans la tête de mes soldats et miner leur moral,’ pensai-je.
Je hurlai sur un ton de défi : « Vous semblez oublier que vous êtes dans le Reach, ser Rodrik. Peut-être avez-vous l’habitude de vous rendre là d’où vous venez, mais ici, LES HOMMES BRAVES NE MANQUENT PAS ! »
Du coin de l’œil, je vis mes soldats, jusque-là hésitants, se galvaniser à mes paroles.
Certains commencèrent à crier, entraînant des rugissements, des éclats de voix et des insultes en direction des soldats ennemis aux portes.
Profitant de cet élan, j’ajoutai, en criant encore plus fort : « Une fois que les chevaliers qui me sont assermentés et les autres maisons nobles des environs sauront ce que vous faites, ils rassembleront rapidement une armée pour lever le siège, et vous mourrez tous comme les chiens que vous êtes ! »
Les cris redoublèrent derrière moi, mais lorsque je regardai Rodrik en bas, il semblait totalement impassible face à cette démonstration de courage et de détermination.
Il attendit patiemment que les cris s’apaisent, puis éclata d’un long rire moqueur :
« Vous êtes encore plus stupide que je ne le pensais lorsque je vous ai vu à Storm’s End. »
Je fronçai les sourcils à cette insulte, mais avant que je ne puisse répliquer, le commandant ennemi ajouta :
« Vous n’avez rien compris. Ce n’est pas une attaque isolée. Nous ne sommes pas venus uniquement pour Tumbleton. Que vaut votre ville maudite ? »
Un frisson d’anticipation me parcourut, mais je fis de mon mieux pour ne rien laisser paraître.
Alors que je préparais ma réponse, ne serait-ce que pour rassurer mes hommes confus, il poursuivit :
« Tumbleton, Grassy Vale, Ashford… Toutes ces villes doivent tomber avant le premier jour de la deuxième lune. C’est l’ordre de notre roi, Sa Grâce Ronnet Ier de la maison Connington, roi des Tempêtes, des Rivières et des Montagnes, roi des Andals et des Premiers Hommes. »
Des murmures éclatèrent derrière moi, ajoutant une pression supplémentaire à celle déjà écrasante.
‘Si toutes ces villes sont attaquées, nous ne pourrons pas espérer de renforts rapidement,’ pensai-je, le souffle court.
« Vous avez le choix, » ajouta-t-il. « Ouvrez les portes, et nous ne mettrons pas votre ville à sac. Sinon, résistez, et nous mettrons fin à la lignée des Footly sur ordre de notre roi. »
Je restai figé un instant avant de déclarer : « Vous ne pouvez pas faire ça. »
« Notre roi n’est pas du même avis, » répondit-il calmement.
‘Ils ne plaisantent pas,’ pensai-je, réalisant que leur détermination était inébranlable.
‘Ils attaqueront sans relâche pour respecter leur échéance. À ce rythme, nous ne tiendrons pas trois jours. Les renforts n’arriveront pas à temps. Si Ashford et Grassy Vale tombent également, nous ne serons pas une priorité pour la Reine des Épines,’ pensai-je, accablé.
Pendant de longues secondes, je luttai intérieurement.
Je ne voulais pas me rendre, mais je ne pouvais pas non plus condamner ma famille à la mort pour une résistance vaine.
« Ouvrez les portes, » dis-je finalement en soupirant.
« Mais, monseigneur, si nous… »
« Faites ce que je dis, immédiatement ! » hurlai-je au capitaine de Tumbleton.
Il hésita avant de soupirer à son tour, puis rugit : « Ouvrez les portes ! »