-Chapitre 77-
Added 2024-11-05 23:40:10 +0000 UTC-Chapitre 77-
-5 lunes plus tard-
-28e jour de la 1ère lune de l’an 301 AC-
-POV Aurane Waters-
Comme tous les matins, je regardais du haut de ma fenêtre le port, manquant de son activité habituelle, signe de la guerre qui se déroulait et bloquait totalement l’économie de Lamarck.
‘Cela fait plus de 6 lunes que toute cette merde dure,’ pensai-je intérieurement, excédé par cette guerre causée par cette stupide catin de Lannister.
‘Tant que les conflits entre les Lannister et les Connington ne seront pas réglés, nous ne pourrons pas reprendre le commerce, du moins pas avec les marges bénéficiaires que nous avions sous l’ère du Griffon Sanglant, car nous étions impliqués dans la distribution de pratiquement la totalité de ses produits à Essos,’ pensai-je, accoudé sur ma terrasse, regrettant de ne pas être l’un de ses vassaux.
‘J’ai bien cru que nous pourrions devenir alliés à la mort du dernier prétendant Blackfyre, mais il doit faire partie de ces seigneurs qui me regardent de haut à cause de ma naissance,’ me dis-je, déçu par ce comportement, car nous avions pris le temps de sympathiser quelque peu lors de la traversée qu’il avait en partie faite sur mon navire.
‘La seule qui a su déceler une trace de mon potentiel ne l’a même pas fait pour ce que je suis, mais simplement pour que je puisse contrôler mon neveu jusqu’à sa majorité,’ grommelais-je intérieurement, voulant hurler ma frustration malgré ma nouvelle position de régent de Driftmark.
Toc… Toc… Toc
« Entrez, » dis-je, jetant un coup d’œil vers la porte pour voir qui venait me déranger dans mes appartements à une telle heure.
‘Cela doit être important,’ pensai-je.
‘Le soleil vient tout juste de se lever,’ notais-je.
« Mestre Halwyn, » dis-je en regardant le vieillard à deux doigts de trépasser, qui me tendait une lettre.
J’ai roulé des yeux et demandé : « Est-ce encore une réclamation de la part de la Reine Cersei pour que je fasse appareiller les navires de mon neveu pour prendre les Stepstones au nom de Sa Grâce Tommen Baratheon ? »
« Je crains que ce ne soit point à moi de lire vos lettres, Monseigneur le régent, » dit-il en baissant la tête.
‘Il a l’air différent de d’habitude,’ me dis-je en regardant le vieux mestre dont la main tremblait.
J’ai haussé les épaules mentalement avant d’attraper la lettre de ses mains d’un geste nonchalant, mais mes mouvements se sont raidis en découvrant le sceau marqué sur la lettre.
‘Merde,’ pensai-je en ouvrant rapidement la lettre, espérant que ce soit enfin ce que j’attendais.
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Cher Aurane,
Je suis très heureux de pouvoir enfin t’écrire cette lettre pour t’offrir ma protection en tant que Roi des Terres de l’Orage et du Conflans.
Comme tu le sais, cela fait des mois que mes relations avec les Lannister et les Tyrell sont tombées au plus bas.
Il est temps, mon ami, si je puis t’appeler ainsi, que nous nous allions à nouveau pour démettre de leurs fonctions et jeter à terre tous ces gens qui nous regardent de haut.
Je n’ai pas eu l’occasion de discuter longuement avec toi, mais je crois que nos échanges ont été suffisamment sincères pour que j’aie une bonne perception de ton caractère.
Tu es un homme ambitieux, et c'est un trait que j'apprécie grandement.
Je sais aussi que tu détestes l’image que l’on t’a toujours attribuée : celle du bâtard prêt à s’emparer de tout ce qui revenait à ton frère, puis à ton neveu.
Ce neveu, d’ailleurs, tu l’aimes, et tu m’en as souvent parlé.
C’est donc par respect pour toi que je ne t’insulterai pas en te proposant de devenir seigneur de Lamarck à sa place.
En revanche, je t’offre de devenir mon Grand Amiral et, de surcroît, Seigneur de Peyredragon.
Je t’offre ainsi l’opportunité de bâtir ton propre héritage et de marquer l’histoire de Westeros, en surpassant même ton aïeul, le grand Serpent de Mer, Corlys Velaryon.
Si tu acceptes ma proposition, je n’attends que trois choses de toi.
Premièrement, prends le contrôle du reste de la flotte royale ; mes espions te feront parvenir rapidement une liste des hommes fidèles à Tommen ainsi qu’à la Maison Lannister que tu devras éliminer.
Deuxièmement, bloque complètement la Baie de la Néra et affame la capitale.
Enfin, envoie des navires de guerre à Tyrosh pour ramener à Westeros deux compagnies de mercenaires, les Éléphants Bleus et les Orphelins sans Peur.
Le nombre total de combattants est estimé à 6 000 hommes.
Je compte sur toi pour prendre la bonne décision.
De toute façon, tu sais déjà comment tout cela se terminera.
J’espère que tu n’as pas oublié notre petite escapade dans le Détroit.
Ronnet
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‘Et la petite menace pour terminer en beauté,’ pensai-je en souriant en terminant la lettre de Ronnet.
‘Il semblerait que l’heure de la contre-attaque ait sonné,’ me dis-je, voyant enfin une lueur d’espoir de pouvoir débloquer cette situation stagnante pour la Maison Velaryon, tout en y gagnant grandement sur le plan personnel.
« Que voulait le Seigneur Connington ? » me demanda le vieillard.
« Amenez-moi de l’encre et du papier, » répondis-je sans donner d’explication au vieux mestre.
‘Renvoyons une réponse qui satisfera notre roi,’ pensai-je en relisant une seconde fois cette lettre qui tombait à point.
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-POV Ronnet Connington-
« Alors, on y est finalement, » dis-je en regardant la Dent d’Or au loin, les bras croisés derrière mon dos.
« C’était ce que tu voulais, non ? » dit Raymund, fronçant les sourcils, clairement mécontent de repartir en guerre.
« Tu m’en veux toujours ? » demandai-je, car je savais que c’était la frustration qui faisait ressortir sa peur sous cette forme agressive.
« Pour ? » demanda-t-il, feignant de ne pas comprendre l’allusion.
‘Au moins, j’ai ma réponse,’ pensai-je en haussant un sourcil, incrédule.
Ce à quoi il soupira et dit :
« J’ai eu du mal… j’ai toujours du mal à accepter, mais je n’ai pas d’autre choix, pas de troisième choix comme tu me l’as si bien fait comprendre. »
‘Tu as failli faire le troisième choix, un choix qui t’aurait conduit dans la tombe prématurément, mon frère,’ pensai-je en l’observant.
J’ai hoché la tête, satisfait, et alors que je pensais que nous allions rester silencieux, Raymund ajouta :
« Nous sommes frères. Ça passera une fois que nous aurons gagné. »
‘C’est toujours ça de gagné,’ pensai-je, rassuré qu’il puisse mettre sa fierté de côté avec le temps et enterrer son complexe d’infériorité.
J’ai hoché la tête, comprenant que le coup que j’avais donné à Raymund pour lui rappeler sa place l’avait profondément marqué.
‘Je devrais penser à bien le récompenser à la fin de cette guerre pour combler notre différend au début de celle-ci,’ pensai-je.
J’ai ensuite jeté un coup d’œil à Ronald, qui nous observait, veillant à ne pas trop en dire, et j’ai demandé à mon fils aîné, à mon héritier :
« Tu as l’air nerveux ? »
Mon aîné, timide à l’idée de s’exprimer devant nous deux, finit par dire :
« C’est ma première bataille. »
‘Je n’aime pas ce manque de confiance qui émane de lui. Il ne doit pas hésiter, sinon il pourrait le regretter,’ pensai-je, mécontent de ce trait de caractère.
« Certes, mais ça ne sera pas ta dernière. Si tu veux un jour porter cette couronne et en être digne, tu vas devoir faire couler des rivières de sang… » dis-je en désignant la couronne que je portais depuis que j’étais roi avant d’ajouter : « …car ces gens-là ne te feront pas de cadeau et t’égorgeront volontiers dans ton sommeil pour obtenir ce que tu possèdes. »
Voyant mon fils silencieux, j’ai froncé les sourcils et j’ai demandé, posant une main sur son épaule :
« Est-ce que tu comprends ? »
Ce dernier hocha la tête, puis dit d’un ton déterminé :
« Je ne vous ferai pas honte, père. »
« J’espère bien, » dis-je avant de reporter mon attention sur Raymund, qui, bien que réticent, avait tout de même envie de me demander quelque chose.
« Dis-moi ce qui te tracasse, mon frère, » dis-je, roulant des yeux, son malaise de plus en plus évident et le distrayant
trop.
‘Ce n’est pas le moment de l’être,’ pensai-je, le regardant intensément, attendant qu’il exprime son malaise.
« Je ne comprends pas pourquoi tu as refusé de prendre nos vassaux avec nous et leur as laissé la surveillance de nos territoires. Tu m’as dit que tu ne leur faisais pas confiance quand je suis revenu avec Sansa. Qu’est-ce qui a changé depuis ? »
‘Il est de moins en moins naïf, c’est une bonne chose,’ pensai-je, appréciant l’intuition de mon frère, car j’avais effectivement monté un plan.
‘Un plan qui m’a demandé 6 lunes entières de préparation,’ pensai-je.
J’ai souri en regardant mon frère et demandé :
« Tu ne t’es pas dit que j’avais peut-être changé d’avis à leur sujet ? »
« Dans ce cas-là, tu n’aurais pas laissé Rodrik, Arion, Victor et Samuel derrière avec tous tes chevaliers noirs, » dit-il, car il savait, ou du moins avait compris, que j’avais transféré certains de mes dons à mes 10 chevaliers noirs.
« Justement, ils ont pour mission de les surveiller et de les punir si l’un d’eux tentait de me trahir, » dis-je, appréciant que mon frère ne soit plus aussi crédule et ait appris de la dernière fois.
« Non, tu serais resté derrière seul pour t’assurer qu’en cas de trahison, les traîtres reçoivent la punition qu’ils méritent, » dit-il, montrant qu’il avait compris ma manière de faire.
« Tu commences à bien me cerner, mon frère, » dis-je, voyant qu’il avait percé mon intention, car c’était bien ce que j’avais fait avec les Lannister lorsque je soupçonnais leur trahison.
« Il était temps, » répondit Raymund, un soupçon de reproche dans la voix, repensant sûrement à la fois où il n’avait été qu’un appât pour attirer les ennemis dans mon piège.
‘Il semble qu’il ait retenu la leçon, qu’il cherche maintenant à mieux comprendre les enjeux et à savoir ce qui se cache derrière chaque manœuvre,’ pensai-je, satisfait de voir qu’il évoluait.
J’ai hoché la tête, appréciant cette nouvelle profondeur dans sa manière d’aborder les choses.
Il n’était plus seulement un exécutant, il devenait enfin un partenaire capable de comprendre le jeu subtil des alliances et des trahisons.
« Donc, quelle est ta stratégie miracle cette fois-ci ? » demanda-t-il d’un ton un peu moqueur, mais que je savais teinté de curiosité sincère.
‘Même s’il le dit sur un ton léger, je sens son impatience d’en savoir plus. Il est prêt à jouer son rôle, et même si cela ne change rien à mon plan, cela le rendra plus fort pour ce qui vient,’ pensai-je, observant attentivement mon frère.
J’ai souri en voyant dans ses yeux cette détermination nouvelle, puis, calmement, je retirai ma couronne pour la tendre à un de mes chevaliers.
En échange, il me tendit un casque de style corinthien, orné d’ailes et serti de rubis incrustés dans le front du casque ainsi que dans les ailes, qui se distinguait des autres par la finesse de ses détails en volutes sur le front.
‘Un casque similaire à ceux de Raymund et de Ronald, mais avec des détails plus élaborés, marquant la différence entre un prince et un roi,’ pensai-je en attachant soigneusement le casque sur ma tête.
Une fois le casque bien en place, je me suis retourné vers mon frère et lui ai dit, un sourire en coin :
« La dernière fois, tu t’es plaint de n’être qu’un appât. Cette fois, sois heureux de savoir que non seulement ton rôle n’a pas changé, mais que nous sommes tous venus pour t’accompagner et jouer le même rôle. »