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patreon


-Chapitre 89-

-Chapitre 89-

-POV Aemon Targaryen-

Face à l’air ahuri d’Hugh, j’ai simplement retroussé les manches de ma tenue et attrapé une blouse tachée de sang accrochée au mur.

« Trouvez une place pour qu’ils apprennent le métier, » dis-je à Hugh avant d’ajouter, sans même lui laisser le temps de réfléchir : « Enseignez-leur comment retirer les entrailles. »

Hugh n’a pas bougé et a dit d’un ton hésitant : « Votre Altesse, loin de moi l’idée de vous contredire, mais… »

« Mais ? » demandai-je en haussant les sourcils.

« Mais le Prince Aegon est le fils du roi, » dit-il, presque horrifié à l’idée de faire travailler Aegon dans son atelier.

J’ai haussé les sourcils, surpris qu’il ait deviné, puis j’ai demandé :

« Et donc ? »

« Il ne peut pas faire une tâche aussi basse. Si le roi l’apprend, je serai… »

« Hugh, » dis-je d’un ton autoritaire, faisant taire le boucher, agacé par son attitude craintive.

‘À quoi m’attendais-je, en même temps c’est le Moyen Âge.’

‘Les seigneurs ont pratiquement un droit de vie et de mort sur leurs sujets.’

‘Ne parlons même pas de l’autorité royale… qui possède des dragons en prime.’

« J’ai amené mes deux pupilles ici pour compléter leur apprentissage, une mission que m’a confiée le Seigneur de Winterfell, Gardien du Nord, et notre Roi, Sa Grâce le Roi Viserys, » dis-je cette fois d’un ton détaché, ferme et autoritaire.

Ce n’était plus Aemon qui s’adressait à Hugh, mais le Prince Aemon, Cavalier d’Urrax, qui donnait un ordre à l’un de ses sujets.

« Si je pense que, pour apprendre à devenir des hommes, ils doivent se rouler dans du crottin de cheval, ils obéiront, » ajoutai-je avant de tourner la tête vers Aegon et Cregan, derrière moi.

« N’est-ce pas ? »

Les deux hochèrent immédiatement la tête à plusieurs reprises. Alors, j’ai dit :

« Trouve-leur un poste de travail pour qu’ils apprennent comment retirer les entrailles des poulets. Moi, je vais me mettre à l’abattage. »

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-POV Aegon Targaryen-

J’ai hoché la tête, effrayé par le regard furieux que me lançait mon cousin à l’idée que je puisse lui désobéir, et j’ai maudit intérieurement le stupide boucher pour avoir mis en rogne ce dernier.

Je n’ai laissé échapper qu’un soupir de soulagement une fois que j’ai vu mon cousin s’éloigner.

Je ne voulais pas le mettre en colère car j’avais appris qu’il avait tué en combat singulier Ser Criston, le meilleur chevalier du royaume, sans difficulté.

‘Sans parler de la taille d’Urrax, même Sunfyre est terrifié par sa simple présence,’ pensai-je en suivant le stupide boucher pour démembrer des poulets, maudissant intérieurement mon cousin pour m’avoir forcé à effectuer cette tâche.

‘Une tâche indigne de moi, une tâche qu’un Prince ne devrait pas avoir à faire, tout cela parce que père préfère Rhaenyra à moi, son fils,’ pensai-je en faisant mine de m’intéresser à ce qu’expliquait le stupide boucher.

« Tout d’abord vient l’étape de l’abattage que le Prince Aemon est en train de réaliser, » dit-il en désignant mon cousin. « Le poulet doit être maintenu fermement, généralement par les pattes et suspendu. »

« Vient ensuite le moment où nous devons faire saigner le poulet. Il faut prendre un couteau tranchant, puis réaliser une incision sur la gorge pour vider le sang du poulet, » dit-il en commentant ce que mon cousin faisait.

Il ajouta ensuite en flattant mon cousin : « Le Prince l’a parfaitement réalisé ; il a la main ferme. Cette étape est très importante pour garder une viande propre et de qualité. »

« Que fait-on du sang une fois terminé ? » demanda Cregan, cherchant clairement à s’attirer les faveurs de mon cousin en faisant semblant de s’intéresser à ce que disait le stupide boucher.

« Ma famille, durant les rudes hivers, récoltait le sang des poulets pour concocter d’autres plats, mais grâce au Prince, nous n’avons plus besoin de le faire, » dit-il, sans oublier de lécher les bottes de mon cousin, qui ne nous écoutait pas et se concentrait sur la tâche qu’il s’était confiée de trucider un maximum de poulets.

‘C’est dégoûtant,’ pensai-je, mal à l’aise à la vue du sang qui coulait de la gorge de ces poulets.

« Pourrez-vous m’apprendre ? » demanda le louveteau de mon cousin, désireux d’attirer son attention.

J’ai froncé les sourcils sans rien dire, n’appréciant pas ce lèche-bottes, puis j’ai suivi le stupide boucher qui s’était déplacé pour se pencher sur le travail d’un autre roturier qui plongeait un poulet dans de l’eau bouillante avant de le faire ressortir après quelques instants.

« La seconde étape dans la préparation d’un poulet avant qu’il ne soit envoyé en cuisine est le plumage, » dit-il en s’écartant pour que nous puissions “admirer” le travail du roturier.

‘Il ne fait que l’ébouillanter, il n’y a rien de difficile à cela,’ pensai-je, peu impressionné.

« Sam pratique une méthode peu courante, mais particulièrement efficace, provenant d’un petit village des Riverlands, qui consiste à tremper le poulet dans de l’eau chaude pour faciliter le retrait des plumes, » dit-il, avant de passer à un autre poste de travail où plusieurs jeunes, un peu plus âgés que nous, retiraient manuellement les plumes du poulet.

« Les apprentis de mon atelier arrachent les plumes à la main. C’est un travail minutieux et ennuyeux, surtout pour les petites plumes, mais c’est important de le faire correctement et consciencieusement pour pouvoir apprendre le rude métier de boucher, » dit le stupide boucher, immensément fier de décrire ce métier débile à un Prince.

‘Comme si cela allait m’apprendre quelque chose dans la vie,’ pensai-je.

« Les plumes retirées sont souvent réutilisées pour d’autres usages. Personnellement, je les revends à un artisan travaillant pour le Prince, qui confectionne des coussins, des oreillers ainsi que des matelas pour le château et la noblesse, » dit-il, fier de son “génie”.

Le stupide boucher fronça soudainement les sourcils en observant l’un de ses apprentis lutter pour arracher une plume de la volaille morte, et dit d’un ton furieux en frappant l’arrière de la tête du jeune homme :

« Mark, espèce d’imbécile, combien de fois t’ai-je déjà répété qu’il faut passer le poulet au-dessus du feu et ne pas déchirer la volaille ? Nous ne pourrons pas servir cela au château dans cet état. »

J’ai souri, amusé par ce spectacle, et j’ai observé le stupide boucher passer le poulet au-dessus du feu minutieusement afin de brûler les plumes.

‘Au moins, il maîtrise correctement son métier.’

« La troisième et dernière étape avant que l’on ne puisse envoyer les poulets en cuisine est l’éviscération du poulet, que je vais vous enseigner, tout comme me l’a ordonné le Prince Aemon, » dit-il en attrapant un poulet déplumé ainsi qu’un couteau de chasse.

« Pour cela, vous devrez faire trois choses. Premièrement, vous devrez ouvrir le poulet ainsi, » dit-il en ouvrant le ventre du poulet.

« Puis, vous devrez retirer tous les organes ainsi que les entrailles du poulet, » dit-il en plongeant ses mains dans le poulet.

« Et une fois cela fait, vous pourrez commencer à nettoyer l’intérieur du poulet avec de l’eau du puits, que mes apprentis vous apporteront au fur et à mesure que vous avancerez dans votre tâche, » termina-t-il en nous montrant son poulet, fier de lui.

‘C’est répugnant,’ pensai-je, presque dégoûté à l’idée même de manger cela.


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