-Chapitre 80-
Added 2024-10-17 18:10:18 +0000 UTC-Chapitre 80-
-POV Alicent Targaryen-
Aemon n’avait pas bougé de son fauteuil et me regardait avec une nonchalance que je n’avais plus vue dans le regard de quelqu’un depuis des années.
‘Aujourd’hui, soit on m’aime, soit on me craint, soit on me déteste,’ pensai-je, car avoir l’oreille et l’attention du roi me donnait presque autant de pouvoir que lui aux yeux des autres nobles.
‘En revanche, il a l’air simplement ennuyé par ma présence, il me regarde comme si j’étais une tâche, un vulgaire parasite,’ pensai-je, en sentant des frissons me parcourir la nuque sous son regard.
« Je suis particulièrement conscient de la colère que tu ressens vis-à-vis de la mort de ton chevalier, » dit Aemon, tout en me regardant tranquillement.
« C’est dans cet esprit que je ne vais pas poursuivre ce pathétique acte de… je ne sais même pas ce que tu es venue faire ici, » ajouta-t-il, tout en me regardant comme si j’étais une enfant faisant une ridicule crise de colère.
‘Cette attitude me rappelle mon père,’ pensai-je, en regardant le jeune homme qui n’avait que 15 jours de nom, mais tellement plus de pouvoir que les seigneurs les plus âgés du royaume.
‘Il ne serait pas exagéré de dire qu’il possède à ce jour plus de pouvoir que quiconque, et ce, par la seule présence de Vhagar et d’Urrax,’ pensai-je, en prenant une profonde inspiration pour ne pas révéler toute la colère et la peur que je ressentais en ce moment précis.
Aemon, voyant que je n’avais rien à dire, agita le bras et dit sur un ton dédaigneux :
« Maintenant, laisse-moi, j’ai mieux à faire que de t’écouter te lamenter sur ton propre sort. »
J’allais quitter ses appartements quand il ajouta, l’air de rien : « D’ailleurs, je pars aujourd’hui pour Runestone, fais en sorte qu’Aegon soit prêt, car je l’emmène avec moi. »
Choquée, je me suis retournée vers lui, plongée dans l’incompréhension totale, et j’ai dit : « Ce n’est pas ce dont nous avons décidé ensemble… »
Aemon m’a coupée sans ménagement et a dit : « J’ai fait ma part du marché que nous avons passé, et c’est ce que je décide, alors fais ta part du marché. À moins que tu ne veuilles que je rejoigne le camp de Rhaenyra pour qu’elle puisse te détruire une bonne fois pour toutes. »
J’ai hésité un instant avant de finalement partir sans rien dire, acceptant tacitement qu’il avait gagné.
‘Ce n’est pas le moment de me mettre à dos le prince Aemon, j’ai déjà assez d’ennemis,’ pensai-je, en claquant la porte derrière moi.
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-POV Corlys Velaryon-
« Si jamais quelqu’un m’avait dit qu’Aemon se porterait volontaire pour se battre contre Criston Cole pour nous, je pense que je lui aurais coupé la langue pour avoir répandu de tels mensonges, » dis-je sur un ton légèrement ironique.
« Et tu aurais eu tort de le faire, » dit Rhaenys, lançant une petite pique au passage, car j’ai continué de nourrir les flammes de la discorde entre nous alors qu’il avait accepté de mettre sa fierté de côté pour l’intérêt de tous.
‘Quelque chose avec lequel j’ai énormément de mal, mais qui est de temps en temps nécessaire,’ me dis-je, en voyant à quel point l’intervention d’Aemon nous avait sauvés de la ruine.
Bien que je lui sois reconnaissant pour son aide, je n’étais pas dénué de toute logique, et je savais parfaitement que ce genre de faveur allait devoir se payer un jour ou l’autre.
‘Cette aide n’est pas gratuite.’
« Certes, mais je connais ce genre de personne, ils ne sont jamais rassasiés, il voudra quelque chose en retour, » dis-je, en renvoyant une petite pique à ma femme qui roula des yeux.
« Joffrey est vengé, c’est tout ce qui compte, » dit Laenor, trop absorbé par ses pensées pour son amant décédé pour réfléchir correctement.
« Tout ce qui compte pour toi, dans ton esprit fragile, mais tu ne penses pas à l’intérêt de tous… » dis-je.
Rhaenys m’interrompit et dit : « Corlys, cela suffit. Nous en avons assez bavé, nous n’allons pas nous poignarder les uns les autres alors que nous devrions être en train de célébrer ce grand moment. »
Quelqu’un a toqué à la porte et j’ai demandé, curieux de savoir qui pouvait nous rendre visite à un tel moment : « Qui est-ce ? »
« C’est moi, père, » dit Laena de l’autre côté de la porte.
« Entre, » dis-je à ma fille.
J’ai regardé ma fille, plein de fierté, entrer dans nos appartements, puis j’ai dit :
« Je savais que tu réussirais à mater ce prince. »
Laena sourit, mais je pus instantanément voir que c’était un sourire forcé. J’ai froncé les sourcils et demandé : « Qu’y a-t-il ? »
« J’ai discuté avec Aemon et il est très étrange. Il est en colère mais aussi très calme, il m’a dit quelque chose qui m’a fait un peu peur, » dit Laena en s’asseyant avec nous.
« Qu’a-t-il dit qui a bien pu te mettre dans un tel état ? » demandai-je.
« Il a dit que c’était la dernière fois qu’il se battait pour nos intérêts, et il avait l’air de vouloir tracer une ligne claire entre lui et la Maison Velaryon. J’ai bien peur que ce combat ait définitivement scellé toute possible alliance, » dit ma fille, nerveuse à l’idée même d’avoir échoué à jouer son rôle.
Laena ajouta même après quelques instants : « J’ai peur d’avoir forcé la main d’Aemon trop brusquement et qu’il cherche à me le faire payer pendant des années. »
Je ne savais pas quoi répondre à ma fille, car je ne voulais pas qu’elle se comporte autrement, étant donné que cela était dans notre intérêt. Mais je ne voulais pas non plus devenir un ennemi de son mari.
‘Un mari avec qui elle obtiendra des enfants, une nouvelle famille.’
« Alors arrête, » dit soudainement Rhaenys.
Je me suis tourné vers elle, surpris par son intervention, mais je ne l’ai pas empêchée de parler.
‘Après tout, c’est elle qui est la mieux placée pour donner ce genre de conseils à Laena, étant donné la situation similaire dans laquelle elles se trouvent.’