-Chapitre 75-
Added 2024-10-13 12:10:14 +0000 UTC-Chapitre 75-
-POV Rhea Royce-
En voyant mon fils aussi confiant, j’étais d’une part très heureuse pour lui, mais je pouvais voir que derrière cette façade, il restait encore le petit garçon qui vivait avec la peur au ventre.
J’ai soupiré, puis je me suis approchée de lui et j’ai dit en posant une main sur sa joue :
« Depuis que tu es tout petit, tu as toujours voulu nous mettre à l’abri du danger. »
‘Mon petit homme,’ pensai-je, souriant doucement en me souvenant des conseils avisés qu’il me donnait alors qu’il n’était pas plus haut que trois pommes.
« Je ne sais pas vraiment de quoi tu avais si peur à un âge aussi jeune, mais cela a toujours été un atout pour toi, une force motrice qui te poussait toujours à aller de l’avant. »
« Tu as l’air de penser que ce n’est plus le cas, » dit-il, les sourcils froncés, attendant ma réponse.
J’ai souri, puis j’ai dit : « Jusqu’à maintenant, cela t’a permis d’étendre notre élevage à une telle ampleur que nous serons, d’ici quelques années, capables de fournir de la viande à tout le Val, roturiers inclus. »
‘Et ce n’est pas n’importe quelle viande, étant donné que nous n’élevons que du bétail de qualité, sans parler des moutons, des chevaux de guerre, de trait, et autres.’
« Grâce à ton acharnement, nos coffres sont pleins à craquer. Nos finances sont tellement bonnes que nous sommes sans aucun doute la maison la plus riche du Val, hormis la Maison Arryn. Et tout cela sans aborder le point principal. »
« Quel est ce point ? » dit Aemon, sachant très bien ce que j’allais dire.
« Je parle bien évidemment de notre armée, une armée bâtie selon tes standards. »
Aemon roula des yeux et dit : « Grand-père avait déjà bien commencé. »
« Ne joue pas les modestes, tu n’y arrives pas, » dis-je, plaisantant l’espace d’un instant pour détendre l’atmosphère solennelle que j’avais installée.
J’ai pris une profonde inspiration et puis j’ai dit : « Je suis extrêmement fière de toi, mon fils, n’en doute jamais. Mais sache que cette peur qui vit en toi n’a plus besoin d’exister. »
Aemon fronça les sourcils, ne voulant pas que je parle de lui de cette façon…
‘Mais c’est la pure vérité.’
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-POV Aemon Targaryen-
J’ai écouté ma mère continuer son discours sans l’interrompre, tout en réfléchissant profondément à ses paroles, me demandant si quelque part elle n’avait pas un peu raison.
Ma mère dit : « Tu n’es plus ce petit garçon apeuré qui fuyait la cour par peur. »
‘À cette époque, j’avais vraiment peur de m’attirer les foudres de Viserys, de sa femme, ou du vieux roi, et de me faire empoisonner à mon insu.’
« Ni ce petit garçon qui avait trop peur de perdre l’importance qu’il avait aux yeux de son père pour lui dire ce qu’il pensait vraiment de lui. »
‘Daemon est l’un des seuls dragonniers capables de tenir tête à Vhagar. Il vaut mieux que je l’aie avec moi que contre moi pour l’instant, surtout qu’il a l’intention de recréer du lien.’
« Tu n’es plus non plus le seul dragonnier de ta famille. »
‘Elle a raison sur ce point, l’ajout de Laena est un message fort envoyé à tous.’
‘Mais ce n’est pas parce que nous sommes mariés qu’elle a changé entre hier et aujourd’hui. Rien n’a changé, elle est toujours une Velaryon de bout en bout.’
« C’est peut-être difficile de changer de façon de penser, mais tu dois apprendre à le faire. Hier encore, tu pouvais peut-être avoir peur que la reine Alicent t’en veuille de prendre parti, mais sois en certain, cette nuit tout a changé. Tu lui feras bien plus grande impression en t’opposant à elle qu’en te couchant tel un vulgaire chien qu’elle peut siffler à sa guise, » dit-elle.
‘C’est aussi très juste, je n’ai pas besoin d’avoir la moindre crainte à l’égard d’Alicent. C’est elle qui devrait me supplier de rester son allié.’
« Tu es Aemon Targaryen, cavalier d’Urrax, seigneur de la Maison Royce, époux de la cavalière de Vhagar, Grand-Maître de l’Ordre des Boucliers de Bronze et Commandant en chef de plus de 10 000 Lances de Bronze. Tu n’as plus à avoir peur, car fais-moi confiance, cette garce t’a quitté il y a bien longtemps. »
‘La peur,’ pensai-je, souriant face au langage vulgaire que ma mère utilisait très rarement.
Elle a posé ses deux mains sur mes épaules et elle dit en terminant : « La peur a changé de camp, mon fils, alors fais-moi plaisir et n’agis pas comme ton père. Ne ruine pas ton mariage avant même qu’il n’ait vraiment commencé, car c’est ensemble que vous serez plus forts que tout. »
Je l’ai fixée sans rien dire, car je ne pouvais rien dire.
J’avais certes peu envie de rendre service à Corlys Velaryon ou à Rhaenyra, mais elle avait raison sur un point.
‘Si je laisse Laenor mourir, Laena ne pourra jamais me le pardonner, et cela entachera notre mariage à tout jamais.’
‘Elle n’a pas encore eu le temps de comprendre qu’elle n’était plus une femme de la Maison Velaryon, et qu’elle est déjà coincée entre sa famille de naissance et moi.’