-Chapitre 59-
Added 2024-10-05 05:06:11 +0000 UTC-Chapitre 59-
-POV Gunthor Royce-
Aemon et moi marchions tous les deux dans les rues sombres de la capitale pour nous rendre dans un bordel.
Bien que j’aie essayé de faire taire les questions qui assaillaient mon esprit, je ne pus m’empêcher de me demander ce que nous allions réellement y faire.
J’ai finalement craqué, car je connaissais assez bien mon neveu pour ne pas l’insulter en supposant qu’il voulait aller payer des putains pour quelques minutes de plaisir alors qu’il était à deux doigts de se marier avec l’une des plus belles jeunes filles nobles du royaume.
‘Une Velaryon chevaucheuse de dragon qui plus est,’ pensai-je.
« Qu’allons-nous réellement faire aussi tard dans un bordel, Aemon ? » demandai-je.
‘Même s’il avait besoin d’évacuer, la moitié des nobles dames se jetteraient volontiers dans son lit s’il leur en donnait l’occasion,’ pensai-je en observant mon neveu, qui avançait, ses cheveux habituellement blonds platine désormais teints en noir pour masquer son identité.
« Tous les pions sont en place. Il ne me reste plus qu’une chose à faire pour remporter cette partie, » dit-il en recommençant à parler de manière énigmatique.
‘Autant ne rien dire,’ pensai-je, légèrement agacé qu’il recommence à parler de cette façon.
« Tout va bien, Gunthor ? Tu m’as l’air un peu nerveux, » dit Aemon, le sourire aux lèvres.
‘Il adore quand je ne comprends pas ce qu’il fait, alors que nous passons presque tout notre temps ensemble,’ pensai-je en souriant légèrement face à l’air taquin de mon neveu.
« Je suis nerveux, car je n’ai pratiquement pas dormi depuis une semaine, et que je vais passer une nuit encore plus courte que la dernière, » dis-je.
Aemon sourit et dit : « Je t’avais prévenu, tu aurais dû alterner de temps en temps avec Arnold pour que tu puisses te reposer. »
J’ai reniflé et dit : « S’il t’arrivait quelque chose, ta mère me tuerait dans la foulée. »
Aemon sourit en se retournant vers moi, écartant les bras, et dit : « Qu’est-ce qu’il pourrait bien m’arriver ? »
‘Tellement de choses, tu ne t’en rends pas compte,’ pensai-je, repensant à une conversation que j’avais eue avec ma cousine Rhea avant de partir pour la capitale.
‘Tâche de toujours être avec lui lorsqu’il se déplace, surveille-le comme son ombre. Il a un dragon, il est excellent combattant, mais les flèches empoisonnées tirées dans l’ombre sont malheureusement bien trop nombreuses. Rien ne doit lui arriver.’
« J’imagine que nous allons rencontrer quelqu’un ? » demandai-je, histoire de faire la conversation, sans toutefois me laisser distraire, observant avec attention tout ce qui se passait autour de moi.
« Hmm, » fit Aemon, ne voulant visiblement pas m’en dire plus.
« Rassure-moi, tu ne vas pas revoir ce… Daemon, » dis-je, écœuré par cet odieux personnage.
La description que m’en avait faite Rhea m’avait décidé à ne jamais tolérer cet… individu.
‘Ce n’est même pas un homme,’ pensai-je sans rien dire.
« Non, je ne vais pas le revoir, même si j’aurais bien voulu, » dit Aemon, à ma grande surprise, car je connaissais le ressentiment qu’il nourrissait envers son père.
« Avec lui dans la danse, j’aurais pu avoir beaucoup plus d’opportunités, mais je ne peux ni compter sur lui ni lui faire confiance pour ce genre de choses, » dit-il.
‘J’aurais dû m’en douter, l’hypocrisie de ce gamin m’étonnera toujours,’ pensai-je en souriant intérieurement.
« J’imagine que ce n’est pas la princesse, ni ton rat de compagnie, donc je ne vois pas qui il te reste à voir, » dis-je, essayant de changer de sujet pour ne pas briser sa bonne humeur.
« C’est bon, tu verras cela très bientôt. Nous sommes arrivés de toute façon, » dit Aemon en détournant le sujet à l’approche d’un petit bordel assez luxueux mais très privé.
‘Rien de semblable au bordel de la catin de Daemon.’
Aemon entra dans le bordel, et dès notre arrivée, un homme se dirigea directement vers nous, s’inclina et nous indiqua, sans dire un mot, le chemin vers une suite privée.
Une fois arrivés à la suite, l’homme partit toujours sans dire un mot.
J’ai froncé les sourcils face à ce comportement suspect, mais en voyant Aemon, qui avait l’air assez calme, je me suis légèrement détendu, gardant toujours une main sur le pommeau de mon épée.
Quelques instants après le départ de l’homme, la porte s’ouvrit, et le rat de compagnie d’Aemon entra.
« Mon Prince, » dit-il en s’inclinant tant bien que mal, vu sa condition.
« Ne t’incline pas devant moi, ta jambe te fait déjà assez souffrir, il me semble, » dit mon neveu.
Le pied bot hocha la tête, remerciant tacitement Aemon de lui épargner le devoir de s’incliner, avant de le questionner du regard pour savoir s’il pouvait s’asseoir sur la chaise en face de lui.
Aemon hocha la tête tout en désignant la chaise devant lui d’un geste de la main.
Le pied bot en profita pour s’asseoir, visiblement soulagé.
« Alors ? » demanda Aemon.
« Aucune réponse, » dit Larys Strong.
« Pas de message ? » demanda mon neveu.
« Non, » répondit Larys.
« C’est étrange, j’espère… »
Juste au moment où Aemon commençait sa phrase, quelqu’un frappa à la porte.
« Entrez, » dit Aemon, comme s’il était propriétaire des lieux.
Instantanément, trois personnes encapuchonnées entrèrent, habillées simplement…
‘Mais leur démarche trahissait clairement leur statut,’ pensai-je, remarquant que l’homme en tête était probablement un seigneur, accompagné de deux de ses gardes.
« Vous avez trouvé facilement ? » demanda Aemon en plaisantant légèrement.
« Il y avait un plan, » dit l’homme aux cheveux noirs, dont je reconnus la voix instantanément.
Aemon sourit et dit : « Je suis heureux et surtout très touché que vous me fassiez assez confiance pour vous déplacer en personne… Oncle Viserys. »