-Chapitre 56-
Added 2024-10-03 02:34:24 +0000 UTC-Chapitre 56-
-POV Daemon Targaryen-
Regarder Aemon bouger gracieusement tout en abattant sans aucune difficulté les chevaliers qui lui faisaient face m’a donné envie de me battre contre lui pour voir…
‘Combien de temps il lui faudrait pour me vaincre’, pensai-je avant de secouer la tête.
« Je ne pensais pas que tu allais te montrer dans la cour d’entraînement », dis-je à mon fils une fois qu’il a posé sa lame sur la nuque du dernier chevalier encore debout.
Aemon a souri en relevant l’épée du chevalier qui, comme ses vingt autres compagnons, avait été humilié par les talents de mon fils, puis il dit :
« Tu veux te mesurer à ton fils ? »
J’ai souri, sachant qu’il avait un paquet de bonnes raisons pour vouloir se défouler sur moi, mais…
‘Je ne te laisserai pas faire, encore moins devant tous ces gens.’
« J’ai à te parler, c’est important », dis-je, changeant de sujet et revenant à la raison première pour laquelle je le cherchais.
« Que veux-tu ? », me demanda-t-il en remettant l’épée d’entraînement qu’il avait empruntée.
« Moi, rien du tout, mais en revanche Rhaenyra, c’est une autre histoire. Elle s’est montrée particulièrement impatiente, alors suis-moi », dis-je en me retournant, seulement pour me retrouver nez à nez avec le petit chien de cette putain de la Maison Hightower.
Criston Cole est passé devant moi sans me saluer et s’adressa à Aemon tout en m’ignorant totalement : « La reine requiert votre présence… »
« On y va », dis-je à Aemon, coupant délibérément la parole à ce moins que rien qui se couchait devant toutes les femmes dès qu’elles avaient un peu de pouvoir.
« Immédiatement », ajouta-t-il en se plaçant devant Aemon, qui plissa les yeux d’agacement en regardant le Garde Royal.
J’ai serré le pommeau de mon épée, mais Aemon m’a fait signe de me calmer du regard avant de dire :
« Si la reine désire me voir, alors ainsi soit-il. Après tout, qui suis-je pour refuser un ordre de sa Grâce ? Montrez le chemin, Ser. »
J’ai plissé les yeux dans sa direction, mais la seule chose qu’il dit fut :
« Nous parlerons plus tard. Une fois que j’en aurai terminé avec la reine, je vous rejoindrai dans les appartements de ma cousine. »
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-POV Alicent Hightower-
Tandis que j’imaginais toujours ce que je pourrais dire au Prince Aemon et comment je le formulerais, la porte s’est soudainement ouverte.
Cela m’a pris par surprise, car généralement tout le monde devait frapper à ma porte pour demander l’autorisation d’entrer avant d’ouvrir.
‘Excepté Viserys, qui le fait tout de même par courtoisie plus que par devoir’, pensai-je en regardant le jeune prince, d’une taille impressionnante, entrer dans ma chambre comme si c’était la sienne.
Ser Criston entra juste après lui, scandalisé par les actes du prince, et cria sur lui en disant :
« Vous ne pouvez pas faire irruption de force dans les appartements de la… »
« C’est bon, Ser Criston, vous pouvez nous laisser », dis-je, ne voulant pas débuter ces "négociations" sur de mauvaises bases.
« Tu as entendu ta maîtresse, couché, et retourne à la niche », dit le Prince Aemon en lançant un regard provocateur à mon champion, qui tomba directement dans le piège que le prince lui avait tendu.
Ser Criston s’avança d’un pas menaçant, sa main sur son épée, ce qui surprit le Prince Aemon, qui sourit face à l’acte complètement inconsidéré de Ser Criston.
« Ser Criston, je vous ai donné un ordre ! » dis-je fortement, furieuse de l’embarras que mon bouclier juré était en train de me causer.
Le prince Aemon mit un doigt près de son oreille et dit : « Es-tu sourd ? »
Ser Criston se détourna du prince, s’inclina vers moi, puis se retira, furieux.
J’ai poussé un soupir de soulagement en voyant cet incident se terminer sans débordement et tournai mon attention vers le prince, qui se tenait au-dessus du berceau d’Helaena, toujours endormie malgré le vacarme qu’ils avaient provoqué.
« Elle est magnifique », nota-t-il, l’air songeur.
« Elle est malheureusement née quelques années trop tard », dis-je en regardant le prince.
Le prince sourit légèrement face à ma flatterie inattendue, mais dit ensuite, sérieusement :
« Crachez le morceau, l’attitude de votre garde en dit long sur ce que vous avez l’air de savoir sur moi. »
Choquée par la soudaineté de ses paroles brutales et sans fioritures, je restai momentanément muette, jusqu’à ce qu’il ajoute, avec un petit sourire narquois, à moins d’un mètre de moi :
« Qu’est-ce que vous pensez savoir qui vous donnerait le contrôle sur ma voix ainsi que sur mes forces ? »
‘Ser Criston est vraiment idiot, il a deviné directement que j’avais obtenu des informations compromettantes à son sujet à cause de ce débordement’, pensai-je, complètement déstabilisée par les questions successives du prince.
« J’ai appris que vous avez formé une alliance avec les hommes des clans des montagnes, et je peux le prouver. Vous n’avez malheureusement pas été assez discret sur ce coup-là », dis-je, essayant de reprendre le dessus sur la conversation.
« Très bien, je comprends mieux cette confiance aveugle que vous semblez avoir tout d’un coup. Jusqu’à aujourd’hui, vous me sembliez assez faible, ce que vous êtes toujours », dit le prince en se détournant de moi et en marchant à travers ma chambre, observant au passage les décorations, tableaux et tapisseries d’un œil scrutateur.
Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’il ne reporte son attention sur moi et ne me dise :
« Vous ne possédez qu’un vague soutien de votre maison de naissance ainsi qu’un bouclier juré. Qu’est-ce qui vous fait penser que vous pouvez me faire chanter ? »
Son regard perçant me fit légèrement frémir, car ce n’était pas Viserys que j’essayais de manipuler.
‘C’est le fils de Daemon Targaryen, il le cache, mais je sais qu’ils sont pareils, du moins je le sens’, pensai-je avant de prendre une petite inspiration pour évacuer la tension en moi et me reconcentrer sur notre discussion.
« Vous avez une armée de plus de 2 000 chevaliers avec vos bannerets actuels. La Maison Royce peut certainement lever une armée de 10 000 soldats, et vous possédez un dragon en prime… »
‘Un très grand dragon’, pensai-je, m’interrompant un instant pour me rappeler la taille de son dragon, qui augmentait sans cesse.
Je repris mon petit monologue en ajoutant : « En cas de guerre ouverte dans le Val, vous gagnerez certainement. Et tant que vos ambitions restent dans le Val, il est possible que le roi… non, il est même extrêmement probable que le roi ne cherche pas à intervenir, mais… »
« Mais ? », demanda Aemon, attendant que je termine ma phrase.
« Mais vous n’aurez plus sa confiance, et il est plus que probable que vos enfants n’aient pas d’œufs de dragons. » dis-je d'un munie d'une confiance que je ne savais pas que je me savais pas posséder.
‘Que les Sept fassent qu’il me croie’, pensai-je, tentant de lui faire peur.