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-Chapitre 68-

-Chapitre 68-

-POV 3e-

Peu de gens ont vu Gregor Clegane s’effondrer au sol dans le chaos car tous étaient accaparés par l’armée Connington qui arrivait de trois côtés différents, coupant toute voie de retraite possible aux fuyards.

Les soldats des maisons assermentées aux Tully, qui fuyaient tous en direction du bloc central de l’armée Connington, se sont arrêtés en les voyant au sommet de la colline, comprenant qu’ils étaient pris entre le marteau et l’enclume.

Les premiers soldats à fuir se sont retrouvés pratiquement nez à nez avec les soldats de l’armée Connington au sommet de la colline quand ils ont pu entendre les officiers de l’armée ennemie hurler aux archers : « LÂCHEZ ! »

Une pluie de flèches s’est envolée de l’arrière des troupes Connington et s’est abattue sur les survivants de l’armée des Riverlands, poursuivis de très près par les soldats de l’armée Lannister. Cette seule et unique salve de flèches avait porté un coup fatal, moralement et physiquement, aux troupes restantes des vassaux de la Maison Tully.

Tandis que les soldats de l’armée Lannister riaient et célébraient la fin de la bataille et la défaite sans appel de la Maison Tully, personne n’a remarqué que les deux cavaleries, positionnées à l’est et à l’ouest du champ de bataille, fondaient rapidement sur le champ de bataille.

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-POV Daven Lannister-

« Père, j’ai un mauvais pressentiment, » dis-je en regardant la cavalerie ennemie fondre sur les dernières troupes résistantes ayant juré allégeance aux Tully.

« Ne t’en fais pas, ils ne savent pas, » dit mon père, clairement nerveux bien qu’il essayait tant bien que mal de le cacher.

« Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? » demandai-je, de plus en plus nerveux à mesure que les secondes s’égrenaient.

« Si Ronnet savait, il n’aurait pas envoyé son frère. Tywin m’a assuré en personne que nous ne risquions rien, » dit-il.

‘Nous ne sommes que des pions pour lui, il n’en a rien à faire. Malgré nos étroits liens de parenté, notre vie et notre mort n’importent pas à ses yeux,’ pensai-je.

« Mais… »

« Même si c’était le cas, si nous faisons un geste maintenant, nous pourrions les alerter et entraver le plan de Kevan. Une fois Raymund Connington en sa possession, nous serons tranquilles, » dit mon père, cherchant à me faire taire pour éviter de nous attirer le malheur.

« Oncle Kev… »

Les mots qui allaient sortir de ma bouche sont morts en voyant la cavalerie, à moins de quelques mètres des soldats des Riverlands épuisés et désespérés, prendre violemment un tournant à 90° afin de se diriger vers nous.

‘NOOOOOOOOON, ils cherchent à enfoncer nos lignes pour nous prendre en tenaille,’ hurlais-je intérieurement en voyant mes pires craintes se réaliser.

J’ai tourné la tête vers mon père pour qu’il donne ses ordres, mais ce dernier était abasourdi et n’était clairement plus avec moi.

J’ai cherché du regard Ser Gregor pour qu’il essaie de donner de sa voix, mais tout ce que j’ai vu, c’est le géant agonisant dans son sang.

‘Quand ?’ pensai-je avant de violemment me ressaisir.

J’ai hurlé de toutes mes forces : « BOUCLIERS, LEVEZ VOS PUTAINS DE BOUCLIERS ! »

Mais c’était trop tard, beaucoup trop tard. En quelques instants, les premières lignes de mon armée ont été enfoncées par la cavalerie ennemie, qui a accéléré et détruit notre armée en une double charge en tenaille dévastatrice.

Je n’arrêtais pas d’hurler à mes soldats de lever leurs boucliers, de se regrouper, de reformer leurs rangs, mais rien n’y faisait. Tous étaient paniqués, car les lignes mal formées tombaient comme des mouches.

Une fois que les premiers déserteurs se sont retournés pour fuir, le feu a pris comme dans de la paille, et tous ont fui la queue entre les jambes, paniqués, ne voulant pas mourir.

‘Ils sont au moins 15.000 dans le bloc central,’ pensai-je en regardant l’armée centrale fondre sur les soldats des Riverlands, tout aussi confus que nous.

‘Ils ne nous ont même pas trahis pour s’allier avec Robb Stark et Edmure Tully. Ils essaient simplement de tout avoir,’ ai-je réalisé, comprenant que non seulement Ronnet savait, mais qu’il allait aussi faire en sorte de gagner l’allégeance et l’obéissance des seigneurs des Riverlands.

‘Mais comment fera-t-il ?’ pensai-je, ne comprenant pas comment ils allaient s’y prendre.

Et c’est là que je l’ai vue. Sansa Stark. Ou devrais-je dire Sansa Tully, en regardant les étendards aux couleurs de la Maison Tully que portaient les chevaliers qui l’accompagnaient.

J’ai tout compris à la seconde où j’ai croisé son regard, et une colère noire s’est emparée de moi.

J’ai attrapé la lance d’un soldat qui se pissait dessus à côté de moi et était à deux doigts de vomir, et j’ai donné un coup de talon à mon cheval.

Ce dernier a renversé sans pitié les hommes devant moi, qui couraient tous dans la direction opposée, afin de me créer une route pour que je tue cette chienne.

‘Si elle meurt, tout le plan de ces fils de pute tombe à l’eau.’

Elle était entourée de ses chevaliers, mais je m’étais entraîné à la joute avec les meilleurs. Je savais que je pouvais l’atteindre.

Plus je me rapprochais d’elle, plus j’étais sûr de pouvoir inverser le cours de cette bataille en créant la panique dans leur camp.

Je n’arrêtais pas de me répéter intérieurement à chaque mètre qui me rapprochait de ma cible :

‘Je peux le faire.’

‘Je peux le faire.’

‘Je peux le faire.’

‘Je peux le…’

Une douleur foudroyante m’a assailli d’un seul coup, rompant la prise ferme que j’avais sur mes rênes et me faisant tomber à terre tout en lâchant ma lance par la même occasion.

J’ai rapidement identifié la douleur comme étant une flèche qui s’était plantée dans ma cuisse, et alors que j’allais essayer de me relever pour attraper ma lance tombée non loin de moi, un cheval a brusquement écrasé ma jambe avec ses deux sabots.

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH ! »

La douleur était insoutenable, et le cri que j’ai poussé en témoignait.

« Que voulez-vous que nous fassions de lui, Lady Sansa ? » ai-je entendu le chevalier à sa droite demander à la jeune femme, qui faisait tout ce qu’elle pouvait pour ne pas vomir tout en maintenant l’expression impassible qu’elle arborait.

Luttant pour ne pas pleurer face à la douleur que je ressentais, j’ai hurlé :

« MON ONCLE AURA VOTRE PEAU POUR CETTE TRAHISON ! VOUS VOUS ALLIEZ AUX PUTAINS DE CHIENS BARBARES DU NORD ? NOUS AURIONS DÛ VOUS FAIRE EXÉCUTER TOUS AUTANT QUE VOUS ÊTES ! »

La douleur était si forte que la seule façon de rester conscient sans pleurer était de hurler en crachant toute la rage et la douleur que je ressentais au visage de cette jeune femme, qui venait de condamner les milliers d’hommes sous notre commandement ainsi que toute la Maison Lannister.

‘Même Tywin Lannister ne pourra pas se remettre d’une perte de 35 000 soldats expérimentés.’

« Tuez-le, » dit la jeune fille d’une voix si basse que je l’ai presque pas entendue.

L’homme qui portait une armure et une cape noires sourit, puis dit en levant son épée :

« Je ne sais pas de quel oncle tu parles, jeune homme, mais sois tranquille, ils te rejoindront très bientôt. Je peux t’assurer que j’enverrai tous les Lannister te rejoindre très prochainement. »

Il ajouta juste avant de laisser tomber son épée :

« J’y veillerai personnellement, bande de merdes. »

Ce à quoi j’ai pensé en voyant l’épée de cet homme, dont je ne savais rien, se rapprocher rapidement de moi, c’était la haine qu’il exprimait à notre égard.

Je ne la comprenais pas.

‘Pourquoi nous haïr ? Nous étions les grands perdants dans cette guerre.’

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Benoît Valtin


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