-Chapitre 198-
Added 2024-09-12 23:12:44 +0000 UTC-Chapitre 198-
-POV Benjen Stark-
J’ai souri doucement en levant mon verre tandis que tout le monde était encore choqué de la brusquerie d’Aegon, et j’ai dit afin de détendre l’atmosphère :
« J’ai hâte de rentrer à la maison. »
Tous ont souri, la plupart par politesse, car ils voyaient sans doute cette mesure comme un exil ou autre, mais je savais parfaitement à quel point la cour m’étouffait et prenait mon énergie chaque jour.
‘Tellement plus d’énergie que lorsque j’étais ranger pour la Garde de Nuit’, notais-je mentalement.
« Plus sérieusement, je suis réellement soulagé que cette épingle quitte mes vêtements, » dis-je en dégrafant l’épingle de Main de l’Empereur accrochée sur ma poitrine et en la jetant doucement à mon futur neveu.
L’épingle de Main de l’Empereur était en tout point identique à la précédente à l’exception du matériau : elle n’était pas en or comme l’ancienne, mais faite en acier valyrien.
‘Encore une chose faite pour démarquer les Sept Royaumes de l’Empire’, pensai-je, notant que même si peu de choses visibles avaient réellement changé, un nombre incalculable de réformes mineures avaient été prises depuis l’avènement de l’Empire.
Cette fois, en m’adressant directement à lui, j’ai dit à Aegon :
« J’aimerais que tu saches que je serai toujours là pour toi, et je serai heureux de te servir, que ce soit en tant que sujet ou en tant qu’oncle. »
Aegon a hoché la tête et a dit :
« Merci pour tout ce que tu as fait pour moi et pour l’Empire, mais je n’ai pas fini de compter sur toi et tes services, mon oncle, alors prépare-toi, car c’est maintenant que la véritable épreuve commence. »
J’ai hoché la tête, comprenant ce qu’il insinuait, comme la majorité des personnes à cette table, mais nous étions les deux seuls à pouvoir pleinement comprendre le poids et le fardeau qu’il venait de me confier.
‘Le poids de la responsabilité de tout le royaume, la clé de la survie de plus de 40 millions d’âmes,’ pensai-je, me préparant mentalement à assumer cette mission.
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-POV MC-
« Est-ce que c’était vraiment nécessaire ? » me demanda mon oncle en arrivant dans mon dos.
J’ai souri et puis j’ai dit : « Daenerys a besoin de comprendre où s’arrête la limite de son pouvoir. »
Ned sourit légèrement et dit, cette fois sur un ton plus... glacial :
« Très bien, puisque tu ne veux pas entamer cette conversation, laisse-moi reformuler ma question pour toi. »
J’ai haussé les sourcils, attendant qu’il parle malgré le fait que je savais parfaitement de quoi il parlait.
« Pourquoi retires-tu le poste de Main à Benjen pour l’envoyer... »
« À la mort ? » demandai-je, terminant sa phrase pour lui.
« Ce n’est pas ce que j’ai dit. »
« Mais tu l’as pensé tellement fort que je n’ai pas eu besoin de l’entendre de ta bouche. »
Il n’a rien dit et a attendu que je m’explique, alors c’est ce que je fis. J’ai poussé un petit soupir de soulagement, abandonnant la façade que je portais en permanence depuis que j’avais posé cette couronne sur ma tête :
« Tu penses que je le fais pour te punir d’avoir fiancé Sansa avec une Grande Maison, ce que j’ai interdit sans mon aval, et ce pour des raisons que nous connaissons mieux que quiconque. »
« Et ce n’est pas le cas ? »
« Non, je le fais parce que tu m’as ouvert la voie. Le poste de Benjen a toujours été temporaire. Je ne pensais certes pas le renvoyer sur le Mur, mais il n’a jamais été question qu’il me serve de Main pour des années. Il l’a fait pour m’aider, et seulement pour cela. »
« Pourquoi tu le renvoies sur le Mur ? »
« Parce que je n’ai pas le choix, j’ai très peu de personnes en qui j’ai confiance, qui n’ont pas de responsabilité et qui sont qualifiées pour remplir le poste de Commandant du Mur. »
L’espace de quelques secondes, un silence de plomb a plané entre nous avant qu’il ne dise :
« Je suis désolé de m’être emporté, je pensais que tu me punissais à travers lui. »
« Tu n’as pas besoin de t’excuser, ce n’aurait pas été la première fois que j’aurais agi de manière mesquine par l’intermédiaire de ma position ainsi que de mon rôle en tant que Souverain pour me venger, » dis-je en regardant droit devant moi, par peur de croiser son regard.
J’ai senti une main se poser sur ma nuque avant d’entendre mon père dire :
« J’ai mal agi, je le sais, Cat aussi, et crois-moi quand je te dis qu’elle le sait. »
J’ai regardé mon père-oncle, sceptique, avant de demander d’un ton clairement incrédule :
« Tu crois vraiment ce que tu viens de dire ? »
« À sa manière, elle s’en est rendu compte. Elle croit que ses dieux t’ont mis sur son chemin pour la punir de ses mauvais agissements, » dit-il.
« J’ai gagné, c’est tout ce qui importe. Le reste ne sont que des liens qui nous enchaînent dans le passé et nous empêchent d’avancer tout en profitant des joies de la vie, » dis-je, ne voulant clairement pas revenir sur le sujet.
« J’aimerais pouvoir voir les choses de la même façon que toi, mais j’ai trop vécu et trop fait pour ne pas éprouver de regrets en regardant derrière moi, » dit-il.
J’ai hoché la tête, comprenant ce qu’il essayait de dire, et puis j’ai ajouté : « En ce qui me concerne, tout ce qui s’est passé avant que je ne devienne empereur est derrière moi. »
Mon oncle a hoché la tête, mais j’ai continué en disant : « En revanche, ce qui ne l’est pas, c’est le fait que tu passes dans mon dos pour conclure des accords avec Olenna Tyrell. »
« Tu as interdit les mariages, pas les fiançailles, » dit-il en essayant de se défendre.
« Ne joue pas sur les mots, » dis-je, voulant une discussion franche, sans faux semblant.
« Je ne joue pas sur les mots, mais si tu veux être un suzerain et un souverain juste, tu devrais suivre les lois que tu as établies correctement. »
« Si tu t’opposes à ce mariage, Sansa se conformera à ton ordre et se mariera avec quelqu’un d’autre, même si encore une fois la loi n’est pas claire dans ce cas précis. »
« Dans quel cas ? » ai-je demandé, curieux.
Il a répondu sans se presser :
« Dans le cas où le système de suzerain est aboli. En retirant le contrôle que nous avions sur les différentes régions, tu nous as remis au même rang que toutes les autres Maisons, donc... »
« C’est bon, arrête. Je vois qu’elle a profondément planté ses crocs de vipère. Tu répètes ces mots de manière tellement fluide qu’on dirait que vous avez répété cela ensemble des dizaines de fois auparavant, tout comme Sansa à table, » dis-je, agacé.
Mon oncle a souri, puis j’ai dit : « Je n’ai pas vraiment de raison de m’opposer à cette union. En fait, j’avais pour projet de vous proposer cela d’ici une année. Ce que je n’apprécie pas, c’est que vous ayez dû faire barrage à deux contre moi. Malgré nos rapports complexes et tendus, tu restes... ma famille. »
Mon oncle ne dit rien, alors j’ai ajouté : « Même si je ne porte pas les Tyrell dans mon cœur, j’avais prévu de faire de Willas ma Main, et ce pour de nombreuses années, ce qui veut dire que je devrais m’efforcer de garder de bons rapports avec sa famille. »
« Tu es l’Empereur, tu n’as pas à lui plaire, » dit mon oncle.
« Je ne veux pas lui plaire. Ce que je veux, c’est pouvoir avoir confiance en lui, en mes conseillers ainsi qu’en ma famille. C’est tout ce que je veux, » dis-je.
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-POV Samwell Tarly-
Depuis déjà deux semaines entières, j’ai pris le contrôle de Pentos. Étant donné les restrictions auxquelles la cité faisait face, elle n’a pas pu réagir assez rapidement pour m’empêcher de prendre rapidement le contrôle de cette cité.
Conformément aux ordres d’Aegon, j’ai fait exécuter le précédent Prince de Pentos ainsi que tous ses partisans. Je n’étais pas particulièrement enchanté de devoir obéir à cet ordre, et pour être tout à fait honnête avec moi-même, ce genre d’ordre me répugnait du plus profond de mon être.
‘Malheureusement, je ne peux pas refuser cet ordre, surtout quand je sais que cet ordre était nécessaire et représentait un moindre mal,’ pensai-je en soupirant, toujours choqué du massacre qui s’en était suivi dès notre arrivée dans la cité.
La prise de Pentos fut la plus facile, car ignorant notre attaque ainsi que la menace que nous représentions, ils ne s’étaient pas prémunis contre une telle attaque. La Lune de Sang n’a eu aucun mal à infiltrer rapidement la ville et à nous ouvrir les portes de la cité ainsi que de tous les bastions au sein de la ville.
L’efficacité de la Lune de Sang était réellement impressionnante, surtout quand on sait que c’est une organisation qui reposait principalement sur trois personnes : Garth Flowers, Bryan, et Connor.
‘Sans leurs pouvoirs surnaturels, nous aurions eu beaucoup plus de mal à obtenir autant de renseignements,’ pensai-je.
« Commandant ? »
« Hmm, » dis-je en regardant mon lieutenant principal, Florian Flowers, un bâtard de la Maison Fossoway devenu chevalier à l’âge de 17 ans, l’homme qui chargeait à ma place lors des batailles.
Florian avait fait partie de la noblesse, mais n’avait pas reçu d’éducation noble. Du haut de ses 32 ans, malgré de très bonnes compétences martiales, il était toujours inconnu, et ce pour deux raisons.
‘Il n’utilise pas d’épée au combat, et il n’est pas intégré dans la caste noble, c’est simplement un bâtard,’ pensai-je.
Pour lui, il n’était pas question de gloire, de renommée, de fortune, ou même d’honneur, mais simplement de survie, car ses plus belles années étaient en train de s’écouler rapidement, et sans une bonne réputation, un chevalier tel que lui, qui n’a pas remporté de tournoi ni ne s’est fait une petite renommée, sera abandonné à son sort.
‘Le sort de la plupart des chevaliers de haie qui finissent par remplir des tavernes, buvant jusqu’à ce que mort s’en suive.’
Bien qu’Aegon ait fait de moi le Commandant de la 10e Légion, nous nous sommes très rapidement rendu compte que je n’étais pas adapté au style de commandement qu’il affectionnait.
‘Toujours mener ses hommes au combat.’
Au cœur de la bataille, je perds mon sang-froid parce que j’ai constamment peur de mourir, ce qui me pousse à me préoccuper davantage de ma sécurité et m’empêche de me concentrer sur la situation globale.
Longtemps, je me suis demandé si j’allais pouvoir être attribué à d’autres tâches que la surveillance et la garde de Dragonstone. Bien que j’étais respecté par la majorité des courtisans d’Aegon, ce que je voulais vraiment, c’était le respect de mon père, son respect, mais aussi ses regrets.
‘Je voulais qu’il me le dise en face, qu’il regrettait la manière dont il m’avait traité, la manière dont tout s’était passé entre nous, le fait qu’il préfère mon frère à moi et qu’il me remette de son propre chef Corvenin... mon héritage.’
« Les nobles de la ville commencent à gronder et, avec eux, le peuple. Nous n’avons qu’une seule légion, je doute que nous puissions contenir autant de gens en colère. »
« Il n’y a pas besoin de les contenir, nous devons leur faire aimer notre Empereur. »
« Et comment allons-nous faire cela ? »
« Ne t’en fais pas, tout est déjà prévu. Parle-moi plutôt de ce que nos éclaireurs ont pu nous rapporter. »
« Les agents impériaux de la Lune de Sang ont envoyé des messages à nos éclaireurs, et ces derniers étaient assez inquiétants, car il semblerait que Braavos et Volantis rassemblent leurs forces pour nous affronter directement. »
‘Comment peuvent-ils réagir aussi rapidement ?’ pensai-je, m’interrogeant intérieurement sur cette rapidité de réaction hors du commun.
‘Je peux comprendre que Braavos ait réussi à obtenir des informations rapidement, étant donné les nombreux espions qu’ils possèdent disséminés dans tout le monde connu, mais pas Volantis.’
« Commandant ? » demanda une nouvelle fois Florian.
« Le temps de réponse est trop rapide, quelque chose ne tourne pas rond et je n’arrive pas à savoir quoi, » dis-je.
« Peut-être qu’ils possèdent des personnes ayant les mêmes capacités que les chefs de la Lune de Sang, » dit-il, ce qui me fit tiquer et sortir de mes pensées.
« Mais oui, c’est ça, » dis-je avant de prendre une petite feuille de papier et de griffonner quelques mots.
« Je veux que tu fasses envoyer ce message à l’Empereur par le volatile le plus rapide que nous possédons. C’est de la plus haute importance. »
‘Si ce que je pense est réel, alors l’Empereur aura besoin de toute l’aide possible, car nous passons d’une position de force à une position de faiblesse sans précédent. Cela pourrait entraîner une guerre sans précédent dans laquelle toutes les nations du Monde Connu devront s’affronter.’