-Chapitre 35-
Added 2024-09-01 18:39:05 +0000 UTC-Chapitre 35-
-POV Viserys Targaryen-
« Tu as l’air tendu, mon amour », me dit ma femme alors que je me regardais dans le miroir.
Les années m’éprouvaient de plus en plus, et je perdais chaque année un peu plus de vigueur depuis la mort d’Aemma.
« Je suis inquiet », dis-je.
« Inquiet de quoi ? » répondit Alicent en croisant mon regard à travers le miroir.
J’ai baissé les yeux et ajouté : « De l’avenir de ma Maison, de ma succession, de l’avenir de Rhaenyra, de tellement de choses. »
Alicent s’est éloignée de moi, et comprenant que j’avais dit une bêtise, je me suis rapidement retourné et j’ai dit : « Je me soucie aussi de nos enfants, mais Rhaenyra est tellement téméraire que cela me hante jour et nuit. J’ai peur qu’elle ne se frotte à son cousin. »
Alicent a pris mes mains et a dit :
« Ce qui s’est passé dans la cour était un accident qu’Aemon a plutôt bien géré, si tu veux mon avis. Il aurait pu exiger la tête de Ser Harwin pour ce manque de respect. »
« Et j’aurais dû exiger sa tête et celle de son dragon pour ce qu’il a osé faire, accident ou non », dis-je en serrant le poing.
« Mais vous ne pouvez pas le faire », dit Alicent.
« Je ne peux pas faire cela parce que je n’en ai pas la force, et Daemon ne me le pardonnerait pas. La relation qu’il entretient avec son fils est spéciale mais néanmoins indestructible, c’est sa plus grande fierté », dis-je. En tant que grand frère, je connaissais assez Daemon pour savoir qu’Aemon était son préféré et que cela ne changerait pas.
« Bientôt, vous le pourrez », dit Alicent en posant ma main sur son ventre déjà bien arrondi.
J’ai souri, et elle a ajouté : « Nous avons déjà trois enfants ; avec ce quatrième, nous aurons l’avantage du nombre de dragonniers. »
« Aemon aura aussi ses propres enfants », dis-je, pas rassuré le moins du monde par l’argumentaire de ma chère et tendre épouse.
« Tout comme Rhaenyra », ajouta Alicent.
« Tu serais prête à agir de concert avec elle ? » dis-je, surpris car j’étais au courant des tensions rampantes entre elle et Rhaenyra.
« Je serai prête à faire tout ce que mon roi m’ordonnera », dit Alicent en plongeant ses magnifiques yeux noisette dans les miens.
« Je t’aime », dis-je en posant mes mains sur ses joues avant de l’embrasser doucement.
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-POV Laena Velaryon-
Agacée par la tâche que mon père m’avait confiée, je me suis rendue dans les appartements de mon futur mari. Devant la porte, Ser Arnold Arryn et Ser Gunthor Royce montaient la garde.
« Ser », dis-je en guise de salutation.
Les deux ont baissé la tête et Ser Gunthor a ouvert la porte en annonçant d’une voix forte :
« Lady Laena Velaryon est ici, mon prince. »
« Laissez-la entrer », répondit Aemon.
Je suis passée devant les deux chevaliers avant de me retrouver face à Aemon, qui, torse nu, essayait différentes tenues devant un miroir.
« Tu n’as toujours pas choisi la tenue que tu allais mettre pour le festin ? »
« Laena », dit-il en se retournant, avant d’enfiler rapidement une tenue au hasard tout en ajoutant :
« Je pensais que la cérémonie aurait lieu le premier jour, donc non, je n’ai pas réfléchi au reste. »
J’ai roulé des yeux, puis j’ai dit : « Je viens de la part de mon père, alors rendons cela aussi simple que possible. »
Il a hoché la tête tout en continuant à se préparer :
« Jusqu’à la fin de ton séjour dans la capitale, la Maison Velaryon verrait d’un très bon œil que tu n’interfères pas avec la bonne humeur de la Princesse Héritière. »
« Je ne comprends pas », dit Aemon d’un ton tranquille, sans me regarder.
« Tu as très bien compris ce que j’essayais de dire », dis-je, persuadée qu’il avait bien compris mais qu’il essayait de reprendre le pouvoir afin de négocier.
Il prit plusieurs secondes avant de finalement se retourner, tout habillé, et de dire avec un grand sourire :
« Tu as raison, je suis un horrible menteur, mais je ne suis pas disposé à obéir à ton serpent de père. »
« Tu sais que mon père est fier, et que si tu ne fais pas ce qu’il te demande, il te le fera payer un jour ou l’autre ? » dis-je en regardant Aemon, un sourcil haussé.
Aemon hocha la tête et dit :
« J’ai très bien compris le message, et tu peux dire à ton père que je ne suis ni à son service, ni au tien, et que si tu ne veux pas te marier ou qu’il souhaite te marier à quelqu’un d’autre, libre à lui. »
Le petit sourire poli que j’affichais en permanence s’est figé. Puis, en passant devant moi, il m’a inspectée avant de finalement dire : « Tu es vraiment dotée d’une beauté ravageuse. Maintenant, tu m’excuseras, mais j’ai un banquet auquel je dois assister. »