-Chapitre 185-
Added 2024-07-30 22:32:28 +0000 UTC-Chapitre 185-
-26e jour de la 11e lune de l’an 300 AC-
-POV 3e-
Le bruit des fers à cheval résonnait dans le bois tandis que le troupeau de cerfs fuyait ses assaillants.
Après la fête mouvementée, le roi a décidé d'emmener ses vassaux dans le Kingswood pour chasser et resserrer les liens, afin de les comprendre, de discuter avec eux et d'entendre leurs plaintes dans un cadre plus libre et détendu.
La chasse s’est bien déroulée, car tous voulaient démontrer leurs talents avec un arc, une lance ou tout simplement leurs compétences de pisteurs et chasseurs.
Au final, les chiens pisteurs ont fait la plus grande partie du travail et ont retrouvé un troupeau de cerfs, mené par un cerf blanc.
Le cerf blanc était un symbole de la royauté ainsi que de chance. En abattre un était généralement signe de bonne augure, mais aussi réservé aux souverains.
Dès que l’Empereur apprit la nouvelle, il prit en chasse le troupeau avec pour objectif d’abattre le cerf blanc à leur tête.
Après une poursuite effrénée, la troupe de l’empereur finit par rattraper le troupeau et l’empereur abattit le cerf blanc d’un lancer de javelot précis à une distance de plusieurs dizaines de mètres, en plein cœur, et sourit sous les acclamations de tous ses vassaux voulant soit entrer dans ses bonnes grâces, soit faire oublier les signes de déloyauté qu’ils avaient manifestés.
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-POV MC-
« Quel coup magistral, Votre Majesté ! Je n’en reviens pas, la vitesse et la précision de votre lancer de javelot sont tout un art, » dit le Seigneur Brus Buckler en approchant son cheval du mien.
Bien que ce dernier ait subi une lourde perte de prestige après les quelques jours que nous avons passés dans la nature, il a finalement rappelé à tous qu’il n’était pas seulement un vassal, mais l’un des plus puissants de mes vassaux.
Je pouvais bien sentir que l’homme en face de moi ne m’aimait pas, mais je n’avais nul besoin de son amour, simplement de sa loyauté et de son obéissance. Alors je ne l’ai pas rejeté lorsqu’il essayait de me flatter.
« J’ai pu apprécier vos talents de chasseur par moi-même et vous n’étiez pas mal non plus, » dis-je en le complimentant à mon tour.
Ce dernier sourit et dit : « J’ai passé beaucoup de temps à cheval et j’accompagnais souvent l’ancien seigneur à la chasse. »
« Oui, cela se ressent dans votre prise de décision ainsi que dans votre manière de diriger vos hommes. Vous êtes clairement expérimenté dans ce genre d’exercices. »
Il inclina légèrement la tête et après une fraction de seconde, prit une petite inspiration et dit sur un ton solennel :
« J’aimerais vous demander pardon, Votre Majesté. »
« Pourquoi cela ? » demandai-je en feignant l’ignorance de la situation.
« J’ai fait quelque chose de mal et je m’en rends compte. Bien que vous ayez fait preuve de miséricorde à mon égard, je me devais de faire preuve de pénitence auprès de vous, » dit-il en ravalant sa fierté sur un ton servile.
J’ai hoché la tête et dit : « Vous êtes un homme fier, Vicomte Buckler, et l’un de mes plus puissants vassaux. J’espère que vous serez assez intelligent pour comprendre que l’ère des Baratheon est d’ores et déjà terminée. »
« Vous avez réagi rapidement pour étendre votre pouvoir et je ne vous ai pas restreint dans cette activité alors que j’en avais le pouvoir, car j’attends de vous que vous gériez la partie la plus au sud de mon domaine correctement, qu’aucune terre ne soit laissée à l’abandon. Cela ne vous donne pas le pouvoir d’agir en tant que Seigneur Suzerain ou de vouloir usurper la Maison Baratheon en la rétablissant puis en vous mariant à la fille de Stannis Baratheon. »
Brus Buckler a tressailli quand j’ai abordé la question de Shireen Baratheon et a relevé les yeux, surpris. J’ai souri et dit :
« Les Florent ont déjà perdu énormément à cause de Stannis, ils ne risqueront pas l’extinction de leur maison pour vos ambitions. »
« Je… » essaya-t-il de dire, paniqué, mais je l’ai interrompu avant qu’il n’essaye de se justifier, en disant :
« Je ne vous en tiens point rigueur, sinon vous seriez une merde fumante de Rhaegal au moment où nous parlons. »
« J’aime les gens avec de l’ambition, mais j’aime aussi ceux qui savent rester à leur place. Comprenez-vous, Vicomte Buckler ? »
« Oui, Votre Majesté, » dit Brus Buckler.
« Très bien, alors comme vous avez excité les seigneurs et les petites gens, nous allons devoir les contenter en leur offrant quelque chose. »
Une petite lueur a brillé au fond de ses yeux avant que je ne l’éteigne brutalement en disant :
« Je vais rendre Storm’s End à l’héritier de Robert Baratheon, l’usurpateur, Gendry Baratheon. »
« C’est un… »
J’ai haussé un sourcil et il se tut intelligemment.
Tout le monde savait que je détestais cette insulte et que je ne l’utilisais que très rarement, que j’avais fait exprès de légitimer tous mes enfants pour qu’aucun d’entre eux n’ait à souffrir du mépris de la société comme je l’avais été par le passé.
« … homme légitimé par son Empereur, » dis-je.
Brus Buckler hocha la tête, son humeur tombant au plus bas, mais avant qu’il ne sombre davantage dans le désespoir, j’ai dit :
« Le Domaine Impérial est beaucoup trop étendu et je compte le diviser en trois régions qui auront chacune un gouverneur responsable de faire prospérer cette région et, bien sûr, qui devra faire face aux conséquences en cas de déception. Vous êtes un homme capable, je suis sûr que vous avez les qualités requises pour me servir correctement. »
« C’est trop d’honneur, » dit-il, stupéfait par ma proposition.
« Je ne vous ferai jamais trop d’honneur dans cet empire. Soit vous êtes utile à ce dernier, soit vous êtes un cadavre, » dis-je avant de donner un coup de talon pour m’éloigner de lui au galop.
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-POV Brandon Stark-
« Brandon… Brandon… Brandon… »
‘Encore cette voix,’ pensai-je en regardant autour de moi, pour ne trouver personne d’autre que mon frère, qui me regardait légèrement perplexe.
« Tu entends toujours des voix ? » me demanda Robb.
J’ai hoché la tête et dit : « Je suis sûr que c’est important, mais je n’arrive pas à comprendre qui m’appelle. »
Robb soupira et je dis : « Je ne suis pas fou. »
Robb sourit et passa une main dans mes cheveux roux avant de dire :
« Je sais que tu n’es pas fou, petit frère. »
« Je ne mens pas non plus, » dis-je.
Robb sourit et dit :
« Je fais des rêves, des rêves dans la peau de Grey Wind. Très longtemps, j’ai essayé de repousser cela au fond de moi sans faire le lien avec toutes les histoires que la Vieille Nan et Jon nous racontaient lorsque nous étions plus jeunes, mais aujourd’hui je ne peux plus me voiler la face. La magie existe, les sauvageons passés au sud du Mur en sont la preuve vivante car ils possèdent aussi le trait que je possède, que nous possédons tous en tant que Stark. »
« Alors toi aussi tu y crois, » demandai-je, excité, car Père était sceptique face à tout ce que je racontais.
Je sentais qu’il ne mettait pas ma parole en doute mais qu’il avait du mal à croire une chose aussi fantaisiste.
‘Ne parlons même pas de Mère qui serait capable de nous mener directement au septuaire pour nous purifier,’ pensai-je en souriant légèrement.
Brandon… nous t’attendrons… au Wolfswood
J’ai écarquillé les yeux car la phrase semblait avoir changé et ne répétait plus mon nom en boucle sans aucun sens.
J’ai souri et dit : « Je dois aller au Wolfswood. »
Robb fronça les sourcils et avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit pour s’y opposer, j’ai dit :
« Accompagne-moi, avec toi je ne crains rien, tu es le Seigneur de Winterfell en l’absence de Père. »
Robb fronça profondément les sourcils avant de finalement les desserrer et dit :
« C’est la seule façon de mettre un terme à ce qui te tourmente et d’être fixé sur la nature de cette voix. »
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-POV Viserys Targaryen-
Face à moi, plus de 150 000 soldats étaient rassemblés, toute la puissance de l’armée impériale qui sera le fer de lance de l’Empire dans son projet de domination mondiale, et cela allait
commencer par l’assujettissement complet des îles d’été au nom du Prince Jalabhar Xho.
‘Une farce dirigée par une marionnette qui sera aux ordres du dragon,’ pensai-je avec un petit sourire en coin.
Elle était loin l’époque où j’étais obligé de m’humilier et de me donner en spectacle afin que les marchands des cités libres m’offrent un toit pour la nuit.
Aujourd’hui, j’étais à la tête d’une armée qui allait assujettir un continent, aussi petit soit-il, avec l’une des plus grandes armées du monde.
J’allais entrer à coup sûr dans l’histoire et je ne serai pas oublié avant au moins plusieurs millénaires.
‘Comment pourraient-ils oublier le Grand Prince Viserys, épée et bras droit du Premier Empereur ?’ pensai-je.
« SOLDATS, » ai-je hurlé.
Le bruit des lances cognant les boucliers ou les plastrons retentit avant que le calme ne revienne. J’ai donc commencé mon discours d’encouragement en disant ceci :
« Soldats, quel que soit l’endroit d’où vous venez, quel que soit votre statut à la naissance, quelle que soit votre richesse, à partir de demain, VOUS SEREZ TOUS IMMORTELS. »
Les acclamations retentirent et j’ai levé la main pour qu’ils se calment et me laissent terminer :
« Vous êtes tous des héros de l’Empire, des héros qui ne seront jamais oubliés. Vous allez ouvrir la voie à la prospérité de toute une nation, à plusieurs dizaines de millions de personnes et dont profiteront d’innombrables générations bien après notre mort à tous. C’EST UN IMMENSE HONNEUR POUR MOI D’AVOIR ÉTÉ CHOISI POUR COMMANDER DES HOMMES AUSSI BRAVES. »
« VISERYS, VISERYS, VISERYS, VISERYS. »
‘Je comprends pourquoi tu apprécies autant ces moutons. Comment ne pas profiter de telles acclamations,’ pensai-je en comprenant enfin pourquoi Aegon appréciait autant la foule et les gens du commun.
« Préparez-vous tous, nous quittons les Stepstones aujourd’hui. Nous avons assez attendu. »
« Des risques de tempêtes ont été signalés. Nous ne pourrons pas faire escale à Lys avec toute notre flotte, donc nous serons obligés de naviguer ainsi si jamais nous rencontrons une tempête, » dit Aegor Velaryon, un cousin très éloigné de l’actuel chef de la Maison Velaryon et Amiral de la 3e Flotte Impériale.
‘Il ne ressemble même pas à un Valyrien,’ pensai-je en regardant l’homme dépourvu de traits distinctifs des Valyriens.
« Faites-moi confiance, du haut de Viserion, je pourrais tout voir à des kilomètres, » dis-je, confiant.
‘Je ne te décevrai pas,’ pensai-je en ayant une dernière pensée pour mon souverain et neveu, l’une des seules personnes pour qui j’éprouvais un réel respect.
« Très bien, Votre Altesse, » dit Aegor, légèrement contrarié que je ne tienne pas compte de ses remarques certes prudentes mais qui nous feraient perdre un temps précieux.
« Nous allons rendre l’Empire fier et vous reviendrez en héros, Amiral Aegor, » dis-je en posant une main sur l’épaule de ce dernier, qui se redressa instinctivement à la mention de sa récente promotion.
« À vos ordres, commandant, » dit-il avec une vigueur retrouvée.
‘C’est tellement facile. Il avait raison, pas besoin de leur crier dessus ou de les menacer, une petite tape sur l’épaule et le tour est joué.’