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-Chapitre 166-

-Chapitre 166-

-POV Daenerys Targaryen-

Du haut de mon dragon, je pouvais voir la paisible cité d’Astapor endormie, ignorant que le prédateur guettant son arrivée était là. À cause de sa couleur sombre et de la nuit couverte de nuages, personne ne pouvait nous voir, Drogon et moi, survolant la cité à haute altitude.

‘Est-ce que je dois vraiment le faire ?’

C’est la question que je me suis posée juste avant d’enterrer toutes mes pensées au plus profond de mon être et de frapper le flanc de Drogon pour qu’il descende.

Nous avons lancé les hostilités en détruisant toutes les défenses de la cité ainsi que leurs portes pour reprendre la cité que j’avais autrefois sauvée des griffes des Bontés d’Astapor de ce boucher nommé Cleos.

‘Des chiens qui ne tirent que du plaisir en voyant les autres souffrir, qui maltraitent tous ces pauvres gens pour des pièces,’ pensai-je en sentant quelque chose brûler d’indignation au fond de moi.

Une fois que nous sommes arrivés à portée de tir, j’ai hurlé avec toute la rage que j’éprouvais par la trahison des personnes censées m’être fidèles : « DRACARYS ! »

Une fois les flammes sorties de la gueule de Drogon, tout ce qui restait n’était que cendres et hurlements.

J’ai endurci mon cœur en entendant tous ces hurlements que je causais, et nous avons survolé entièrement le mur séparant la cité du reste du monde, brûlant tout ce qui se trouvait entre moi et mon trône.

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-POV Edmure Tully-

« Quelle abomination, » dis-je du haut de mon cheval en voyant le dragon de la reine détruire toutes les défenses de la ville en moins d’un quart d’heure sans que rien ne puisse l’arrêter.

Ma stupéfaction face à cette vision d’horreur a été interrompue par mon oncle qui m’a donné un coup de poing à l’arrière de la tête comme lorsque j’étais un enfant et m’a dit avec un sévère regard d’avertissement :

« Garde ta bouche fermée à l’avenir. N’oublie pas que la réintégration de notre maison ne dépendra que de la reine Daenerys. Sans elle, nous serons obligés de finir notre vie dans la honte à gagner de l’or comme de vulgaires mercenaires de bas étage. »

J’ai froncé les sourcils car bien que je ne sois plus le Gardien du Trident, je restais toujours le chef de notre maison, mais face au regard froid et sec de mon oncle, je n’ai rien pu faire d’autre que balayer le sol du regard.

« Est-ce que tu m’as bien compris ? » demanda mon oncle Brynden.

J’ai hoché la tête et puis j’ai dit :

« J’ai commis une erreur, mais ne pensez pas que je puisse oublier un jour la honte et la décadence dans lesquelles ce misérable bâtard a plongé notre maison. Je ne suis plus un enfant que vous pouvez sermonner comme bon vous semble, je suis l’actuel seigneur de la maison Tully»

« Espérons simplement que tu n’en sois pas le dernier, » dit mon oncle en soupirant.

J’allais répondre mais je me suis tu en voyant la garde de la reine approcher avec à sa tête Tyrion Lannister.

« Préparez-vous, » dit ce dernier.

J’ai hoché la tête malgré le dégoût que je ressentais pour ce Lannister car chaque fois que je me souvenais de lui, c’était au moment où il était la main du bâtard de Ned Stark.

‘Il a grandement contribué à l’humiliation de notre maison, lui et toute sa famille d’opportunistes. Sans eux, Robert n’aurait eu aucun mal à rester roi, c’est la faute de ces putains de sangsues blondes.’

« Nous savons ce que nous avons à faire, gnome, » dis-je en crachant le dernier mot.

Tyrion rit sans rien dire et repartit accompagné des sept gardes de la reine : Yohn Royce, Andar Royce, Patrek Mallister, Hendry Bracken, Harry Rivers et les deux bâtardes d’Oberyn, Obara et Nymeria Sand.

‘Comment ai-je pu tomber aussi bas, servir une reine qui se soucie plus des coutumes étrangères que des coutumes de sa propre nation,’ pensai-je en voyant les deux bâtardes accompagner le gnome.

J’ai poussé un profond soupir et j’ai fermé les yeux pour reprendre mon calme.

Une fois que j’ai repris mes esprits et ajusté mon humeur, je me suis tourné vers mes hommes.

En arrivant à Braavos, mon oncle et moi avons directement utilisé les derniers fonds de la maison Tully cachés à la Banque de Fer pour monter une compagnie de mercenaires composée de chevaliers de haie ainsi que de mercenaires westerosiens à qui j’avais promis gloire et titres à notre retour à Westeros.

J’ai hurlé à mes 800 cavaliers sur un ton très différent de celui que j’employais avec mon oncle et j’ai dit :

« Soldats, préparez-vous à entrer dans la ville. Tuez tous ceux qui portent une arme et épargnez les innocents. Le pillage est proscrit. Tout soldat coupable de pillage devra en répondre personnellement devant moi, votre commandant. COMPRIS ? »

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-POV Tyrion Lannister-

« Quel pitre, » dit Obara, méprisant le seigneur ‘légitime’ de Riverrun.

« C’est un enfant et même tout le temps qu’il a passé sur le Mur n’a pas pu le rendre plus mature, il est toujours aussi con. »

« Dire que notre oncle voulait qu’il devienne le mari d’Arianne, » dit Obara d’un ton toujours aussi méprisant.

« Cela aurait été préférable à celui pour qui elle pond des gosses aujourd’hui. »

« Tout aurait été préférable à lui, même Walder Frey. »

Je ne suis pas intervenu dans leurs discussions mais j’ai froncé les sourcils à la mention d’Aegon car je savais que j’allais finir par me retrouver au pied du mur comme Ser Jorah Mormont.

J’avais désormais une double, non, une triple… non, en fait une quadruple allégeance envers Daenerys, Illyrio Mopatis, Benerro et Aegon.

Et je trahissais chacun d’eux en fournissant des informations et des conseils sincères à l’un, même si Illyrio Mopatis ne m’inquiétait pas tant que ça depuis qu’il prenait sa retraite après la mort de son fils Aegon Blackfyre et avait confié toutes les ressources en sa possession à notre reine. La double ‘allégeance’ que j’avais pour Benerro et Aegon m’empêchait de dormir.

L’un me menaçait avec la vie illusoire de Tysha tandis que l’autre me menaçait tout court.

Je sais que si jamais il apprend d’une quelconque manière que je suis sous les ordres de Benerro, je mourrai dans la nuit d’un coup de poignard d’un sans-visage et je ne pourrais même pas essayer de faire pareil car je suis pratiquement sûr que le sans-visage perdrait dans un affrontement avec ce monstre.

J’ai été Main du Roi assez longtemps pour savoir à quel point ces pouvoirs sont réels ainsi que leur puissance qui ne fait que croître tout comme son dragon, qui est selon les rumeurs deux fois plus grand que celui de Daenerys à l’heure actuelle.

‘Dans une guerre ouverte, elle n’aura jamais une chance de pouvoir tuer ou même de pouvoir vaincre ce putain de monstre. Peut-être que Benerro pourrait l’aider à le vaincre en le restreignant avec sa propre magie mais j’en doute. Je n’ai pas assez de connaissances en la matière et surtout je ne connais pas toutes les capacités de Benerro.’

« Monseigneur Main, » dit Yohn Royce, généralement taiseux, me sortant de mes pensées.

J’ai froncé les sourcils dans sa direction pour savoir ce qu’il me voulait étant donné que d’habitude il conservait ses paroles comme son trésor le plus précieux.

Il me fit signe de regarder à ma droite et je vis le regard mécontent des deux filles d’Oberyn.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demandai-je impatient car je savais qu’elles ne m’aimaient pas à cause de mon père que j’ai moi-même tué de mes propres mains.

« Je t’ai posé une question, je voulais savoir ce qui te préoccupait autant. Ces derniers temps, tu es souvent ailleurs. Peut-être que tu regrettes le temps où tu étais le bouffon de la cour d’Aegon. Tu éprouves sûrement un peu de nostalgie à l’idée de tous ces souvenirs heureux, n’est-ce pas ? » demanda Nymeria Sand.

J’ai souri et puis j’ai dit : « Loin de moi l’idée de retourner le servir. »

Obara ajouta : « Menteur, chaque fois que nous parlons de lui, je peux voir que tu t’éloignes et que tu te noies dans tes propres pensées, à moins bien sûr que tu ne t’inquiètes plutôt pour l’avenir, un avenir où il décide de te traquer. »

Même si je n’ai pas réagi extérieurement face à ces accusations, mon cœur a sauté lorsqu’elle a trouvé ce qui me préoccupait et j’ai dit :

« Aegon apprendra tout ce qui s’est produit aujourd’hui et saura que nous avons rallié nombre de chevaliers, seigneurs et hommes exilés pour rejoindre notre cause. Il ne le verra pas d’un bon œil et comprendra que nous allons l’attaquer. Il pourrait même le voir comme une provocation alors que nous n’avons toujours pas finalisé l’alliance entre Euron Greyjoy et la Reine. »

« Tant que personne n’ouvre sa bouche, il ne comprendra pas le but de notre reine, » dit Obara essayant subtilement de me faire comprendre qu’elle avait des doutes sur ma loyauté.

J’ai souri sans répondre à ses accusations bien qu’étant intérieurement secoué par ses déclarations successives qui pourraient influencer le reste de la Garde Royale qui était plus symboliquement un titre décerné aux hommes et femmes westerosii n’apportant rien d’autre que leurs lames ainsi que leurs conseils à la Reine.

J’ai dit après quelques secondes : « Ne le prenez pas pour un idiot, cet homme est très intelligent. Il a une très grande compréhension de ses ennemis, c’est comme s’il les étudiait avant de se battre contre eux. C’est de cette manière qu’il arrive à prévoir les prochains coups de ses adversaires. Il sait que nous recherchons tous la vengeance ainsi que la restauration de ce que chacun d’entre nous a perdu et que pour cela nous nous utilisons tous les uns les autres. »

« À entendre la façon dont tu parles de lui, on dirait presque que tu l’admires, » dit Nymeria.

J’ai hoché la tête et puis j’ai dit : « Pour un homme de ma stature, voir un bâtard s’élever en aussi peu de temps à un aussi haut niveau au-dessus de sa condition primaire, je trouve cela admirable. Quoi qu’il ait fait ou n’ait pas fait, il est un exemple d’intelligence, de détermination et d’excellence. Maintenant, à nous de le faire tomber et de mettre fin à son règne, sa vie, sa descendance ainsi que sa légende. »

Personne n’a rien dit mais les regards sceptiques que je sentais sur moi des autres membres de la Garde Royale de la Reine se sont estompés et j’ai mentalement relâché un petit soupir de soulagement en voyant que je n’étais plus aussi suspect aux yeux de chacun.

‘Reste à convaincre Benerro et Aegon que je suis leur plus loyal serviteur sans trahir les intérêts de l’un ou de l’autre.’

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-POV MC-

« Astapor est tombée » dis-je en regardant toutes les personnes réunies à cette réunion du conseil impérial.

J’ai froncé les sourcils et puis j’ai dit : « Deux semaines, c’est le temps qu’il faut maintenant pour qu’un message en provenance de la Baie du Dragon, comme l’a renommée ma très chère tante, nous parvienne. »

« C’est le mieux que nous puissions faire avec les blocus ainsi que la chasse aux sorcières que le Grand Prêtre Benerro et les agents à la solde d’Illyrio Mopatis mènent, » dit un conseiller.

« Nous avons pratiquement perdu tout le réseau de renseignements de la Baie du Dragon au profit de ce porc engendreur de Blackfyre. C’est inacceptable, » dis-je en regardant Garth qui occupait la place de Connor depuis que ce dernier s’occupait de sa petite famille.

Ce dernier a baissé la tête, encaissant la critique sans broncher, mais cela ne m’a pas apaisé pour autant. J’ai continué en disant :

« Est-ce que vous vous rendez compte des conséquences dramatiques que cela aura une fois que nos partenaires apprendront la nouvelle ? S’ils ne l’ont pas apprise avant nous, nous commencerons à être perçus comme faibles et vulnérables de ce côté-ci du détroit. Même avec toute notre puissance militaire, nous ne pouvons pas restreindre les folles conquêtes de ma tante. »

« Et pourquoi ne pas tout simplement la tuer ? » demanda Kevan.

« Le maître de la monnaie fait valoir un juste point. Au lieu de dépenser autant de ressources, nous pourrions tout simplement étouffer le poussin dans l’œuf avant qu’elle ne devienne une plus grande menace pour vous. Vous pourriez même apprivoiser son dragon ou bien l’un de vos enfants une fois qu’ils grandiront. »

« Encore faut-il que l’assassin arrive à l’atteindre. Dois-je vous rappeler qu’elle est sans cesse protégée par des Immaculés entraînés de la plus dure des manières et rompus au vrai combat ainsi que par son dragon ? » dit le Vicomte Monford Velaryon.

« Elle n’est pas comme Sa Majesté, elle ne pourra pas se défendre contre un sans-visage sans son dragon et ce dernier ne pourra pas l’accompagner lorsqu’elle devra se soulager » dit le Vicomte Adrian Celtigar.

« Mais est-ce que vous vous écoutez parler ? Vous discutez de la possibilité d’assassiner la tante de notre empereur et la sœur du Prince Viserys tous deux présents sur le… »

Mon oncle ne termina pas sa phrase mais l’embarras pouvait être vu sur les visages des protagonistes de ce dérapage. J’ai tourné la tête pour voir Viserys plisser les yeux vers Adrian Celtigar et puis j’ai dit en apaisant les choses :

« La raison pour laquelle je garde Daenerys en vie est très simple : parce qu’elle est tout simplement une Targaryen. Mais la raison pour laquelle je la laisse continuer à rassembler ses troupes ainsi qu’à causer la terreur dans son royaume d’esclaves est simplement parce que cela nous profite. Elle effraie tous les esclavagistes, qu’ils soient d’ascendance ghiscarienne ou valyrienne, et nous, en les ‘protégeant’, nous nous assurons de renforcer la position transcendante de l’empire. »

Willas Tyrell hocha la tête et parla pour la première fois :

« Vu sous cet angle, il est vrai que nous avons toujours besoin d’elle pour jouer le rôle de la méchante, mais nous devrions continuer à rester prudents. Nous ne devrions pas lui laisser autant de latitude car elle pourrait très bien se révéler une adversaire de taille si les choses continuaient à dégénérer. »

J’ai hoché la tête, d’accord avec lui, car elle m’avait plusieurs fois pris par surprise et je devais en finir une bonne fois pour toutes.

« Vous pouvez vous retirer, je dois réfléchir à cela. Nous reprendrons dans deux jours, » dis-je.

‘Je dois réfléchir de manière posée à mes prochains coups. Nous devons montrer que nous sommes les plus forts et que, quelle que soit sa puissance, Daenerys ne représente aucune menace pour moi ainsi que pour tous nos alliés,’ pensai-je.


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