-Chapitre 158-
Added 2024-06-08 21:06:38 +0000 UTC-Chapitre 158-
-6e jour de la 2e lune de l’an 300 AC-
-POV MC-
« Aaaaaaaaaaaaaah »
« Poussez, Votre Majesté, vous y êtes presque. »
« Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah »
Entendre les cris d’Arianne me donnait des sueurs froides, et j’ai pris un moment pour remercier les dieux de ne pas être né femme, car je ne pense pas que j’aurais eu le courage de mettre au monde un enfant.
J’ai serré la main de mon épouse sans rien dire, car je ne pouvais rien faire à part lui montrer que j’étais là pour elle.
« Je vois la tête, Votre Majesté, vous y êtes presque, il ne vous reste qu’un dernier effort. »
« Tiens bon, Arianne, tu as fait le plus gros du travail » dis-je en plongeant mes yeux dans les siens.
Je ne voulais pas qu’elle y reste, et pour cela, l’accouchement ne devait pas durer des heures, car le risque de complications augmentait avec le temps.
Bien que j’aie constitué une équipe spécialement de sages-femmes entraînées, que j’aie fait construire une pièce stérilisée avec les moyens que je possédais et que j’aie créé du gel hydroalcoolique, je ne pouvais pas être sûr que tout se passerait correctement.
Après tout, elle n’était qu’une femme normale.
« Poussez… poussez… poussez. »
Après quelques minutes, la sage-femme chef des opérations se tut et des pleurs éclatèrent.
Un soulagement m’envahit, et puis j’ai embrassé le front d’Arianne en lui chuchotant, ému par le fait que je sois maintenant père : « Merci pour ce magnifique cadeau, mon amour, je t’aime. »
Elle n’a pas souri et n’a même pas réagi, au contraire, elle a continué à grimacer et j’ai vu que la sage-femme, étonnée, dit :
« Il y en a un deuxième qui suit, il est pratiquement sorti, un dernier effort, Votre Majesté. »
Quelques secondes plus tard, un deuxième bébé hurla et fut emmailloté devant moi, qui étais sous le choc car j’étais non seulement père, mais père de deux enfants.
« Voici votre premier-né, Votre Majesté, un garçon, » dit la sage-femme en me présentant mon fils aîné.
J’ai pris avec précaution le petit paquet, j’avais tellement peur de lui faire mal en raison de sa taille et de son air si fragile qu’après quelques secondes, je l’ai remis à la sage-femme qui l’a ensuite remis à Arianne.
Arianne a souri en voyant notre fils, puis elle a dit : « Il est magnifique, n’est-ce pas ? »
'Généralement, je ne comprenais pas ce que les gens ont à s’émerveiller devant la tête des bébés, mais cette fois, je suis d’accord avec elle, nous avons mis au monde un ange' pensais-je en regardant le petit garçon qui n’arrêtait pas de pleurer.
« Il est magnifique. »
« Votre fille, Votre Majesté. »
J’ai été distrait par la sage-femme en chef qui, cette fois, m’a remis ma fille et, à l’inverse de mon fils, j’ai essayé de la tenir plus longtemps.
« Comment vas-tu les appeler ? »
« Aemon et Visenya. »
« Des noms Targaryen. »
« C’est ce qu’ils sont, seront et représenteront à l’avenir, la noblesse, la puissance et la fierté de la Maison Impériale du Dragon. »
Elle a doucement souri, puis elle a dit en posant une main sur le ventre d’Aemon qui hurlait toujours :
« Tout va bien, mon petit dragon, tout va parfaitement bien, tu es en sécurité, alors ne pleure plus»
Comme si elle l’avait ensorcelé, Aemon a arrêté de pleurer et j’ai haussé les sourcils devant le pouvoir magique qu’était la fibre maternelle.
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-29e jour de la 2e lune de l’an 300 AC-
-POV Ellaria Martell-
« Arianne Martell a accouché d’une paire de jumeaux, » dit Daenerys en me regardant.
Même si c’était une simple phrase, Ellaria savait parfaitement ce que la jeune reine voulait dire par là.
Depuis la mort de sa main du roi, elle a intériorisé énormément toute la rage et la frustration qu’elle ressentait, mais à la simple mention de son neveu, la colère du dragon se révélait prête à exploser.
« Je comprends » dis-je en écrasant la culpabilité que je ressentais à son égard.
Arianne avait choisi de se tenir du côté de l’assassin d’Oberyn, alors qu’il en soit ainsi.
Un silence pesant s’est installé entre nous que j’ai rompu en demandant : « Est-ce que vous avez retrouvé Quentyn ? »
« Non, à ce jour, nous n’avons toujours aucune nouvelle de l’endroit où il pourrait être, en fait, nous ne savons même pas s’il est toujours en vie. »
« C’est un gros problème, est-ce que vous en êtes consciente ? » dis-je frustrée, car sans un mariage avec lui, toute chance que Doran abandonne le parti d’Aegon était morte et enterrée, et aucune maison de Dorne ne se rangerait du côté opposé de Doran maintenant que sa fille a mis au monde le futur empereur de Westeros.
« Je le sais, » dit-elle légèrement.
« Non, vous ne comprenez pas. Votre projet de reconquête de Westeros aux mains des Baratheon est mort depuis longtemps. Vous auriez peut-être pu penser que vous alliez être accueillie les bras ouverts par le peuple de Westeros, mais cette époque est révolue depuis des années. La Maison Targaryen règne sur Westeros d’une main de fer, et ce, avec deux dragons. Si vous continuez à prendre votre temps pour rassembler vos forces et attaquer, vous ne pourrez rien faire, » dis-je, car maintenant qu’elle avait fait des esclavagistes ses ennemis, nous n’aurions aucune chance de pouvoir faire une alliance avec d’autres cités, car la plupart pratiquent l’esclavagisme.
« Je ne peux pas aller plus rapidement, je n’ai pas assez de personnes pour assurer la sécurité des territoires que j’ai conquis, » dit-elle agacée.
« Alors recrutez des hommes, » dis-je d’un ton qui soulignait que c’était l’évidence même.
J’avais vu tellement de personnes dans la rue qui n’avaient rien à faire que cela me paraissait évident qu’elle devait mettre à profit ces personnes en les incorporant dans son armée.
'C’est ce qu’Aegon a fait' pensais-je.
« Je ne peux pas leur imposer une guerre, ils ont assez souffert, » dit Daenerys en secouant la tête.
Agacée par l’innocence et la naïveté persistantes en elle, j’ai dit : « C’est la cruelle réalité dans laquelle nous vivons, c’est la cruelle réalité d’une guerre. Ils ont plus de dragons que nous, ils ont plus de soldats que nous, ils ont plus d’alliances que nous. Pour avoir un espoir minime de l’emporter, vous avez besoin d’hommes pour gagner cette guerre. »
Elle fronça les sourcils mais ne m’interrompit pas, alors j’ai continué : « Ce n’est qu’ainsi que vous pourrez prouver à tous ceux qui ont peur de s’opposer à Aegon qu’il leur reste une autre option. Le Val et Dorne ne sont pas du tout prêts à se rendre à Aegon, mais avec le temps, il renforcera tellement sa position qu’ils ne pourront rien faire d’autre à part courber l’échine, peu importe le nombre de soldats et de dragons que vous enverrez là-bas. »
Une fois que j’ai fini de parler, je l’ai vue tomber dans une profonde réflexion, puis elle releva la tête.
« Au total, avec les Immaculés qu’Illyrio Mopatis m’a offerts, il ne me reste que 6 000 Immaculés et 1 000 réservistes prêts à devenir des Immaculés dans les mois à venir. Même si j’étais prête à recruter des dizaines de milliers de soldats, voire une centaine de milliers, ils ne seraient pas à la hauteur de l’armée impériale, » dit la reine, découragée par ce que je venais de lui dire, car nous savions tous que les 100 000 légionnaires de l’armée impériale représentaient un tiers, voire un cinquième de l’effectif total de l’Empire de Westeros en cas de guerre totale, et nous ne pouvions même pas faire face à cela.
« Les Immaculés sont les meilleurs entraîneurs qui soient, la preuve en est l’armée impériale. Toutes les légions de l’empire ont été entraînées sous la supervision d’Aegon et de 500 Immaculés. Voilà comment il a réussi à faire de 100 000 paysans les 100 000 soldats d’élite protégeant actuellement toutes les frontières de son empire, » dis-je en regardant la jeune reine qui semblait prise dans un dilemme.
« Vous m’avez donné matière à réflexion, maintenant laissez-moi, » dit-elle finalement à ma plus grande déception, car c’est ce genre d’indécision qui pourrait la faire perdre.
« Je vous demande pardon si jamais je vous ai offensée, j’ai simplement essayé de vous donner les conseils les plus sincères qui soient. »
Elle n’a rien dit et elle ne s’est pas tournée dans ma direction, m’indiquant tacitement de m’en aller, ce que j’ai fait et une fois dehors, j’ai poussé un profond soupir exaspéré.
'Oberyn, peut-être que je me suis trompée sur toute la ligne' pensais-je.
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-POV MC-
« Alors ? » ai-je demandé à Connor qui est entré dans mon bureau sans frapper, l’un des seuls avec ce pouvoir, bien qu’avec mon Sens Magique, je l’aie repéré à des dizaines de mètres.
« Tu avais raison, tous les nobles de la Garde de Nuit que nous avons laissés partir en exil ont été contactés par des prêtres rouges. Donc, sur cette base, je peux être certain d’une chose : l’homme nommé Benerro est en train de rassembler toutes les personnes qui ont des rancunes contre toi et qui possèdent un minimum d’influence afin de les monter contre toi pour qu’ils servent Daenerys, » dit Connor.
J’ai hoché la tête car je m’y attendais, puis j’ai dit : « Je m’en doutais. En entendant ce que Kinvara m’a dit à son sujet, je me suis rendu compte qu’il avait sûrement réussi à retourner Tyrion contre moi et qu’il était à l’origine du complot pour que j’assassine Jorah Mormont. »
« Tu le savais avant de me demander de le supprimer ? » demanda Connor.
« Que c’était lui ? Non, » dis-je en regardant mon frère de cœur avant d’ajouter :
« Mais que quelqu’un essayait de se débarrasser de Jorah Mormont par mon intermédiaire, oui. »
« Alors pourquoi l’avoir quand même fait ? » demanda Connor.
« Il y a plusieurs raisons à cela. La première, c’est que c’est lui qui a monté Daenerys contre moi à l’origine. La seconde, c’est qu’il la contrôlait et qu’elle ne deviendra jamais une vraie reine avec ce genre de sangsue qui bridera sa réflexion. Et en dernier lieu, je ne veux pas affoler le serpent tapi dans l’herbe. »
« Benerro ? » demanda-t-il.
« Hmm, pour l’instant, il essaye de gagner le soutien de Daenerys pour arrêter les marcheurs blancs, ce qui veut dire que l’offensive de Daenerys se fera dans moins de cinq ans, » dis-je.
« Comment le sais-tu ? » demanda Connor.
« C’est un pressentiment que j’ai, » dis-je.
« Il va essayer de nous attaquer de plein de manières différentes, mais malheureusement pour lui, ils ont un handicap extrêmement important : la tolérance de l’esclavagisme. »
« Je pensais que tu détestais aussi l’esclavage, » dit Connor.
J’ai hoché la tête, puis j’ai dit : « Je le déteste et je ne permettrais jamais sa pratique sur mes terres, mais je ne suis pas assez fou pour entrer en guerre contre le reste du monde car ils pratiquent encore l’esclavage. Je peux essayer de faire disparaître cette pratique en proposant des contrats entre nations avec des avantages incroyables à la clé pour que les intérêts des familles esclavagistes ne soient pas touchés, mais c’est tout ce que je peux faire dans la situation actuelle. »
« Ton pragmatisme légendaire, » dit Connor en se moquant légèrement de moi avec une blague que Valeria disait souvent.
J’ai hoché la tête, puis j’ai dit avec un petit sourire : « Tu as tout compris. »
« Que fait-on maintenant ? »
« Pour l’instant, on ne fait rien. Nos coffres doivent encore gonfler, nos finances doivent être solides, car bien que j’aie déjà dit qu’aucune guerre ne se déroulera sur notre terre, nous allons traverser des troubles dignes de l’âge des héros. L’objectif à venir pour les cinq prochaines années est de conquérir les îles d’été et d’exploiter les riches ressources de ces îles pour nous ouvrir plusieurs nouveaux marchés et les dominer de manière instantanée, car nous aurons le pays producteur en tant que royaume vassal de l’empire. »
« Cela ne sera pas facile, nous pourrions perdre énormément en essayant de conquérir ces terres, » dit Connor.
J’ai souri, puis j’ai dit : « Malheureusement, nous n’avons pas le choix. Les ressources de ces terres m’intéressent beaucoup trop pour que je laisse quiconque autre que moi les utiliser. »
Connor a secoué la tête, amusé, puis a dit : « Et moi qui pensais que tu allais t’encroûter et devenir un vieux et gros noble profitant de sa richesse jusqu’au jour de sa mort. »
J’ai souri, puis j’ai dit : « Tu parles de toi là, Connor. »
Nous avons ri, puis il a dit : « J’ai rencontré quelqu’un. »
« Je sais, » dis-je.
« Bryan ? » demanda-t-il, agacé.
« Bryan, » dis-je avec un sourire.
« Quel connard fouineur, » dit Connor qui espérait garder le secret.
« C’est ton frère, » dis-je.
« Je sais et je l’aime de tout mon cœur, mais c’est un connard de petit fouineur, » dit Connor.
J’ai souri, puis il dit : « Elle est tombée enceinte, j’ai envie de me marier avec elle et de fonder une famille, donc j’aimerais prendre un peu de temps pour nous maintenant que la situation s’est stabilisée. »
Je pouvais voir qu’il était inquiet de ma réaction, mais je l’ai immédiatement rassuré en attrapant ses épaules et en disant :
« Ne t’inquiète pas, vis ta vie, fais plein d’enfants à ta femme et reviens quand tu seras prêt. »
« Merci Aegon, merci pour… tu vois quoi, merci pour tout, » dit-il en me serrant dans ses bras.
« Je n’y serais pas arrivé sans vous, » dis-je en me souvenant de tout, un peu ému par le chemin que nous avions parcouru.
« Si, tu y serais arrivé, tu es quelqu’un de spécial et c’est un honneur de te servir dans cette vie, je tiens à ce que tu le saches, » dit Connor.
« Tu es mon ami et mon frère pour toujours, Connor, » dis-je en frappant son épaule et en le relâchant. Il a hoché la tête, puis est sorti.