-Chapitre 23-
Added 2024-05-25 17:29:45 +0000 UTC-Chapitre 23-
-POV 3e-
Balon se tenait sur la plus haute tour de Pyke, son regard fixé sur la mer houleuse en contrebas.
Le vent salé fouettait son visage buriné et jouait avec ses cheveux grisonnants, mais il ne bougeait pas.
La nouvelle de la bataille entre Ronnet et Stannis lui était parvenue tôt ce matin, portée par un de ses corbeaux les plus rapides.
Ronnet... Ce nom lui laissait un goût amer dans la bouche, l'image de l'île d'Harlaw ravagée par cet homme le hantait encore.
Les Greyjoy avaient régné en maîtres sur les îles de Fer pendant des générations, et voilà que ce petit seigneur de pacotille se permettait d'outrepasser son rang.
Il déplia à nouveau la lettre, les mots semblant danser devant ses yeux, Ronnet avait vaincu près de 70 000 hommes avec seulement 50 000, et il n'avait perdu qu'un tiers de ses forces.
Stannis, l'un des stratèges les plus respectés de Westeros, avait perdu presque 60 000 hommes, et la moitié d'entre eux étaient maintenant prisonniers… C'était inconcevable.
Comment un tel désastre avait-il pu se produire ?
Balon serra le parchemin dans sa main, laissant éclater sa frustration, Ronnet avait peut-être remporté cette victoire, mais cela n'avait aucune importance, les bateaux de Balon étaient déjà en route pour le Nord, prêts à piller et conquérir.
Stannis et Ronnet pourraient se battre autant qu'ils le souhaitaient dans le Sud, cela n'affecterait en rien ses plans.
Et pourtant, un sentiment de malaise s'était installé au creux de son estomac.
Une question persistait dans son esprit :
Ronnet était plus dangereux qu'il ne l'avait imaginé, si ce seigneur pouvait infliger une telle défaite à Stannis, que pourrait-il faire à l'armada des Greyjoy s'ils se rencontraient en haute mer ?
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-POV Balon Greyjoy-
« Père ? » Une voix douce interrompit ses réflexions, c'était sa fille, Asha.
« Père, est-ce que vous allez bien ? Vous semblez préoccupé, » demanda Asha sa fille.
Balon se tourna lentement vers elle, la lueur cruelle de ses yeux rencontrant les siens.
« Je réfléchis, Asha, à l'avenir des îles de Fer… À ce que nous devons faire, » dis-je, mon esprit ne quittant jamais mes inquiétudes naissantes face à l’ascension de Ronnet Connington.
‘Cet homme pourrait bien finir par mettre fin à la guerre avant que nous arrivions à piller le Nord,’ pensais-je sans révéler ce qui m’inquiétait à ma fille.
Asha hocha la tête, comprenant qu'il valait mieux ne pas pousser plus loin pour le moment.
Balon remit la lettre dans sa poche, ses pensées tournoyant autour de Ronnet et du futur incertain des îles de Fer.
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-POV 3e-
Les dorures de la salle du trône semblaient ternes à Cersei en ce matin morose, les reflets du soleil à travers les fenêtres hautes ne faisaient que souligner la gravité de la situation.
La nouvelle de la victoire écrasante de Ronnet avait parcouru les Sept Couronnes comme une traînée de poudre.
Pourtant, ce n'était pas tant la nouvelle elle-même qui préoccupait Cersei, mais ce que cela évoquait en elle.
Ronnet, autrefois un ami, un confident, ils avaient partagé des moments intenses, des rires et des secrets, mais tout cela avait été brisé par la trahison de son propre frère, Jaime, qui avait poussé Ronald Storm, le fils de Ronnet, de la tour après avoir découvert leur liaison.
Depuis ce jour, tout était différent, la douleur dans les yeux de Ronnet lorsqu'il l'avait regardée après cette tragédie la hantait encore.
Cersei avait toujours été une femme de pouvoir, mais en cet instant, elle se sentait vulnérable.
La haine et l'amour se mélangeaient dans son cœur, formant une potion amère.
Elle détestait Ronnet pour avoir quitté sa vie après cet incident, mais elle avait besoin de lui et elle souhaitait plus que tout qu'il revienne à ses côtés.
La porte s'ouvrit brusquement, tirant Cersei de ses pensées, Littlefinger fit son entrée, son sourire narquois trahissant une confiance exacerbée.
Il revenait tout juste de sa mission auprès de Ronnet et rapportait les menaces proférées par le Griffon.
« Le Griffon est plus déterminé que jamais, » commença Littlefinger d'une voix suave.
« Il est prêt à tout pour venger son fils et il a clairement fait comprendre que si les Lannister ne se soumettent pas, alors il cherchera d'autres alliances, peut-être même avec le loup du Nord. »
« A-t-il dit ce qu’il voulait ? »
« Il réclame le titre de Seigneur Suprême des Stormlands et ce dans un délai d’une semaine, ce qui vous laisse une semaine pour envoyer les corbeaux, » dit Littlefinger.
L'évocation de Robb Stark fit frémir Cersei, elle savait que l'alliance du Griffon et du Loup serait une menace insurmontable pour les Lannister. Elle devait réfléchir rapidement et trouver une solution pour que cela n’arrive pas.
« Je ne peux pas laisser cela arriver, Petyr, » murmura-t-elle, les lèvres tremblantes.
Littlefinger s'approcha, son regard insondable fixé sur elle.
« Alors que ferez-vous, Votre Grâce ? » dit-il.
Elle inspira profondément, rassemblant ses pensées.
« Je vais essayer de le ramener, j'essaierai de convaincre Ronnet que malgré tout ce qui s’est passé, sa place est à mes côtés. »
C'était une tâche herculéenne, mais Cersei était déterminée, elle devait à tout prix éviter cette alliance mortelle et ramener Ronnet dans sa vie, et elle était prête à tout pour y parvenir.
Les tentes étaient plantées en cercle, une mer de tissu blanc et gris au milieu d'une vaste plaine. Robb, assis sur un trône improvisé, entendait les murmures et les chuchotements parmi ses hommes.
La nouvelle venait de leur parvenir, Ronnet Connington avait triomphé de Stannis, réduisant une armée de 70 000 hommes à 10 000, en prenant 30 000 en captivité, tout cela avec seulement 50 000 de ses propres troupes.
Les visages des hommes du Nord étaient marqués par le respect, certains même par la crainte. Le Griffon était déjà une légende, une figure imposante sur l'échiquier de la guerre des rois.
Robb, quant à lui, était partagé, il admirait le talent militaire de Ronnet, sa capacité à manœuvrer et à détruire un ennemi avec une telle efficacité.
C'était le genre de victoire que tout commandant souhaitait obtenir, la démonstration d'une maîtrise parfaite de l'art de la guerre.
Mais il y avait également une appréhension sous-jacente, Ronnet était imprévisible, d’abord fidèle au roi puis à la reine puis à Renly et hier combattant Stannis pour "venger" la mort de son roi.
Personne n’était stupide et tout le monde savait pour qui Ronnet se battait réellement, il ne se battait que pour lui, alors qui pouvait dire de quel côté il se tiendrait demain ? Les intérêts des Stark et du Griffon pourraient-ils s'aligner ?
Son conseiller militaire, ser Rodrik Cassel, s'avança, brisant ses réflexions.
« C'est une victoire impressionnante, mon roi, le Griffon est clairement un tacticien de premier ordre. »
Robb acquiesça : « Oui, mais c'est également un homme que nous devons surveiller de près, son ambition pourrait bien se tourner vers le Nord. »
Ser Rodrik haussa les sourcils.
« Pensez-vous qu'il puisse essayer de s'allier à Cersei ? Après tout ce qu’il s’est passé entre eux ? »
Le Loup prit une profonde inspiration et il dit : « La guerre rend les ennemis d'hier alliés aujourd’hui, nous devons être prêts à toute éventualité. »
La nuit tomba, et Robb se retrouva seul, les étoiles brillantes au-dessus de lui.
La victoire du Griffon changeait la donne, les pièces bougeaient sur le plateau et Robb devait trouver un moyen de protéger son nouveau royaume.
Une alliance avec le Griffon pourrait-elle être la solution ? Seul le temps le dirait.
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-POV Stannis-
Les flammes de la bougie vacillaient, jetant des ombres mouvantes sur les murs de la tente.
Cela semblait approprié, compte tenu de la position précaire dans laquelle je me trouve.
La chaleur du feu ne parvient pas à dissiper le froid que je ressens au plus profond de moi.
La défaite… Un mot que je n'avais jamais cru voir associé à mon nom et pourtant, me voici, réduit à rassembler les morceaux de mon armée, humilié par un homme que j'avais très gravement sous-estimé… Ronnet Connington… Le Griffon Sanglant…
Son nom tournait en boucle dans mon esprit depuis mon retour à Dragonstone, tel un chant de moquerie, sa stratégie, son audace, son talent au combat... Toutes qualités m’avaient échappé et toutes ses qualités m’avaient surpassé.
Les murmures des seigneurs sous mon commandement étaient constants, comme le bourdonnement d'un essaim d'abeilles.
‘Ils doutent de moi, et comment pourrais-je leur en vouloir ?’ pensais-je, car même moi je doutais de mon jugement et du fait que je sois réellement le Prince qui fut promis, Azor Ahai.
J'avais promis une victoire éclatante et au lieu de cela, je les ai conduits à un massacre, une véritable boucherie dans laquelle nous avons perdu 60 000 hommes, les meilleurs guerriers, les chevaliers les plus loyaux, tous tombés sous la lame du Griffon.
Chaque fois que je ferme les yeux, je revois le champ de bataille, les corps entassés, la terre trempée de sang, j’avais l’impression que le sol allait s’ouvrir sous mes pieds pour me happer tellement le poids de ma honte était lourd.
Ma sous-estimation de Ronnet Connington m'a coûté cher, très cher même, j'avais négligé l'importance du repos, de la stratégie et de la connaissance de l'ennemi.
Aujourd'hui, je suis résolu à rectifier mes erreurs, j'ai envoyé des messagers aux quatre coins de Westeros pour engager des mercenaires, une méthode que je trouvais déshonorante mais que j’ai pourtant utilisée car je devais rebondir rapidement.
Je ne pouvais pas rester sur une défaite et je devais rassurer mes hommes que j’étais toujours l’homme qu’ils avaient choisi de sacrer roi.
Les mercenaires se sont rassemblés vers Dragonstone tel une nuée de rats après du fromage et en moins d’une lune, j’avais six mille hommes prêts à se battre pour de l'or.
En ajoutant les quinze mille hommes de mon armée royale dont la plupart avaient fui Storm’s End avec moi et les navires de Salladhor Saan, je pouvais espérer une revanche en prenant la capitale et en devenant le véritable roi de Westeros.
La vérité est que je suis ébranlé jusqu'à l'âme… Une part de moi doute de ma capacité à reprendre le dessus. La honte, la colère, l'amertume... Elles pèsent lourdement sur mon cœur.
La tentation d'abandonner est grande, mais chaque fois que cette pensée m'effleure, une voix intérieure me rappelle que je suis Stannis Baratheon, le véritable roi de Westeros et je ne me rendrai pas sans combattre.
Pour le royaume, pour mon honneur, et pour effacer l'humiliation que m'a infligée le Griffon.
Mais une chose est certaine… je ne sous-estimerai plus jamais Ronnet Connington.
La prochaine fois que nous nous affronterons, je serai prêt… Et je le vaincrai.