-Chapitre 150-
Added 2024-05-23 21:51:12 +0000 UTC-Chapitre 150-
-7e jour de la 10e lune de l’an 299 AC-
-POV Bellegere Otherys-
Dire que la demande du roi m’a surprise serait un euphémisme.
D’après ce que j’avais appris de lui par divers canaux de renseignements, ce n’était pas un homme mauvais, mais c’était quelqu’un d’autoritaire et légèrement tyrannique.
Quand il m’a fait sa demande, aussi soudaine qu’inattendue, j’ai eu peur qu’il me force à me marier avec lui, mais il n’a rien fait de tel et m’a simplement demandé d’y réfléchir soigneusement avant de répondre.
J’avais beau retourner cette histoire dans tous les sens, je ne comprenais pas quel était son but. Je n’étais pas d’une famille noble, je ne possédais rien à part ma fortune et ma légère influence qui, bien que considérable, n’était rien face aux détenteurs du vrai pouvoir, à savoir les familles détentrices des clés de la Banque de Fer.
Je me doutais bien que sa réaction avait à voir avec la sensation que j’ai ressentie en touchant son dragon, mais je ne comprenais pas ce que cela signifiait.
Testait-il ma connexion avec son dragon ?
Et si oui, pourquoi serait-il heureux que j’aie une bonne connexion avec son dragon ?
N’a-t-il pas peur que je le lui vole ?
‘Je n’ai pas dormi correctement avec toute cette histoire,’ pensais-je en regardant les rayons du soleil au zénith signifiant qu’il était temps pour moi de donner ma réponse au roi.
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-Grande Salle du Dreadfort-
-POV MC-
« Prenez place, Madame » dis-je en l’invitant à s’asseoir à ma droite.
Un serviteur l’a aidée à s’asseoir à table tandis que d’autres terminaient de rapporter des plats pour que nous puissions commencer à manger.
« Avez-vous passé une bonne nuit ? » ai-je demandé sans la brusquer alors que dans mon esprit je n’avais envie que de lui poser une seule question.
‘Acceptes-tu de devenir ma femme ?’
« Votre Majesté... »
« Je vous autorise à me parler de manière informelle » dis-je en la coupant.
Elle a été surprise mais elle a dit sans changer sa manière de parler : « Votre Majesté, je pense qu’avant que nous continuions à manger, nous devrions parler plus en détail de la proposition aussi soudaine qu’inattendue que vous m’avez faite hier. »
« Je pense avoir été assez clair, mais si vous avez des doutes, veuillez m’en faire part » dis-je.
« Je ne comprends pas pourquoi vous avez été aussi enthousiaste dans votre demande. Nous ne nous connaissions pas, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.
J’ai hoché la tête, comprenant que ma joie et mon enthousiasme soudains avaient peut-être pu l’effrayer.
« Je suis désolé si je vous ai effrayée, mais cette information est très délicate. »
« Je comprends, mais je ne me marierai pas si je ne sais pas pourquoi vous avez voulu soudainement faire de moi votre femme. »
« Peut-être que je suis tout simplement tombé amoureux de vous au premier regard » dis-je en la regardant avec un sourire taquin.
À ma grande surprise, Bellegere Otherys a éclaté de rire et puis elle a dit :
« Je suis désolée, mais votre blague était tellement drôle que je n’ai pas pu m’empêcher de rire. »
Légèrement déstabilisé par sa franchise, j’ai dit : « Ce n’est rien. »
« Nous savons tous les deux que quelque chose s’est produit hier entre nous. Je ne sais pas encore quel est le lien exact entre votre dragon et moi, mais je ne suis pas stupide. Je sais que vous n’avez pas envie de m’en parler, mais je ne me lancerai pas dans l’inconnu simplement parce que vous le voulez, avec tout le respect que je vous dois bien sûr » dit-elle d’un ton plat et calme.
J’ai souri en raison de son audace, mais je pouvais pratiquement entendre son cœur battre de nervosité :
« Très bien, vous m’avez démasqué, je ne suis pas tombé amoureux de vous au premier regard, malgré votre beauté saisissante, si je puis me permettre. »
La Perle Noire de Braavos a souri face à mon compliment sans rien dire, alors j’ai continué à parler :
« J’ai été apprenti à la Citadelle et j’y ai beaucoup appris, que ce soit sur l’économie, la médecine, les tactiques militaires et autres, mais ce qui m’a le plus servi, c’est l’étude des mystères supérieurs. »
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-POV Bellegere Otherys-
En voyant son expression passer d’un sourire taquin à celle d’un roi, j’ai commencé à écouter attentivement ce qu’il me racontait, à la recherche d’informations qui pourraient m’aider à le comprendre.
« Les mystères supérieurs sont le nom que la Citadelle donne à la magie. Parmi tous ses livres, j’ai réussi à comprendre quelque peu l’énergie qui nous entoure et d’où les mages tirent leurs forces, une énergie qui a failli disparaître de ce monde avec l’extinction progressive des animaux magiques tels que les dragons, » dit-il en plongeant ses magnifiques yeux violets dans les miens marron.
« J’ai toujours su qui j’étais et quel souverain j’étais destiné à être. J’ai couvé une haine incomparable pendant trop longtemps en raison des abus que j’ai subis durant mon enfance, mais cela m’a aussi aidé à comprendre une vérité essentielle : n’importe qui peut faire tomber le roi. »
J’ai froncé les sourcils sans trop comprendre, puis il a dit : « J’aurais pu tuer Robert Baratheon et conquérir le royaume, même si je n’étais pas l’héritier du trône, de la même façon, et cela simplement parce que je suis un mage.
Alors j’ai poussé encore plus loin mon étude de la magie, même après avoir arraché cette couronne sanglante des mains froides de Robert Baratheon pour devenir un dieu marchant parmi les mortels… et j’ai réussi.
Aujourd’hui, plus aucune personne normalement constituée ne peut me tuer en duel, même seul contre une armée de plusieurs milliers de personnes je ne parierais pas sur mes adversaires, et si on ajoute à cela Rhaegal, mon dragon qui a maintenant une taille décente pour que je le monte et qui n'est qu’à son premier stade de croissance, on peut bel et bien dire que je suis invincible… du moins pour le moment. »
J’ai haussé les sourcils, surprise en voyant une flamme verte apparaître au-dessus de sa paume, puis il l’a fait disparaître et a dit : « Mais une fois que je serai mort, que se passera-t-il ? »
« Vous pensez déjà à votre mort à votre âge ? »
« Je ne suis pas assez arrogant au point de penser que je suis immortel. Je sais pertinemment que je mourrai un jour, et à ce moment, mon héritier ne sera pas assuré de devenir le prochain cavalier de Rhaegal. Je ne veux pas d’une deuxième danse des dragons. Je veux que mon héritier soit capable de diriger son empire d’une main de fer, tout comme moi, » dit-il.
‘Son Empire ?’ pensais-je, surprise par la formulation de sa phrase. Il n’était pas empereur, mais roi.
« J’ai pris énormément de temps à lire la biographie de chaque roi qui m’a précédé sur ce trône de fer et je sais qu’ils ont fait énormément d’erreurs jusqu’au jour de notre chute, » dit-il, clairement mécontent de ses prédécesseurs.
« Mais la plus grande de toutes a été de penser que les dragons devraient représenter le symbole de notre pouvoir. Compter sur autre chose que soi pour garder autant de pouvoir ne pouvait finir que d’une seule manière. »
« Donc, vous comptez abandonner les dragons pour la magie ? » dis-je, ne comprenant pas pourquoi il voulait faire quelque chose d’aussi stupide.
« Bien sûr que non, je compte simplement profiter de tous les avantages que j’ai, » dit-il en me regardant comme si j’étais folle.
« D’accord, mais je ne comprends toujours pas pourquoi vous vouliez m’épouser si soudainement. »
« J’y viens justement. Au cours de mes études, j’ai essayé de comprendre comment était déterminé le sexe d’un dragon et je ne l’ai jamais compris, car même les archimestres les plus érudits au cours de l’histoire ne l’ont jamais compris, mais une parole du septon Barth m’a aidé à comprendre ce qui me manquait : le sexe des dragons est changeant comme une flamme. »
« Cette analogie m’a vraiment pris du temps, mais j’ai finalement eu une théorie que je n’ai pu vérifier qu’avec votre aide à la naissance de Viserion et Rhaegal, qui sont tous les deux nés mâles, ce qui n’était généralement pas possible, car le sexe est généralement difficile à déterminer durant les premières années d’un dragon. »
« Et quelle est cette théorie, si je puis me permettre ? » même si je commençais sérieusement à avoir une idée de ce qu’il essayait de dire.
« Les dragons nés d’un rituel de feu et de sang, comme Rhaegal et Viserion, sont liés spirituellement avec leurs futurs cavaliers et peuvent prendre le même sexe que ces derniers. Je ne sais pas encore si ma théorie est correcte, mais pour augmenter les chances de victoire, je devais avoir une femme de lignée valyrienne qui pouvait entrer en résonance avec la magie des dragons. C’est pour ça que je me suis permis de faire circuler ma magie à travers vous pour voir si vous aviez une connexion avec Rhaegal. »
« Vous voulez un dragon capable de pondre des œufs, » dis-je, comprenant enfin pourquoi il avait été aussi excité.
‘Je ne sais pas combien d’œufs peut pondre un dragon, mais ce que je sais, c’est que même avec un seul œuf de dragon, la force des Sept Couronnes sera grandement renforcée. D’ici quelques dizaines d’années, il pourrait même réussir à asservir le monde entier,’ pensais-je.
« Vous tremblez de peur ou d’excitation ? » demanda-t-il.
« Je ne sais pas, pour être tout à fait honnête avec vous, car maintenant que vous m’avez raconté tout ça, je doute que je puisse retourner à Braavos en vie. Mais qui refuserait un tel pouvoir ? »
Il a souri et puis il a dit :
« C’est vous qui étiez curieuse de savoir pourquoi je voulais vous épouser. »
« Et je ne le regrette pas. Toute ma vie, j’ai été coincée à la merci des hommes, devant leur faire plaisir alors que je n’en avais pas envie. Mais maintenant, vous m’offrez le pouvoir de m’élever au-dessus de tous, pratiquement sans aucune exigence. Comment pourrais-je dire non ? »
J’ai remarqué qu’un profond sourire soulagé s’est formé sur son visage avant qu’il ne dise :
« Je suis content de vous l’entendre dire. »
« J’ai quand même quelques questions que je voudrais vous poser » dis-je avant qu’il ne passe à autre chose.
« Je vous écoute, » dit-il en commençant à manger.
‘Il a réellement l’air soulagé,’ pensais-je en voyant que ma réponse positive lui avait ouvert l’appétit.
« J’aimerais savoir ce que vous allez faire de la reine maintenant que vous allez m’épouser. Si j’ai bien compris, elle porte votre héritier, » ai-je demandé, ne voulant pas être entraînée dans une guerre avec la reine actuelle sans le soutien de mon… futur mari.
« Ce n’est aucunement un problème pour moi. La primogéniture ne veut rien dire à mes yeux et je ne vois pas pourquoi un empereur ne pourrait pas avoir deux épouses, » dit-il en haussant les épaules.
« J’aimerais aussi savoir ce que vous pensez de mon ancienne profession, » ai-je demandé, sachant que la profession de courtisane était souvent ridiculisée de ce côté-ci du Détroit.
‘Ici, les courtisanes sont souvent considérées et rabaissées au même rang que celui de vulgaires prostituées,’ pensais-je.
« Je n’ai pas épousé Arianne Martell parce que je me soucie de la pureté de ma femme. Si je suis totalement honnête avec vous, je me soucie principalement de ce que l’union avec la dite femme peut m’apporter. Et dans votre cas, en dehors de votre beauté, de votre intelligence, de votre grâce et de ce que vous venez d’apprendre, je vois en vous l’opportunité d’importer le concept de la courtisanerie à Westeros, vos relations à Braavos et votre réseau de renseignements. »
J’ai été surprise par ce qu’il m’a dit et j’ai baissé les yeux, légèrement embarrassée par ses éloges successives : « Je ne connaissais pas ce côté flatteur de vous, votre Grâce. »
« Je ne dis que la vérité » dit-il en plongeant ses beaux yeux violets dans les miens.
Un silence embarrassant s’est formé pendant quelques secondes entre nous et puis il a levé son verre et il a dit en voulant porter un toast : « À notre union »
« À notre union » dis-je en souriant, m’imaginant déjà en tant que reine de Westeros.