-Chapitre 147-
Added 2024-05-19 17:41:30 +0000 UTC-Chapitre 147-
Toc… Toc… Toc
Je me suis tourné vers la porte, perplexe, car j’avais demandé que personne ne nous dérange pendant notre conversation, mais j’ai quand même dit : « Entrez ».
La porte s’est ouverte puis j’ai vu un vieil homme aveugle entrer, accroché au bras de Tristan.
J’ai tout de suite compris qui il était et je me suis levé pour l’accueillir en signe de respect.
« Arrière-arrière-grand-oncle Aemon, c’est un honneur de faire enfin votre connaissance » dis-je.
Le vieil homme s’est avancé et m’a dit en tendant les mains dans le vide devant lui :
« Laisse-moi te voir, cher neveu »
J’ai souri et je me suis avancé pour qu’il touche mon visage afin qu’il puisse se faire une représentation mentale de mon visage.
Après quelques secondes à tâtonner, il sourit et dit : « Tu ressembles à mon frère »
‘C’est sûrement les effets du rituel qui ont agi et ont complètement et lentement changé mon visage’ pensais-je, car durant toute ma vie j’avais une ressemblance frappante avec mon oncle Ned, ce qui a contribué à ce que personne ne doute de ma véritable identité.
J’ai souri et puis il a dit : « J’ai appris ce qui t’était arrivé et je suis heureux de voir que tu as réussi à surmonter les épreuves que les dieux ont mises sur ton chemin »
J’ai hoché la tête puis je me suis souvenu qu’il ne pouvait pas me voir, alors j’ai dit : « Merci, grand-oncle »
« Je ne voulais pas vous interrompre, mais je ne voulais pas non plus que tu partes sans que je t’aie vu, comme la dernière fois »
« Je suis désolé, c’est entièrement de ma faute, j’étais en colère et je suis parti brusquement, j’aurais dû venir vous voir plus tôt, tous les deux »
« Ne te flagelle pas pour si peu » dit-il avec un petit sourire paisible.
« Rejoins-nous, grand-oncle. Ton avis sur certaines choses pourrait grandement m’aider à améliorer mon approche concernant de nombreux problèmes » dis-je en invitant mon arrière-arrière-grand-oncle à s’asseoir.
Il a souri puis s’est joint à notre discussion et a dit : « De quoi étiez-vous en train de parler ? »
« Nous étions en train d’aborder les différentes manières d’assujettir les sauvageons » dis-je en commençant à expliquer en détail tout ce qui s’était produit depuis que j’avais été voir Mance Rayder pour lui proposer de se rendre et de devenir mon sujet.
Il a écouté avec intérêt tout ce que j’ai dit, puis il a réfléchi profondément avant de finalement s’exprimer en disant :
« Si tu veux réellement les assujettir, à mon humble avis, tu dois faire preuve de générosité envers eux, tu leur as déjà prouvé que tu étais bien plus fort qu’eux, maintenant ce qu’il te reste à faire, c’est de leur donner une raison de te jurer loyauté »
« Je dois gagner leur respect » dis-je en fronçant les sourcils, car je n’avais pas envie de me prêter au même cirque que l’original Jon Snow, qui avait fait un stage d’immersion chez les sauvageons avant d’être reconnu comme leur ‘roi’.
‘Les conditions pour que je fasse cela ne sont pas réunies et Mance Rayder est toujours en vie et d’après ce que j’ai vu, il n’a pas l’intention de céder sa place’, pensais-je en rejetant finalement en mon for intérieur la proposition de mon arrière-arrière-grand-oncle.
Voyant que je ne répondais pas, il ajouta : « Ne sois pas pressé de rejeter mon idée. Le peuple libre est un peuple fier et si tu agis de manière trop brusque, tu risques de devenir leur ennemi ».
« Alors que suis-je censé faire ? Simplement les laisser passer le mur alors qu’ils ne reconnaissent pas mon autorité ? »
« Sois patient et attends une occasion, tant que tu as la force et la patience, les opportunités à saisir seront innombrables », dit mon arrière-arrière-grand-oncle avec un sourire rempli de vicissitudes.
« Merci pour vos conseils, je les prendrai à cœur », dis-je en regardant mon vieil aïeul désormais aveugle.
« Il n’y a rien à remercier. La plus grande récompense pour moi serait que tu vives bien et que tu prennes soin de ton peuple », dit le vieux mestre aveugle, ayant déjà plus de 100 ans.
‘Dire qu’il n’y a pas si longtemps, je me sentais seul au monde alors qu’en fait, j’ai encore des membres de ma famille qui se soucient de moi et peuvent me conseiller correctement’, pensais-je avec soulagement en écoutant les conseils de mon oncle Benjen et de mon arrière-arrière-grand-oncle Aemon.
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-3e jour de la 10e lune de l’an 299 AC-
-POV Daenerys Targaryen-
En regardant du haut de mon cheval la formation des Immaculés parfaitement coordonnée, attendant que le Khalasar du Khal Kharro charge, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir un élan de puissance et de fierté, mais ce sentiment s’est vite estompé en repensant au nombre d’Immaculés morts depuis le début de ma campagne ainsi qu’au nombre d’Immaculés que j’avais abandonnés en quittant la Baie des Serfs.
En voyant que la légion d’Immaculés sous mes ordres était maintenant réduite à 2000 hommes, je n’ai pas pu m’empêcher de sentir mon cœur se refroidir.
Je n’ai pas pu m’empêcher de penser intérieurement : ‘Tout est de ma faute, si j’avais simplement accepté mon sort et que j’étais retournée auprès de ma famille, ils seraient encore en vie’.
Mais dès que je pensais ainsi, une autre pensée contradictoire s’infiltrait dans mon esprit : ‘Vivre une vie d’esclave, c’est pire que mourir’.
‘Quoi qu’il en soit, maintenant que j’avais décidé de libérer tous les esclaves et que je leur avais donné de l’espoir, que j’avais déjà effectué tant de sacrifices, je ne pouvais plus revenir en arrière. Si je revenais en arrière, je cracherais sur la mémoire de tous les soldats qui sont morts pour moi au cours de cette année’, pensais-je en regardant le puissant Khalasar du Khal Kharro charger sur nos maigres mais puissantes troupes.
« Immaculés, préparez-vous au combat » dit Ser Jorah en prenant le commandement des Immaculés en raison de sa grande expérience du combat qu’il a accumulée au fil des ans en travaillant comme mercenaire et en occupant la tâche de seigneur de Bear Island.
Les Immaculés se sont préparés au combat et ont établi quatre lignes de 500 hommes pour empêcher les hurleurs dothraki de nous submerger.
« MUR DE BOUCLIER » hurla Ser Jorah.
À la suite de l’ordre de Ser Jorah, les deux premières lignes de boucliers ont formé un mur, mais des failles pouvaient encore être vues.
J’avais déjà assisté de nombreuses fois au mur des Immaculés et je pouvais clairement sentir que quelque chose était différent des fois précédentes.
Ser Jorah a levé la main et la dernière ligne de défense a lâché ses armes pour ramasser des sortes de cordages.
Plus la formation ennemie avançait, plus mon cœur battait la chamade car j’avais peur que mon rêve de libérer le monde ne s’arrête définitivement.
Alors qu’environ une centaine de mètres nous séparaient encore des hurleurs, Ser Jorah a baissé la main et un spectacle que je n’oublierai jamais s’est produit.
Les soldats qui agrippaient les cordages ont tiré violemment ces derniers et des palissades munies de piques en bois se sont élevées du sol, arrêtant brusquement la charge adverse.
Les Dothraki, étant de très bons cavaliers, ont réussi à ralentir, mais les cavaliers derrière eux n’ont pas pu faire de même, créant une réaction en chaîne.
Certains se sont retrouvés projetés contre les palissades, d’autres ont réussi à sauter par-dessus seulement pour se retrouver transpercés par des lances jetées depuis la troisième ligne de défense, tandis que d’autres se sont simplement retrouvés écrasés sous les sabots des montures de leurs alliés.
‘Incroyable, avec cette tactique nous avons réellement une chance de gagner cette bataille’, pensais-je en voyant la formation ennemie complètement désorganisée.
Je me suis tourné vers Ser Jorah et j’ai remarqué que son expression n’avait pas l’air aussi confiante que la mienne, alors je me suis demandé ce qui le tracassait.
En observant le champ de bataille attentivement, j’ai compris que la formation ennemie était tellement vaste qu’en voyant les problèmes auxquels était confrontée l’avant-garde, l’arrière-garde a décidé de se séparer en deux pour nous attaquer sur les flancs.
‘Bien que nous ayons réussi à attirer et empêcher le plus gros des forces, si nous continuons dans cette voie, nous risquons de nous faire entourer et submerger complètement les uns après les autres’, pensais-je en ressentant le souffle de la mort se rapprocher de plus en plus près de moi.
Je me suis creusé la tête à la recherche d’une solution jusqu’à ce que je voie en face de moi le Khal, à quelques dizaines de mètres, et ses bloodriders, qui essayaient de percer notre formation de front.
J’ai rassemblé tout mon courage puis je me suis avancée et j’ai hurlé à Drogon qui volait dans les cieux : « DROGON, DRACARYS ».
Je ne sais pas s’il m’a réellement entendue ou s’il a lu dans mon esprit, mais presque instantanément, il a plongé et foncé droit sur le Khal tel un faucon.
Il a ouvert ses ailes tout en relâchant un souffle de flammes qui a complètement enveloppé le Khal et ses bloodriders.
Voir le Khal qu’ils respectaient tant mourir par le souffle de Drogon a figé le champ de bataille et j’en ai profité pour crier :
« Je suis Daenerys Targaryen, Khaleesi du Khal Drogo, Mère de l’étalon qui monte le monde, je vous accorde la vie sauve si vous vous rendez à moi, sinon vous brûlerez tous sous le feu de mon dragon ».
La panique et les murmures se sont répandus à travers les Dothraki, puis quelques-uns ont commencé à s’éloigner en voyant Drogon survoler une seconde fois leur armée et émettre un autre souffle de flammes dans les airs afin de leur faire peur.
Après quelques instants, un Dothraki s’est avancé et a coupé sa tresse avant de se retourner et de s’en aller, puis un deuxième, un troisième, et finalement la bataille sanglante, qui était censée se terminer avec notre éradication ou la leur, s’est terminée avec quelques centaines de morts et de blessés de leur côté et pas une seule victime du nôtre.
Je suis restée hébétée pendant quelques secondes en voyant que j’avais réellement réussi à effrayer ces fiers guerriers qui, en règle générale, n’ont peur de rien ni de personne. Une fois sortie de ma transe, je dis :
« Vous avez été parfaits, ma reine. Je n’ai pas de mots pour exprimer le miracle que vous venez de produire ».
J’ai hoché la tête en gardant un air digne avant de me retourner pour me diriger vers notre campement, une fois que nous fûmes hors de danger.
Malgré notre victoire, je n’arrivais pas à trouver la solution au problème qui me torturait à chaque instant.
‘Comment vaincre mon neveu qui a l’air d’avoir tout prévu et qui s’oppose sans cesse à moi, contrairement à lui, je n’ai qu’un seul dragon’.
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-4e jour de la 10e lune de l’an 299 AC-
« Qu’est-ce qu’ils font ici ? » dis-je en regardant les six hommes devant moi.
« Ils sont ici pour vous jurer fidélité et vous suivre, vous et l’étalon qui monte le monde », dit Rakharo.
J’ai froncé les sourcils sans comprendre puis il a regardé le ciel et a dit :
« Votre dragon ».
J’ai levé les yeux vers le ciel et j’ai demandé, confuse :
« Ils pensent que Drogon est l’étalon qui monte le monde ? »
Rakharo a hoché la tête et après avoir réfléchi quelques secondes, j’ai dit :
« Dis-leur que c’est un honneur pour moi d’avoir d’aussi puissants et intrépides guerriers sous mon commandement »
Rakharo dit : « Khaleesi, ils ne sont pas venus en tant que guerriers mais en tant que Khal. Hier, après la défaite du Khal Kharro, le Khalasar s’est séparé en huit et les six nouveaux Khal ici présents sont venus pour vous prêter serment d’allégeance »
J’ai légèrement écarquillé les yeux de surprise puis j’ai demandé :
« Combien de personnes sont sous leurs ordres ? »
Rakharo a discuté pendant quelques secondes avec eux puis il m’a dit :
« Ils disent qu’ils ont 10.000 hurleurs prêts à combattre pour vous, Khaleesi »
Les coins de ma bouche se sont courbés involontairement et je dis :
« Remercie ces six Khal et assure-les de ma gratitude à leur égard, je n’oublierai jamais la foi qu’ils ont placée en moi »
Rakharo a hoché la tête et a traduit. Quelques instants plus tard, les Khal ont pris congé et sont sortis de ma tente, ne laissant que moi et Ser Jorah.
« Votre Majesté, je crois que je viens d’avoir une idée qui pourrait mettre définitivement fin à nos problèmes » dit Ser Jorah.
J’ai pu remarquer la lueur malicieuse et rusée au fond de ses yeux et j’ai instantanément compris que nous avions eu la même idée.
« Je crois que nous avons eu la même idée » dis-je sans pouvoir arrêter le profond sourire qui émergeait sur mon visage.
‘Si j’arrive à unir tous les Khalasar de la Mer Dothraki, je n’aurai plus jamais à avoir peur de l’appui que fournit mon neveu aux esclavagistes. Je pourrais effacer complètement l’esclavage dans la Baie des Serfs’, pensais-je en imaginant l’expression de ces maudits esclavagistes une fois que j’aurais amené plus de 100 000 hurleurs Dothraki pour détruire leurs armées composées de mercenaires en tout genre.