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-Chapitre 146-

-Chapitre 146-

-POV Brandon Stark-

Cela faisait plusieurs lunes que j’attendais l’arrivée de Jon, mais quand je l’ai revu, j’ai immédiatement compris que le Jon que je connaissais était mort depuis longtemps.

Il n’avait plus rien à voir avec le fier garçon qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à Ned. Non, maintenant je pouvais clairement distinguer les ressemblances avec son véritable père.

‘En même temps, c’est normal au vu de la couleur de ses cheveux et de ses yeux’ pensais-je en observant distraitement mon neveu entrer dans la pièce où ses hommes m’ont emprisonné.

« Oncle Benjen » dit-il avec un petit sourire.

Je me suis levé et je lui ai fait un câlin avant de prendre ses épaules et de dire :

« Cela fait tellement longtemps que nous ne nous sommes pas vus, j’ai l’impression que cela fait une décennie. »

Jon, ou plutôt Aegon, a souri avant de dire : « Je partage le même sentiment, mon oncle. »

Nous nous sommes assis, et puis je lui ai demandé de me raconter en détail comment il avait réussi à revendiquer son trône, bien que je connaisse déjà les grandes lignes de cette histoire au fil des nombreuses discussions que j’ai eues avec les nouveaux membres de la Garde de Nuit.

Pendant une demi-heure, il m’a tout raconté dans les moindres détails, et je me suis rendu compte qu’il avait enduré de nombreuses épreuves pour arriver à assumer et revendiquer son ascendance Targaryen.

Je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir un peu de tristesse quand il m’a expliqué la relation désormais froide et tendue qu’il entretenait avec Ned ainsi que ses enfants.

‘La marque de "bâtard" que Ned a gravée au fer rouge sur le front d’Aegon à sa naissance ne disparaîtra jamais de l’esprit de mon neveu’ ai-je pensé avec un peu de tristesse en écoutant Aegon parler avec ressentiment de Ned et Catelyn.

Je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir aussi une culpabilité écrasante.

Je n’arrêtais pas de me remémorer en boucle les événements qui ont conduit à tout cela et mon rôle là-dedans.

En fin de compte, peut-être que tout ce qui s’est produit jusqu’à aujourd’hui était de ma faute ?

Tous ces morts, toute cette souffrance, peut-être que si j’avais parlé de ce que j’avais vu à quelqu’un… de ce que je savais à quelqu’un, aujourd’hui encore ma sœur serait peut-être en vie, peut-être même que Rhaegar, sa femme Elia Martell et ses enfants qui étaient les frères et sœurs de J… d’Aegon seraient toujours parmi nous.

Peut-être qu’Aegon n’aurait pas eu à subir une telle douleur, de telles épreuves, et qu’il ne devrait pas avoir à porter aujourd’hui le poids de la responsabilité de tout un continent sur ses jeunes épaules.

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-POV MC-

Une fois que j’ai terminé de raconter mon histoire à mon oncle, j’ai pris quelques secondes pour observer sa réaction. Contrairement à mon autre oncle, j’avais une excellente relation avec Benjen, car il ne m’avait jamais rien imposé et il était le seul à me soutenir quand j’ai décidé de quitter Winterfell pour Oldtown.

C’est donc tout naturel que son avis compte énormément pour moi, d’où la raison pour laquelle j’ai évité de prendre contact avec lui durant ma conquête du continent. Je ne voulais pas qu’il me dissuade de faire des choses pouvant être jugées comme trop cruelles.

Je pense notamment à l’éradication de plusieurs maisons nobles des Ironborn ou bien à la fin de l’illustre ordre de la Garde de Nuit.

« Alors, qu’est-ce que tu comptes faire des sauvageons ? »

« Je ne sais pas encore » dis-je sans révéler que je n’avais tout simplement pas l’intention de me soucier de ce peuple qui s’était révélé insoumis jusqu’à présent.

Il a haussé les sourcils et puis il m’a dit : « D’après tout ce que tu m’as dit, tu as l’air de réfléchir à des évènements qui ne se sont même pas encore produits, et tu vas me faire croire que tu ne sais pas ce que tu vas faire des sauvageons ? »

Voyant qu’il n’était pas dupe, j’ai souri doucement et puis j’ai dit : « J’hésite encore. »

« Qu’est-ce qui te fait hésiter ? »

« Comme tu le sais, les marcheurs blancs ne sont pas qu’une légende, alors, quand j’y réfléchis, je me dis que d’un côté, laisser le peuple libre, les géants et tout ce qui se trouve de l’autre côté du Mur mourir pourrait s’avérer être une terrible erreur stratégique car en tant que morts-vivants, ce serait une force réellement dévastatrice contre nous mais maintenant que le Cor de Joramun est détruit, je me dis que ce serait assez facile de contrer les marcheurs blancs avec une armée correctement préparée sur le Mur. »

Benjen a froncé les sourcils et a dit : « Tu ne te soucies pas de toutes les personnes qui vont mourir et revenir en tant que morts-vivants jusqu’à la fin des temps ? »

J’ai soupiré puis j’ai dit : « Je ne dis pas que je ne m’en soucie pas, mais en tant que roi, je n’ai pas le droit de prendre des décisions sur la base de sentiments personnels, je me dois de penser au plus grand nombre. »

Benjen a secoué la tête et puis a dit : « Sois honnête avec moi et arrête de me sortir des conneries, dis-moi vraiment ce que tu penses, ne te cache pas derrière des excuses hypocrites et assume ton choix. »

J’ai froncé les sourcils, ne comprenant pas ce qui lui prenait, puis j’ai dit :

« Tu veux que je sois totalement franc avec toi ? »

Il a hoché la tête alors j’ai continué à parler :

« La pure vérité, c’est que je ne laisserai plus jamais le royaume de ma lignée tomber une seconde fois, le temps où chaque seigneur de ce royaume était un roi sur ses terres est révolu, que ce soit les Martell, les Lannister, les Tyrell, les Arryn ou même les Stark, celui qui défiera l’autorité de la Maison Targaryen rencontrera sa fin dans le feu et le sang. »

Il a froncé les sourcils, ne comprenant pas où je voulais en venir, puis j’ai dit :

« Je ne compte pas laisser des tribus sous-civilisées, unies par un autre roi simplement par la peur des marcheurs blancs, s’installer sur mes terres, ce que Mance Rayder fait est purement et simplement une invasion, ni plus ni moins. Si jamais il veut s’abriter sur mes terres, qu’il ploie le genou et si ses subordonnés veulent faire de même, mais que le roi qu’ils ont reconnu et élu comme chef et guide de leur peuple ne le veut pas, qu’ils changent de dirigeant. »

Benjen m’a regardé pendant quelque seconde surpris par mon explosion et puis a dit :

« Tu as changé. »

« C’est un euphémisme » dis-je en roulant des yeux.

« Tu as grandi, je te vois toujours comme mon neveu, le petit Jon avec encore la morve au nez, mais il est clair maintenant que tu es un roi » dit-il en poussant un long soupir.

Nous sommes restés dans un profond silence pendant quelques minutes, puis il m’a dit :

« Les sauvageons sont des Premiers Hommes comme nous, nous avons le même sang qui coule dans nos veines, je comprends ta position en tant que roi, mais accorde-moi la chance de trouver un accord avec eux. »

J’ai profondément réfléchi à la question, puis j’ai hoché la tête.

La meilleure solution pour moi était que les sauvageons se rendent, car ils amèneraient avec eux les géants, des skinchangers et des guerriers intrépides forgés dans la glace et le sang, bien différents des chevaliers d’été dont regorgeait le sud.

« Mais j’ai une condition » dis-je, ce qui figea le sourire naissant de mon oncle.

« Je veux que tu m’accompagnes dans le Sud et que tu prennes le poste de Main du Roi. »

L’espace de quelques secondes, il resta figé puis il éclata de rire, pensant sûrement que c’était une blague.

Mais en voyant que je ne riais pas, il a dit, surpris : « Tu es sérieux ?! »

J’ai hoché la tête, puis il dit :

« Mais je ne suis que le capitaine des patrouilleurs, j’ai prêté serment. »

« La Garde de Nuit n’existe plus, je l’ai déjà dissoute, et quoi que tu dises, je ne redonnerai pas le contrôle du Mur à une entité ne faisant pas partie du royaume »

Son froncement de sourcils s’approfondit et je dis : « Je sais que c’est notre ancêtre qui a créé cet ordre, mais le monde est en constante évolution, j’ai besoin d’unir tout le continent correctement pour qu’un changement positif découle de ma conquête, je ne veux pas refaire les mêmes erreurs que mes prédécesseurs. »

Je sentais qu’il hésitait alors j’ai tenté le tout pour le tout en tirant sur la corde sensible :

« J’ai besoin de quelqu’un de confiance pour m’aider à prendre les bonnes décisions, tu es quelqu’un de bien, Oncle Benjen, j’aimerais que ce soit toi qui m’aides à gérer le royaume plutôt qu’un sudiste avide de pouvoir qui tentera de m’empoisonner d’ici quelques années. »

Il passa sa main sur son visage, puis il dit : « Très bien, mais mes frères jurés… j’aimerais que tu leur rendes leurs libertés. »

J’ai froncé les sourcils car c’était me demander de libérer des personnes que je n’avais pas envie de revoir à la cour, comme les Tully restants ou les seigneurs du Val.

Qui sait quel genre de rancune ils pouvaient couver depuis que je les avais envoyés ici pour y mourir ?

« En libérant de leurs serments tout le monde, je libérerai aussi des personnes qui étaient censées être condamnées à mort et qui ont préféré prendre le noir » dis-je sans exposer entièrement mes pensées.

« Comme les Royce et les Tully » dit-il, comprenant parfaitement ce qui m'inquiétait réellement.

« Comme tous les seigneurs que j’ai décidé de faire exiler ainsi que les violeurs et les meurtriers censés terminer leurs vie ici » dis-je.

« J’imagine que tu n’y as pas assez réfléchi avant, mais si tu veux être considéré comme un souverain équitable, tu devras leur attribuer à tous le même traitement : la mort ou le pardon, à toi de choisir. »

En y réfléchissant plus profondément, je me suis rendu compte que capturer et dissoudre l’ordre de la Garde de Nuit était une décision téméraire.

Car toutes les personnes nobles ici avaient des parents dirigeants soit les maisons d’où ils étaient originaires, soit simplement mariés à d’autres maisons puissantes du royaume.

Personne n’osera se rebeller contre moi pour le moment, mais cela accroîtra le ressentiment de certains comme par exemple Catelyn qui pourrait empoisonner l’esprit des Stark pour me dépeindre comme un monstre.

Ce n’était qu’un petit exemple, mais si cette bourde m’amenait à en faire une autre du même genre, je me retrouverais très rapidement avec un bain de sang dans le royaume et des pertes inutiles.

Je me suis creusé la tête en réfléchissant à la meilleure manière de gérer les frères jurés de la Garde de Nuit, puis j’ai dit :

« Pour ceux qui ont rejoint la Garde de Nuit de leurs propres volonté sans avoir commis un crime nécessitant leur adhésion, qu’ils soient roturiers ou nobles, je leur accorderai à tous le titre de chevalier, une rente annuelle à déterminer et ce pour les 10 prochaines années, s’ils le désirent ils recevront un poste dans l’armée royale qui est toujours en expansion. »

Benjen a hoché la tête sans rien dire alors j’ai continué :

« Pour ceux qui ont été condamnés par l’usurpateur Robert Baratheon en raison de leur appartenance au côté Targaryen, ce sera pareil mais avec un lopin de terre fertile. »

Toujours sans rien dire, il a hoché la tête.

« Pour ceux qui ont été condamnés pour des crimes de meurtre et de viol, ils seront enrôlés dans la nouvelle armée que je vais bientôt mettre sur pied, la Légion de l’Expiation. »

Il a froncé les sourcils puis a demandé : « Je ne connais pas cette légion. »

« C’est normal, je n’avais pas prévu de la mettre réellement sur pied, mais récemment, j’ai trouvé le dernier ingrédient qui me manquait pour réaliser cette légion. »

« Est-ce que je peux savoir ce que c’est ? » demanda-t-il, légèrement curieux.

« Tu le sauras si tu deviens ma Main », dis-je avec un petit sourire sournois.

Benjen a souri en secouant la tête, et puis j’ai dit d’un ton plus sérieux : « J’accepte de pardonner aux nobles de Westeros qui se sont battus contre moi, mais ils ne seront plus nobles et je les exilerai de Westeros pour le restant de leurs jours »

Benjen a froncé les sourcils puis les a relâchés en disant : « C’est faisable. »

Intrigué, j’ai demandé : « Qu’est-ce que tu aurais fait si tu avais été à ma place ? »

Une touche de froid est apparue au fond de ses yeux puis il dit : « Je ne sais pas, mais je ne les aurais pas relâchés. »

Je ne savais pas ce qu’il insinuait, mais j’ai aimé la touche de cruauté que j’ai vue au fond de ses yeux.


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