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-Chapitre 88-

-Chapitre 88-

-Lendemain-

-POV Aemon Targaryen-

Assis sur la selle de mon cheval, j’ai observé Aegon et Cregan arriver vers nous, escortés par les chevaliers que j’avais personnellement assignés à leur protection pour toute la durée de leur apprentissage sous ma garde à Runestone.

Contrairement à Cregan, qui avait l’air d’être habitué à un réveil matinal, Aegon avançait, contrarié, l’air encore plongé dans ses rêves.

Cela m’a fait sourire, car aujourd’hui commençait le long et lent travail que serait le lavage de cerveau de ces deux jeunes hommes qui pourraient bien façonner l’avenir du royaume.

‘L’avenir n’est pas écrit, personne n’est à l’abri de tomber raide mort, la nuque brisée à cause d’une chute de cheval.’

Je n’ai rien dit aux deux et j’ai fait signe à la centaine de chevaliers de se mettre en marche une fois que les deux garçons ont été placés sur un cheval, accompagnés d’un chevalier.

‘Je vais devoir demander à Rogar de faire amener des poneys ainsi que de jeunes chevaux pour commencer leur apprentissage,’ me dis-je en les regardant maladroitement s’accrocher à la selle malgré le chevalier derrière eux.

Il n’a pas fallu plus d’une demi-heure à cheval pour atteindre le village le plus proche de Runestone, un village qui, avec le temps, se transformait lentement en une petite ville.

J’ai investi beaucoup de dragons d’or pour que les gens ici vivent mieux et que les familles des chevaliers à mon service qui en avaient s’installent ici.

C’était une manière de m’assurer qu’ils soient toujours heureux d’être à mon service et de maintenir une proximité avec eux.

‘Tout en pouvant m’assurer d’avoir un moyen de pression pour prévenir une possible trahison.’

Bien que nous soyons à cheval et que le prince soit un peu éloigné, je pouvais entendre Aegon se plaindre assez facilement, comme le reste de ce cortège, et cela me fit doucement sourire, car ce serait plus facile d’amener la leçon du jour.

J’ai donné l’ordre de ralentir en serrant le poing à l’approche du village de Blackstone.

« Fais attention, paysan. Si jamais tu me blesses, mon père, le roi, te le fera regretter, » dit le petit dragon mal luné, manquant clairement de sommeil et essayant de le faire payer à son protecteur, Ser Benett, qui le fit descendre de sa monture une fois que nous avons mis pied à terre.

Je n’ai pas fait de remarque au petit prince, qui avait l’air d’être une véritable petite terreur avec les serviteurs, sûrement habitué à être entouré de personnes qui le maintiennent dans cette culture aveugle de l’orgueil.

‘Peut-être même pour pouvoir le manipuler et le contrôler plus facilement.’

Alicent a vraiment été stupide sur ce point. Elle a laissé l’éducation de son fils à désirer afin de pouvoir se concentrer sur ses petites guerres d’égo stupides avec Rhaenyra.

« Aegon, » dis-je en appelant mon cousin.

Ce dernier, qui était sur le point de faire un autre commentaire, se tut et se tourna vers moi, son arrogance s’évaporant instantanément, laissant place à un regard à la fois craintif et admiratif.

‘On dirait bien que j’ai sous-estimé l’influence que mes actions dans la capitale ont eue dans l’esprit des gens.’

J’ai fait signe à ce dernier de s’approcher et de me suivre, ce qu’il fit sans discuter, rejoignant Cregan, qui n’a pas eu besoin que je lui dise quoi faire pour me talonner.

‘Il a eu plus de temps à mes côtés, il a appris à me suivre en silence,’ pensai-je en repensant à la façon dont Cregan s’était facilement acclimaté à ma présence et avait appris à m’obéir sans poser de questions inutiles.

Nous sommes entrés dans le village à pied et chaque villageois qui nous a vus s’est instantanément écarté de notre route en s’inclinant.

Ces derniers ne l’ont pas fait par peur de ce que je pourrais leur faire, mais simplement par respect et gratitude.

‘L’atmosphère a vraiment changé,’ pensai-je en remarquant que les visages émaciés, les vêtements usés et sales avaient disparu.

Avec les petites lois que j’ai promulguées pour promouvoir une meilleure hygiène de vie, les soupes populaires ainsi que les meilleurs salaires que j’ai offerts à mes sujets, ce village, qui il y a bientôt une décennie n’abritait qu’à peine quelques centaines de personnes en mauvaise santé, respirait la joie de vivre de quelques milliers d’habitants.

« Votre Altesse, » dit un homme en accourant, visiblement très pressé de me rencontrer.

« Merci d’avoir permis au maître du haras d’embaucher mon aîné et moi. Grâce à votre immense générosité, mon fils a pu commencer son apprentissage en tant qu’écuyer, » dit l’homme, qui devait avoir la cinquantaine, un âge plutôt avancé pour cette époque.

Sans trahir ma confusion interne, j’ai gardé un visage avenant tout en recherchant rapidement le souvenir d’une conversation avec cet homme.

‘Ah, le frère d’un de mes chevaliers, dont le neveu est un petit géant à 9 ans,’ me suis-je rappelé en voyant l’homme chercher du regard son frère parmi la troupe que j’avais amenée avec moi.

« Si j’ai bonne mémoire, vous êtes le frère de Ser Yoren, » dis-je en faisant un petit sourire à l’homme agenouillé avec son fils aîné, qui ne devait pas avoir plus de 14 ans.

Le visage de cet homme s’illumina d’un grand sourire, et il dit : « C’est un immense honneur pour moi que vous vous souveniez d’un simple manant tel que moi. »

Je me suis approché de l’homme et j’ai dit en le relevant moi-même :

« Vous êtes un homme de la Maison Royce. Vous n’êtes peut-être plus en âge de combattre, mais vous avez inculqué à votre fils l’esprit protecteur et guerrier que la Maison Royce porte avec elle depuis des millénaires. »

« Thomas vous servira bien le moment venu, » dit l’homme plus âgé, flatté.

J’ai hoché la tête avant de passer mon chemin, sous le regard curieux d’Aegon.

« Est-ce que l’un d’entre vous sait pourquoi nous sommes ici aujourd’hui ? » ai-je demandé aux deux garçons qui me suivaient.

Ils ont secoué la tête, alors j’ai dit en souriant :

« Nous sommes venus ici pour vous instruire sur le monde qui vous entoure. Que ce soit en tant que seigneur ou non, l’importance de la compréhension du monde qui vous entoure sera primordiale pour vous aider à prendre la bonne décision en toute circonstance. »

Voyant qu’ils restaient confus malgré leur précocité, j’ai ajouté :

« Très bien, laissons la théorie de côté et passons à la pratique. »

J’ai fait signe aux deux de me suivre, et nous sommes entrés dans l’établissement que je cherchais depuis un moment.

‘Enfin, nous sommes arrivés,’ pensai-je, soulagé d’avoir enfin atteint l’abattoir.

‘J’ai besoin de points pour guérir mon bras le plus rapidement possible. La douleur et la gêne que je ressens doivent cesser au plus vite,’ me dis-je en entrant et en croisant le regard du boucher que je connaissais bien.

« Hugh, » dis-je en entrant dans son abattoir.

‘Qui est techniquement le mien, puisque j’en possède les deux tiers,’ pensai-je, me rappelant le moment où j’avais décidé de l’aider à s’agrandir pour qu’il puisse répondre à toutes les demandes, en recrutant du personnel et en achetant de meilleurs équipements.

‘Sans parler de ce nouveau local que je lui ai trouvé.’

« Votre Altesse, » dit-il, posant un genou à terre dès qu’il me vit.

J’ai hoché la tête tout en lui faisant signe de se relever, ce qu’il fit, puis je dis :

« J’ai demandé à Rogar de te faire acheminer plusieurs centaines de poulets, quelques chèvres, quelques porcs, et un bœuf. Je compte régaler nos invités avec nos spécialités. »

« Tout est arrivé ce matin, et je me suis mis au travail dès que les bêtes sont arrivées, » dit Hugh.

« Parfait, » dis-je, essayant de passer au sujet suivant, car j’étais pressé de commencer.

« Vous êtes venu observer vous-même que le travail était bien effectué ? » demanda Hugh, sourire aux lèvres, heureux que je vienne inspecter son travail.

‘Dans mon monde précédent, les gens ne prendraient pas cela aussi bien, heureusement,’ pensai-je, car c’était là-bas un signe de manque de confiance, tandis qu’ici, Hugh semblait presque…

‘Honoré que je vienne voir son travail,’ pensai-je, bien que ce ne soit pas la raison de ma venue.

Les yeux de Hugh restèrent quelques secondes sur Aegon, sûrement à cause de ses caractéristiques valyriennes, puis j’ai dit, posant respectivement une main sur l’épaule de mes deux pupilles :

« Je ne suis pas venu ici pour te surveiller, je suis venu pour mettre la main à la pâte et enseigner une leçon à ces deux jeunes privilégiés. »


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