-Chapitre 78-
Added 2024-10-16 17:23:30 +0000 UTC-Chapitre 78-
-POV Viserys Targaryen-
« Seigneur Corlys, cousine », dis-je en apercevant Corlys Velaryon et Rhaenys entrer dans la loge royale.
« Votre Majesté », dirent les deux en baissant légèrement la tête.
J’ai souri légèrement, mais mon regard s’est rapidement détourné d’eux pour se poser sur leurs enfants, Laena et Laenor, qui les accompagnaient.
‘Pourquoi est-il ici sans son armure ?’ pensai-je en regardant Laenor Velaryon.
« J’aurais pensé te voir en armure à cette heure-ci, Laenor ? » ai-je demandé, surpris.
Laenor allait répondre, mais sa sœur le devança et dit : « Laenor est tombé malade cette nuit, une indigestion qui le force à prendre un champion. »
« Je vois », dis-je en hochant la tête, comprenant la réelle raison de ce soudain changement de combattant.
‘Il a sûrement repris ses esprits après la folie d’hier soir,’ pensai-je en regardant mon gendre hocher la tête, bien que clairement contrarié de devoir renoncer à sa vengeance.
J’avais quelques questions, mais toutes se sont évaporées lorsque j’ai entendu le héraut au centre de l’arène crier pour que tous puissent l’entendre.
« PEUPLE DES SEPT ROYAUMES, NOUS SOMMES TOUS RASSEMBLÉS ICI POUR ASSISTER AU DUEL DEMANDÉ PAR LE PRINCE CONSORT LAENOR VELARYON, AFIN DE JUGER DE LA CULPABILITÉ DU LORD COMMANDANT DE LA GARDE ROYALE, SER CRISTON COLE. »
Des acclamations ont retenti dans les tribunes, qui n’attendaient que ça...
‘Voir du sang couler,’ pensai-je, légèrement dégoûté à cette idée.
« ACCLAMEZ TOUS LE LORD COMMANDANT SER CRISTON COLE, QUI DÉFENDRA SON HONNEUR AUX YEUX DES DIEUX ET DES HOMMES, AFIN DE PROUVER SON INNOCENCE. »
‘Une farce’, pensai-je, car je connaissais déjà l’issue de ce combat.
‘Même Daemon ne peut pas le vaincre, et puisque Laenor ne participe pas à ce combat, ce dernier n’a plus d’intérêt’, me dis-je, peu intéressé par cette confrontation.
Ser Criston s’est avancé très sobrement au centre de l’arène, portant la faveur de ma femme, qui semblait beaucoup plus heureuse depuis que nous avions appris que Laenor ne participerait pas.
‘Se pourrait-il qu’elle ait pensé à la même chose que moi ?’ me dis-je, pensant comprendre ce qui avait bien pu la rendre aussi joyeuse.
« MAINTENANT, FAITES UN TONNERRE D’APPLAUDISSEMENTS POUR CELUI QUI EST SUR LE POINT DE DÉFENDRE LES COULEURS DE LA MAISON VELARYON… LE MYSTÉRIEUX CHAMPION. »
Curieux de savoir qui osait se battre contre Ser Criston, je me suis tourné dans la direction de l’entrée de ce mystérieux chevalier, et j’ai tout de suite compris.
Je me suis retourné pour regarder Laena, et j’ai noté qu’elle était accompagnée de Ser Arnold Arryn.
J’ai cherché Rhea Royce du regard, et ce n’est qu’en apercevant Ser Gunthor à sa suite que j’ai plissé les yeux, certain que l’homme avançant dans une armure imitant légèrement les écailles d’un dragon de couleur rouge et noir n’était autre qu’Aemon.
‘Pourquoi fait-il cela ?’ pensai-je, ne comprenant pas pourquoi il prenait soudainement la décision de soutenir la Maison Velaryon, étant donné le contentieux qui existait entre Corlys et lui.
Je me suis tourné vers ma femme, qui a haleté de surprise en comprenant elle aussi qui se cachait sous le heaume en forme de dragon, puis elle murmura : « Comment ose-t-il ? »
« C’est un prince de la Maison Targaryen, il ne doit obéissance qu’à son roi, personne d’autre », dit Laena, nouvelle princesse de la Maison Targaryen.
J’ai froncé légèrement les sourcils, car depuis hier, j’avais remarqué qu’elle prenait de plus en plus la parole et agissait avec beaucoup trop de liberté.
‘Aemon va devoir la dompter. S’il se laisse dominer par cette femme, la Maison Velaryon finira par subvertir la nôtre.’
« Veuillez vous adresser correctement à la reine, Laena », dit Rhaenys, qui avait remarqué mon regard sur sa fille.
Laena a regardé sa mère sans rien dire, mais n’a rien ajouté, ce qui a fait froncer les sourcils de Rhaenys sans toutefois la pousser à dire quelque chose de plus.
J’aurais pu intervenir, mais mon attention n’était pas portée sur des histoires de femmes, mais simplement sur mon si précieux neveu.
‘Quoi qu’il arrive, il ne doit pas mourir, il est le dernier espoir que j’ai d’une Maison Targaryen forte et unie.’
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-POV Aemon Targaryen-
J’ai souri sous mon heaume en regardant le commandant de la garde de mon oncle et champion de la reine s’avancer vers moi et dire :
« Vous avez vraiment perdu l’esprit si vous pensez pouvoir me vaincre dans un combat. Votre propre père n’a pas réussi un tel exploit. »
‘Et toi, tu es tellement arrogant que tu n’as visiblement pas pris la peine de discuter avec les chevaliers assermentés à la Garde ni même avec ceux sous tes ordres’, pensai-je, car pas plus tard qu’avant-hier, j’avais mis à terre une vingtaine de chevaliers expérimentés, et ce, sans forcer.
‘Bien que j’ai profité d’un avantage que je ne possède plus’, me dis-je, sachant qu’avec l’armure que je portais sur moi, je ne pouvais pas reproduire les mêmes mouvements, bien que je restais nettement plus rapide et mobile que les chevaliers communs.
« Vous ne dites rien ? »
« Il n’y a pas grand-chose à dire à un homme qui va bientôt mourir. »
« Je tâcherai de me souvenir de vos paroles lorsque vous... »
Criston Cole n’a pas eu le temps de terminer sa phrase. Lady Forlorn dégainée, je l’ai chargé soudainement, l’obligeant à passer directement en position défensive.
Je ne pouvais pas discerner son expression sous son heaume, mais d’après ses grognements et la difficulté qu’il avait à contrer mes frappes, j’ai senti qu’il bouillait de frustration.
‘200 de force physique me donnent environ deux fois la force d’un humain normal, ce qui équivaut à environ une tonne de force’, pensai-je en regardant Criston Cole reculer petit à petit, poussé dans ses retranchements.
Il n’a pas fallu longtemps pour que des fissures apparaissent sur son bouclier en acier, et alors que j’allais porter le coup de grâce, Criston Cole lança son bouclier au visage.
Surpris, j’ai levé une main pour me protéger, et il en profita pour abattre de toutes ses forces son fléau sur ma main droite.
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-POV Criston Cole-
Voyant que le prince Aemon allait briser mon bouclier comme il l’avait fait avec l’héritier de la Maison Corbray, j’ai pris les choses en main.
‘Je ne peux pas continuer à rester passif,’ pensai-je.
J’ai lancé de toutes mes forces mon bouclier vers le visage du prince, qui se défendit simplement en levant une main pour couvrir son visage.
‘Je t’ai eu,’ pensai-je en frappant de toutes mes forces le fléau sur son bras.
Il esquiva rapidement, mais en effectuant une légère torsion du poignet, j’ai réussi à toucher sa main droite, qui tenait son épée en acier valyrien.
CRAACK.
‘Sa main droite n’est plus utilisable,’ pensai-je, heureux d’avoir pu neutraliser le bras dominant de mon ennemi.
Alors que j’allais porter le coup fatal, j’ai senti quelque chose me percuter violemment avant d’être projeté au sol.
Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qui se passait avant de sentir quelqu’un frapper mon casque.
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-POV Laena Targaryen-
Voir Aemon entrer personnellement dans cette arène m’a laissée sous le choc, mais cela m’a aussi profondément touchée, car j’étais bien consciente de la tension qui régnait entre lui et mon père.
J’étais aussi consciente qu’il mettait en péril ses propres intérêts pour me venir en aide.
En le voyant entrer, bien que soulagée qu’il ait finalement tenu parole en trouvant un champion, je ne voulais pas finir veuve le lendemain de mon mariage.
Je ne voulais pas qu’il meure dans ce combat, et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il n’avait pas envoyé son oncle se battre en son nom.
Au fur et à mesure que le combat avançait, j’ai rapidement compris pourquoi il ne l’avait pas fait. Criston Cole n’arrivait pas à reprendre le dessus sur Aemon, et son bouclier s’effritait à chaque coup porté par mon mari.
Mais soudain, Criston Cole reprit le dessus et brisa la main d’Aemon, qui laissa tomber Lady Forlorn.
Je me suis levée, tout comme la majorité des personnes dans la loge royale.
Criston Cole allait abattre son fléau sur la tête d’Aemon, mais ce dernier se jeta sur lui et le projeta au sol avant de le frapper sauvagement.
Hors de lui, il martelait le heaume de Criston Cole, qui semblait sonné, et après les premiers coups, ne chercha plus à se défendre. Mais cela n’empêcha pas Aemon de continuer à le frapper encore et encore.
L’arène, silencieuse, n’émit aucun son lorsque Aemon s’arrêta, uniquement après avoir constaté que le corps de son adversaire ne bougeait plus.
Une partie de son heaume était encastrée dans son crâne, d’où du sang coulait, teintant le sable de l’arène en rouge.
J’ai silencieusement remercié les Sept de m’avoir accordé le cadeau de ne devoir enterrer personne le lendemain de mon mariage.
Puis, je me suis tournée vers le roi, qui s’était déjà avancé pour dire :
« LES DIEUX ONT PARLÉ. CRISTON COLE, DE LA MAISON COLE DES STORMLANDS, EST COUPABLE DE LA MORT DE JOFFREY LONMOUTH, ET LE PRINCE AEMON TARGARYEN, CAVALIER D’URRAX, A RENDU JUSTICE EN MON NOM ET EN CELUI DES DIEUX. »
« Gloire au prince Aemon ! » hurla quelqu’un dans les tribunes.
Je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose brûla en moi, et je ne pus m’empêcher de répondre à cet appel, fière de l’homme qui était récemment devenu mon mari, en criant avec de nombreux autres :
« GLOIRE AU PRINCE AEMON ! »