-Chapitre 73-
Added 2024-10-04 06:12:13 +0000 UTC-Chapitre 73-
-POV Ronnet Connington-
Raymund n’a rien dit tandis que tous les regards se posaient sur lui, attendant des explications de sa part.
« Tu as perdu ta langue, petit frère ? » demandai-je en le regardant, légèrement moqueur, car je savais qu’il nourrissait un petit complexe d’infériorité que j’avais créé sans le vouloir en étant… moi.
‘J’ai essayé de le débloquer en lui donnant des responsabilités, mais maintenant que je suis roi, cela ne pourra jamais être résolu, car à présent, tous ceux qui ne sont pas rois sont mes inférieurs,’ pensai-je en regardant mon frère.
« Je suis le seigneur de mes terres, je n’ai plus de comptes à te rendre, nous sommes alliés, je ne suis plus ton serviteur, » dit Raymund en levant légèrement le menton.
‘Il a laissé pousser sa barbe,’ remarquai-je, un léger sourire aux lèvres, amusé par la réaction de mon frère.
« Tu es marié, tu es désormais seigneur de ton propre royaume. Très bien, comment devrais-je t’appeler, Gardien du Trident ou bien Roi du Trident ? » dis-je en souriant moqueusement.
« Ronnet, » dit Alynne, essayant de me dire de me calmer et de ne pas dépasser les bornes.
‘La bonne blague,’ pensai-je.
« Oh non, pourquoi ne t’appellerais-je pas Roi Raymund Tully ? Tu es exactement comme Cersei, putain de traître, » dis-je en riant légèrement, amusé par son comportement. Ce qui n’a pas eu le même effet sur lui, car il se leva brusquement et frappa son poing sur la table.
J’ai cessé de rire, et Raymund dit : « J’ai attendu des excuses de ta part. »
« Des excuses ? Et pourquoi diable devrais-je te présenter des excuses ? » dis-je, le sourire aux lèvres, sans pour autant rire.
« J’ai fait ce que tu voulais toute ma vie, j’ai tout sacrifié pour toi, mais tu as rompu notre confiance en m’envoyant dans la gueule du loup, » dit-il, de plus en plus énervé par la condescendance avec laquelle je lui répondais.
J’ai froncé les sourcils et éclaté de rire, amusé par sa réaction, tout en disant :
« Attends, tu viens de dire deux énormes conneries, et je ne sais même pas par quoi commencer : tu as tout sacrifié pour moi ? La gueule du loup ? Mais est-ce que tu t’entends parler ? TU ES MA PUTAIN DE CRÉATION, HAHAHAHA. »
J’ai ri longuement avant de dire : « Tout ce que tu as aujourd’hui, c’est à moi que tu le dois, TOUT. »
Nous nous sommes regardés intensément, puis j’ai ajouté :
« Tu sais que je ne te ferai pas de mal physiquement, c’est pour ça que tu es si confiant. Cersei l’était aussi, mais demande-lui maintenant comment elle vit le fait que j’ai offert sa fille comme fiancée à Trystan Martell en échange d’une alliance avec Dorne. »
« Je ne suis pas Cersei, » dit-il en serrant les dents.
« Non, effectivement, tu ne l’es pas… Soit, tu veux partir ? Alors vas-y, va-t’en, les portes sont grandes ouvertes. Personne ne t’enfermera contre ta volonté et personne ne te maltraitera. Tu es libre de t’en aller, mon très cher petit frère, » dis-je en lui indiquant la porte.
« Je ne veux pas m’en aller, » dit-il en se calmant légèrement.
« Tout ce que je veux, c’est la reconnaissance que je mérite en tant que ton allié, le respect… c’est tout ce que je demande, » dit-il en s’asseyant.
« Ne t’assieds pas, car tu ne mérites pas ma reconnaissance en tant qu’allié, encore moins mon respect pour ta trahison. Tout ce que tu es et seras jamais à mes yeux, c’est mon petit frère et un traître, rien de plus, rien de moins, » dis-je en levant une main pour qu’il ne s’asseye pas.
Choqué que je ne réponde pas comme il l’espérait à son ultimatum, il dit, comme si c’était suffisant pour me pousser au pied du mur :
« Je suis le Gardien du Trident… »
« Donc c’est ainsi que tu t’es fait nommer, » dis-je, faisant mine de prendre note, ce qui l’a profondément agacé, mais il continua en disant : « Sans mes armées, tu ne peux pas te défendre contre tous ceux qui voudront ta peau. Une fois que les Tyrell et les Lannister auront vaincu Euron Greyjoy, car cela arrivera plus rapidement sans moi à tes côtés, tu te feras détruire par leur alliance. »
J’ai hoché la tête, puis j’ai dit : « Je ne sais pas si c’est ta mémoire qui te fait défaut ou autre, mais il me semble t’avoir fait part d’une certaine alliance entre moi et le Prince Doran. »
« Pourquoi ferait-il alliance avec toi plutôt qu’avec les Lannister ? Je te rappelle que son frère est toujours dans la capitale, » dit Raymund, comme s’il soulignait l’évidence qu’un enfant de quatre ans pourrait comprendre.
J’ai souri en secouant la tête, ne sachant quoi rétorquer à mon frère, puis j’ai finalement dit en poussant un petit soupir :
« Tu vois, à l’avenir, c’est dans ce genre de moment que tu te rendras compte que sans moi, tu n’es absolument rien… J’ai fait évacuer Oberyn et tous les Dorniens de la capitale il y a pratiquement une lune de cela, imbécile. »
Alynne dit, pour apaiser l’esprit échauffé de mon frère : « Ronnet a conclu l’alliance avant de t’envoyer au front, mais seuls lui et le Prince Doran étaient au courant. »
« Et toi, visiblement, » dit-il d’un ton blessé d’avoir été mis à l’écart.
« Pas depuis longtemps, » dit Alynne en essayant de réconforter Raymund.
« Même avec eux, tu auras besoin de moi, » dit Raymund, toujours obstiné.
J’ai roulé des yeux en disant : « Tu mets la charrue avant les bœufs, Raymund. Tu viens me menacer ici alors que tu as quoi ? 2 000 hommes ? »
« J’en ai recruté 5 000 de plus, » dit-il sur la défensive.
« Oh excuse-moi, tu as donc 2 000 soldats entraînés selon nos standards qui attendent sûrement leur solde, et 5 000 fermiers équipés de fourches. Wow, quel allié de taille tu fais ! Comment comptes-tu te défendre contre tes propres vassaux sans même pouvoir maintenir ton armée en bon état, nourrie, payée et entraînée ? Car bien évidemment, tu n’auras plus de ressources de ma part. J’espère que tu en es conscient ? »
« J’ai bien appris à ton contact, je saurai me débrouiller, » dit-il.
« Très bien, alors va-t’en. La porte est devant toi, » dis-je, étant sûr qu’il n’oserait pas franchir cette porte.