-Chapitre 51-
Added 2024-09-30 01:39:37 +0000 UTC-Chapitre 51-
-Lendemain matin-
-POV Aemon Targaryen-
« C’est n’importe quoi, cet endroit fait ressortir ce qu’il y a de pire chez les gens », dit ma mère en remuant sa cuillère légèrement pour faire fondre complètement le miel dans son thé.
‘Une denrée rare que la Maison Velaryon vend à des prix déments’, pensai-je en sirotant le mien sans rien dire.
« Cela ne te dérange pas ? » me demanda-t-elle.
« Pourquoi penses-tu cela ? » lui ai-je demandé légèrement inquiet que mon comportement calme face aux évènements récents puisse trahir mon implication dans ceux-ci.
« Je ne sais pas, tu es silencieux alors que ton futur beau-frère a échappé de peu à la mort et que son ami est mort », dit ma mère les yeux plissés face à mon comportement inhabituel.
‘C’est donc ce qu’on appelle le sixième sens des femmes’, pensai-je en observant ma mère.
J’ai doucement roulé des yeux, plus agacé que compatissant envers Laenor car c’était lui qui avait fait le choix de foncer tête baissée dans la bataille avec son amant.
« Je suis bien sûr choqué de l’ampleur qu’a pris cette dispute entre Rhaenyra et sa belle-mère, mais je ne vais pas mentir, cette histoire n’est pas une mauvaise nouvelle, elle m’ouvre même de nombreuses portes », dis-je à ma mère.
« Que comptes-tu faire ? » me demanda ma mère sachant déjà que je comptais botter dans la fourmilière.
« Moi ?! Rien du tout », dis-je en cachant un petit sourire.
Ma mère a haussé les épaules tout en roulant les yeux puis elle dit :
« Fais attention à ton père, à force de le conseiller, il commence à utiliser sa tête pour réfléchir. »
« Qu’est-ce que tu veux que Daemon me fasse qu’il ne m’ait pas déjà fait ? » répondis-je d’un ton nonchalant, car Daemon s’était isolé tout seul.
‘Son frère n’a pas confiance en lui, Rhaenyra n’a pas non plus confiance en lui, il est ennemi des Hightower et il est sur le point de déclencher une guerre à Corlys Velaryon, je suis tout ce qu’il lui reste.’
« C’est ton père, j’ai simplement peur que tu sois déçu », dit-elle.
J’ai souri, trouvant son attention réconfortante même si elle était superflue, car j’avais très peu d’attentes envers ce genre de personne.
‘Et aucune envers lui.’
« Je ne peux pas être déçu d’une personne envers laquelle je n’ai aucune attente », dis-je sérieusement car c’était la vérité.
Bien que j’essaye montrer à tous que j’avais un grand respect pour mon père, il n’en était rien.
Pour moi Daemon était un membre de ma famille mais rien de plus, il m’avait prouvé à de nombreuses reprises qu’il n’était pas quelqu’un de fiable.
Je ne le détestais pas et il n’y avait pas de mauvais sang entre nous, je savais simplement à quoi m’en tenir en ce qui le concernait.
« Très bien, si tu le dis, alors je te ferai confiance », dit ma mère.
Nous avons été interrompus par Gunthor qui a toqué à la porte et est entré directement, il était le seul de mes gardes à pouvoir faire cela, car il faisait partie de ma famille.
‘Une subtile marque de confiance.’
« Alors ? » ai-je demandé.
« Le roi a accepté une audience en privé », dit-il en hochant la tête.
J’ai hoché la tête et puis j’ai dit : « Espérons que tout se passe bien. »
« Que veux-tu du roi ? » me demanda ma mère.
J’ai souri et j’ai demandé : « Tu veux vraiment savoir ? »
Elle a hésité avant de finalement secouer la tête.
J’ai souri connaissant déjà le résultat et je lui ai embrassé le sommet de la tête, je la connaissais assez bien pour savoir qu’elle n’aimait pas tous ces petits complots et stratagèmes.
Ma mère préférait de loin chasser, sortir à cheval et vivre pleinement sa vie dans le Val qu’être ici entourée de commères à longueur de journée bavassant autour de petits gâteaux.
---
-POV Viserys Targaryen-
« Le prince Aemon Targaryen, votre majesté », dit Ser Criston, les yeux baissés pour éviter le regard chargé de fureur en entendant le son de sa voix.
Je me suis levé pour accueillir Aemon et ce dernier ne s’est pas fait attendre.
En entrant, mon neveu dit : « Je ne pensais pas que vous me recevriez aussi rapidement. »
« Tu es mon neveu préféré et tu le sais », dis-je en souriant à mon neveu qui fit mine d’hésiter avant de sourire.
J’ai ouvert les bras pour l’étreindre, ce qu’il ne refusât pas.
Après quelques secondes, nous nous sommes lâchés et nous avons pris place autour d’une petite table.
Je lui ai servi une coupe de vin tout en lui demandant :
« Avais-tu un sujet particulier dont tu voulais m’entretenir ? »
Aemon accepta la coupe avec un sourire tout en secouant la tête puis dit :
« Non, je voulais simplement prendre de vos nouvelles. J’imagine que cette nuit n’a pas été clémente avec vous. »
J’ai haussé les sourcils car il soulignait l’évidence même, la petite guerre entre Rhaenyra et Alicent avait dégénéré au point où plusieurs dizaines de chevaliers de maisons importantes ont failli s’entretuer.
‘Sans parler de la mort de l’ami de Laenor Velaryon’, pensai-je.
« Je ne sais plus quoi faire pour les réconcilier les unes aux autres », dis-je, épuisé par ces conflits persistants.
« Est-ce que vous avez tenté de les faire discuter ? » m’a-t-il demandé.
J’ai souri de manière presque moqueuse en disant : « À quoi cela servirait ? Les deux se considèrent pratiquement comme les pires ennemies. »
« Les relations entre la reine et la princesse avaient pourtant l’air d’être correctes tout au long de ce tournoi », dit Aemon en regardant son vin remuer car il le secouait légèrement, pensif.
« Tu penses à quelque chose ? » dis-je, ayant remarqué son air pensif.
« Je m’interroge », dit-il en sortant de sa transe.
« Sur quoi ? » demandai-je.
Aemon a hésité avant de finalement soupirer et de secouer la tête : « Ce n’est pas ma place. »
« Aemon, tu es le fils de mon frère. Je regrette que tu n’arrives pas à te sentir comme tel, mais tu fais partie intégrante de ma famille, ne l’oublie pas. En privé, je ne suis pas ton roi, je suis uniquement ton oncle Viserys », dis-je gentiment, essayant de le mettre en confiance pour qu’il me parle sans détour.
‘J’ai déjà tellement de personnes qui n’osent pas me dire la vérité parce qu’elles ont peur de mon statut. Si même les membres de ma famille commencent à me mentir pour s’attirer mes bonnes grâces, autant ne plus parler à personne.’
Aemon hésita à nouveau et me jeta un coup d’œil. J’ai hoché la tête, et finalement il ferma les yeux et soupira avant de dire :
« Vous vous souvenez m’avoir demandé comment nous nous étions réconciliés ? »
J’ai hoché la tête, me souvenant qu’il avait éludé la question en me donnant une réponse bien travaillée à l’avance.
« J’ai reçu des consignes à l’avance et je me demande si ce n’est pas pareil pour Rhaenyra », dit Aemon.
« De qui ? » demandai-je à mon neveu, les sourcils froncés.
« De Corlys Velaryon », dit-il, les yeux légèrement baissés.
‘Putain de serpent’, pensai-je en serrant mon verre de vin.
‘Il veut contrôler Aemon pour contrôler Urrax et la majorité des dragons adultes par le biais de mariages afin de contrôler le royaume dans l’ombre. Et en créant des troubles entre Alicent et Rhaenyra, il la rallie à son parti tout en la manipulant pour que sa Maison continue de s’élever.’
J’ai pris une profonde inspiration pour calmer la colère en moi qui menaçait de s’embraser et j’ai dit :
« Je suis content que tu aies eu l’honnêteté et le courage de me l’avouer… »
« Je n’ai pas accepté », dit-il soudainement.
Surpris par ce qu’Aemon venait de me dire, j’ai haussé un sourcil, les yeux écarquillés, et j’ai demandé :
« Pourquoi ? »
« Parce que je suis un dragon, un membre de la Maison Targaryen et que je n’obéis qu’à une seule personne, c’est vous, mon oncle », dit-il, une lueur de détermination inflexible brillant au fond de son regard.