-Chapitre 199-
Added 2024-09-15 01:29:47 +0000 UTC-Chapitre 199-
-21e jour de la 1ère lune de l’an 301 AC-
« Non, ce n’est pas une option », dis-je d’un ton catégorique.
'A-t-il perdu l’esprit cet inconscient pense que je vais réellement envoyer ma femme enceinte pour se battre contre des marcheurs blancs', pensai-je en regardant Connor comme s’il avait perdu l’esprit.
« Tu n’as pas le choix », dit Connor sur un ton neutre qu’il utilisait avec moi lorsqu’il était agacé par mon attitude.
« Je suis l’Empereur, j’ai tous les putains de choix », dis-je en le confrontant les yeux dans les yeux.
L’espace de quelques instants, nous nous sommes fixés sans nous lâcher du regard, et c’est Willas qui dit pour dégivrer l’atmosphère du Conseil :
« Votre Majesté. »
J’ai détourné les yeux du regard bleu glacial de Connor afin de regarder ma nouvelle Main du Roi, qui dit :
« Le message de Samwell Tarly est assez explicite et a été confirmé par votre espion. Le Grand-Prêtre Benerro a prédit la chute de Pentos et a prévenu les dirigeants de Volantis à temps pour qu’ils envoient des troupes. Nous n’avons certes qu’un seul dragon adulte capable d’affronter de face les scorpions, mais le dragon de l’Impératrice est tout aussi dangereux. »
'Mais est-ce qu’ils le font tous exprès ? Ils me demandent tous de l’envoyer au combat, comme s’il n’y avait pas le risque qu’un carreau d’arbalète ne la fauche, sans parler d’un trait de scorpions', pensai-je.
J’ai froncé les sourcils, mécontent de la tournure de cette discussion, mais j’ai néanmoins laissé Willas faire son travail et me conseiller :
« Nous devons défendre trop de fronts en même temps sans avoir ni les dragons ni les hommes pour cela. Si jamais nous nous passons de tous les dragons en notre possession, nous ne pourrons pas défendre les frontières de l’Empire. »
« Je possède 4 dragons ainsi qu’une armée composée de plus de 200 000 légionnaires », dis-je à Willas pour qu’il se rappelle que je n’étais pas sans défense face aux Essosii tels les anciens souverains qui m’ont précédé.
'A croire que ce sont les seules forces que je peux déployer', pensai-je.
« Certes, mais ce n’est toutefois pas assez pour mener une conquête d’Essos », dit ce dernier.
« Ce n’est pas mon objectif », dis-je afin de remettre les choses en ordre.
'Et cela ne l’a jamais été. Tout ce dont j’ai besoin, c’est d’une porte d’entrée sur Essos, une menace constante qui gardera en respect toutes les superpuissances d’Essos', pensai-je.
Willas hocha la tête, mais continua néanmoins en disant :
« Vous serez forcé de le faire à l’allure que prend l’ampleur de cette guerre, car n’ayons pas peur de nous l’avouer, nous sommes en guerre. Pour le maintien de la paix dans tout l’Empire, vous avez fait le choix de laisser vos légions patrouiller un peu partout sur vos territoires, réduisant presque à néant la criminalité. Personne ne peut nier que depuis que vous avez pris cette mesure, l’Empire est plus sûr, mais c’est une tranquillité et une paix fragiles, car à la seconde où vous retirerez vos soldats… »
« Légionnaires, pas soldats. Les hommes qui se battent pour moi ont dû mériter ce titre. Ce sont des légionnaires », dis-je en soulignant l’importance qu’avait ce titre.
« Veuillez m’excuser, je disais donc qu’à la seconde où vous retirerez vos légionnaires, cette paix fragile que vous avez mis tant de mal à instaurer serait menacée par toutes sortes de personnes malhonnêtes qui chercheront à tirer des bénéfices personnels de ce conflit. C’est une certitude », dit Willas, et en faisant un tour de table, j’ai pu apercevoir plusieurs autres personnes hocher la tête.
'Il prend beaucoup trop confiance en lui depuis qu’il est en passe de devenir mon… cousin', pensai-je en regardant le jeune homme qui débordait d’une confiance et d’une force paisibles.
« Assurer la sécurité de son peuple est l’une des principales tâches qui incombent à la noblesse, et je m’inclus dedans aussi », dis-je en fixant Willas Tyrell, car il avait omis d’intégrer les chiffres des soldats ayant juré fidélité aux différentes maisons.
« Je serai personnellement ravi de pouvoir vous aider, mais j’ai bien compris, tout comme le reste de la noblesse, que vous ne nous appréciez pas », dit Willas.
'Comment pourrais-je vous apprécier alors que je sais que la moitié d’entre vous essaieraient de me faire remplacer au moindre signe de faiblesse par un souverain plus accommodant', pensai-je.
« Fais très attention à tes prochaines paroles, je détesterais voir Sansa porter du noir avant même qu’elle ne porte du blanc », dis-je en le perforant du regard.
« Je ne dis que la vérité, Votre Majesté. La noblesse se sent exclue de la hiérarchie impériale, et elle ne se battra pas tant que vous n’aurez pas clairement demandé son aide. »
« Ils s’attendent à ce que je mendie leur aide pour qu’ils fassent leurs devoirs et s’occupent d’appliquer la justice impériale ? », dis-je en riant légèrement de cette demande ridicule.
« Sans même que vous nous en donniez l’ordre, soyez assuré que la Maison Tarly fera son devoir et sera prête à mourir pour son empereur s’il le faut », s’empressa de dire Randyll Tarly.
'Depuis que Samwell a pris Pentos, j’ai l’impression qu’il essaie de se positionner en tant que dirigeant des voix discordantes du Reach. Peut-être qu’il cherche à obtenir le titre de gouverneur du Reach', pensai-je en hochant la tête en direction du père de Samwell.
Willas se tourna légèrement dans sa direction mais ne dit rien, et puis j’ai dit :
« Très bien, je vais prendre le risque. Si les nobles de l’Empire ne veulent pas me suivre dans ma guerre, soit. Mais si je la remporte, j’espère que vous ne pleurerez pas, car il y aura des… »
« Je ne fais pas partie des récalcitrants, Votre Majesté, tout comme la Maison Tyrell. Nous n’avons tout simplement plus beaucoup de soldats à déployer, car la plupart des nôtres sont partis pour aider le Prince Viserys dans sa conquête des îles d’Été », dit Willas.
'À d’autres. Tu as encore des dizaines de milliers de paysans qui n’attendent qu’un mot de ta part pour prendre les armes en ton nom et au nom de ta putain de famille de sangsues.'
« J’en ai assez entendu », dis-je, agacé, tout en me levant, prêt à sortir de cette pièce.
J’en avais assez entendu. Entre Connor, qui voulait que je donne l’ordre à Daenerys d’assurer la défense du Mur, et Willas, qui voulait que je l’envoie à Essos pour se battre, tout en léchant en prime le cul des nobles pour qu’ils se donnent à fond lors de ce conflit, j’étais en train d’arriver à mon point de saturation.
« Aegon », dit Daenerys, toujours assise sur son siège, à l’inverse de tous mes courtisans qui étaient debout par déférence en me voyant partir.
'Quoi encore ?', pensai-je en me retournant vers ma femme.
J’ai haussé un sourcil et puis elle dit : « Je suis d’accord avec Connor et Willas. Pour remporter cette guerre, nous avons besoin d’alliés et de Drogon. Tu ne peux pas être partout à la fois. Tu ne peux pas arrêter la coalition de toutes les cités libres d’Essos tout en surveillant le Mur. »
'Rien que ce mois-ci, je l’ai survolé 4 fois pour que la présence de Rhaegal tienne en respect les marcheurs blancs.'
J’ai secoué la tête et j’ai dit à Daenerys : « Tu ne comprends pas encore, ce n’est pas le moment pour que des dragons volent de la même façon que moi au-dessus du mur. »
« Mais tu le fais bien toi », dit-elle.
« Ce n’est pas la même chose, et tu le sais parfaitement. Je peux voler beaucoup plus haut que toi et beaucoup plus longtemps. Surtout, je ne reste pas, mais je fais en sorte de me faire remarquer. C’est un risque calculé, car je peux me battre, pas toi », dis-je en guise de justification.
« Je peux aussi me battre », dit Daenerys avec force.
'Pas dans ton état', pensai-je intérieurement, car je ne lui avais pas encore annoncé le début de sa grossesse.
« Crois-moi quand je te dis que tu ne le peux pas, Dany », dis-je en regardant ma femme droit dans les yeux.
'Si le Roi de la Nuit existe réellement, il ne ferait qu’une seule bouchée de Drogon', pensai-je.
« Alors nous laissons nos soldats affronter la mort et prions pour que les marcheurs blancs, lorsqu’ils attaqueront, car c’est ce qu’ils feront, les épargnent ? », dit Connor.
Je n’ai rien dit, mais j’ai longuement fixé Connor, ne comprenant pas ce qui lui passait par la tête pour qu’il s’oppose de manière aussi frontale à moi.
« Laissez-nous », dis-je, décidé à avoir une conversation à cœur ouvert avec celui que je considérais comme mon frère.
Une fois que tous furent sortis, j’ai demandé à Connor : « Est-ce que tu vas te décider à ouvrir ta bouche pour t’expliquer ? »
« J’ai l’impression que tu ne prends pas assez au sérieux la situation dans laquelle nous sommes », dit Connor.
« Et c’est ce qui te donne le droit de remettre en question ma parole devant tous mes conseillers ? »
« J’ai simplement… », essaya-t-il de dire, mais je ne voulais pas entendre d’excuses.
« Je sais que tes nouvelles responsabilités te pèsent, mais j’aimerais te rappeler que je suis la personne qui t’a informé de la menace. Je suis celui qui t’a ouvert les portes du pouvoir et celles du monde décisionnaire. Je suis aussi celui qui t’a enseigné comment utiliser ton don, tout en étant ton empereur… c’est la dernière fois que tu t’adresses à moi de cette façon devant les autres, est-ce que c’est clair ? »
Connor a hoché la tête, alors je lui ai fait signe de disparaître de ma vue.
J’ai pris quelques profondes inspirations, me forçant à me calmer tout en me répétant intérieurement : 'Paniquer au sommet équivaut au début de sa chute.'
J’ai senti la main de Dany attraper la mienne et j’ai ouvert les yeux, parfaitement calme.
« Je vais devoir accélérer certains de mes projets. »
« Lesquels ? »
« Tu verras », dis-je en embrassant tendrement son front avant de sortir de la pièce, prenant avec moi Jaime et Sandor.
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-POV Cersei Lannister-
« Donc la plupart de ses conseillers sont contre une guerre totale avec Essos et essaient de le faire reculer ? », dis-je en berçant doucement Maegor.
« Oui, Aegon ne veut pas impliquer son impératrice dans la guerre, il n’a pas non plus envie de s’appuyer sur les troupes de l’impératrice. Pour une raison quelconque, il est possible qu’il fasse appel à la noblesse, mais sans prendre la peine de leur promettre quoi que ce soit », dit mon cousin Lancel, droit comme un piquet.
'Cela fait si longtemps que je lui ai demandé de droguer Robert, j’ai l’impression que c’était dans une autre vie', pensai-je.
« Cela lui permettra de trier le bon grain de l’ivraie », dis-je.
« C’est une possibilité », dit Lancel en hochant la tête, reconnaissant mon point de vue.
J’ai souri légèrement et j’ai dit :
« Ce n’est pas une possibilité, c’est une certitude. Je commence à connaître un peu Aegon, et il aime constamment tester les gens qui l’entourent. Dans ce cas-ci, c’est la noblesse qu’il teste. Nous ne devons pas perdre la place spéciale qui est la nôtre. Avec le massacre de la famille royale en l’an 281, nous étions en position d’ennemis de la Maison Targaryen, mais depuis la montée au pouvoir d’Aegon, père, Jaime et moi avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour réhabiliter notre Maison et nous y sommes parvenu en grande partie mais nous sommes encore fragiles »
« Que voulez-vous que je fasse ? Père m’a donné l’ordre de vous obéir en tout point », dit Lancel avec une petite lueur dans le regard.
'Pense-t-il sérieusement que je vais coucher avec lui, comme je l’avais laissé entendre lorsque je lui avais ordonné de droguer ce porc de Robert ?', pensai-je avec un sourire méprisant.
« L’empereur n’aime pas partager. Il a tué pour beaucoup moins que cela », dis-je en regardant mon cousin dans les yeux.
Ce dernier, conscient de son erreur, baissa rapidement le regard et dit : « Je suis désolé. »
« Ne t’en fais pas, je comprends, tu es jeune. Il est normal que tu possèdes des rêves irréalisables », dis-je avant de porter Maegor, qui s’était finalement endormi, jusqu’à son berceau.
Une fois couché, je me suis tournée vers mon cousin et j’ai dit :
« Je te confie la mission de retourner à Castral Roc pour rassembler l’intégralité de nos forces et prêter main-forte à l’Empereur dans la guerre qui nous oppose aux cités d’Essos. »
Le faux sourire de Lancel s’est figé et s’est lentement transformé en une grimace, tandis qu’il répétait :
« Toutes nos forces ? »
« Et en plus de cela, ralliez toutes les Maisons des Westerlands pour qu’elles prêtent main-forte à l’Empereur. »
« Père ne serait pas d’accord. J’ai discuté avec lui et il est d’avis que nous attendions pour pouvoir tirer le… »
« Lancel, ton père n’est pas le Seigneur de Castral Roc. C’est mon fils qui l’est, et je suis la régente jusqu’à sa majorité impériale, qu’il atteindra à l’âge de 18 ans », dis-je en fixant mon cousin, qui était figé comme un bloc de pierre, ne sachant que dire.
J’ai haussé les sourcils face à son silence et j’ai demandé : « Vas-tu m’obéir ou vais-je devoir compter sur quelqu’un de plus fiable que toi, mon cher Lancel ? »
« Je pars de ce pas à Castral Roc. Permettez-moi d’informer mon… »
« Ser Vylarr », criai-je doucement en direction des portes de mes appartements.
Les portes se sont instantanément ouvertes, et ce que j’ai vu m’a complètement laissée sans voix. L’ancien capitaine de la garde de Cersei était vêtu d’une armure généralement portée uniquement par les membres de notre famille.
« Ser Vylarr s’est marié avec notre cousine Redalla Lannister, ce qui en fait presque un membre de notre maison. Il t’accompagnera et t’escortera en toute sécurité. Je ne veux pas que vous perdiez du temps sur la route, alors je m’attends à ce que mon armée soit prête dans les plus brefs délais », dis-je sur un ton dur et autoritaire tout en maintenant un sourire de façade qui n’atteignait bien évidemment pas mes yeux.