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-Chapitre 190-

-Chapitre 190-

-POV Cregan Snow-

« Bonjour capitaine », dis-je en saluant le capitaine de ma cohorte, le poing serré sur mon cœur.

Ce dernier hocha la tête et dit : « Cregan Snow, je serai absent pendant une, voire plusieurs lunes, car le Baron Walton requiert mon conseil. Pendant ce temps, le Mur est sous votre responsabilité. Aucun sauvageon ne doit être autorisé à le franchir, est-ce bien compris ? »

J’ai hoché la tête sans vraiment avoir peur, car je savais que depuis qu’une grande partie des sauvageons avait quitté le camp de Mance Rayder, ils ne représentaient plus un grand danger.

‘Nous étions plus une garantie qu’autre chose.’

« Mance Rayder et ses fidèles se font peut-être discrets, mais ils sont toujours de l’autre côté, attendant une bonne excuse pour rallier les sauvageons de ce côté-ci du Mur afin de déstabiliser l’Empire », dit le Commandant Steelshanks, l’un des cousins du Baron Walton Steelshanks.

‘Ce dernier a été assez malin pour placer des membres de sa famille et d’anciens amis à des postes de commandement pour s’assurer de la loyauté de tous ses hommes’, pensai-je.

« Nous ne les laisserons pas faire », dis-je pour rassurer le commandant, qui avait l’air anxieux pour une raison difficile à comprendre.

‘Nous sommes plus de 20 000 soldats sur le Mur, qu’est-ce qui pourrait bien nous arriver ?’, pensai-je.

Une fois les dernières instructions du commandant données, ce dernier s’en alla au galop en direction du Dreadfort.

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-POV 3e-

« Pourquoi est-ce à nous de faire la garde du Mur la nuit ? » dit un légionnaire.

« En plus avec un putain de blizzard pour seule compagnie », ajouta le second légionnaire.

« Qu’est-ce qu’on pourrait bien voir dans une telle tempête ? » dit le premier légionnaire en se frottant les bras.

« Rien, mais nous ne sommes pas là pour ça. Nous sommes là parce que nous sommes punis pour avoir osé émettre une opinion sur ce ba… »

La phrase du second légionnaire resta coincée dans sa gorge, car une épée de glace venait de transpercer sa trachée, éclaboussant le visage et le casque du premier légionnaire.

Avant que ce dernier ait eu le temps de pousser un seul cri de surprise, sa tête se retrouva séparée de son corps.

À la surprise de l’assaillant, le son d’un cor retentit et, le temps qu’il se retourne, une équipe de quatre légionnaires l’attaquait déjà.

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-POV Cregan Snow-

N’arrivant pas à dormir en raison d’un sentiment d’inquiétude persistant, je me décidai à me lever et à marcher dans la cour afin d’inspecter les légionnaires qui étaient de garde cette nuit.

Mais alors que je marchais dans la cour, j’entendis le son d’un cor lointain. Le son était étouffé par le blizzard, mais je pouvais toujours l’entendre, bien que difficilement.

‘Ce n’est pas possible’, pensai-je en me disant que c’était sans doute une erreur.

« Personne n’oserait attaquer le Mur par un temps pareil, car escalader le Mur en temps normal serait une entreprise périlleuse, mais dans une telle tempête, ce serait ni plus ni moins que de la folie. »

J’allais retourner dormir, mais juste au moment où je me dirigeais vers mes appartements, quelque chose s’écrasa à un mètre de moi. Je plissai les yeux pour distinguer ce que c’était, et quand je le reconnus, ma première réaction fut de faire un pas en arrière, pris de peur.

« Commandant ! » entendis-je hurler les légionnaires de garde au loin, ayant sûrement vu ou entendu la chute de l’abomination qui rampait désormais vers moi.

‘Ravnar’, pensai-je en reconnaissant l’un de mes plus grands opposants au sein de la légion, dont les yeux verts avaient été transformés en un bleu glacial.

‘Ce n’est pas possible’, pensai-je en me souvenant d’une rumeur que j’avais entendue à de nombreuses reprises de la part des supérieurs.

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‘Nous sommes là pour nous battre contre le véritable ennemi.’

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Le son d’un autre soldat tombant du haut du Mur, également transformé, me ramena à la réalité.

« AUX ARMES ! » hurlai-je en écrasant ma peur et en dégainant mon arme.

Pendant ce laps de temps, de plus en plus de ‘personnes’ tombaient du haut du Mur, et comme Ravnar, aucun d’entre eux n’était mort de cette chute.

‘Parce qu’ils sont déjà morts.’

Je frappai la tête de Ravnar avec mon épée en acier, mais il ne broncha pas avant de se relever difficilement puis de se jeter sur moi.

Je m’étais battu à de nombreuses reprises contre lui, assez pour savoir que la nouvelle force qu’il avait n’était pas normale.

En tombant sur le dos, mon épée m’échappa des mains, et alors qu’il allait me planter son poignard dans la gorge, j’attrapai le mien et le plantai dans les interstices de son armure recouverte de cuir.

Il émit un bruit horrible avant de s’écrouler au sol. Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas pourquoi il était mort cette fois-ci et non lorsque j’avais frappé sa tête avec mon épée, mais en regardant mon poignard, je compris immédiatement.

‘C’est pour cela que l’armurerie est remplie d’armes en verre-dragon’ comprenant finalement pourquoi l’Empereur avait ordonné à la 11e ainsi qu’à la 12e légion de s’équiper entièrement d’armes faites en verre-dragon.

« Commandant, nos propres hommes se retournent contre nous ! » hurla l’un de mes lieutenants, Bradford, en arrivant à ma droite, son épée dégainée, suivi de quelques légionnaires.

« Ce ne sont pas nos soldats », dis-je rapidement en ramassant mon épée.

« Quoi ?! »

« Je n’ai pas le temps de vous expliquer, mais faites passer le mot que la seule façon de tuer ces créatures, c’est le verre-dragon. »

« Commanda… »

« Exécution ! » hurlai-je avant de me ruer vers ma prochaine cible.

« Oui, commandant », dit-il avant de courir en arrière pour réveiller toute la caserne tout en relayant mes ordres.

‘Il y avait environ une centaine de légionnaires de garde cette nuit sur le Mur, nous sommes environ 1 000 dans la caserne. Si cette chose parvient à vaincre autant de nos légionnaires aussi facilement avec ces cadavres ambulants, il ne faudra pas plus d’une heure avant qu’elle ne s’empare de cette forteresse’, pensai-je en essayant de compter mentalement le nombre de soldats déjà tombés du Mur, qui avait déjà dépassé la vingtaine.

Je courus vers l’un des revenants en criant. Ce dernier se mit en position défensive, puis riposta.

Plus rapide et plus agile que lui, j’esquivai son attaque très facilement avant de planter ma dague en verre-dragon dans sa gorge.

Je souris de soulagement en voyant le cadavre de l’un de mes hommes tomber complètement, comprenant que j’avais rapidement découvert les faiblesses de ces créatures.

Puis j’enchaînai, les cadavres étaient plus lourds que les légionnaires lorsqu’ils étaient encore en vie, ce qui donnait plus de puissance à leurs coups et les rendait plus difficiles à relever si l’on était pressé par leur poids.

En revanche, ils étaient bien plus lents.

‘Sans parler de l’armure de légionnaires qu’ils portent, qui les ralentit encore plus. Leur planter un coup de poignard est assez simple si l’on a le bon timing.’

J’allais chercher un autre revenant à abattre quand tout à coup un son très fort retentit.

Je me retournai avec horreur pour voir une créature maigre dont les cheveux et la peau étaient aussi blancs que la neige et dont les yeux brillaient comme des étoiles d’un bleu glacé dans l’obscurité.

En moins de quelques secondes, toutes les histoires que m’avaient racontées les vieilles dames du village où ma mère m’avait donné naissance revinrent en mémoire, mais je ne me laissai pas distraire.

Je levai mon épée tout en tenant mon poignard dans l’autre main.

Je regardai autour de moi et ce que je vis me rassura légèrement : environ deux cents légionnaires se tenaient à mes côtés.

Je pouvais voir qu’ils n’avaient pas eu le temps de s’équiper entièrement, mais ils étaient là, et c’était le plus important, car cela donnerait du temps à tous nos autres frères pour s’équiper et se battre correctement.

Le cœur battant à toute allure, je criai : « MUR DE BOUCLIER ! »

Tous s’exécutèrent comme un seul homme, plus par habitude que par lucidité.

Je pouvais voir dans leurs regards une terreur couverte par la confiance et la foi qu’ils avaient en la légion, et non par le courage ou l’envie de gloire, et cette confiance était quelque chose que nous avions forgée au fil du temps lors de nos entraînements.

« Nous sommes la 11e légion de l’Empire ! » hurlai-je à mes hommes pour les motiver.

« NOUS SOMMES LA 11e LÉGION DE L’EMPIRE ! » crièrent-ils en chœur, tentant de se rassurer et d’évacuer la tension ainsi que la terreur qui les habitaient.

À travers les interstices des boucliers, je crus voir un sourire sur le visage du Marcheur Blanc avant qu’il ne pousse un cri strident, ordonnant aux revenants de se jeter comme des forcenés sur notre mur de boucliers.

Sans que j’aie besoin de donner l’ordre, les lances jaillirent des interstices entre les boucliers. Mais ce n’étaient pas des hommes que nous affrontions ; aucun de nos ennemis n’avait plus peur de la mort.

« Attention ! » hurlai-je en voyant un des revenants utiliser les cadavres des autres comme marchepied pour passer par-dessus le mur de boucliers et attaquer la gorge d’un de mes hommes.

Avant que j’aie le temps de me jeter sur lui et de le poignarder pour le tuer avec ma dague en verre-dragon, d’autres revenants firent de même, et notre formation entière se brisa rapidement.

Entendre les cris de douleur ou de terreur de mes hommes était un supplice pour moi, car tous étaient prêts à mourir pour leurs familles, mais personne n’était préparé à se battre dans un combat aussi inégal.

J’avais beau me battre avec l’énergie du désespoir, en quelques minutes, après la destruction de notre formation, il ne restait plus qu’un quart de cette troupe de courageux légionnaires.

Je fronçai les sourcils, et avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, je vis sur ma droite les légionnaires en train de s’équiper arriver en grand nombre, encerclant les revenants.

Je souris, sentant que le vent tournait en notre faveur, et que j’avais… que nous avions parfaitement joué notre rôle d’appât.

‘Bien que nous ayons subi de lourdes pertes, nous avons réussi à en tuer un grand nombre’, pensai-je en regardant la vingtaine de revenants qui restaient autour du Marcheur Blanc.

« LÉGIONNAIRES ! »

« OUUUUUH ! » hurlèrent tous les légionnaires en levant leurs boucliers et en faisant face aux derniers revenants.

Environ 700 légionnaires encerclaient une vingtaine de revenants et un Marcheur Blanc, mais personne n’osa attaquer en premier.

Alors, je pris les devants, ramassai une lance en verre-dragon sur l’un des cadavres de mes hommes, et perforai la tête de l’un de mes anciens lieutenants, chargé de diriger les hommes gardant le Mur.

Cet acte libéra mes hommes, qui se mirent à essayer par tous les moyens d’en abattre un.

Certains brisèrent la formation et faillirent perdre la tête à cause de leur fougue, mais finalement, aucun d’entre eux ne mourut, et en à peine quelques secondes, nous étions tous en train d’encercler le Marcheur Blanc qui nous regardait avec un petit sourire moqueur.

Comme un adulte riant de la bêtise d’un enfant essayant de soulever une épée en bois tout en faisant semblant d’être un grand guerrier.

Ce rire me mit hors de moi et confirma une chose : ‘il est intelligent.’

Une fois que j’eus identifié le Marcheur Blanc comme une créature intelligente, une seconde question s’imposa : ‘Puisqu’il possède de l’intelligence, comment se fait-il qu’il n’ait pas peur ?’

Son regard se tourna vers moi, et son sourire s’agrandit tandis qu’il levait les bras. Je compris... tout le monde comprit.

Mais c’était trop tard, car en une seconde, tous les légionnaires qui s’étaient sacrifiés avaient déjà eu le temps de tuer un voire plusieurs de leurs frères d’armes et avaient plongé notre formation dans le chaos.


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