-Chapitre 20-
Added 2024-07-07 14:43:59 +0000 UTC-Chapitre 20-
« Ma mère t’apprécie beaucoup, elle parle souvent de toi en bien, cher cousin », dit Laena en plongeant ses yeux violets dans les miens.
« C’est pareil pour la mienne », dis-je.
Laena sourit et dit : « Il semblerait qu’elle aimerait beaucoup nous voir ensemble tous les deux. »
« Est-ce que ce serait quelque chose que vous aimeriez ? »
« Je ne sais pas, peut-être bien. Vous êtes un Seigneur Dragon, un Prince, vous possédez de belles terres et vous n’êtes pas un vieil homme repoussant, donc j’imagine que je pourrais difficilement faire mieux. »
J’ai hoché la tête et puis elle a enchaîné en me retournant la même question : « Et vous ? Aimeriez-vous être fiancé avec moi ? »
« Que les sept m’en soient témoins, j’aimerais plus que tout vous avoir à mes côtés, mais malheureusement… » dis-je en laissant le reste de ma phrase en suspens en poussant un profond soupir impuissant.
« Vous êtes déjà engagé envers Lady Jeyne… qui justement arrive par ici », dit cette dernière.
J’ai tourné la tête pour voir Jeyne Arryn se diriger vers nous avec son ‘amie’ et dame de compagnie Jessamyn Redfort, toutes les deux escortées par le chevalier Hubert Redfort, un cousin mineur de l’actuel seigneur de la Maison Redfort qui avait un très bon talent avec une épée et qui s’était élevé jusqu’au poste de Bouclier-Lige de Jessamyn Redfort.
« Aemon, mon cher, cela fait longtemps que je t’attends et tu n’es même pas venu discuter avec ta fiancée. »
Contrairement à l’habitude qu’elle devait avoir, j’ai pris cette fois un ton froid et j’ai dit :
« C’est un grand honneur de vous revoir, Madame, et surtout en compagnie de votre si bonne amie. »
Le sourire sur le visage de ma suzeraine ne s’est pas effrité, même si je pouvais voir les yeux de sa bonne amie se plisser et la main de cet Hubert sur la poignée de son épée.
J’ai vraiment hésité à convoquer Urrax pour brûler ces trois sous-merdes dans le feu du dragon, mais je me suis rapidement repris et j’ai dit : « Si vous voulez bien m’excuser, j’aimerais continuer à discuter avec ma cousine. »
« Juste avant, j’aimerais t’annoncer que la cérémonie de fiançailles que nous avons reportée aura lieu dès la fin du tournoi, pour que tous puissent voir que nous sommes unis et que le Val n’a rien à craindre de la Maison Targaryen », dit la jeune femme.
‘Belle façon de me mettre au pied du mur, sûrement que si je refuse, elle fera courir des rumeurs sur moi comme étant à la recherche de son trône, et ce, par la force ainsi qu’avec le soutien de mon oncle, ce qui le mettra dans une position où il n’aura pas d’autre choix que de me renier et de donner raison à cette pute.’
J’ai souri sans enthousiasme et puis j’ai dit : « Ne vous en faites pas, j’honorerai la parole que l’engagement que mon père a pris en mon nom. »
Elle a hoché la tête et j’en ai profité pour m’éclipser avec Laena.
« Pourquoi lui permets-tu de te parler ainsi ? Elle se croit supérieure à toi. »
« Elle a peur que j’essaye d’usurper sa position. La Maison Arryn a étouffé les rites, les anciennes traditions et les cultes des Maisons sous sa domination. Elle a transformé le Val en un domaine où l’honneur et la chevalerie priment sur pratiquement tout. Le fait de voir un Targaryen à la tête de la Maison Royce, et qui plus est, un Targaryen avec une bonne tête sur les épaules, guidant correctement sa Maison tout en ayant un dragon adulte capable d’effacer de l’histoire le souvenir même de leur Maison, ce simple fait suffit à la terrifier. »
« Mais avoir un Targaryen dans son lit lui fait moins peur, car c’est une femme et elle renforcerait grandement sa position en se mariant avec toi », dit Laena.
J’ai hoché la tête et puis j’ai dit : « La défunte mère de la Princesse Rhaenyra était une Arryn, et je ne veux en aucun cas avoir affaire à mon oncle ni à ma cousine. »
« De quoi as-tu peur ? »
« De rien, mais je ne veux pas me créer de problèmes inutiles pour le moment », dis-je.
« Tu joues un jeu long, tu attends et accumules tes forces pour frapper au bon moment, je trouve cela malin », dit soudainement Laena.
Pris par surprise, je l’ai inspectée cette fois plus en détail avant de dire :
« Tu es très intelligente, c’est rare de voir une fille aussi bien instruite. »
« Je suis une dragonnière et une Velaryon, je descends d’une noble lignée valyrienne et de la Maison la plus puissante du royaume hormis la Maison Targaryen », dit-elle sur un ton fier, frisant légèrement l’arrogance.
« Je vois de moins en moins de raisons de ne pas courir chez ton père pour lui demander ta main. »
Elle a souri et puis elle dit d’un ton effronté :
« Qui sait, peut-être que c’est moi qui demanderai la tienne. »
« J’aimerais bien voir ça », dis-je sans la prendre au sérieux.
« Ne me tente pas », dit-elle avant de m’entraîner un peu plus loin où nous avons continué à discuter et à rire, tout cela sous les yeux attentifs de deux faucons extrêmement ravis de nous voir aussi proches.