-Chapitre 81-
Added 2024-12-01 03:26:59 +0000 UTC-Chapitre 81-
« Tout est fini », murmura un de mes chevaliers en observant la fumée qui s'élevait de la ville au pied de mon château.
‘Un roturier. Il vient sûrement de perdre sa famille’, pensai-je, sans vraiment croire que la famille de cet homme désespéré ait eu une chance de s’en sortir.
Je fronçai les sourcils et déclarai, ne voulant pas laisser plus de temps au découragement :
« Ser Jon, je compte sur vous pour vous rendre le plus rapidement possible à Cider Hall. »
Le capitaine de ma garde écarquilla les yeux et dit, affolé :
« Je ne peux pas vous abandonner ici. Nous sommes beaucoup trop proches du château. Si jamais les hommes du Griffon Sanglant venaient à vous trouver, ils vous… »
Je levai la main et le coupai :
« Je le sais parfaitement, mais nous n'avons pas le temps. Prenez deux chevaux et galopez aussi rapidement que possible jusqu’à Cider Hall. »
« Mon Seigneur, je ne… » essaya-t-il de dire, mais je l'interrompis d'un ton impérieux :
« C’est un ordre ! »
Il se tut instantanément, me regardant droit dans les yeux, débattant intérieurement sur la décision à prendre, mais je ne lui laissai pas le choix. J’enchaînai :
« Si jamais nous venions à perdre Cider Hall, nous serions tous définitivement perdus. »
Il fronça les sourcils, tout comme ceux qui écoutaient, et je continuai :
« Leur attaque était organisée. Ce n’était pas pour piller la ville, ni même pour piller mes terres. Non, ils avaient une cible : le château. Et si vous avez bien observé, il n'y avait que deux étendards en plus de ceux de la Maison Connington. C’est une invasion. »
« Le Griffon Sanglant n’a pas les hommes pour s’opposer au Reach… » dit mon fils.
Je le coupai sèchement et répliquai :
« Réfléchis une seconde, espèce d’abruti. Si une armée de 10 000 hommes a pu être levée sans que nous n’en soyons informés, c'est qu'il a un objectif précis. Et tout cela avec deux bannerets du Griffon Sanglant... qu’est-ce qui nous prouve qu’il n’a pas fait de même ailleurs ? »
« J’ai le sentiment qu’il jette toutes ses forces dans la bataille. Nous ne devons pas perdre Cider Hall, sinon nous serons coupés du reste du Reach et le Seigneur Mace ne pourra pas envoyer de renforts pour nous aider à reprendre notre fief », dis-je, inquiet de ce qui allait se passer.
Ser Jon ferma les yeux avant de finalement hocher la tête.
Il s’inclina brièvement avant de partir.
‘Espérons qu’il arrive à temps pour tous nous sauver’, pensai-je, en le regardant s’élancer au galop vers l’horizon sans se retourner.
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-29e jour de la 1ère lune de l’an 301 AC-
-POV Tywin Lannister-
« Nous vaincrons, j’en suis certaine. Nos murs sont solides… » dit Alysanne Lefford.
‘J’espère que le message que j’ai envoyé à Olenna Tyrell n’est pas arrivé trop tard’, pensai-je, ignorant totalement les paroles enthousiastes de la maîtresse des lieux, trop avide de rester dans mes bonnes grâces pour espérer obtenir le contrôle des terres de son père, au détriment de ses cousins qui pourraient les revendiquer.
‘Si Ronnet m’a envoyé ce message, c’est qu’il a confiance en sa victoire. Il ne l’aurait jamais fait s’il n’était pas persuadé d’avoir déjà gagné’, pensai-je, nerveux de connaître le décompte final de nos pertes dans le Reach.
Toc… Toc… Toc…
« Entrez », dis-je d’un ton ferme.
Un soldat haletant entra, essayant de contrôler tant bien que mal sa respiration… ainsi que sa joie.
« Qu’est-ce qu’il se passe ? » demandai-je, les sourcils froncés.
« Ils sont partis », dit-il rapidement, n’arrivant pas à contenir la joie et l’empressement dans sa voix.
« Qui ? » demandai-je, en le fixant.
« L’armée du roi Gr… du traître Ronnet Connington est partie », dit-il, un sourire montant sur son visage alors qu’il se corrigeait presque en nommant mon ex-gendre.
« Ils lèvent le camp ? » demandai-je, faisant l’impasse sur le reste pour me concentrer sur l’essentiel.
« Non, ils sont déjà partis », répondit le soldat, pensant m’annoncer une bonne nouvelle.
« Pourquoi personne ne m’a prévenu ? » dis-je, fortement énervé par cette nonchalance.
‘Cela ne serait pas arrivé avec Kevan à mes côtés’, pensai-je, regardant la bande d’abrutis à ma table qui étaient aussi soulagés que ce jeune soldat.
« Ils sont partis sous le couvert de la nuit. Nous ne nous en sommes rendus compte qu’en constatant une absence totale d’activité dans le camp ennemi », essaya-t-il de m’expliquer, son sourire convergeant avec la prise de conscience que je n’étais pas content de ce qu’il racontait.
« Vous avez envoyé des éclaireurs pour vérifier ? » demandai-je, trouvant cela étrange.
« Oui, messire », dit le soldat, tremblant désormais, sa joie complètement évaporée.
‘Il joue avec moi’, hurlai-je intérieurement, tout en veillant à garder une mine impassible devant les personnes autour de moi. Ronnet agissait toujours d’une manière étrange pour m’induire en erreur.
‘Je dois veiller à garder mon calme’, pensai-je, avant de faire signe au soldat qu’il pouvait s’en aller.
« Apportez-moi une carte », ordonnai-je à un serviteur.
« De la région ? » demanda-t-il.
« De tout le royaume », dis-je froidement, sans prêter attention au serviteur, mon esprit tournant à plein régime pour comprendre ce que Ronnet était en train de faire.
‘Pourquoi aurait-il fait toute cette route avec une armée aussi grande, si ce n’était pas pour nous affronter ?’, me demandai-je.
Le serviteur revint précipitamment avec une longue carte.
Il s’arrêta en me regardant, se demandant où il allait la déplier, étant donné que mon conseil de guerre se remplissait la panse.
‘Quelle bande d’incapables’, pensai-je, attrapant la nappe et la tirant brusquement, renversant tout ce qui reposait dessus par terre, avant de faire signe au serviteur de déplier la carte sur la table.
‘Ronnet est venu avec 75 000 soldats pour me narguer, mais cela ne peut pas être aussi simple’, pensai-je, ne croyant pas qu’il se priverait d’autant de soldats simplement pour m’impressionner.
‘Ce qu’il essaye de faire, c’est de nous diviser. Cela était clair lorsqu’il a tout fait pour prendre rapidement le contrôle des Riverlands’, me dis-je, observant la carte tout en essayant de me mettre à sa place.
‘Mais ce n’est pas suffisant, car s’il veut nous isoler et nous briser un par un, il doit m’empêcher de recevoir l’aide des Tyrell. D’où son attaque sur le Reach… Mais il n’a clairement pas assez d’hommes pour cela. Les Tyrell pourraient rassembler des centaines de milliers de soldats si nécessaire’, me dis-je, constatant qu’une guerre d’usure ne serait pas dans son intérêt.
‘Mais s’il parvient à prendre le contrôle de l’embranchement est du Mander, il peut réussir à diviser le Reach et rattacher la partie est à ses terres’, observai-je.
‘Mais ce n’est pas possible’, pensai-je en me ravisant.
‘Il lui faudrait bien plus de soldats pour prendre tous les châteaux du Mander et ceux entre les Stormlands et le Mander, sans compter qu’il doit laisser des hommes pour défendre ses terres et cultiver… bien sûr qu’il le peut’, pensai-je, entrouvrant soudainement une petite partie de son plan.
‘C’était donc ça, la raison de sa si longue absence de réaction face à l’attaque d’Euron. Il a profité de ce temps pour recruter une grande partie de sa population, prenant même le risque d’une famine’, pensai-je, comprenant enfin sa stratégie.
‘Il a probablement réussi à masquer ses mouvements grâce à son réseau d’espions’, pensai-je, réalisant pourquoi personne n’avait pu anticiper cela.
‘Laisser Ronnet tuer Varys et Petyr Baelish a été une terrible erreur’, me dis-je, fermant les yeux en tapant doucement du poing sur la table.
‘Même lui ne risquerait pas une famine totale. Il doit vouloir se servir des greniers du Reach comme garde-manger, en comptant probablement sur les Dorniens pour commercer avec lui, malgré leur prétendue neutralité’, pensai-je, car je n’avais aucune confiance en ces maudits Dorniens, même si je n’avais pas peur qu’ils se retournent contre nous.
‘Ils servent toujours leurs propres intérêts. Ils ne se risqueraient ni pour l’un ni pour l’autre, l’enjeu est trop grand…’ Mes pensées se heurtèrent brusquement à un obstacle, et je réalisai la seconde partie du plan de Ronnet.
‘Mais, dans l’éventualité où nous montrerions des signes de faiblesse, nous perdrions tout contrôle sur eux’, pensai-je, commençant à comprendre la stratégie de Ronnet.
‘C’est bien une attaque sur deux fronts, mais pas comme je l’avais imaginé. Si ce qu’il prétendait hier est vrai, la partie nord-est du Reach est perdue. Son prochain objectif est de prendre la Route de la Rose et de contrôler la partie médiane entre les deux embranchements du Mander’, pensai-je, malgré ma méfiance envers les informations fournies par mon ennemi.
‘Une source plus que douteuse’, pensai-je, mal à l’aise avec cette idée, car cela signifiait qu’il avait une longueur d’avance sur moi.
‘Je pourrais très bien l’arrêter, ou du moins le ralentir, en partant à sa poursuite immédiatement, mais ce serait imprudent. Il a probablement laissé son infanterie derrière lui’, pensai-je, en scrutant les divers forts des Riverlands sur notre route.
‘Pinkmaiden, Wayfarer’s Rest et Riverrun sont sûrement gardés par de solides garnisons. Même avec 2 000 hommes dans chacun de ces forts, il me faudrait plusieurs jours pour venir à bout de ces garnisons, sans parler du risque de se retrouver coincés en territoire ennemi’, me dis-je, évaluant les options.
‘Ce salaud pourrait très bien imaginer un plan aussi fourbe pour me capturer sans avoir à prendre la Dent d’Or’, pensai-je, abandonnant cette idée, ne voulant pas prendre de risques.
‘Il ne me reste qu’une seule solution : considérer dès maintenant que les deux tiers du nord du Reach sont perdus et envoyer des ordres à toutes mes troupes pour qu’elles se rassemblent à Crakehall, afin d’intercepter Ronnet à Red Lake’, pensai-je, décidant finalement de mon plan d’action.
« De l’encre et du papier… Vite !!! » ordonnai-je, ne voulant pas perdre une seule seconde.
‘Quoi qu’il arrive, nous devons absolument garder la Route de l’Océan’, pensai-je, écrivant à Olenna pour l’exhorter à mobiliser ses troupes à Old Oak.