XaiJu
Ghostrider0002
Ghostrider0002

patreon


-Chapitre 210-

-Chapitre 210-

« Je suis heureux que vous ayez tous répondu aussi rapidement à ma convocation. »

« Quand le grand seigneur Samwell siffle, nous, humbles serviteurs, ne pouvons qu’accourir », dit Corian sur un ton sarcastique, feignant de plaisanter, bien que j’étais convaincu qu’il nourrissait un peu de ressentiment, pensant que ma nomination n’était pas méritée.

‘Surtout à cause de mon manque d’initiative et d’ingéniosité face à ce siège qui durait depuis bien trop longtemps.’

‘Mais c’était la volonté d’Aegon, alors je ne pouvais pas me permettre de briser son plan, un plan que je commence à peine à entrevoir et qui nous mènera à une victoire éclatante et sans précédent’, pensai-je en attendant avec impatience la fin de cette journée.

La plupart rirent à la « plaisanterie » de Corian, et j’ai fait de même. J’ai souri malgré la petite pique, puis j’ai dit :

« Je n’aurais pas dérangé le sommeil de notre princesse pour mes petits désirs, mais je pensais que les instructions de l’Empereur méritaient cet honneur. Peut-être me suis-je trompé ? »

« Oooh, il semblerait que notre petit Sam soit devenu un homme et que des couilles aient finalement poussé entre ses jambes », dit Jonothor en riant à gorge déployée, un rire communicatif qui fit rire tout le monde, allégeant la brève tension due à la jalousie de Corian.

« Alors, qu’allons-nous faire ? » demanda Dorian, pressé de savoir s’il allait encore devoir supporter les attaques incessantes de nos assaillants, étant donné qu’aujourd’hui, sa Légion était de service.

« À part attendre de mourir de faim comme des rats dans cette ville de merde ? » ajouta Corian, son ton toujours chargé de sarcasme.

Je levai les yeux au ciel et m’apprêtais à répondre, mais Jordy me devança et dit :

« Ferme-la, Corian, tu sais parfaitement qu’on ne crèvera pas de faim. L’Empereur assure le ravitaillement. »

Corian ne réagit pas de manière expressive, mais il rétorqua froidement et sérieusement cette fois-ci :

« Malheureusement, la Flotte Pourpre va enfin appareiller. La flotte Velaryon, qui nous approvisionnait jusque-là, ne pourra plus le faire, car elle devra choisir entre nous et la défense de nos territoires maritimes. »

Tout le monde se tut, n’étant pas au courant de cette nouvelle.

Même moi, je l’avais apprise récemment.

Corian continua, essayant de semer davantage le doute parmi nous :

« Nous perdrons notre domination sur le… »

« Tu n’as rien compris », dit Tristan d’un ton neutre mais tranchant, pas le moins du monde inquiet par la politique attentiste d’Aegon.

« Qu’est-ce que je n’ai pas compris ? » demanda Corian, plissant les yeux vers Tristan.

‘Ces deux-là ne se sont jamais très bien entendus’, pensai-je en soupirant, ne voulant pas voir une dispute éclater avant cette journée décisive.

« Toutes les cités libres d’Essos ont mobilisé toutes leurs forces pour nous vaincre, et elles n’ont toujours pas réussi à nous faire reculer d’un pouce. »

« Ce n’est pas parce que cela ne s’est pas produit que cela n’arrivera pas. Si Samwell nous a convoqués, c’est sans doute que l’Empereur lui a fait parvenir de nouvelles instructions, et je suis certain qu’elles sont plus offensives. »

Corian fronça légèrement les sourcils avant de me demander :

« Est-ce que c’est vrai ce qu’il raconte ? »

J’ai souri et répondu :

« Oui, l’Empereur m’a donné des instructions très précises. »

« Quel genre d’instructions ? » insista Corian, pressant pour une réponse.

‘Si tu me laissais finir mes phrases, peut-être que tu serais déjà informé’, pensai-je en prenant une petite inspiration pour ne pas exploser.

« Nous devons détruire l’armée ennemie aujourd’hui », dis-je, résumant les attentes d’Aegon de manière concise.

Corian haussa les sourcils, n’y croyant pas, puis dit :

« Une armée trois fois plus nombreuse que la nôtre, en un jour ? C’est du pur suicide collectif. »

« Trois fois plus que nos légions, pas trois fois plus que nos soldats », corrigeai-je.

Bien que je ne pouvais pas en être totalement certain, nous avions éliminé environ 50 000 soldats ennemis.

Selon mes calculs approximatifs, il leur restait environ 290 000 soldats, tandis que nous pouvions encore aligner 88 000 légionnaires prêts à combattre.

‘Sans compter les 30 000 soldats de la noblesse du Reach, qui ont suivi l’exemple de mon père et décidé de montrer leur foi envers l’Empereur’, pensai-je.

« Tu veux dire que nous allons gagner grâce à 30 000 paysans en plus ? » dit Corian, raillant cette fois mon point de vue.

« Mes soldats ont été correctement entraînés », dit mon père en entrant à cet instant, défiant instantanément quiconque du regard.

‘Cela eut son petit effet’, pensai-je en observant tout le monde se lever par respect. 

Bien que le titre de chevalier impérial protège les chefs de légions, il ne confère pas la même noblesse que celle d’un futur gouverneur du Reach.

‘Il a gagné la sympathie de l’Empereur en prenant totalement parti pour lui, quitte à aller à l’encontre de l’avis général’, observai-je silencieusement. 

Tout le monde dans la pièce le savait, et c’était bien pour cela qu’il était aussi respecté.

« Je ne voulais pas vous manquer de respect, votre excellence, mais… »

« Mais vous êtes sceptique quant à l’efficacité de mes troupes, car elles n’ont pas encore vu de sang, n’est-ce pas ? Et parce que ce sera leur première bataille ? »

Personne ne répondit, mais au fond, même moi j’avais des doutes.

C’est pourquoi j’avais prévu de mélanger des légionnaires avec les soldats de l’armée de mon père.

« Je savais, avant même de prendre la mer pour vous rejoindre, quelle serait ma mission et celle de mes troupes. C’est pour cela que nous nous sommes entraînés. »

« Pourquoi exactement ? » demanda Elric, flairant ce qui se préparait réellement.

« Nous n’allons pas vous épauler ni vous suivre sur le champ de bataille. Non, notre seule et unique mission est de tenir une journée les murs de Pentos. Peu importe les pertes dans nos rangs. Ce qu’on m’a demandé, ce qu’on leur demande, ce que l’Empereur nous a ordonné, c’est simplement de tenir une seule journée contre nos assaillants », expliqua mon père, accompagné de mon petit frère.

‘Il ne devrait pas être là’, pensai-je, inquiet pour mon petit frère.

« C’est une… idée risquée », dit Corian, cherchant ses mots face à mon père, avant d’ajouter : « L’Empereur ne sera pas satisfait si cela s’avère être un échec total. »

« J’ai déjà fait mes preuves en tant que commandant avant même ta naissance, alors ne t’en fais pas. L’Empereur sera pleinement satisfait », répliqua mon père, clouant totalement le bec de Corian.

Ce dernier roula des yeux et se tut. Je pris la parole pour appuyer mon père :

« De toute façon, vous n’avez pas le choix. C’est mon ordre. Les troupes dirigées par mon père seront envoyées aujourd’hui pour nous faire gagner du temps. Elles devront en gagner un maximum, et une fois que leurs troupes seront éprouvées et épuisées, nous frapperons. »

« Qui mènera la charge ? » demanda Jonothor, avide de bataille et frustré par notre passivité.

« Ce sera toi, Jonothor. Je prendrai le commandement de la Garde Sombre. Tu devras faucher les retardataires et créer une percée dans les lignes ennemies, que j’exploiterai en prenant le contrôle complet de nos légions, qui devront former un seul corps. C’est ainsi que nous allons gagner », expliquai-je.

« Je ne comprends pas pourquoi maintenant, et surtout d’où vient la confiance de l’Empereur dans notre victoire », demanda Corian, éternel sceptique.

‘Ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas entendu’, pensai-je en roulant des yeux intérieurement.

‘Il a beaucoup trop peur de mourir’, pensai-je, sachant pourquoi il se comportait ainsi.

« Le message de l’Empereur ne contenait pas seulement des instructions. Il contenait aussi une grande nouvelle. »

« Quelle grande nouvelle ? » demanda Jonothor, le plus curieux d’entre nous.

« Nous avons pris Lys et Tyrosh, ce qui nous donne un contrôle total sur les Degrés de Pierre. Et l’Empereur est en ce moment même en train de détruire la flotte Volantène », dis-je avec un grand sourire.

« Donc, c’est une contre-attaque totale », dit Corian, souriant pour la première fois, visiblement soulagé, car l’implication directe de l’Empereur montrait que la guerre totale avait réellement commencé.

« Hmmm… L’Empereur a été très clair sur ce qu’il voulait que nous fassions. Notre seule et unique mission est de détruire cette armée en un jour, pour ensuite nous attaquer au contrôle de la Rhoyne », dis-je en hochant la tête.

« Afin de couper tout contact entre les différentes cités d’Essos », ajouta Corian, de plus en plus soulagé.

« J’imagine que c’est le cas », répondis-je, heureux que cette nouvelle ait ravivé son esprit combatif, tout en écrasant son excès de scepticisme et son manque de foi.

« C’est un putain de bon plan. Une fois cette guerre terminée, nous aurons sans doute pris les trois bâtardes, la Rhoyne et Pentos. L’Empire sera la plus grande et la plus puissante nation du monde connu », dit Cedric, lui aussi soulagé par cette nouvelle.

‘Comme nous tous’, pensai-je en observant les visages s’éclairer.

‘Les légionnaires aussi seront revigorés une fois qu’ils apprendront que l’Empereur a débloqué notre situation’, me dis-je.

« Espérons que ce soit le cas pour nous, car cela voudrait dire que nous serions les généraux du plus grand Empire du monde », dit Carvin, impatient de vaincre nos adversaires.

‘Comme chacun d’entre nous. Quand nous aurons vaincu cette armée, nous serons des héros immortels de l’Empire’, pensai-je.

« Le second Grand Empire de l’Aube », dis-je en levant mon verre d’eau.

« Au nouvel âge d’or. Personne n’a intérêt à mourir d’ici là », dit Corian en levant le sien, un sourire prédateur plaqué sur son visage.

« Au nouvel âge d’or », dirent les autres en levant également leurs verres.

‘Et ils ne connaissent même pas encore notre atout’, pensai-je en buvant tranquillement mon verre d’eau.


More Creators